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Biographie De L'auteur

  • : Le blog de Joëlle Carzon écrivain du Loiret
  • : Ce blog est destiné aux écrivains et aux lecteurs qui aiment romans et poésies. Il présentera tous les écrits et toutes les activités de Joëlle Carzon, auteur de poèmes et romans. Ce blog n'est pas destiné à recevoir des messages violents, ou politiques, ou religieux. (Suite à un messages troublant reçu ce jour : 25/12/12)
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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 07:06

Emilien Davidenko est un poète classique français, d'origine russe. Il a fini sa vie aux Choux (Loiret). Plusieurs de ses poèmes ont été publiés en 2003, après sa mort, dans la revue "L'Albatros".

Il vécut une guerre difficile, fut emprisonné à plusieurs reprises en Allemagne, et réchappa de tout cela  par miracle.

 

 

 

SONNET

 

Si tu veux que la vie te soit tranquille et douce,

Et, tout au long du jour, qu’elle ait le goût du miel,

Le parfum de la fleur et la couleur du ciel,

L’harmonie de l’accord et la soie de la mousse,

 

Si tu veux que la vie ne te soit que quiétude,

Que paix intérieure et que sérénité,

Si tu veux que la vie ne te soit que beauté,

Que paisible parcours et que béatitude,

 

Si tu veux que la vie glisse comme un sampang

Sur le calme des eaux que la brise caresse,

Si tu veux que la vie te soit comme un étang

 

Où s’ouvrent au soleil les fleurs de la sagesse,

Garde au coin de ta lèvre, en permanent visa,

Le sourire infini de la Mona Lisa.

 

 

L’ETOILE PERDUE

 

J’ai longtemps recherché l’étoile frémissante

Qui, dans l’infini bleu, lorsque j’étais enfant,

Ne brillait que pour moi, languide et caressante,

Et scintillait fidèle à mon ciel triomphant.

 

Des jours étaient venus, de souffrance, d’envie,

De rêves interdits, et j’appelais souvent

Mon étoile perdue, emportée par la vie,

Dans un grand tourbillon de fracas et de vent.

 

Longtemps, par les contrées, incertaine requête,

Et parmi les humains, fallacieux espoir,

J’en avais poursuivi l’infatigable quête.

 

Et puis, en me penchant sur ton visage, un soir,

Quand je désespérais dans mon âme éprouvée,

C’est au fond de tes yeux que je l’ai retrouvée.

 

 

EGLOGUE

 

Aux jardins enchantés que mes rêves te donnent

Un bosquet plein d’oiseaux abritant mes espoirs

Ombrage un étang bleu où des roseaux frissonnent,

Étrangement troublés par la langueur des soirs.

 

Trompée par les bergers dont les pipeaux résonnent,

Une dryade en pleurs conte ses désespoirs

Aux grands chênes émus que les mousses couronnent

Et Narcisse, extasié,  sourit à ses miroirs.

 

Dans le jour finissant, les ombres s’alanguissent ;

Je te prends par la main, nos pas lentement glissent

Vers le secret bocage où Cupidon narquois

 

Se saisit d’une flèche, ôtée de son carquois ,

Tandis qu’un rossignol offre aux nymphes rêveuses

Ce chant mélodieux qui fait les nuits heureuses.

 

 

  

STANCES A NOS BAISERS

 

La place où je dépose un baiser est nacrée.

Fine comme la soie, elle a le goût du miel ;

Tiède comme le nid, veinée du bleu du ciel :

La place où je dépose un baiser est sucrée.

 

La place où je dépose un baiser est fragile.

Le reflet tamisé de la lune au décours

N’a pas cette douceur de lis et de velours :

La place où je dépose un baiser est subtile.

 

La place où je dépose un baiser est romance,

La musique, amoureux écho dans le vallon,

A le frissonnement des trilles du violon :

La place où je dépose un baiser est cadence.

 

La place où je dépose un baiser est ardente,

Elle a la fulgurance éblouie du désir

Et l’aveu retenu des marques du plaisir :

La place où je dépose un baiser est fervente.

 

La place où je dépose un baiser est fragrances.

Elle a le goût du vent, la fraîcheur des embruns,

La chaleur des étés, le poivre des parfums :

La place où je dépose un baiser est nuances.

 

Le bouquet de baisers, comme un épithalame,

C’est le chemin fleuri que pour toi j’ai ouvert ;

Je t’y ai amenée lorsque j’ai découvert

La place où tu cachais tes baisers dans mon âme.

 

Émilien Davidenko

  

Gâtinaise

 

Si près, le Loing ;

Loin, les cyprès...

Les cyprès des prés

Me semblent si loin.

Si loin que le Loing

Me semble si près !

 

Et si les cyprès

Me semblent si loin,

C’est parce que les prés

Sont près des cyprès

Et si loin du Loing !

 

 

C’était toi !

 

Je t’avais reconnue dans l’inconnue si brève

Qui m’était apparue comme née du matin.

Parce que tu avais surgi comme d’un rêve,

Le moment avait pris la couleur du destin.

