Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Biographie De L'auteur

  • : Le blog de Joëlle Carzon écrivain du Loiret
  • : Ce blog est destiné aux écrivains et aux lecteurs qui aiment romans et poésies. Il présentera tous les écrits et toutes les activités de Joëlle Carzon, auteur de poèmes et romans. Ce blog n'est pas destiné à recevoir des messages violents, ou politiques, ou religieux. (Suite à un messages troublant reçu ce jour : 25/12/12)
  • Contact

textes littéraires de l'auteur

Recherche

Bloc-notes

Liens

23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 12:27

LES YEUX D'ALAIN ("Jules")

 

Des yeux plus beaux que mer et ciel

Des yeux champagne

Des yeux coupe de gloire couple de feu

Pour se noyer

Pour s'étonner

Pour se défaire

Se dépolir désintégrer

Pour disparaître

Espace Espagne

Ces yeux violets

Ces yeux amis

Des yeux du ciel et de la terre

 

Paris, 1981

 

 

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Lettre à J.G., journaliste, écrivain, animateur - - Gien, le 28 novembre 2005

 

Cher Monsieur,

 

J’ai lu (le livre “le masque et la plume” acheté) que j’étais née l’année de la création du Masque et la Plume. Il n’y a pas de hasard.

 

A dix-neuf ans je crois j’ai entraîné mes amies et ma mère (j’habitais alors Conflans-Ste-Honorine) à l’enregistrement de l’émission. J’ai adoré Georges Charensol, Jean-Louis Bory, Gilles Sandier... et François-Régis Bastide. J’allais à l’enregistrement, je réécoutais le lendemain dans ma chambre sur mon transistor. J’étais une espèce de gamine qui me croyais laide, mais j’étais très enthousiaste. J’étais tout feu tout flamme, je lisais des tonnes de livres, je vagabondais dans Paris de film en film (je découvrais Paris grâce à ses cinémas), et j’écrivais, naturellement. De temps en temps j’envoyais une lettre au Masque et la Plume, mais jamais aucune n’a été lue à l’antenne, il a fallu que j’attende presque trente ans (vous) pour que mes lettres (pour la Littérature) soient lues. Un jour, en 1975, j’ai envoyé un poème (ou deux ou trois ?) à François-Régis Bastide. Il m’a répondu sur une lettre du Seuil : “... A votre disposition pour vous parler ici” (flèche avec l’adresse du Seuil). J’étais émerveillée.

Je ne connaissais pas le téléphone (mes parents d’ailleurs n’avaient pas le téléphone), j’ai pris mon train Conflans-Paris et mes jambes, et suis allée directement au Seuil sans rendez-vous ! On m’a dit de l’attendre, qu’il allait descendre, ce qui est arrivé. J’ai vu ce grand monsieur arriver, il était plutôt étonné de voir cette petite personne là

(1 m 55), m’a dit qu’il se rendait à l’aéroport (lequel ??), mais que si je voulais je pouvais monter dans sa voiture. Ce que j’ai fait. J’étais sous l’enchantement, sans expérience, naïve à un point que l’on ne peut imaginer, rêvant d’Ecrivains et de journalistes, de grandes conversations littéraires et, curieusement, très amoureuse de cet homme sans m’en rendre compte. Débarquée de ma planète Mars ! Il m’a posé des questions que j’ai à peine comprises, alors qu’on traversait la Seine j’ai parlé de ma mère qui travaillait Quai Henri IV, il m’a demandé ce qu’il allait faire de moi, et voyant ma candeur et ma stupéfaction, m’a dit qu’il allait me laisser de l’autre côté de la Seine, ce qu’il a fait. J’AVAIS TRAVERSE LA SEINE AVEC FRANÇOIS-REGIS BASTIDE, je l’aimais et je ne lui avais même pas dit ! Je me revois rive droite, toute conne, me disant qu’un homme, et pas n’importe lequel, avait voulu coucher avec moi et que j’étais tombée des nues. Je l’ai revu une fois, une année après, mais il m’a

