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Biographie De L'auteur

  • : Le blog de Joëlle Carzon écrivain du Loiret
  • : Ce blog est destiné aux écrivains et aux lecteurs qui aiment romans et poésies. Il présentera tous les écrits et toutes les activités de Joëlle Carzon, auteur de poèmes et romans. Ce blog n'est pas destiné à recevoir des messages violents, ou politiques, ou religieux. (Suite à un messages troublant reçu ce jour : 25/12/12)
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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 14:07

 

“Vous regardez toujours ou trop haut ou trop bas. Trop haut, mon cher, c’est l’impossible ; trop bas, ce sont les feuilles mortes. La vie n’est pas là ; regardez directement devant vous à hauteur d’homme, et vous la verrez.”

(Eugène Fromentin, dans “Dominique”.)

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UN DIMANCHE A LA CAMPAGNE

 

 

J’ouvre la fenêtre

Le coq me cloue la clope au bec

Un papillon qui passe

Un air de ruisseau

Le chien qui jappe j’écrase mon mégot

L’envie de sortir de prendre l’air

La patronne qui te propose un café

Plutôt envie d’un bol d’air

Une marguerite effeuillée devant l’grand chêne

L’amour comme Rimbaud te monte à l’âme

Linon aux fenaisons

L’amour dans la paille

Le chien qui jappe

Il est tard

C’est l’heure de l’absinthe

Il faut qu’j’y aille

 

Michel Martinez, 23 février 1991

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2/8/11

Quand tu seras adolescent, on te parlera beaucoup de liberté.

- Je suis la Liberté, dit le chat.

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AOUT 2011 (le 21, le 24 je pars pour Granville) :

Du côté du ciné :

  Mes meilleures amies, Paul Feig

Kristen Wiig

Montargis, 14/8

Comédie américaine très marrante et assez grossière sur une loseuse chargée en tant que demoiselle d’honneur d’organiser le mariage de sa meilleure amie. Les autres demoiselles d’honneur sont pas mal non plus. De catastrophe en catastrophe, l’héroïne va vers le bonheur. Je me suis bien marrée.

 

Chico et Rita, Fernando Trueba, dessin animé

Montargis, 16/8

Chico et Rita s’aiment d’un amour passionné sans parvenir à vivre ensemble (ils sont tous deux musiciens de La Havane). Rita part faire carrière à New York, puis Chico aussi. Sur fond de musique cubaine, un film beau, sensuel, touchant, épique, très réussi.

 

Comment tuer son boss ? de Seth Gordon

Montargis, 19/8

Kevin Spacey, Jennifer Anniston, Colin Farrell (“méconnaissable”, dit Télérama, c’est vrai). Comment tuer son patron lorsqu’on est trois et qu’on choisit la méthode “l’Inconnu du Nord-Express” ? Trois nazes, trois mecs ni très courageux ni très malins. Je me suis amusée, sans plus.

Bref, rien de transcendant ce mois d’août, sauf des hauts et des bas d’humeur changeante de Joëlle qui ne se reconnaît plus elle-même, et il faut dire que ces trois pauvres et uniques films ne furent pas faits pour me requinquer vraiment.

 

Du côté littérature,

c’est un peu mieux. Après avoir lâché littéralement un roman de Julien Green (que j’aimais d’un amour sans tache à vingt ans), je verse dans la littérature féminine : Colette, Marguerite Audoux (enfin ! Bernard-Marie Garreau, spécialiste de Marguerite Audoux, va se dire que j’ai pris mon temps pour enfin me décider à lire le pur et délicat “Marie-Claire”) et deux anglaises, Mary Ann Shaffer et Annie Barrows, qui nous apprennent dans “le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates” comment l’île de Guernesey résista à la présence allemande sur son sol, ce que Sylvie (mon amie aquatique et lectrice) et moi-même ignorions complètement. Il paraît que Kenneth Brannagh prépare un film à partir de ce livre (le très anglais et en même temps très international Kenneth Brannagh). Les livres, toujours du BONHEUR, alors que le ciné ça va ça vient...

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24 : départ pour Coudrecieux, puis Alençon.

26 : à Granville (Manche).

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RETOUR LE 2 SEPTEMBRE :

Moules/frites, crème en abondance, galettes et crêpes, surtout pas de fruits : ouais ! + 1,600 kg de plus en 10 jours !

c'est vrai, ça pourrait être pire.

J'ai perdu au Casino samedi soir, mais autrement ce fut le pied ! Vivent la Normandie et ses froides vagues !

 

 

 

 

 

 

 

 

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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 07:22

 

 

APOLLINAIRE, toujours :

 

L’amour s’en va comme cette eau courante

L’amour s’en va

Comme la vie est lente

Et comme l’Espérance est violente

 

(Le Pont Mirabeau)

 

Un petit tour du côté de... :

 

LA VERRERIE.

A partir de Gien on peut faire plein de choses : les châteaux bien sûr (attention, la Touraine est quand même bien loin, au moins deux heures de voiture, donc plutôt les quelques châteaux autour de Gien et ceux du Cher, de la Route Jacques-Cœur) ; la forêt et les étangs de Sologne ; Montargis, Venise-du-Gâtinais, et son miel ; Sancerre et son vin... Le 5 juillet, je suis partie de chez moi en direction d’Aubigny-sur-Nere. La route Gien-Bourges est en travaux, c’est un peu dur-dur, mais bon les feux passés... Je suis allée au château de la Verrerie, château de conte de fée au bord d’un étang. On ne paye plus de droit d’entrée pour le parc. Donc promenade dans le parc libre : je fais tranquillement le tour de l’étang en appréciant tout particulièrement les chants des oiseaux. Il n’y a personne (il est dix heures et demie), rien ne peut être plus calme. A midi, je bois un jus d’ananas dans la rue principale du charmant Aubigny (ville amie avec l’Ecosse), puis vais manger dans le meilleur restaurant de la ville : LE ROYAL d’Aubigny, restaurant chinois. Il y a une concurrence effrénée des restos chinois dans la région, je vous conseille celui-là (à la carte : 21,90 euros). Après, je me dis que je vais prendre le chemin buissonnier pour rentrer, ce que je fais. Je rentre par le Cher : Oizon, Vailly-sur-Sauldre (je m’arrête pour admirer la petite rivière), Savigny-en-Sancerre. En sortant de Savigny, je découvre par hasard une petite route qui va vers Préberne-Verneau et je me retrouve auprès de l’étang communal du Grand Rozin où se déroule une fête. On se croirait dans “le Grand Meaulnes” ! Je fais une pause là, puis retour par Léré et Châtillon-sur-Loire. Jolie petite virée donc dans le Cher-Loiret. Il faisait beau, c’est comme si j’étais partie en vacances !

 

 

THIERS (Puy-de-Dôme).

