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Biographie De L'auteur

  • : Le blog de Joëlle Carzon écrivain du Loiret
  • : Ce blog est destiné aux écrivains et aux lecteurs qui aiment romans et poésies. Il présentera tous les écrits et toutes les activités de Joëlle Carzon, auteur de poèmes et romans. Ce blog n'est pas destiné à recevoir des messages violents, ou politiques, ou religieux. (Suite à un messages troublant reçu ce jour : 25/12/12)
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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 15:30

PATRICK MODIANO ... Jeudi 11 mars, sur “France 5”, LA GRANDE LIBRAIRIE de François Busnel (excellente émission, excellent journaliste) : à nouveau, je me suis laissée prendre par le charme timide (la timidité charmeuse ?) de Patrick Modiano. C’est un vieux monsieur maintenant ; j’ai du mal à m’y faire car je m’obstine à voir en Patrick Modiano un jeune homme éternel qui se balade dans des photos célèbres. Pour moi, c’est toujours le garçon brun et séduisant qui interviewa Emmanuel Berl... Non, Modiano a maintenant le cheveu blanc et rare et il continue à balbutier dans un visage de vieux monsieur distingué et discret. Toujours ces phrases mystérieuses, ces phrases qu’il n’arrive pas à finir. Ouf ! Modiano est toujours un émouvant marmotteur ! Le vendredi, je me suis précipitée à la librairie de Gap (j’étais dans les Hautes-Alpes et je n’ai pas voté, honte à moi) pour acheter “L’Horizon”. Je m’étais précipitée aussi pour “Dans le café de la jeunesse perdue” (2007). (Ici, passage censuré par moi-même le 16 février 2013, car je suis en train d'écouter "Un Pedigree" lu par Jean-Louis Trintignant ; et chut ! chef-d'œuvre...)  J'ai été bouleversée par “Un pedigree” (c’est le top du top de Modiano), je suis restée sans souffle de toute cette émotion. Et puis, la tristesse chic de “Dans le café de la jeunesse perdue” m’a assez plu. Et j’ai un bon souvenir de “Villa triste”. (Ici, passage censuré idem 2/13).------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Précipitez-vous voir “the Ghost Writer” de Roman Polanski ! Dans une fenêtre grise qui enferme les personnages, dans une île battue par les vents qui veut garder ses secrets, un monsieur- tout-le-monde, comme malgré lui, cherche la petite bête. Il s’obstine et on sait qu’il a tort de s’obstiner... Le monde politique, puissant et sans nom, d’un anonymat qui finit pourtant par prendre le visage d‘une femme, aura la peau du jeune homme. La dernière image est très belle. Les humains ont disparu de ce monde, les feuillets d’un mauvais roman s’envolent. 31 MARS 2010. Après le bien trop mystérieux Modiano, on souffle un peu en lisant une remarquable romancière anglaise : Marg aret FORSTER (née en 1938) qui dans “PENELOPE ET SES FILLES” raconte à sa façon l’Histoire de l’Angleterre à partir de la guerre 39-45. Comment deux journaux intimes se croisent : celui d’une mère (menteuse, puritaine ? mais qui fait de son mieux...) et celui de sa fille aînée Rosemary qui hurle en lisant le Journal de sa mère, se révolte (c’est une rebelle devant l’Eternel) et donne SA version des faits. Ce roman est l’histoire de deux générations et des choses (contraception, liberté des femmes...) qui ont tellement changé en 60 ans que les deux femmes ont bien du mal à se comprendre. Un beau livre sur la conquête de la liberté féminine. COTE AMBITION, nous ne sommes pas mal, jugez un peu : nous avons décidé de lire le légendaire roman de Malcolm LOWRY (“sous le volcan”), hymne à la poivritude branchée, et les deux gros tomes de Robert MUSIL , “L’Homme sans qualités”, gros roman et l’auteur s’est payé le luxe, en plus, de laisser son roman inachevé ! En attendant de nous jeter dans cette tâche immense, nous écoutons Daniel Gélin nous lire “ALCOOLS” d’Apollinaire (MON Apollinaire) et lisons les “Haïkus le long des chemins en Petite Sologne” de la poétesse MARIE BOTTURI (chez un petit éditeur de Rennes) : “Le cœur en silence,/ Hume le lilas en fleurs,/Tu deviendras libre.” C’est dans la première partie “Printemps”, et toute cette beauté avec des illustrations légères et magiques de Marie-Alice BOYER. QUE D’AMBITION ! et avec une telle ambition, comment ne pouvons-nous pas devenir, nous aussi, des écrivains de génie ? Ô tristesse ! Et puis allez voir “l’Arnacœur” (Vanessa Paradis est un papillon que nous aimons bien) et “Plus ça brille” au cinéma : c’est léger, sans grande profondeur (quoique...) et vous aurez en ressortant la tête plus légère...

