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Biographie De L'auteur

  • : Le blog de Joëlle Carzon écrivain du Loiret
  • : Ce blog est destiné aux écrivains et aux lecteurs qui aiment romans et poésies. Il présentera tous les écrits et toutes les activités de Joëlle Carzon, auteur de poèmes et romans. Ce blog n'est pas destiné à recevoir des messages violents, ou politiques, ou religieux. (Suite à un messages troublant reçu ce jour : 25/12/12)
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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 10:48

PAS DE PRINCE CHARMANT

 

Joëlle Carzon

 

 

Il était une fois une jeune fille qui avait une large robe. Sa robe était si large et si gonflée qu’en dessous

il y avait des maisons. Des maisons et même tout un village. Tout un village et presque une ville. Une

ville entière avec ses remparts, ses ânes, ses chameaux, ses marchands, ses femmes avec de multiples

bébés, ses tentes avec ses bédouins, ses puits, ses esclaves, mais..., mais... aucun prince. Aucun prince

charmant ! Une fille avec une robe avec tout un village dessous, mais même pas de prince charmant !!

Une fée, des fées plutôt, une bonne fée, une fée carabosse, des affreuses, des charmantes fées, mais pas

de prince charmant !! Un roi, une reine avec un miroir, des tas de petits princes et princesses, et encore

des ânes et encore des chameaux et encore des bédouins... , mais pas de prince charmant !

Pas de prince charmant, sacrebleu !

Toute cette robe, toute cette parure, tous ces falbalas, toutes ces fleurs sur cette robe

magnificente, mais pas de prince, pas de prince malin, avec de beaux atours, un cheval blanc, un panache

blanc, et tout un tac de trucs blancs qui en mettent plein la vue de pauvres villageois un peu niais, PAS

DE PRINCE CHARMANT !

JE VOUS DEMANDE UN PEU... !

Il était une fois une belle, belle, vraiment belle jeune fille, avec tout un village dessous, une ville

même, et rien du tout, pouf, pouf, pouf, pas de tralala, pas de prince charmant.

 

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 14:04

Que dire du mois de mars  (à part le Japon, les pays arabes, la Libye bien sûr) ?... Que Toulouse est bien loin (partie de Gien à 8 h 20, arrivée à Toulouse à 16 h 50) et que là-bas le vent souffle bien fort : il s'appelle le vent d'autan, bien joli nom pour un bien vilain vent. Mais que ça fait toujours plaisir d'aller vers le Sud et de réentendre le joli accent du Sud-Ouest de mes amis. Amis qui se sont  moqués de moi et de mon accent du Nord : il paraît qu'on dit "hein" à chaque fin de phrase. Ah bon ?

 

Côté littérature :

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J'ai fini le "Mauriac". Passionnant, mais je suis restée frustrée parce que Jean-Luc Barré ne parle pas des rapports écrivain à écrivain de François et de Claude (son fils aîné) qui a tout de même beaucoup publié. On aimerait savoir ce que François pensa des romans à la Alain Robbe-Grillet que Claude écrivit. Et ses filles ? Mauriac eut deux filles qui ne furent pas n'importe qui. Comment s'entendait-il avec ses filles ?...  Le côté "People" m'a manqué, je n'y peux rien.

J'ai enchaîné ensuite sur "la Femme de hasard", premier roman de mon cher Jonathan Coe qui dézingue dans ce livre toutes les institutions : les fiançailles, le mariage, la famille, la maternité, l'amitié. Volontairement sinistre, mais j'ai souvent éclaté de rire. C'est un heureux jeu de massacre. Sa pauvre héroïne (Maria) ne peut s'en sortir vivante.

Et puis, suite à ma lecture de Mathieu Lindon, je lis Hervé Guibert que je n'avais jamais lu (tout en ayant beaucoup entendu parler de lui) : "Mes parents", "A l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie", "le Protocole compassionnel". "Mes parents" est franc et glauque. Cela frappe, mais est-ce que cela procure du plaisir ? Hervé Guibert ne semble pas écrire pour donner du plaisir à ses lecteurs, mais je crois qu'on est malgré tout fasciné. J'ai lu une grande partie de "A l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie" dans le train Paris-Toulouse (10 mars). C'est le récit de la maladie du sida (d'un malade du sida), cela se lit avec un immense intérêt d'où n'est pas absente la gêne. J'ai pensé à mon Alain tout le temps (il est mort en 1988), mon Alain à qui, plus de vingt ans après, j'ai encore envie de téléphoner, pour lui parler des livres et des cinés, et pour rire de mes petits malheurs.