Cette petite virée ci-dessus me donne envie de partir plusieurs jours. Je me dis (et ce n’est pas la première fois) que je vais partir en direction de l’Auvergne qui n’est pas si loin de Gien que ça. J’ai de très beaux souvenirs de Saint-Flour (randonnée avec mes parents) et Thiers (où je suis allée à 13 ans avec ma chère grand-mère). Et Thiers n’est pas si loin, non, pas loin du tout ! Mais le 6 juillet, paf, grosse déprime ! J’ai cependant bien rêvé derrière mon ordinateur à Thiers et ses couteaux, son parc naturel du Livradois-Forez, l’Eliotel du Pont de Dore, “le Chaudron” (resto) de la rue Denis-Papin... Les comprimés magiques vont faire, comme d’hab, leur effet, et “un jour” j’irai à Thiers...

 

13 juillet : En tout cas, avant ma semaine (depuis quatre ans) à Granville (Manche), j’irai au château de Chambord (pas très loin de chez moi) où l’on va en passant par La-Ferté-St-Aubin : Là, j’ai bien aimé le château en 2010, château où j’ai mangé des petites madeleines fabriquées sous les yeux des touristes par une accorte cuisinière.

 

 

Du côté des livres :

 

 

Just Kids

, Patti Smith : Je n’avais pas lu un livre ces derniers temps qui m’avait bouleversée autant. “Just kids” est le récit -parfois assez dur- de l’adolescence puis de la jeunesse de la poétesse et chanteuse Patti Smith. Sa jeunesse commence dans la peine, elle est enceinte (dans les années 60) et doit accoucher dans le mépris d’un enfant qu’elle abandonnera (elle le confie à des gens qui l’adopteront). Mais Patti est déterminée et ne semble avoir peur de rien. Elle quitte sa famille pour rejoindre New York où elle va connaître la rue, la faim, les nuits dehors... mais aussi la rencontre avec un autre extraordinaire “kid”, Robert Mattelthorpe. Ils sont jeunes, ils sont beaux (surtout lui) et ils ont une faim et une soif d’art (de tous les arts) étonnante. Quels artistes deviendront-ils ? Au milieu d’un bric-à-brac invraisemblable (mi-religieux mi-hippy) fait de récupérations, de bijoux, de papiers, de feuilles à dessin..., ils n’arrêtent pas de créer. Ils se soutiennent l’un l’autre. Quand l’un est faible (sous drogue par exemple) l’autre sera fort. Ils ne se quittent pas et commencent à connaître les Grands des années 60 : Janis Joplin, Sam Sheppart, les peintres de cette époque... Ils ont une foi en l’avenir, ils ont un look... (les photos de ce livre sont admirables). Ce livre des souvenirs de “la Jeunesse” laisse la marque de l’Amour, de l’amitié indéfectible, de l’Art (du fait que l’art élève absolument). Robert devient homosexuel et photographe, Patti poète et chanteuse de Rock, mais ils ne se quitteront jamais. Quand Robert mourra (du sida vingt ans plus tard), Patti réalise la promesse qu’elle lui a faite d’écrire LEUR histoire, et c’est une élégie. “Sex, drug and rock’n roll” certes, mais aussi cette croyance absolue que lorsqu’on veut être un artiste, on y parvient. J’ai été fascinée, émue jusqu’à l’âme, par cette histoire éternelle.

 

Les Mots de ma vie.

J’ai lu aussi le livre de Bernard Pivot (commandé sur Amazon, ça me démangeait ...).

Cher Pivot ! Je l’appelle “tonton Pivot” comme j’appelais Claude Chabrol “papa Chabrol” (j’ai ressenti un réel chagrin à sa mort récente). Pivot aborde dans son livre, par ordre alphabétique, tous les mots qui ont pu évoquer pour lui, dans sa vie, des bonheurs, des rires, des émotions, des chagrins... Lisez “chevreau” par exemple, beau récit d’enfance. J’ai aimé “amitié, amour, cédille, chat (of course !), chevreau, chose, femme (1 et 2), foi, impatience, lecture (bien sûr !), nénuphar (avec “ph”), sensualité, vieillir” ; et cela se termine par “Zut !”. Zut je vieillis et je vais vous transmettre tout ce pour quoi j’ai vécu, dit notre Pivot national. J’ai savouré, aimé, joui, été au-delà de l’enchantement. A lire impérativement.

 

Marie-Claire,

Marguerite Audoux.

J’ai connu “Marie-Claire” jadis par les dictées de l’Ecole primaire (on disait “Ecole communale”). Puis, quelques décennies après, j’ai connu Bernard-Marie Garreau, un collègue charmant. J’ai assisté à sa remise de Thèse sur Marguerite Audoux, très bon souvenir, et ça y est : je viens de lire enfin “Marie-Claire”. C’est le récit pur et sans concession d’une petite orpheline de la Sologne. A Aubigny-sur-Nere (voir ci-dessus) on honore sa mémoire. J’ai aimé ce court roman de souvenirs, formidablement écrit (dans une langue simple) et vivace dans le souvenir.

 

 

Du côté du ciné, j’ai vu :

 

Le gamin au vélo, les frères Dardenne

Château-Renard, le Vox, 3 juillet

Une jeune femme (Cécile de France) s’occupe d’un gamin qui rêve de retourner avec son père. Cela pourrait être très touchant, mais c’est raconté de manière très sèche. Je n’ai pas été émue et je n’ai même pas beaucoup aimé ce petit garçon (quoique sa ténacité soit tout de même remarquable). Le gamin pourrait être perdu pour la société, il ne l’est pas, semblent dire les frères Dardenne, mais ce n’est guère convaincant. J’avais aimé cela dit “L’Enfant” qui était le magnifique récit d’une rédemption.

 

M. Popper et ses pingouins, Mark Waters

Jim Carrey

Montargis, 24/7

Je voulais voir “les contes de la nuit”, mais un appareil était en panne. Du coup je vois ce petit film pour les familles, dégoulinant de morale, comme d’habitude chez les Américains : il faut être riche et beaucoup travailler, la famille y’a rien de mieux, les enfants doivent aimer leur papa, tout se termine bien quand on s’entend bien, et autres balivernes du même genre !

 

Switch, Frédéric Schoendoerffer

Montargis, 25/7

Une jeune québecoise se retrouvé piégée à Paris après un échange de maisons sur le site “Switch”. Elle est arrêtée par un flic quand même malin :Eric Cantonna. Courses poursuites, crimes, suspense... Je me suis laissée prendre à ce film haletant, moins bon cependant que le premier polar (et film) du fils de Pierre Schoendoerffer : “Scènes de crime”.

 

... “Et comme l’espérance est violente...”

 

 

Allez, au mois prochain !

 

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29/7/2011

Etre un grand écrivain (ou simplement un écrivain ?) :

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J'ai beaucoup regardé, et très attentivement, la vie des grands écrivains (par ex. dans "UNE MAISON, UN ECRIVAIN", France 5 - Proust, Céline...). Les grands écrivains sont des gens qui travaillent comme des fous, mangent à peine, et meurent la plume à la main, ensevelis sous les feuilles. Je n'ai jamais travaillé ainsi, moi qui me prétends écrivain (sauf peut-être à 20 ans ?), alors que j'arrête de gémir sur mes prétentions non satisfaites.