 

Image fugitive au parfum d’élégie

Que depuis si longtemps espéraient mes émois,

Dans ce si bref instant j’ai vécu la magie

D’un sentiment violent et doux tout à la fois.

 

Ta tresse brune était un signe d’espérance

Venu d’une irréelle et lointaine obsession

De ton reflet perdu, et, songe sans substance,

Mon rêve était d’espoir et de prémonition...

 

C’est un matin d’avril que tu m’es revenue

Dans l’éblouissement d’une ivresse inconnue.

Alors tu as donné à mes rêves enfouis

La jouvence de tes vingt ans épanouis.

 

 

Images : Idylle

 

L’étang, lourd de secrets, sommeille en sa torpeur.

Ses eaux, comme un miroir, reflètent son rivage.

Parmi les nymphéas, je crois voir un visage

Dans une nonchalante et subtile vapeur.

 

Comme un songe l’ondine aux longs cheveux dorés

Émerge lentement, se pose langoureuse

Et contemple pensive et les yeux éplorés

La fontaine où rêvait Mélisande amoureuse.

Une blonde naïade a surgi de la vasque

D’un mouvement mutin a relevé son masque,

Et puis a fredonné un air de bergamasque,

Dans un gai tourbillon sensuel et fantasque.

 

Et la brise du soir agite les roseaux

Dans l’immobilité caressante des eaux

Où d’étranges rumeurs furtives et troublantes

Promettent au passant des nuits ensorcelantes.

 

- Habitantes des eaux, éphémères visions,

Nymphes du Bois sacré, vous, chastes oréades,

Vous, nixes  des brouillards, charmeuses illusions,

Napées des frais vallons, belles hamadryades,

 

Femmes-fleurs qui voyez éclore le printemps,

Amantes enchantées, filles subliminales,

Vous qui m’apparaissez dans les eaux vespérales,

Laissez-moi vous aimer, ne serait-ce qu’un temps !...

 

Il me semble soudain que s’agitent les ombres

Des hêtres torturés aux gestes menaçants

Qui tressaillent d’émoi dans les profondeurs sombres,

Et que sourdent aussi des rires grimaçants.

 

Alors, le vent du soir distinctement murmure :

- Poète des passions et des subtilités,

Par un impérieux décret de la Nature,

L’amour est interdit à nos divinités !

 

CHANSON TENDRE EMILIEN DAVIDENKO :

(1er paragraphe traduit en anglais le 24/12/12 pour mon blog- Twitter – Facebook.)

 

Come on, you’ll tell me your pain.

Against our harmony she will break.

So you peace of mind will come back to you,

And I’ll kiss your brow.

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Viens au creux de mon bras, tu me diras ta peine.

Contre notre harmonie elle ira se briser.

Ainsi te reviendra la quiétude sereine,

Alors je poserai sur ton front un baiser.

 

Viens au creux de mon bras, tu me diras ton doute.

Les chemins de la vie te seront plus aisés

Quand notre certitude indiquera la route,

Alors je poserai sur tes yeux deux baisers.

 

Viens au creux de mon bras, tu me diras ton âme.
Guidés par sa clarté nous irons au tréfond,

Et nos mains enlacées protégeront sa flamme.

 

Dans un attachement immuable et profond,

Alors mon chant d’amour te bercera sans trêve.

Viens au creux de mon bras, tu me diras ton rêve.

 

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LES YEUX DES FEMMES

 

Les yeux des femmes sont des gouffres de mystère.

Comme les yeux des chats et les yeux des étangs

Qui reflètent au soir, promesse de Cythère,

Le miroir où l’ondine éblouit le printemps.

 

Les yeux des femmes sont les loins de l’au-delà

Où veillent à jamais les Vestales antiques ;

Ils ont la profondeur des forêts germaniques

Où s’égarent encor les dieux de Walhalla.

 

Il est des yeux de loup qui brisent les extases

Et des yeux de gazelle édictant des oukases.

Et, si les yeux d’azur des Emma Bovary

Ensorcellent l’amant au fond du tilbury

 

Il est des yeux de miel aux reflets d’avelines,

Des yeux profonds de lac aux aigues assassines,

Et, certains yeux de proie aux regards corrosifs

Deviennent quelquefois tendrement allusifs.

 

J’ai vu des yeux dormants où la passion brasille

Que peuvent incendier les fureurs de Camille ;

J’ai vu des yeux marine aux tons de portulans

Voguer vers d’autres cieux parmi les goélands.

 

J’ai vu des yeux de rêve, absolus et étranges,

Des yeux d’acier glacés, absents et sans émoi ;

J’ai vu dans bien des yeux des bêtes et des anges,

Hormis dedans les tiens, où je n’ai vu que moi.

 

1993 

3/11/13 - 15 heures.

P.S. Emilien Davidenko qui fit lire à sa femme Nicole "La Recherche du temps perdu", ce qui me fait rajouter ceci : je suis toujours dans la relecture de "Du côté de chez Swann" et, comme promis, avec les films de l'automne 2013, j'en parlerai prochainement.

(à suivre donc...)

 

 

 

 

 

 

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Published by Joëlle Carzon - dans bloc-notes
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