 

Côté ciné :

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Dans "Angèle et Tony" (Alix Delaporte), le rôle d'Angèle est joué par la fine Clotilde Hesme (vue chez Christophe Honoré) et celui de Tony par Grégory Gadebois (de la Comédie Française).

C'est une jeune femme qui sort de prison et veut retrouver son jeune fils confié à la garde des grands-parents paternels. Elle a le visage fermé d'une femme qui a connu la galère. La vie est dure, le monde est hostile, elle se bute aux gens qui sont chargés d'elle (un animateur, une juge).  On la voit pédaler sans relâche sur un vélo qu'elle vient de voler. Ce vélo est son passeport pour une éventuelle liberté. Elle rencontre Tony, un marin d'une quarantaine d'années qui n'ouvre pas sa porte comme ça à tout le monde. Si elle se mariait avec lui, peut-être lui confierait-on plus facilement la garde de son garçon ? Elle s'offre, brute. Mais on n'apprivoise pas Tony du premier coup. Gagner Tony, c'est gagner sa famille aussi, son milieu, les gens du village... Ce film raconte comment Angèle et Tony s'apprivoisent, à tous petits pas, comment ils apprennent à se connaître, à s'apprécier, puis à s'aimer. Ce film raconte comment une femme réapprend à vivre, à s'intégrer, à être heureuse enfin. C'est non seulement une histoire d'amour, mais aussi une histoire de rédemption. La Normandie est froide et belle. Les comédiens sont remarquables.

Ce qui m'a le plus touchée dans "le Discours d'un roi" (Ben Hooper, le roi joué par l'excellent Colin Firth), c'est l'histoire d'une relation accidentée entre un maître et son élève. Le maître étant un comédien australien raté, mais qui a le don d'apprendre aux autres à parler, l'élève étant un roi qui ne voulait pas être roi et que les circonstances historiques amenèrent à se dépasser. Je ne voulais surtout pas voir ce film en français et j'ai attendu d'être à Toulouse, chez Chantal et Michel, pour le voir en anglais (vu à l'Utopia, merveilleux cinéma d'art et d'essai que les Toulousains ont bien de la chance d'avoir chez eux).

 

Et du côté de Milly-la-Forêt :

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24 mars. A Milly-la-Forêt, on a ouvert en 2010 la maison de Jean Cocteau qui fut un poète et un cinéaste plein de grâce. Nous visitons sa maison (calme et jolie maison avec un beau jardin au bord d'une petite rivière) en naviguant entre les arts : l'écriture bien sûr, la peinture, la photo, le cinéma (j'ai revu "La Belle et la Bête" il y a deux ans au Vox à Châteaurenard, scotchée dans mon fauteuil devant tant de beauté). Cocteau disait que si sa maison brûlait, il emporterait le feu. Moi de Milly j'emporterais l'âme du poète. Dans la petite église St Blaise des Simples peinte par Cocteau, les plantes médicinales s'élèvent vers le toit comme des prières. Un chat dans un coin passe par-là.

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 14:31

LA CATHEDRALE, nouvelle de Joëlle Carzon

Elle s’arrêta devant le tableau : une cathédrale, un pré, quelques petits personnages s’en allant à l’horizon. Ce n’était pas excitant, mais elle était excitée. Son cœur battait fort. Elle aurait voulu être avec eux, les petits personnages de l’horizon, et s’en aller ailleurs, vers une époque révolue. Le dix-huitième, le dix-neuvième siècle ? Peu importait. Elle aurait voulu être avec eux. Ne plus être dans ce vingt-et-unième siècle inhospitalier et marcher vers une maison accueillante, avec un feu de cheminée et des domestiques en habit.

Martha décida de s’asseoir devant le tableau. Des gens passaient autour d’elle, aucun d’entre eux ne s’arrêtant vraiment et ne semblant intéressé par ce magnifique tableau. Oui, vraiment, on était ailleurs, on n’avait plus à se poser de questions, à se faire de soucis. L’herbe caressait les pieds, la cathédrale lançait paisiblement sa flèche dans le ciel. Adieu, aujourd’hui.