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EN PROJET QUAND MEME :

Un recueil de nouvelles (pour 2012), publié à compte d'auteur, qui comprendra une longue nouvelle : "Barges sur le Stour" (inspirée d'un tableau de Constable, le peintre anglais) écrite à l'âge de vingt ans. Une plongée dans la folie...

 

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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 15:02

VA CHANTER...

 

 

Va chanter au vent

Que le vent te guérisse

 

Va chanter à la pluie

Qu’elle coure partout partout

 

Va chanter aux arbres

Qu’ils se lèvent tous tous tous

 

Va chanter aux oiseaux

Qu’ils imitent les cieux

 

Va chanter aux anges

Tous vêtus de blousons noirs noirs

 

Va chanter aux bateaux

Tous au péril des pleurs

 

Va chanter au soleil

Au grand dam du bon dieu

 

Va chanter aux enfants

Qu’ils crient rient et délicent

 

Va chanter tout partout

Des racines des cheveux aux barques de tes pieds

 

12 juillet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 08:07

HISTOIRE DE JOELLE ET D’UNE RITOURNELLE

 

Il y avait Joëlle écrivant une ritournelle

Des histoires de mares

Et sur leurs bords se lovaient des papillons

J’avais treize ans puis quinze puis vingt

J’étais amoureuse

D’un écrivain naturellement

 

L’écrivain est mort qui se souvient

De l’enfant joyeuse qui croyait

Aux écrits jamais morts aux poèmes éternels

A l’écrivain bien mort dans sa tombe de terre

 

J’avais vingt puis trente ans

Et j’ai écrit des romans balzaciens

Des nouvelles en colliers

Et des poèmes à la chaîne

Comme une ouvrière du printemps qui n’est jamais fatiguée

Je sortirais de l’usine et j’irais vers les bois

Remplis d’artistes libres et de poètes élus

Les massifs de fleurs sont des livres recyclés

Les ajoncs sont les lettres d’or des Pléiades

Le petit cœur qui bat est le mien et il ne bat que pour vous

Les lecteurs les écrivains les artistes

Ceux dont la plume tremble et ne faillit jamais

 

Mais tu faillis petite Joëlle

Les bois sont loin pleins de fleurs livres

Les ajoncs fanent et se défont sur la palette qui fond

Le cœur a ses raisons et les battements de cœur

S’espacent aux noms aimés Adieu Apollinaire Régis et puis Cadou

Etiez-vous écrivains moi je ne le suis plus

Adieu le cœur dansant et la tête en folie

Où est le talent mûr j’en ai brassé des blés

J’ai brassé tant de lettres et les lettres se tirent

Poète écrivain les lettres ont un grand rire

Jamais jamais poète jamais jamais Gribouille

Que du papier mâché des crayons bousillés

Des mots qui n’ont pas sens des discours pressés

Un enfant qu’on n’écoute pas

Qui ne fit que passer par-là

Léger léger comme un pollen

 

 

7/7/11

 

 Hier, j'ai reçu ma Nième lettre de refus d'un éditeur (depuis quand ? depuis que j'ai l'âge de 19 ans), sèche. Vous n'êtes plus rien alors. Malgré les manuscrits entassés, les encouragements d'amis, les montagnes de poèmes, les 15 ou 16 romans écrits. Je ne sais pas pourquoi je persiste à écrire aux éditeurs. Un très fort masochisme de ma part ? Une douleur encore plus appréciée quand elle est plus douleur ? L'abandon de la naissance (de ma naissance) que je renouvelle. J'ai beau me dire que je ne suis pas Proust, ni Balzac, ni mon cher Apollinaire, je ne peux m'empêcher de me jeter sur mon stylo salvateur." Faites ce que vous savez faire, disait W.Allen il n'y a pas longtemps, ne vous souciez pas de la reconnaissance, ça se finira au trou de toute façon." Faire ce que je sais faire, certes, mais si ce je je fais n'a pas le moindre intérêt ? Je ne me vois pas aller réciter mes poèmes en public, non, vraiment non. Allons, courage, ma petite Joëlle, deux ou trois personnes te lisent. Quatre, cinq... ? Je vais me retourner vers la nature et parler les beautés de la terre (celles qui restent)...

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 15:23

“ Tous les pays qui n’ont plus de légende

Seront condamnés à mourir de froid...”

 

Patrice de La Tour Du Pin, “La Quête de joie”

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André Gide

 

Ayant acheté à une vente de livres d’Amnesty International, à Gien, “Isabelle”, que je n’avais jamais lu, me voici replongée dans Gide : j’enchaîne sur “la Symphonie pastorale” puis la sévère “Porte étroite” (Folio). Gide est-il entré, comme je l’ai entendu dire, dans une sorte de Purgatoire ? Il semble que non. Je vais jeter un coup d’œil sur Amazon.com et j’y découvre les commentaires de lecteurs de “la Symphonie pastorale”. Ces lecteurs ont lu ce livre comme s’il venait de paraître, c’est assez curieux et amusant. “La Symphonie...”, 1925, et “Isabelle” (l’histoire d’un jeune homme qui fantasme sur une jeune femme qu’il n’a jamais vue, espèce d’Arlésienne du récit), 1921, ça ne date pas d’hier ! Mais les gens lisent “la Symphonie...” avec une grande fraîcheur d’esprit. Du coup, je me commande les Entretiens avec Catherine Gide (2002-2003, Gallimard) et lis avec un intérêt très “People” le récit de l’enfance de Catherine, enfance très solitaire et pas très marrante où l’on croise Roger Martin du Gard, Malraux, Marc Allégret... Catherine n’a su qu’elle était la fille de Gide que très tard ; Gide a mené une vie incroyable, très moderne dans les moeurs, tout en interdisant à sa fille de lire “Madame Bovary” dans le train, au vu et au su de tout le monde ! Ahurissant.

 

Julien Green

 

Je ne sais pas si c’est la fréquentation de Gide, mais me voilà qui ressors les “Pléiade” Julien Green (le Protestant Gide comme était Protestante la famille américaine de Green converti -très “bruyamment” je trouve au niveau littéraire- au catholicisme). J’ai adoré (à 20 ans) Green et je ne vais pas brûler ce que j’ai adoré, mais je le trouve bien hypocrite dans beaucoup de domaines. Quand il parle d’”amitié platonique” avec Robert de Saint Jean par exemple, ou quand il parle de la “pauvreté” de sa famille qui avait des domestiques et envoyait ses enfants faire des séjours à l’étranger, comme toute bonne et chic famille américaine le fait (ou le faisait en ces temps anciens, comme les personnages d’Henry James). J’adore “Minuit” (roman) et j’adore son Journal (celui en particulier des années entre les deux guerres) et, en lisant ses interviews par Franz-Olivier Giesbert je suis infiniment triste qu’on ne le lise plus (il paraît) et que Giesbert ou moi soyons peut-être ses derniers lecteurs (des gens ayant largement dépassé la cinquantaine). J’ai vu que ses récits sur sa jeunesse viennent d’être réédités, mais qui va être intéressé par ses interminables explications concernant ses états d’âme religieux ? Existe-t-il encore des romanciers catholiques ? (mais Julien Green n’aimait pas qu’on le classe dans les “écrivains catholiques”...) Je viens de lire avec un immense intérêt le récit qu’il a fait de l’histoire de sa sœur Anne (avec qui il a vécu longtemps -et pourtant ils étaient d’une telle “politesse” qu’ils ne savaient apparemment rien l’un de l’autre) et je vois avec ma curiosité très People qu’il a adopté un monsieur, Eric Jourdan, qui est une espèce de phénomène littéraire, mystérieux et marginal, qui veille à la mémoire de son “père”.