fait comprendre qu’on ne doit pas s’accrocher... J’ai été très amoureuse pendant... je ne sais pas moi... cinq ans, dix ans..., toute ma vie ? Il y a en moi une petite jeune fille qui a aimé le Monsieur du Masque et la Plume et qui ne s’en est jamais remise. Une petite jeune fille qui a écrit des dizaines de poèmes sur Bastide, qui a envoyé des dizaines de romans aux éditeurs (dans les années 80, je recevais des courriers sympas de Grasset), qui a rêvé des écrivains, de l’Ecrivain, qui est toujours là-bas, d’abord au Seuil avec un grand monsieur, puis toute seule comme la grosse cruche que j’étais sur un quai de la rive droite. Je revois ce grand monsieur aux beaux cheveux gris, au visage qui me semblait le plus beau des visages, à la voix que j’adorais. Je revois sa haute silhouette et je me dis que c’est le seul homme que j’ai aimé. Les hommes ensuite ? Eh bien ils ne furent jamais François-Régis Bastide et j’en étais tristement, naïvement, déçue. J’ai eu très peu d’amants, raté un mariage, j’ai beaucoup écrit (il y a encore des poèmes où, au détour d’un vers, Bastide apparaît, avec la beauté, la vie, la nostalgie... et la mort. Il est mort. Un matin, mon mari me dit qu’à France Inter on vient d’annoncer la mort de François-Régis Bastide. Le lendemain, j’ai quitté mon mari (j’aurais dû le quitter il y a déjà quelque temps, mais je l’ai quitté justement ce jour-là). Pendant vingt-cinq ans je n’ai raconté cette histoire à personne. La première qui l’a entendue, dans ses détails, fut ma psychanalyste. Vingt-cinq ans pour que ça sorte ! En ce moment, pour les 50 ans du Masque et la Plume, j’en parle. J’en parle en riant, comme ça, l’air de rien. “A vingt ans, j’étais une passionnée du Masque et la Plume ; évidemment, j’étais amoureuse de François-Régis Bastide...” Je suis légère, un peu triste, toujours amoureuse... des livres et du cinéma, je suis prof, évidemment

(quoi d’autre quand on est passé à côté de tout ?), je ris beaucoup, je fais rire, je suis naïve, toujours, évidemment : un jour, François-Régis Bastide me tombera du ciel et me tendra la main en me souriant gentiment, comme à la fin de “l’aventure de Mrs Muir”, quand le fantôme de l’homme aimé apparaît à l’héroïne.

 

Finalement, vous êtes la deuxième personne (après ma psy) à laquelle j’ai raconté cette histoire (Passage censuré par JC).* 

Pendant de longues années, je n’ai plus écouté le Masque et la Plume (mon mari était jaloux et voulait me voir à côté de lui, devant la télévision), je réécoute depuis 1996

avec bonheur. Je ne réponds pas au téléphone le dimanche soir. J’ai vu les “nouveaux” une fois, un jeudi d’hiver à Paris.

 

J’ai les larmes aux yeux en écrivant cette lettre. Le fantôme de Mrs Muir, le Masque et la Plume, la nostalgie, les rêves, la mort... Je rêve encore un peu. Continuez.

 

                                                           JOELLE CARZON

 

 * Et aujourd'hui, le "tout le monde" de mon blog (23/10/13).

 

françois régis bastide

François-Régis Bastide

---------------------------------------------------------------------------------------------------

A lire :

"Son Excellence, Monsieur, mon ami", Jérôme Garcin (Folio Gallimard)  - sur François-Régis Bastide.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

A lire :

"Déesse", Joëlle Carzon, sur http://www.les-ecrits.fr

Début de la parution en octobre 2013.

Récit écrit en 1976 (j'avais vingt-et-un ans).

Une très jeune fille, dans un pays imaginaire détruit par la tyrannie, entraîne une troupe d'enfants avec elle.

 

Toujours sur les-ecrits, paru ("paru" est un bien grand mot, mais je n'en ai pas d'autre) :

LA MAISON AU LAVOIR.

C'est un roman policier de style classique qui se passe à Montargis, dans le Loiret. Trois jeunes filles et "Barbe-Bleue". Sébastien Japrisot, auteur de romans policiers ("L'été meurtrier"... Japrisot hélas décédé), m'a inspiré le début de ce roman.

 

Toujours sur les-ecrits, paru cet été :

COLLINES ET MENSONGES.

C'est une histoire d'amour, histoire un peu policière par ailleurs. Ce roman fut écrit à Trescléoux (05) en 1987.

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

COTE CINE :

 

J'ai vu récemment trois histoires de paumés (c'est un hasard - ?-) :

- Frances Ha

- Blue Jasmine

- Une place sur la terre.

 

Et :

- Prisoners (excellentissime)

- 9 mois ferme (très drôle).

 

Ces films feront l'objet d'un article vers le 15 novembre.

 

Point trop n'en faut.

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

17/11 :

NOMBRE DE VISITEURS DE CE BLOG DEPUIS SA CREATION : 936.

Quand on arrivera à 1000, je sors le champagne !

En 2014 ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires