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Biographie De L'auteur

  • : Le blog de Joëlle Carzon écrivain du Loiret
  • : Ce blog est destiné aux écrivains et aux lecteurs qui aiment romans et poésies. Il présentera tous les écrits et toutes les activités de Joëlle Carzon, auteur de poèmes et romans. Ce blog n'est pas destiné à recevoir des messages violents, ou politiques, ou religieux. (Suite à un messages troublant reçu ce jour : 25/12/12)
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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 17:38

 

Entre l’âge de quinze ans et l’âge de vingt-deux ans, j’ai lu plus que le reste de ma vie, et j’ai écrit quatre ou cinq romans, plus des tas d’autres choses (débuts de romans, centaines -oui, “centaines”- de poèmes). Et, en dehors de ça, je faisais mes études d’anglais et m’éduquais cinématographiquement. Et j’allais au “Masque et la Plume” à la Maison de la Radio et j’étais amoureuse. Amoureuse n’importe comment, désespérément, romantiquement, seule par-dessus toutes les ivresses de l’amour. Et à quoi m’a servi tout ça ? A rêver. A rester une rêveuse devant l’éternel. Je n’ai jamais retourné ma veste. Je ne me suis pas dit : et si tu VIVAIS un peu. Si tu allais danser, si tu draguais, si tu buvais quelques coups, si tu grimpais les montagnes (eh si, je les ai grimpées un peu...). Je suis restée cette sotte petite fille si savante et si inexpérimentée.

 

 

Enfin, un mariage quand même, une maison achetée près de celle de Colette, des amis un peu marginaux (à 25 ans), des boulots imbéciles qui me faisaient hurler d’ennui (et quelques jobs chouettes mais fort peu rémunérés), un boulot prenant et destructeur (prof), des détresses, des déprimes, des sauts dans l’inconnu... Je n’ai jamais cessé d’écrire jusqu’en 2006 où j’ai commencé à être un peu désespérée de n’être lue que par cinq ou six amis. J’écrivais des nouvelles alors, j’avais plein d’idées, plein d’histoires prenaient forme sous ma plume. L’écriture existe toujours bien sûr, mais mollement. Je suis la candidate molle de l’écriture. J’ai rejoint la rêvasserie et une immense paresse. Je ne crache pas sur ma paresse. Elle est bien, ma paresse, elle me fait du bien, elle me berce, elle me permet de rester en vie sans être trop essoufflée. Mieux vaut être paresseux que crier dans le vide et faire du mal à autrui. J’écris quelques poèmes, je me dis : “Ouais, tu es encore un peu écrivain.” Je lis les autres, j’admire encore beaucoup, je suis encore, malgré tout, Madame Littérature.

 

 

Que laisserai-je derrière moi ? Je n’ai pas d’enfants, alors j’ai arrêté de faire des photos et de garder les courriers (les rares courriers qui restent qui ne soient pas dans la grande machine Internet) : pour les laisser à qui ? J’ai cinquante-six ans et je me dis : “C’est comme si tu étais déjà morte. Les bouts de papier s’envolent comme des feuilles d’automne.” C’est l’automne. Il fait soleil et je rêvasse. Je rêve au temps où j’avais l’énergie d’écrire nuit et jour, je rêve au temps où les pas sur le sol étaient les pas d’un être bien vivant.

 

 

Mon corps est lui aussi une petite feuille d’automne. Mes écrits sont des étoiles bien lointaines, des étoiles sans nom. Je disparaîtrai très bientôt et mon corps sera enseveli dans les eaux de Loire, et chacun sait que l’eau n’a pas de mémoire.

 

 

13 novembre 2011

 

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Fin novembre :

 

 

Ouais, c’est un peu tristounet tout ça (voir ci-dessus). Ma soi-disant paresse est une déprime élégamment déguisée. Je ne suis pas paresseuse, je vais au gré du vent... Mais il y a tout de même une chose que je fais, et que je ferai tant que je pourrai, c’est aller au cinéma. Ouais, vive le cinoche !

 

 

Ce mois-ci, pour être un peu joyeux et croire en l’homme (et pour faire comme tout le monde !), il faut voir “Intouchables”. Et pour réfléchir et admirer un talent cinématographique (Pierre Schoeller), je vous recommande vivement “L’Exercice de l’Etat”.

 

 

Beginners (dvd), Mike Mills

Ewan McGregor, Mélanie Laurent (25/10)

Jolie comédie sur un jeune homme un peu perdu qui trouve l’amour après la mort d’un père qui a fait son coming out à 75 ans. Je n’avais pu voir ce film à sa sortie aussi j’ai acheté le DVD.

Les marches du pouvoir, George Clooney

Ryan Gosling, Philip Seymour Hofmann

Montargis, 29/10

Excellent film sur la campagne d’un candidat démocrate (mais elle pourrait être républicaine) avec, comme personnage principal, un jeune loup sous-directeur de campagne sous les trait du héros de “Drive”, Ryan Gosling. Intrigue assez palpitante, on suit toutes ces turpitudes avec beaucoup de plaisir.