 

Patrice de La Tour du Pin (on fête le Centenaire de sa naissance cette année)

 

Il faut (et je trouve cela bien triste) que les écrivains aient justement des enfants ou des héritiers pour prolonger leur mémoire (Jean-Louis Curtis qui n’avait pas de famille est en train de sombrer dans l’oubli) (rectificatif du 23/7/11 : Je n'ai pas lu le Prix Goncourt 2010, mais je viens de lire que dans "la carte et le territoire, Houellebecq fait un hommage vibrant à JL Curtis, pages  168-169). C’est le cas de Patrice de La Tour du Pin dont sa famille s’occupe pieusement. Je suis allée hier au Château du Bignon (19 juin - petit village du Bignon Mirabeau au nord de Montargis) où l’on avait organisé une journée Hommage (je fais partie des “Amis de Patrice de La Tour du Pin” suite à une visite en 99 au château où j’avais été reçue délicieusement par Anne, sa veuve). J’ai d’abord eu du mal à trouver l’endroit, c’est complètement perdu dans la campagne et je ne fonctionne qu’avec les cartes. Puis, sur place, je me suis demandée ce que je faisais là. Famille parisienne, des aristocrates, des soeurs (!!!). A 16 heures, dans le séchoir, apparaît une espèce de vieux prof de la Sorbonne : il a au moins cent ans ! (sans rire), et prononce un discours pour moi incompréhensible. On se croirait dans une autre époque, une époque bien, bien lointaine. Puis, après cet épisode bizarre, apparaissent deux jeunes gens (un garçon et une fille) qui se mettent à réciter et lire des poèmes de La Tour du Pin, et là, la magie opère. La parole du Poète est limpide et magnifique. Je regarde ma voisine et nous nous sourions. “Que c’est beau !” Oui, le “Prélude”, “Enfants de septembre”, etc. c’est la Beauté à l’état pur. Les jeunes gens s’appelaient François-Xavier Durye et Valérie Taÿ. Dieu merci (c’est le cas de le dire, Patrice de La Tour du Pin était TRES catholique et semble avoir plus travaillé pour le salut de son âme que pour la Poésie), je ne me suis pas déplacée pour rien. Pendant la récitation des poèmes, je crois reconnaître assis devant moi Jean-Pierre Sueur (homme politique socialiste) et je me dis que c’est trop incroyable, que j’ai dû rêver... Mais après tout les poètes catholiques sont à tout le monde. J’ai bien lu sans sourciller, pendant des années, les états d’âme religieux de Julien Green, moi qui étais incroyante, et j’ai aimé Mauriac et Bernanos. J’avais vingt ans. Il faut croire que j’avais l’âme sombre (oui, tout était bien noir à cette époque-là, je pleurais beaucoup...) Mais tout de même, la notion de “péché” ou la croyance au Diable me paraissent complètement moyenâgeuses. Mes croyances au Bien et au Mal sont en fait, me semble-t-il, très laïques. Mais il doit y avoir en moi une Catholique enfouie pour que j’aime tant tous ces écrivains.

Après toutes ces lectures, comment fait-on pour redescendre sur terre ? Je lis des écrivains d’aujourd’hui, mais que sont-ils à côté de Gide, Green ou La Tour du Pin ?

Dans vingt ou trente ans, qui se souviendra de M., W., D. ou R. (je ne veux pas être une peste et je préfère ne pas les citer) si déjà on ne lit plus Green aujourd’hui ? Moi qui dis déjà qu’il n’y a plus personne après les grands romanciers du XIXè siècle ! Mais bon, si, redescendons sur terre : après tout, je lis Sagan et même Katie Fforde (une romancière anglaise de la “chick” literature -je crois que c’est comme ça qu’on dit...-). Je suis loin d’être tout le temps en train de planer au-dessus du commun des lecteurs ! (Déjà être un “lecteur” aujourd’hui tient du miracle, mais je connais quand même des jeunes lecteurs -10 ans- qui liront peut-être Green un jour ? (c’est un grand “peut-être”.)

 

 

 CINE JUIN 2011

 

 

La conquête, Xavier Durringer

Montargis, 2/6

Denis Podalydès, Samuel Labarthe, Bernard Le Coq...

La conquête du pouvoir par Nicolas Sarkozy au moment où sa femme Cécilia le quitte. Au bout de 5 minutes, on oublie que ce sont des personnages réels et on se laisse emporter par cette histoire d’ambition politique. J’ai trouvé ça plutôt réussi et je ne me suis pas ennuyée une seconde. Un très bon acteur joue Henri Guaino, mais je n’ai pas retenu son nom.

 

Le chat du rabbin, Joann Sfar

Montargis, 5/6

Le chat qui parle d’un rabbin d’Alger dans les années 20. Le rabbin part faire un grand voyage (un voyage initiatique pour vieux messieurs) à travers l’Afrique avec des compagnons très divers (diversité des personnalités et des religions), le chat et un âne. La fille du rabbin est une charmante jeune fille (voix d‘Hafzia Herzi). Le chat est intelligent, cool, marrant. Joli dessin animé. J’ai aimé bien que je reste un tout petit peu frustrée...

 

London Boulevard, William Monahan

 

 

Colin Farrell, Keira Kneightley

Montargis, 12/6

Polar en grande partie incompréhensible. On ne comprend pas vraiment pourquoi tous ces gangsters se tapent dessus et s’entr’assassinent. Colin Farrell est pas mal (“impeccablement mélancolique” dit Télérama) et Keira Kneightley inconsistante. L’histoire d’amour entre ces deux-là est tout sauf convaincante. J’avais aimé Colin Farrell dans “bons baisers de Bruges”, film d’humour noir où il promenait sa mauvaise humeur de manière très cocasse. Trois personnes dans la salle (y compris moi), dont deux hyper bizarres ! ça fout presque les jetons... (dimanche à 14 H, je me demande parfois comment vivent les cinémas.)

 

Pourquoi tu pleures ? Katia Lewscovitz

 

Benjamin Bioley, Nicole Garcia, Emmanuelle Devos

Les Carmes, 17 juin

Film qui n’a pas très bonne presse, mais j’ai apprécié le charme de Benjamin Bioley et le côté un peu paresseux du récit. Emmanuelle Devos est extra.

 

Une séparation, Asghar Farhadi (film iranien)

Les Carmes, même jour 17/6

 

Dans l’Iran d’aujourd’hui, une séparation entraîne tout un tas de complications dans une famille, en particulier un procès qui oppose une famille de la classe moyenne à une famille pauvre et très religieuse. Les enfants (des filles) innocentes sont témoins et souffrent. Remarquable étude de la société iranienne d’aujourd’hui (tout du moins ce film nous donne une idée de ce qui peut se passer en Iran). Film applaudi par la critique, à juste titre vraiment.

 

 

20/6 : C'est déjà pas mal pour le mois de juin, non ?

 

 

PREVISIONS JUIN-JUILLET 2011 : Journée à Sens (23 juin), Chambord, château de la Verrerie (sur la route de Bourges), la piscine de Gien, le film "Pater" d'Alain Cavalier avec Mathieu Lindon, "le gamin au vélo" des frères Dardenne, Benoît Duteurtre,  et des rêves d'écriture... 

 

 

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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 11:15

J’irai...

 

 

J’irai à Orléans naviguer sur la Loire

J’irai en Normandie nager dans l’onde froide

J’irai à Londres manger des doughnuts sous un parapluie

J’irai à Cork boire de la Guinness avec un grand barbu

J’irai à New York au Russian Tea Room

J’irai à San Francisco au 28 Barbary Lane

Mais j’irai aussi

Devant chez moi sur l’herbe suivre l’oiseau des yeux

Sur le seuil de ma porte parler au chat qui passe

Sur le coussin du lit aux livres naviguant

Dans le chapitre ailé d’un classique fringant

Entre les pages pleines de rosée de l’aube naissante

 

 

19/5

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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 10:59

  "Prenez plaisir à faire ce que vous faites, ne vous préoccupez pas de la reconnaissance ou du succès, elle ne vous rendra pas moins mortel."

                                                 Woody Allen (Télérama, mai 2011)

 

 

Mes amis se marrent et me disent qu’au lieu de parler de cinéma et de livres, et ceci afin d’attirer des lecteurs pour mon blog, je ferais mieux de parler de MON REGIME.

Alors allons-y ! Joëlle fait un régime depuis un an et cinq mois et UN REGIME QUI MARCHE. En décembre 2009, un jour fatal, je suis montée sur une balance (que j’avais cachée depuis plusieurs années dans un placard) et j’ai lu : 76,600 kg (pour 1 m 55). J’ai failli tomber dans les pommes je l’avoue.

Mais j’ai commencé sur-le-champ un régime et il a marché. En 1 an et 5 mois donc j’ai perdu 13,800 kg. Pas mal, non ? Régime en douceur, je perdais peu par mois.

 

MON REGIME QUI MARCHE :

Pas de

: beurre (sauf le matin sur une tartine), pâtes, riz, pommes de terre (sauf dans le potage), gâteaux, charcuterie. Très peu de fromage. On peut bien sûr s’accorder un petit écart de temps en temps.

 

Un peu de marche et de piscine (mais pas du tout de façon acharnée).

 

MENU TYPE :

Matin : thé ou café (ou les deux pour moi), une tartine beurrée.

Midi : carottes râpées (avec huile de noix ou huile d’olive) - viande grillée/légumes (haricots verts, petits pois, macédoine...) - fruit.

Soir : potage de légumes ou potage aux vermicelles - 2 oeufs à la coque ou 2 oeufs durs - un peu de poisson éventuellement - Fruit.

 

Régime un peu dur les premiers mois, mais facile maintenant. Je ne suis pas affamée et c’est tellement plaisant d’être plus légère ! Et je continue à maigrir. Je vise les 60 kilos, car à mon âge il est irraisonnable de demander la taille mannequin.

 

Ceci était un clin d’œil (je veux plus de lecteurs pour mon blog !). Je reprendrai bientôt mon bloc-notes livres et cinéma...

 

Côté cinéma, mai 2011 :

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Tomboy, Céline Sciamma

Montargis, 1er mai

Zoé Héran, Mathieu Demy

L’histoire d’une petite fille, Laure, qui se fait passer auprès de ses nouveaux copains pour un petit garçon, Mickaël. Le temps des vacances d’été. C’est filmé à hauteur d’enfant, comme dans “l’argent de poche” de François Truffaut. La réalisatrice ne cherche pas trop à expliquer ce qui se passe et c’est très réussi.

Bon à tirer, les frères Farrelli

Owen Wilson, Kristina Applegate

Montargis, 9 mai

Deux jeunes femmes accordent un “bon à baiser” d’une semaine à leurs maris obsédés. Film plutôt marrant malgré sa vulgarité, mais la fin est beaucoup trop morale, nous sommes aux Etats Unis ! J'aurais carrément aimé que ça s'assume vulgaire jusqu'au bout...

Midnight in Paris, Woody Allen

Owen Wilson, Marion Cotillard, Léa Seydoux, Gad Elmaleh, Carla Bruni, Katie Bates (Gertrude Stein)...

Montargis, 15 mai, à 10 H 55 à l’Alticiné

J’ai beaucoup aimé ce dernier adorable Woody Allen. Un Owen Wilson (encore !) lunaire (qui voudrait être un grand écrivain et qui pense trouver l’inspiration en se baladant dans Paris sous la pluie) se balade dans le temps avec Marion Cotillard, fait un bond dans le passé dans le Paris des années 20, rencontre donc les écrivains d’alors exilés à Paris, Hemingway, Scott Fitzgerald, et des peintres : Dali, Picasso... Mais l’on n’est jamais content de l’époque où l’on vit... Pour Marion Cotillard, l’âge d’or c’est la Belle Epoque. Owen Wilson à la fin décide de rester dans le beau Paris et traverse le Pont Alexandre III avec la charmante Léa Seydoux. Film gai, fantaisiste, amusant, très joli à regarder. Ah ! cher Woody Allen ! Sur la musique de Cole Porter avec une introduction magnifique sur des images de Paris : Paris fantasmé ?

The tree of life, Terrence Malick

Brad Pitt

Une histoire de jeune garçon dans les années 50 accablé par l’autoritarisme de son père. Un frère meurt. D’où des digressions importantes d’une religiosité énorme et bêtasse. La voix off ne dit strictement rien d’intéressant. Malgré la beauté des images, je me suis copieusement ennuyée (et film interminable : 2 H 20). Ce film était très attendu au Festival de Cannes, on lui a décerné la Palme d'Or, on se demande vraiment pourquoi... Parce que le Président  du Jury était américain et que les Américains sont sensibles aux messages évangélistes ? La représentation du Paradis, à la fin, m'a semblé particulièrement ridicule. Allez voir "Midnight in Paris" qui ne cherche pas à passer de quelconque message, où l'on est charmé, où l'on ne s'ennuie pas ! Cela dit, "les Moissons du ciel" du même Terence Malick était une merveille.

 

 Côté Littérature :

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J'ai lu ce mois-ci "L'été 76" de Benoît Duteurtre, auteur que je ne connaissais que par ouïe-dire. L'écrivain y raconte ses années d'adolescence au Havre, années intensément intellectuelles. La langue y est claire, fluide et agréable et, si l'on est né dans les années 60 (et même 50 comme moi), on prend plaisir à lire la formation musicale du jeune Benoît, ses rencontres littéraires, son amitié passionnée mais platonique avec Hélène, bouillonnante jeune fille (deux ans de plus que le narrateur) de ces années-là. Benoît Duteurtre n'est pas prétentieux et nous fait participer gaiement à sa formation de jeune intellectuel.

 

J'ai trouvé ce matin au vide-grenier de la Place de la Victoire à Gien (beau soleil et du monde dont des Néerlandais, 2 juin) un Agatha Christie (Tommy et Tuppence, si joyeusement interprétés à l'écran avec Pascal Thomas par Catherine Frot et André Dussolier) et "l'Ecume des jours" que j'ai lu à 17 ans et que je voudrais relire.

 

 

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Bon, rendez-vous fin juin pour un mois de juin que j'espère joyeux et cinématographique, pour mes petites notes cinés et livres ! Et Carpe Diem à vous tous !

 

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 17:31

QUELQUES JOURS DE VACANCES-Joëlle Carzon

 

- Je serais bien venue, dit Paula.

Elle souriait. La mer, le vent dans les narines, les voiles des bateaux, les enfants qui crient en courant devant... Ç’aurait été chouette.

- Alors, viens !

Charlotte croyait tout possible. Qu’il suffit de sortir le sac de voyage de son placard, le maillot de bain, et hop ! Laisser la maison : et les fleurs, et les chats, et Jacques ?

- Mais tu sais bien que...

- Les chats, les plantes... Je sais. Jacques pourrait s’en charger.

- Mais justement, Jacques...

- A trop de travail ?

- Non... Il a l’habitude que je sois là.

- Les habitudes, on en change. Les nouvelles habitudes remplacent les anciennes. Je vois très bien Jacques avec un arrosoir et des croquettes. Il serait très mignon, tiens... Un nouveau Jacques, sans cravate et sans femme pour l’épier.

- Je ne l’épie pas.

- Vous vous épiez mutuellement. Et toi tu serais adorable sans mari. Je t’imagine déjà... Écharpe au vent et rire aux lèvres. Paula-de-Bretagne.

- Comment réagirait-il si je lui demandais cela ?

- Si ça se trouve, il serait enchanté ! Pas de femme, pas d’enfants : j’invite mes copains à faire la bringue !

Paula réfléchit : Jacques avait-il tant de copains ? Il n’avait plus qu’un copain d’études, dans le Nord. Quelques collègues dont elle entendait parler mais qu’elle ne connaissait pas, un collègue qui était passé un après-midi avec sa femme. On avait mangé un gâteau en ne sachant que se dire. Les amis de la maison étaient ceux de Paula.

- Jacques n’a guère de copains, dit Paula tristement.

- Eh bien, ça lui fera l’occasion de s’en faire. Pourquoi pas ? Il est réservé avec nous. Peut-être le serait-il moins sans nous. Ou alors il va se découvrir une passion pour la solitude. Les hommes ont besoin de solitude.

Paula essaya d’imaginer son mari seul, assis sur le canapé, une bière sur la table basse... C’était difficile. Ses bavardages semblaient le distraire, les enfants ne semblaient pas le déranger. Jamais. Jacques était un homme que la famille ne soûlait pas. Il était ravi, à sa façon paisible, d’être entouré.

- Allez ! intima Charlotte. Fais-toi violence. Cesse d’être une femme qui pense que son mari va être perdu sans elle. La révolution est passée par là. On te croirait encore dans les années cinquante... Tu penses que ton mari va t’engueuler ?...

- Bien sûr que non !

- Effectivement, ce n’est pas le genre. Demande-lui ce soir.

- D’accord, dit Paula.

 

*

 

 

Elle lui parla de la proposition de Charlotte : une semaine en Bretagne avec les enfants, les leurs et ceux de son amie. C’est court, une semaine. Il ne la verrait pas passer. Paula souriait. Tout paraissait couler de source au moment où elle parlait.

 

Elle vit la main de son mari qui se resserrait autour du verre. Il la regarda droit dans les yeux.

 

- Non, dit-il.

 

Paula fut frappée par la voix claire et nette, elle en demeura muette quelques secondes.

 

- Je ne pensais pas que cela poserait problème, finit-elle par dire.

- Cela ME pose problème.

- Une semaine... Charlotte est avec moi. Nous sommes toutes les deux capables de nous occuper des enfants.

- Tu ne serais pas là. J’ai besoin de toi à la maison.

- Tu veux dire pour la cuisine, le ménage...? demanda-t-elle d’une voix hésitante.

- Peut-être... Mais surtout, ta place est ici, près de moi.

- Ne rêves-tu pas parfois d’un peu de solitude, d’un peu d’espace à toi ?

- Si j’ai besoin de solitude, je sais comment et où la trouver. Toi, tu dois rester ici.

 

Le ton était devenu dur. Paula frissonna.

 

- Je te trouve...

 

Elle s’arrêta là. La main avait déposé le verre sur la table, la main était partie, frappant durement sa joue. Paula porta ses doigts à son visage, incrédule.

 

- Tu n’as pas à discuter.

 

Jacques. Son mari. Son mari tranquille. Son mari, Jacques, plutôt doux et popote. Frappée. Elle, Paula, frappée.

 

- Mais... Tu as levé la main sur moi. Tu n’avais jamais fait une chose pareille... Que se passe-t-il ? Je ne pensais pas que...

- Il n’y aura pas de Bretagne, pas de ta Charlotte et d’enfants en vadrouille. Nos enfants doivent rester avec nous, ici. Je te le répète : ne discute pas.

- Aurais-tu peur que... ? Es-tu jaloux ?

- J’ai parfaitement confiance en toi.

- Alors ?...

 

Un deuxième coup s’abattit sur sa joue, lui faisant plus mal que la première fois. Une émotion la submergea : c’était à la fois de l’incrédulité et de la colère.

 

- Tu n’as pas le droit !

 

Un troisième coup. Paula s’assit. L’aîné des enfants était apparu. Il regardait son père, puis sa mère. Paula tendit son bras vers son fils et il vint s’asseoir à côté d’elle. Ils se serrèrent l’un contre l’autre en silence. Jacques leur tourna le dos et se dirigea vers la cuisine. Elle vit s’éloigner son dos paisible, volontaire. Un dos sans remords. Elle ne se demanda pas ce qu’elle avait fait. Elle découvrait simplement quelque chose de nouveau et cela la laissait complètement démunie.

 

*

 

 

- Il se trouve que cela tombe mal, expliqua Paula.

Sa voix ne tremblait pas.

- Qu’y a-t-il ?

- Jacques doit inviter son patron qui s’en va en déplacement la semaine d’après. Ce dîner devait avoir lieu depuis longtemps. Et puis Lou me couve un gros rhume, j’espère que cela ne va pas empirer.

- Quel dommage ! Je suis tellement déçue ! Mais nous prévoirons le même genre de truc pour une autre fois.

- Peut-être... Charlotte, je dois te laisser. Les enfants...

Elles se dirent au revoir. La voix de Paula n’avait pas failli. Une autre fois ? Elle verrait à ce moment-là. A quoi bon se causer du souci à l’avance ? Sa pommette était encore douloureuse. Ce n’était qu’une petite douleur. De toute façon, cela ne se reproduirait pas. Elle avait expliqué à son aîné que papa était fatigué. Son regard intrigué ne lui avait pas fait détourner les yeux. D’ailleurs, c’était vrai : Jacques était fatigué. Ce travail lassant, ces collègues ennuyeux... Elle n’irait pas en Bretagne avec Charlotte, ce n’était pas grave. On attendrait les grandes vacances. Elle se voyait sur la plage avec les petits et son mari, un grand monsieur calme et séduisant. Elle savait que l’image de sa famille faisait envie à beaucoup. Paula marcha vers le lave-vaisselle. De toute façon, cela ne se reproduirait pas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 16:59

Au mois d’avril, je me suis découverte de plus d’un fil et je suis allée à Paris (14-17 avril). Quatre jours d’expos, musée, cinés et théâtre, je n’ai pas eu le temps de souffler, si... J’ai mangé plein de frites. Et j’ai traversé le Trocadéro presqu’en courant, agacée par les trop nombreux vendeurs de petites tours Eiffel. Quel dommage ! Jadis, il y avait là les jeunes skaters, ça allait vite, ça avait un air jeune et romantique, c’était super.

 

Expos :

Au ravissant musée Jacquemart-André, j’ai vu l’expo des frères Caillebotte, l’un peintre l’autre photographe. Je me suis plus intéressée au peintre. Gustave, ami et mécène des Impressionnistes, peint des toiles qui ressemblent à Monet et s’intéresse aussi à la Révolution industrielle de son époque et peint gares, trains et chemins de fer. J’aime beaucoup “le Pont de l’Europe” (1876) (on se rappelle les Gares Saint-Lazare de Monet). Je ressors ravie pour aller manger au chic “Café Hortense” rue Cézanne un “Paris-Paris”, pain Poilâne et salade super bon. Je suis allée aussi voir l’expo Van Dongen (de 1895 aux années 1930) au musée d’Art Moderne (pas le même jour). Dès le début de l’expo, un immense tableau représentant une chimère me donne un coup au cœur. C’est magnifique ! Je connaissais très peu Van Dongen ; j’ai beaucoup aimé cette expo. Le Musée de la Vie romantique  (où je vois une expo sur les jardins romantiques français et où j'écoute Chopin) est rue Chaptal dans le IXe, c’est une charmante maison provinciale au fond d’un jardin (que les lilas sentaient bon !), on peut prendre un verre dans le jardin à partir de fin avril. Paris rêvé... ? Non.

 

Théâtre :

Je voulais absolument voir Pierre Arditi sur scène, ça y est, je l’ai vu ! Dans “la Vérité” de Florian Zeller au théâtre Montparnasse rue de la Gaîté. La pièce est pas mal sans plus, mais Pierre Arditi a un vrai génie comique. Il a des mimiques irrésistibles. Je me suis éclatée. Il faut citer ses collègues acteurs qui ont beaucoup de talent aussi : Fanny Cottençon, Patrice Kerbrat et Christiane Millet (mention spéciale pour cette dernière). Moyenne d’âge des spectateurs : 75 ans. J’exagère à peine ! Il faudrait que les grands-parents apprennent à leurs petits-enfants à aller au théâtre, sinon dans dix ans, les acteurs seront encore plus au chômage qu’aujourd’hui... Il faut dire que le prix, bonjour !

J’ai vu aussi “Trahisons” d’Harold Pinter au théâtre de l’Escabeau à Briare (donc rien à voir avec le monde parisien), très bonne pièce (Pinter est peut-être mon dramaturge préféré) et acteurs amateurs qui ont fait un bon travail.

 

Et mon cher ciné :

Après avoir vu “Tous les soleils” de l’écrivain (excellent écrivain) Philippe Claudel, j’ai été très agacée par la critique qui n’a pas forcément été très gentille avec ce film. “Tous les soleils” est un film gai, et triste, et marrant et fantaisiste et musical et tendre et avec une jolie histoire d’amour. Pour se réconcilier avec la vie, on peut aller voir ce film sans hésiter. De plus, cela se passe à Strasbourg qui est une ville magnifique (je n’y suis jamais allée, mais les vues donnent vraiment envie). Autrement, j’ai vu ce mois-ci “Incendies” de Denis Villeneuve (canadien), d’après Wadji Mouawad, remarquable film qui raconte la quête de deux jeunes jumeaux après la mort de leur mère au Canada. Selon la volonté de cette dernière, ils doivent rechercher leur père et leur frère, loin, au Liban. La jeune fille part d’abord et commence sa terrible quête qui va la mener de douleur en douleur (c’est un film de guerre aussi). Son frère la rejoint, au moment où elle commence à n’en plus pouvoir, et reprend la quête... Une tragédie grecque. Ce film est un choc. J’en ai rêvé la nuit d’après. Je dois dire aussi que je suis toujours très touchée (et attirée) par les histoires de frère et sœur. J’ai vu ce film au cinéma d’art et d’essai de Châteaurenard, le Vox.

A Paris, j’ai vu trois films : le premier, “Si tu meurs je te tue” est un film d’Hiner Saleem qui se passe dans la communauté kurde de Paris. Le héros (Jonathan Zaccaï) se retrouve avec sur les bras le cadavre d’un ami kurde qu’il vient de rencontrer. La fiancée, le père arrivent de Turquie... Un joli film sur la liberté de la femme et la communauté kurde à Paris. C’est un film drôle et tendre que j’ai beaucoup aimé. Le deuxième fut “Winter’s bone” que Gauthier Jurgensen m’avait chaudement recommandé. On y voit l’Amérique des “pauvres blancs”. Une petite jeune fille doit absolument savoir, pour la survie de sa famille (la mère est inapte), ce que son père est devenu : elle doit au moins retrouver les os de son père (d’où le titre) pour prouver à la police qu’il est mort. J’ai été stupéfaite de la bêtise et de la violence de ce monde pauvre américain qui paraît bien loin de nous (de moi ?). Mais c’est vrai que c’est un film réussi. J’ai aussi couru, pour mon troisième film, à l’Action-Christine, comme d’hab. L’Action-Christine est liée à l’histoire de ma vie. J’y ai vu (revu plutôt) “Pendez-moi haut et court” (de Jacques Tourneur, 1947), histoire hyper compliquée avec une, deux, trois intrigues mêlées et une méchante (et belle naturellement) dame qui tire les ficelles. C’était dans un festival Robert Mitchum et j’ai donc admiré pour la Nième fois cette grande carcasse de Robert Mitchum. Retour à Gien ensuite avec du cinéma plein la tête.