Un petit garçon de sept ou huit ans, pendant trois minutes, lui cacha la cathédrale. Il avait des cheveux bouclés, un peu longs et riait joyeusement. D’abord, Martha ne fit pas attention, puis elle fut attirée par ses clins d’œil jetés ostensiblement dans sa direction.

“Bonjour !” dit le petit garçon.

Elle ne répondit pas tout de suite, arrachée à sa contemplation. Puis elle finit par dire “bonjour” aussi, mais avec une douceur encore toute teintée de son rêve.

- Ne vous laissez pas ennuyer par mon fils, dit une voix derrière elle.

La jeune fille se retourna. Lui aussi avait des cheveux un peu longs. Il portait un grand manteau noir lui arrivant presque jusqu’aux chevilles. Il avait une trentaine d’années, il était de haute stature, il souriait.

- Mon fils est un peu vif et s’attache très facilement, dit l’inconnu avec toujours son beau sourire.

Elle sourit à son tour.

- Il ne me dérange pas.

Elle ne mentait pas.

- Me permettez-vous ?...

Bien sûr. Il s’assit près d’elle, prenant soin de ne pas la frôler, de ne pas prendre trop de place. Le petit garçon tendit son doigt vers le coin gauche du tableau :

- Papa, regarde les gens, là...

- Oui, ils semblent si loin, et à la fois si proches..., n’est-ce pas, mademoiselle?

- C’est exactement cela, dit-elle, enflammée. Nous pourrions être avec eux !

- Allons-y, dit l’homme, prenez-moi la main, Paul me prendra l’autre, et partons là-bas.

Il vit son regard pour le moins surpris.

- Je plaisante, dit-il. Paul aime bien que je lui invente des histoires.

- Oh, non ! ce n’est pas une histoire ! s’exclama le petit garçon. Partons !

Elle eut un petit soupir.

- On aimerait quand même que ce soit vrai, je pense ?...

Oui, Martha pensait à l’unisson. Elle sourit à l’homme, puis au petit garçon.

- Ainsi, tu t’appelles P aul ?

- Oui, Paul, Paulo Delacour-Visconti.

- Quel beau nom ! Tu es italien ?

- A moitié, dit le petit Paul avec beaucoup de sérieux. Maman est italienne.

2

 

- J’ai moi-même un peu de sang italien, dit l’homme comme si cette conversation, qui prenait un tour intime, lui paraissait tout à fait naturelle.

- Moi, je m’appelle Martha et je suis moitié normande-moitié morvandiote.

- “Morvandiote”, oh ! quel joli nom ! dit Paul. Martha Morvandiote...

Les deux adultes se mirent à rire.

- Vous êtes de passage à Paris ? demanda Monsieur Delacour.

- Non, j’y habite, dit Martha en soupirant.

- Paul et moi, nous sommes de passage. Nous venons d’Avignon. Connaissez-vous Avignon ?

- Non, je regrette.

- Oh ! Ne regrettez rien !

Le monsieur qui n’était plus si inconnu prit un air contrit. Instinctivement, elle se rapprocha de lui.

- Où logez-vous ?

- Dans un petit hôtel.

Il était vague tout à coup. Monsieur Delacour-Visconti... Quel beau nom, comme aurait dit le petit Paul ! Monsieur Delacour-Visconti avait un bien séduisant visage. Son manteau sentait bon la pluie de Paris et le parfum. Ce monsieur, après le charme du tableau : Martha se sentait tout étourdie...

- Dans quel quartier habitez-vous ?

- Dans le dix-septième, près de la place Clichy... Et...

Elle n’osait plus dire “et vous ?”... Elle s’arrêta net.

Il se leva, s’approcha du tableau, se pencha plus vers le coin gauche, revint vers elle et dit :

- Je crois que ces personnages sont trois.

- Vraiment ?

- Oui. Une charmante trinité. Allez-vous souvent ainsi dans les musées ?

- Ça m’arrive... J’aime aussi la sculpture.

- Nous, nous n’y allons pratiquement jamais. Sauf aujourd’hui.

Nous ? Qui était ce “nous” ? Monsieur Delacour, son fils et sa femme ? Monsieur Delacour, un enfant plus âgé peut-être, Paul, et madame ? Ou juste lui et Paul ? Oui... Juste Monsieur Delacour et son petit garçon...

- Vous êtes... dans quel hôtel ?

Il eut un large sourire.

- Un hôtel près de la place Clichy justement...

- Oh !

Elle ne savait que dire. Au loin disparaissaient les trois silhouettes floues du paysagiste. Elle retint son souffle. Elle attendit.

- Nous pourrions rentrer ensemble. Nous sommes nuls dans le métro, Paul et moi.

- Je dois... En fait, je dois rentrer à pied... Je dois rentrer à pied et passer en route chez une amie. Je le dois.

- Ah, bien !

Monsieur Delacour-Visconti sourit, d’un sourire plus faible, comme effacé.

- Souhaitez-moi un bon séjour, Mademoiselle...

Ils s’éloignaient déjà, ils s’éloignaient...

Je vous souhaite un bon séjour, murmura-t-elle.

3

 

 

Ils étaient partis.

 

Elle regarda le tableau, la cathédrale anglaise, l’herbe... Elle regarda le coin gauche...

 

Les trois personnages avaient disparu.

 

Gien, 7 février 2005

 

 

(Nouvelle inspirée d’un tableau du peintre anglais Constable.)

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 15:26

MON CHAT EST LE FIL...

 

 

Mon chat est le fil lumineux qui me rattache à la vie

Ma petite fourrure que je tiens entre ciel et terre

Mon petit bout de nez rose qui m'humidifie

Un baiser vivant sur ma joue

Sur ma peau sèche

Un frémissement de vie

Mon petit chat chaud et clos sur lui-même

M'ouvre les coquillages du matin

Vaguelettes de l'espoir

Mon petit chat me dit

Tiens-moi serre-moi

Car je tiens à toi

Réveille-toi car tu dors trop

Serre-moi car nous vivons ensemble

Tu es mon soleil quand il n'y en a pas

Réveille-toi tu es ma vie

Je te protège car tu me dois protection

Réveille-toi je suis ton cœur qui bat

Mon petit chat lumineux qui me rattache à la vie

 

 

(Poème publié dans "Femme volante", 2009, dessins d'Isabelle Célingant)

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 17:43

Côté cinéma.

Si vous aimez les jolis petits modèles, on a la chance de voir la ravissante Natalie Portman dans deux films : “Black Swan” et “Sex Friends”. “Black Swan” est angoissant à souhait, du début à la fin. Je suis restée scotchée dans mon fauteuil, tendue et effrayée, tout au long du film. L’héroïne passe par toutes les étapes de l’attente, la peur, le désir, le cauchemar sexuel... Il y a de plus dans cette histoire un portrait de mère qui vous compresse le cœur. J’ai aimé ce film et il restera dans ma mémoire, contrairement à beaucoup des films que je vois (68 en 2010). Aucune angoisse dans “Sex Friends” qui vous accorde un bon moment de divertissement. La mini Natalie Portman se retrouve dans les bras impressionnants d’Ashton Kutcher, à la recherche du sexe sans contrainte (sans les rendez-vous, les restos, les câlins, les petits-déjeuners en tête-à-tête...), mais évidemment les protagonistes ont le cœur qui bat, tombent amoureux, etc.

J’ai vu aussi “Rien à déclarer”, entre deux portes, en me cachant derrière lesdites portes, pour ne pas entacher ma réputation d’intello. Non, je plaisante ! J’ai passé un agréable moment (tout en pensant que cela ressemblait fort à un film des années 50), m’amusant surtout des seconds rôles, Karine Viard entre autres. Et j’ai bien aimé “Les Femmes du 6e” (j’adore Fabrice Luccini) où Sandrine Kiberlain fait merveille, malgré une fin par trop optimiste.

 

Côté Littérature.

Avide et pressée, je me suis jetée sur le dernier John Irving et le dernier Jonathan Coe. J’ai eu tort pour le premier, raison pour le second. Le début de “Dernière Nuit à Twisted River” est plutôt pas mal. La description des bûcherons du Nord est plutôt attrayante. Ça se gâte vite. Très vite, ça tourne en rond, ça n’en finit pas, ça va de recette de cuisine en recette de cuisine, sans que l’action avance d’un centimètre. Après avoir entendu la journaliste Patricia Martin dire au “Masque et la Plume” (France-Inter) qu’elle voulait bien DONNER son exemplaire à quelqu’un à la fin de l’émission, j’ai arrêté de m’obstiner. Page 292, stop et ouf ! Jonathan Coe, lui, dans “La Vie très privée de Mr Sim”, continue à nous ravir. C’est une sorte de road movie (road novel ?) où l’on suit un Mr Sim (Monsieur-tout-le-Monde) complètement paumé sur les chemins de Grande-Bretagne avec un chargement de... brosses à dents!

C’est drôle et émouvant, fantaisiste et surprenant.

Si vous êtes agacé par les bobos écologistes (messieurs Je-Sais-Tout riches qui font la morale aux pauvres), vous pouvez lire sans hésiter “L’Ecologie en bas de chez moi” de Iegor Gran. Son énervement contre les écolos et sa mauvaise foi m’ont fait beaucoup rire. Ça fait tellement de bien d’entendre un autre son de cloche ! Et si vous n’avez pas peur du VIe arrondissement et de la rue de Vaugirard, du milieu (chic) homosexuel et de la drogue (la dure) exposée sans la moindre mauvaise conscience, il faut lire le très émouvant livre de Mathieu Lindon “Ce qu’aimer veut dire” où il parle avec amour de Michel Foucauld et de son père, le célèbre éditeur des éditions de Minuit, Jérôme Lindon. Ce livre m’a chavirée.

 

Je suis en train de lire, en retenant mon souffle tant cela est passionnant, le Tome 2 de “François Mauriac Biographie intime - 1940-1970” par Jean-Luc Barré : le grand Mauriac (Catholique, grand bourgeois de droite, et pourtant toujours du bon côté) pendant la Seconde Guerre Mondiale, à la Libération (“Le Canard enchaîné” l’appela alors “Saint-François-des-Assises” car il plaida avec honnêteté et courage pour des gens comme Brasillach qui n‘étaient certes pas de son camp et qui l‘avaient même menacé et calomnié pendant l‘Occupation), aux côtés de Jean-Jacques Servan-Schreiber et de L’Express, soutenant Mendès-France puis De Gaulle, un monsieur à la vie intime troublée (voir le tome 1) mais un “Monsieur”. En relisant le beau style de Monsieur Mauriac, je me sens bien minus... Jean-Luc Barré a fait un travail d’historien remarquable. J’en reparlerai sans doute le mois prochain.

 

Tout cela est bien sérieux ! Ce qui ne m’empêche pas de jouer avec mon chat (et avec tous les chats de la terre) et de jeter un œil énamouré sur certains journalistes du JT...

 

 

 

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 11:48

LES VOYAGES SANS LA FOLIE

 

 

J’irais bien en Irlande

Balader mon cœur

Ballader ma voix et mes pieds de guingois

Pour que les pieds redeviennent

Des bijoux escarpinés de Vienne

 

J’irais bien dans les Lakes

Là où tous les poètes

Furent romantiques et navigateurs

Avec rien de fake

Rien de frimeur

 

J’irais bien à San

Sans ma tête de guingois

Sans mes plantes de plomb

A San Francisco tous à la Baie

Tous sur des skates enveloppées de voiles

 

 

A Cork au Cumberland à San Francisco

Mes pieds seront tout droits et ma tête toute reine

A Cork au Cumberland à San Francisco

Le cœur sera gonflé et les chemins sans peine

A Cork au Cumberland à San Francisco

Mon pied sera léger et mon cœur comme un mouton de laine

 

 

Dimanche, 4 avril 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 16:46

 

Pour Haïti

 

 

Au temps jadis tu livrais bataille

Brave entre les braves

Ô Toussaint en des temps si lointains

Où l’homme était esclave de l’homme

Tu livrais bataille en leurs noms

Le nom des tiens

Le nom de ceux qui donnèrent leur chair

Aux blancs sans âme

 

Au temps jadis tu livrais bataille

Et l’île devint libre

Libres les hommes esclaves des hommes

Libres les hommes noirs maintenant tête haute

Haute la mer haut le destin

Les noirs peuvent vivre dans l’île

Les noirs peuvent se dire égaux

Les noirs sont souverains

Hauts les rivages hautes les têtes

 

Mais le destin resta cruel

Au temps jadis pourquoi mourut

Toussaint Bréda Toussaint Louverture

Entre mer et terre l’île est restée

Pauvre exploitée peu souveraine

 

Pourquoi mourut Toussaint l’aventure

Pourquoi l’espoir est mort

Pourquoi l’espoir

S’en va l’espoir

Et ses richesses

Tarissent

Les arbres sont coupés l’île s’enfonce

Entre les eaux troubles des tyrannies

Pourquoi l’espoir île jadis si belle

S’en va

S’en va l’espoir et aujourd’hui

Sans toit errant et les cadavres

Jonchent les rues de l’île belle

Ô Toussaint Toussaint Louverture

Ô Haïti détruite et sombre

Ô Toussaint qui mourut loin d’elle

 

15 janvier 2010

 

 

 

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 15:36

Février 2011 : Les mois ont passé, je sais...

 

Côté cinéma 2010, pour faire un bilan, j'ai aimé Polanski, "Bright star" de Jane Campion, le film sur Gainsbourg de J. Sfar, "Mary et Max", l'étonnant film aux personnages en pâte à modeler (deux personnages tellement solitaires), un premier film breton, "Un poison violent", "Le bruit des glaçons" de Bertrand Blier.

 

Le début de l'année 2011 a été marqué par "Another year" de Mike Leigh et "Black Swan" où Natalie Portman, belle et fragile, illumine cette histoire noire et angoissante où la danse est reine de la Mort.

 

Et j'ai voulu entreprendre la relecture (et la lecture pour certains volumes) des Rougon-Macquart de Zola... mais je me suis arrêtée au 3e volume "le Ventre de Paris", arrêtée au milieu des tas de légumes et des puzzles de fromage.

 

Mes dernières recommandations de lecture :

- Jonathan Coe : "la Vie très privée de Mr Sim";

- J.-L. Barré : le deuxième tome de la Biographie de l'étonnant Monsieur Mauriac ;

- Ce qu'aimer veut dire, de Mathieu Lindon, Mathieu Lindon qui m'a donné envie de lire Hervé Guibert.

 

Cinéma, Littérature : ce qui fait que l'air que l'on respire est violent et parfumé, ce qui fait que les montagnes paraissent plus hautes et la mer plus salée, et que les hommes qui passent peuvent être des héros de roman...

 

A une fois prochaine.

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 10:24

1er avril 2010 : je vais vous raconter comment, en mars devant l'Alticiné de Montargis, j'ai rencontré Will, un homme beaucoup plus jeune que moi, un cinéphile, un homme heureux... Et, comme d'hab, nouvelles à venir de Musil, Lowry, Mr Polanski... Voici l’histoire (y a-t-il déjà “histoire” entre nous ?) : j’ai rencontré Will le 17 mars 2010 devant l’Alticiné. Un étudiant ? Non, certainement pas : trop vieux. Un retraité ? Non, sûrement pas : trop jeune. Âge indéfinissable, mais sur son visage cet air malicieux qui fait que tous les âges sont amis. Il est de taille moyenne, a les yeux marron et une veste de cuir brun ; il porte une casquette irlandaise qu’il m’a dit avoir achetée à Cork. Il aime le ciné un peu-beaucoup-follement ; or les cinéphiles se reconnaissent. À je ne sais quoi : une peau trop pâle, des yeux trop gourmands, pleins d’expectative... ? Ah ! un cinéphile tout de même ! A Montargis ! (non, je ne dirai pas du mal de Montargis : il y a Roland Duval.) Nous nous sommes adressé la parole sans même nous en rendre compte ; nous avons parlé de François Cluzet, l’un des acteurs du film que nous allions voir. François Cluzet, l’un des meilleurs, grâce à Claude Chabrol en particulier. Le François Cluzet aussi, récemment, de “à l’origine”, film touchant et profond (les profonds de l’âme humaine) de Xavier Gianolli. Je suis une femme de cinquante ans. Je n’ai pas d’illusion: je viens de vivre huit ans avec un divorcé fan de hand, doté de trois enfants... Comprenons-nous : j’adore les enfants. Euh... J’adore les enfants des autres... quand ils sont loin. J’aimais beaucoup Adrien, mais où trouver le temps de me précipiter à Montargis ou aux Carmes à Orléans entre les matches et les lectures de “Jack et le haricot magique” aux enfants ? J’aime les films et les livres plus que tout. Will a compris ça tout de suite sous sa casquette des mers. A peine étions-nous ensemble, devant l’Alticiné, marchant le long du canal, à l’Agrappe-Cœur, que nous avons parlé de Buster (Keaton), Woody (Allen), Fritz (Lang), et des soûleries de Geoffrey (Firmin) et de l’hermétisme (enfin le supposions-nous) de Musil (Robert). “A la prochaine !” m’a crié Will la dernière fois que nous nous sommes vus : LA PROCHAINE SEANCE bien sûr. (Suite au fil d’avril.)---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 3 AVRIL 2010 : Et il pleut, il pleut... Raison de plus pour aller au cinéma. Hier, rendez-vous avec Will à l'Alticiné, il s'est défilé entre un client et une déclaration de sinistre rue du Loing. Nous sommes allés voir "LES INVITES DE MON PERE" d'ANNE LE NY. Le père, c'est Michel AUMONT, les invités sont en fait deux invitées slaves : une bombe d'une trentaine d'années et sa petite fille. Et les enfants de Michel AUMONT sont KARIN VIARD et FABRICE LUCHINI qui jouent un couple de frère et soeur vaguement incestueux. Leur complicité est l'un des atouts du film. J'adore de toute façon les histoires frère/sœur (lisez mon "7 rue Pierre-Brossolette"). Là, nous sommes chez les bobos pleins d'idées généreuses et de bonne conscience, mais à l'épreuve des faits... Quelle bonne idée d'être allés voir ce film ! A la sortie, entre une péniche et le Commissariat de la rue du Port, Will regarde tristement le canal. "-Pourquoi es-tu triste ? - Tout ça est un peu cynique, non ? Cela ne donne pas une bonne idée de nos généreux élans." Je pense à mon vieil ami Roland Duval (75 ans) et à sa vision des gens : "Je n'aime pas les gens. Pour ceux que je connais, c'est la raison pour laquelle je ne les aime pas. Pour ceux que je ne connais pas encore, c'est pour les raisons que je vais avoir de ne pas les aimer." ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 10 avril 2010 : Si vous voulez voir un NAVET, un vrai navet, un navet de derrière les fagots, allez voir "ENSEMBLE, NOUS ALLONS VIVRE UNE TRES TRES GRANDE HISTOIRE D'AMOUR" de Pascal THOMAS (Pascal Thomas que j'aime bien, sans rire). Ca devrait être interdit d'aussi mauvais films. Thomas y a mis du sien : une histoire complètement nunuche, des dialogues des années 50 (des mauvaises années 50), de pauvres acteurs perdus dans l'insipide... Evidemment, tout le monde dit : "Il y a Guillaume Gallienne". Certes ! Qu'est cet excellent acteur venu faire dans cette galère ? Idem pour Marina Hands. On croirait que Thomas raconte une histoire sans savoir que le téléphone, la télévision... (sans parler même de l'ordinateur !) sont passés par là. Il y a même des curés dans son film : des curés !!! Et des moines. Enfin, c'est n'importe quoi. On s'ennuie ferme. Une référence,toujours, au passage, à son ami Roland Duval (MON ami Roland Duval). Ce dernier va ne plus savoir où se cacher. ---------------------------------------------------------------------------------- Je lis avec un grand courage, dans un grand élan, "SOUS LE VOLCAN" de Malcolm LOWRY. Oui, c'est très beau... et très compliqué. Quelle petite fille attentive et travailleuse je suis !

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 15:02

LES LIVRES (poème 2009)

 

Les livres sont comme les pieds des géants

Ils vous portent et vous naviguez

Entre la terre et puis la mer

Les livres sont des bouts de forêts

Des bouts d'univers

Mais aussi des morceaux divins

Que vous goûtez entre les rives

 

 

Je marcherai cent lieues pour vous

Je traverserai les coulées de lave

Je prendrai des bateaux moi qui ai le mal de mer

Je combattrai moi qui n'aime pas me battre

Pour une seule page de vous contre mon cœur

 

 

Les livres sont pieds de géants

Ils traversent les pays comme rien

Mille lecteurs au bout du monde

M'attendent moi qui ne suis rien

Ils sont mes frères en lecture

Des morceaux divins

Des amis entre les rives

 

28 mai 2009

Joëlle Carzon

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