La guerre est déclarée, Valérie Donzelli

Montargis, 31/10

Valérie Donzelli, Jérémy Elkaïm

Roméo et Juliette s’aiment et font un bébé. Le bébé a une tumeur au cerveau. Comment les deux jeunes gens vont affronter la maladie, et il y a la famille, les amis, les médecins... Ces jeunes femmes (Maïwenn, Valérie Donzelli) sont décidément bien douées. Et quelle belle énergie !

 

Intouchables, Eric Toledano et Olivier Nakache

Omar Sy, François Cluzet

Gien, 5/11

J’ai râlé une bonne partie de l’année pour cause de médiocrité des films que je voyais, mais là, en cette fin d’année, avec Maïwenn et Valérie Donzelli, on a un bon cru. Films très sentimentaux certes, mais on va au cinéma pour être ému (et heureux dans le cas de ce film), non ? Omar Sy et François Cluzet (cloué dans son fauteuil) forment un duo incroyable et dynamique, et on croit à cette histoire d’amitié entre deux hommes que tout sépare. Pierre Murat (Télérama) a vraiment tort de dire que tout cela n’est plus du cinéma. C’est au contraire du cinéma tel qu’on aimerait en voir tous les jours.

Tintin, le secret de la Licorne, Steven Spielberg (des acteurs réels transformés en espèces de caricatures, motion capture)

Montargis, dimanche 6/11

Des poursuites réussies, des bateaux (ceux du passé et ceux du temps du film) formidables, des personnages assez convaincants, mais je reste un peu frustrée par ce film. Le couple Dupont/d est raté, la Castafiore aussi. Beaux décors. Bref, je suis un peu mitigée par tout ça. Un monde fou dans le cinéma. “Intouchables “ et “Tintin” attirent une foule de gens. Tant mieux pour le cinéma, mais je préfère aller voir des films les lundis ou vendredis.

Toutes nos envies, Philippe Lioret

Marie Gillain, Vincent Lindon

Montargis, 11/11

Librement inspiré de l’excellent “d’autres vies que la mienne” d’Emmanuel Carrère. Deux juges, dont l’une est touchée par un cancer, luttent contre les organismes de crédit. Leur ténacité, leur amitié jusqu’à la mort. Film très sérieux. Marie Gillain très bien, Vincent Lindon toujours aussi convaincant. J’ai préféré cependant d’autres films de P. Lioret (Welcome, Je vais bien ne t’en fais pas).

 

Mon pire cauchemar, Anne Fontaine (dialogues : A. Fontaine et Nicolas Mercier)

Isabelle Huppert, Benoît Poelvoorde, André Dussolier

Gien, 13/11

La crevette réfrigérée et le gros beauf sans limites. Une histoire difficile à croire qui devient petit à petit presque convaincante. Benoît Poelvoorde est toujours formidable, il peut tout faire, et Isabelle Huppert est très classe, une grande dame. Comme j’aime aussi beaucoup André Dussolier, mon bonheur cinéma-acteurs a été complet.

L’exercice de l’état, Pierre Schoeller

Olivier Gourmet

Montargis, 14/11

L’exercice de l’état dans un imaginaire Ministère des Transports. C’est le parcours plein d’embûches, et même un parcours cauchemardesque (très belles séquences des rêves), du ministre des transports. Son entourage, ses ennemis... Vision très pessimiste de l’exercice du pouvoir. Film remarquable. Par le réalisateur de “Versailles” où jouait le merveilleux acteur qu’était Guillaume Depardieu.

Les neiges du Kilimandjaro, Robert Guédiguian

Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin et les habituels acteurs-amis de Guédiguian

Montargis, 25/11

Une idée de film d’après “les pauvres gens” de Victor Hugo. Beau film où un pauvre s’attaque à un peu moins pauvre que lui. Le cheminement vers le pardon et la compassion d’un couple d’ouvriers presque retraités. C’est une belle histoire et je suis contente de voir d’autres gens sur l’écran que des architectes ou des docteurs (ou des flics...)

Nuit blanche, Frédéric Jardin

(scénario FJ, Nicolas Saada de “Espions”)

Tomer Sisley

Montargis, 28/11

Une sombre histoire de voyous et de flics pourris. Vincent le flic doit récupérer son fils enlevé par les voyous le temps d’une nuit plus qu’agitée. Il y a de l’action, du rythme, du suspense, mais je n’ai pas été entièrement convaincue (les gros-plans m‘ont beaucoup gênée). Nicolas Saada dont j’avais plus qu’adoré “Espion(s)” a participé à l’écriture du scénario.

 

 LA PHRASE DU MOIS :

 Lire est le seul moyen de vivre plusieurs fois.

 Pierre Dumayet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Joëlle Carzon - dans bloc-notes
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commentaires

Tara Danse Orientale 11/12/2011 01:12

Tu réussi l'exploit d'être une rêveuse lucide, Joëlle ! J'aime beaucoup ces textes de fin novembre, et je retiens ce très joli " Je ne suis pas paresseuse, je vais au gré du vent ". A bientôt,
chère plume ...

Joëlle Carzon 11/12/2011 13:00



Merci de faire partie de mes lecteurs !