 

Et côté Littérature :

Fin mars, “le Protocole compassionnel” d’Hervé Guibert (l’antipathique Hervé Guibert il faut le dire) m’est tombé des mains. Me tombent des mains ensuite (en vrac) John Le Carré, Martha Grimes, Rachel Cusk, Alice Munro. Décidément... Que me veulent ces auteurs, ou plutôt qu’est-ce que je veux de la littérature ? De la distraction, de l’amusement, de la passion ? Il est évident que fin mars-début avril Joëlle-l’Intello n’est plus guère intello. Je lis avec tiédeur “Eau-de-feu” de François Nourissier qui est mort il y a peu. Ce n’est pas ce livre en tout cas qui me fera lire les autres Nourissier. Seul, Somerset Maugham (“les 4 Hollandais”, recueil de nouvelles) me fait sortir de ma torpeur et me fait battre le cœur. A travers ces nouvelles, le narrateur, un homme distingué et cultivé, se balade à travers le monde, dans l’empire britannique d’autrefois (toutes ses colonies) et raconte des aventures singulières, avec humour, avec précision, et souvent avec cruauté. La distinction de Somerset Maugham n’est qu’apparente, la réalité cruelle transperce les hommes (et les femmes). Comme chez Nourissier, on boit beaucoup chez Maugham. J’aimerais un jour goûter ses “Gin pahit” dont il parle avec gourmandise. Est-ce que ce cocktail mystérieux existe encore en 2011 ?

 

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 17:21

LE BALLON DANS LA PORTE (nouvelle)

 

 

- Où est ton père ?

- Il n’est pas là, dit Éric qui jouait avec son ballon.

- Il est bien quelque part.

Éric regarda l’intrus, un homme gros, portant capuche et une lourde sacoche.

- Sais pas, dit-il.

- Tu dois être Éric...

- Sais pas, dit Éric qui ne voyait pas pourquoi décliner son identité à un homme qui n’en avait pas, d’identité.

- Mon nom est Latour, Jean-René Latour, dit l’inconnu comme s’il avait deviné l’enfant.

Éric tendit sa main, mais ne proféra pas un son.

- Jean-René Latour, tu sais, l’avocat...

L’avocat ?... Eh bien, qu’il soit avocat, ou docteur, ou marchand de pommes de terre..., qu’importait. René se fichait bien des avocats. Il tapa dans son ballon.

Pouf ! Contre la porte de la salle à manger. Marie surgit, frottant ses mains contre son tablier.

- Monsieur ? dit-elle faisant face à l’inconnu.

- Monsieur Latour. Jean-René Latour.

- Ah, bien ! dit Marie, confirmant Éric dans son opinion : l’homme avait, aurait, peu d’importance.

- Je ne sais trop où est Monsieur...

- Ça ne fait rien. Je vais le chercher.

L’étranger fit demi-tour, se dirigeant vers le jardin.

- Accompagne monsieur Latour, dit Marie.

- Pff ! souffla Éric.

 

 

 

*

 

Le jardin était mal préparé pour la visite des inconnus. On n’avait pas tondu la pelouse depuis des lustres. Des branches lourdes tombaient sur les allées. La balançoire rasait des mottes.

- Tu t’appelles Éric.

- Éric Montoire, précisa le petit garçon.

- Tu ressembles à ton papa.

- A ma maman aussi, s’indigna Éric.

- Je n’ai pas l’honneur de connaître ta maman.

- Elle est très jolie, précisa le jeune garçon.

- Je n’en doute pas... Montoire ne peut choisir que de jolies femmes, ajouta l’inconnu comme pour lui-même.

- Marie est jolie aussi.

- Marie ? La petite de tout là l’heure. Oui...Marie est jolie aussi.

- On ne peut pas dire que papa est joli.

- C’est vrai : on ne dit pas que les hommes sont jolis.

- Papa n’est pas “joli”, il est “fort”.

- Fort ? Peut-être... En tout cas, pour toi, mon petit, il est fort.

- Il n’est pas fort pour vous ?

2

 

- Ça dépend des jours..., dit l’inconnu en souriant.

- Il est fort ! insista Éric.

- D’accord.

- Vous vous appelez Latour ?

- Oui. Maître Jean-René Latour.

- Papa ne m’a jamais parlé de vous.

- Ton papa a des secrets.

- Papa a des secrets pour maman, pour Marie... Il n’en a pas pour moi.

- Comment le sais-tu ?

- Il me l’a dit un jour. Il m’a dit : “Éric, tu es mon fils, tu dois tout savoir.”

- Cela ne veut pas dire qu’il t’a tout dit.

- A moi, si.

- Quelle assurance ! Tu n’es qu’un tout petit garçon.

- J’ai beaucoup vécu.

- Ah ! s’exclama l’inconnu en riant. Raconte-moi ce que tu as vécu.

- Je suis allé à Londres avec maman, j’ai pris l’avion tout seul, j’ai fait du bateau avec papa...

- Effectivement, c’est beaucoup.

- Vous voyez.

 

Ils fouillèrent le jardin.

 

 

*

 

- Monsieur Montoire a-t-il pris sa voiture ? demanda Maître Latour à Marie.

- C’est peut-être madame qui l’a prise, dit Marie vaguement.

- Il faudrait qu’il soit là.

- En quel honneur ? dit Marie, prête à la rebuffade.

Éric tapa violemment dans son ballon.

- Papa fait ce qu’il veut.

- Et ce n’est pas la première fois, murmura Maître Latour. Asseyons-nous dans le salon, attendons-le... Viens près de moi...

- Non.

- J’ai besoin de quelqu’un à qui parler. Sers-moi de petit compagnon, réconforte-moi : j’ai besoin d’être réconforté.

Éric consentit à s’asseoir à côté de Maître Latour, sur le sofa orange.

- Aimez-vous jouer au ballon ?

- J’aime l’attraper, pas le lancer.

- On ne fait pas l’un sans l’autre, dit Éric.

- Moi, je n’arrive à faire qu’une seule chose à la fois. C’est peut-être un de mes défauts.

- Monsieur ne reviendra pas, dit Marie, surgissant comme un furie.

- “Reviendra” ?... Il était parti ?

- Monsieur fait ce qu’il veut.

- J’ai déjà entendu ça quelque part, dit Maître Latour. Éric, et ta maman, où est-elle ?

- Maman va revenir tout de suite. Elle n’est pas bien loin.

3

 

Des sirènes se firent entendre. On tambourina à la porte.

- Oh ! Ça va..., dit Marie mollement en allant ouvrir.

- Monsieur Montoire !

- Maître Jean-René Latour, représentant monsieur Montoire. Il ne saurait tarder.

- Que voulez-vous ? dit Éric.

- Écartez cet enfant.

- C’est sa maison, si c’est pas la vôtre ! hurla Marie.

- Calmez-vous. Où est ton papa ? dit l’uniforme.

- Sûrement dans le jardin.

Les uniformes disparurent dans le jardin et revinrent très vite.

- Pas âme qui vive !

- Mon client est disponible, il est à votre disposition.

- On se demande bien où.

Éric tapa dans son ballon dans la direction de la porte d’entrée.

Maître Jean-René Latour suivit le ballon volontaire des yeux.

- Papa est très fort, dit Éric.

 

 

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