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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 15:40

19 et 20 février 2010 : Deux jours à Paname, avec la douceur et un petit air frais, avant-goût du printemps, sur le visage... A la librairie de Virgin Megastore le dernier roman de Philippe Djian ("Incidences") me tend les bras. Je feuillette... et bof, bof ! j'en suis restée à "37°2...", roman formidable qui me rappelle ma jeunesse, les films inspirés de Jean-Jacques Beinex, etc. Non, "Incidences", ce sera pour une prochaine fois. Je vois deux films : 1) "I love you, Philip Morris", film plutôt rigolo, et dynamique, où un monsieur joué par l'élastique Jim Carrey assume à grand bruit son homosexualité et ses escroqueries. 2) "Tsar" de Pavel Lounguine, que je vois rue Monsieur le Prince, aux 3 Luxembourg. Beau film, ouais, assez palpitant, une réflexion intéressante sur le pouvoir et la tyrannie, mais brrr... ! horreur ! d'épouvantables scènes de guerre et de tortures diverses et variées... C'est insoutenable : je ferme les yeux à de nombreuses reprises. Je tenais absolument à voir ce film : je suis maso. Vendredi soir, je suis à la "Comédie des Champs Elysées", dans la très chic avenue Montaigne, pour "Colombe" de Jean Anouilh, pièce noire et drôle, pessimiste et enjouée. Avec Anny Duperey, Sara Giraudeau, Grégori Baquet et Rufus, excusez du peu ! Anny Duperey est formidable (et bravo à la créatrice des costumes), Sara Giraudeau est jolie et fraîche comme le veut le rôle, Grégori Baquet, qui a peut-être le rôle le plus important, est excellent. Je passe une très bonne soirée malgré mon obligation de tortillage de cou pour regarder sur la droite (et j'ai payé 59 euros !!). Moyenne d'âge du public de théâtre : 75 ans ! (et je ne plaisante qu'à peine. Que va devenir le théâtre dans dix ans ? car tous ces spectateurs vont mourir...) Je mange des crêpes, des pâtes au Del Papa (rue de Buci, j'adore ce resto), je bois deux verres de vin, et hop ! me revoici avec 800 grammes de plus, pauvre de moi qui suis en train de faire un régime ! Et pourtant j'ai marché comme une malade dans mon beau Paris... Un café au café de Flore = 4,10 euros. Je suis revenue dans ma province avec sous le bras un livre sur SAN FRANCISCO (où je compte aller dans un futur peut-être proche), un roman de James SALTER (dont j'entends sans arrêt parler en ce moment) et un de l'excellent Philippe JAENADA : "Plage de Manaccora, 16h30". Lisez "le chameau sauvage", vous verrez, c'est super ! Ah ! Paname !... Me voici de retour dans mon Loiret ; on fait ce qu'on peut...

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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 15:42
28 janvier 2010 : Je me demande si la seule lectrice de ce blog, ce n'est pas moi ! Peu ou pas de visiteurs. Bon, c'est comme ça, c'est la vie : Non ! Stop la déprime ! Parlons cinoche... LE film à voir en ce début d'année, c'est "Bright Star" de Jane Campion. Un film sur l'amour, le grand amour, la poésie, la douleur de la séparation, la nature (belle nature anglaise). Jane Campion ne déçoit jamais. J'avais beaucoup aimé la Palme d'or, "la Leçon de piano" et adoré "Portrait de femme" d'après Henry James. Jane Campion décrit les femmes, la femme, dans un monde cruel. Comment les femmes se défendent, avec leurs armes à elles (la mode et la couture pour l'héroïne de "Bright Star"), ou comment, justement, elles ne peuvent pas se défendre. De toute façon, les héroïnes de Jane Campion sont des petites personnes pleine de courage, qui vont de l'avant. A noter la place donnée à la poésie dans "Bright Star", ce n'est pas si souvent qu'on a l'occasion d'entendre des poèmes au cinéma. Evidemment, comme toujours, j'ai apprécié le dernier Frères Coen : A SERIOUS MAN. Beaucoup d'humour, oui, mais un certain humour, un humour grinçant, cruel, dont on ne se remet pas en une heure. Le héros est accablé de petites misères qui, au bout du compte, se révèlent de grandes misères. Il fait face, il fait front, jamais il ne baisse les bras, il accepte le sort, sauf... Eh bien, justement, allez voir le film. Et vive les frères Coen ! J'ai vu aussi ce mois-ci, à l'Alticiné de Montargis, "Coco Chanel et Igor Stravinski" (très joli à l'extérieur, très creux à l'intérieur), "le Siffleur" (incroyable navet, si les navets peuvent être incroyables), et au festival Télérama aux Carmes à Orléans, le très, très, très réussi "Mary et Max" de l'australien Adam Elliot et le touchant "Adieu Gary" (avec Jean-Pierre Bacri, très bien) de Nassim Amaouche. "Mary et Max" (tout en pâte à modeler) réunit deux personnes, chacune à l'autre bout du monde, une petite fille laide dotée d'une mère alcoolique, et un obèse de New York très solitaire. Ils s'écrivent, ils s'aident, ils se restent fidèles ; cela m'a fait pleurer. Beaucoup de films donc ce mois-ci, beaucoup de preuves qu'il fait bon d'exister. "Quand on aime la vie, on va au cinéma" : maxime qui reste à prouver. Quand on n'aime pas la vie, en effet, on se réfugie au cinéma, où la vie est retranscrite, métamorphosée... Je lis (relis en fait) "Les Camarades" d'Erich Maria Remarque (allemand, auteur du très célèbre "A l"ouest rien de nouveau" sur la guerre 14), roman oublié qui est le récit d'une très belle histoire d'amour dans l'Allemagne à terre de 1928. D'anciens "camarades" de guerre soutiennent l'un d'eux, Robby, dont la petite amie tombe gravement malade. Toute l'atmosphère d'une Allemagne en perdition et toute la camaraderie de jeunes hommes en colère. Au revoir, Journal-Blog, et bonjour à celui (celle) qui par hasard se présentera...
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26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 11:02
Après deux mois d'absence, me voici revenue, portée par : la préparation d'un nouveau roman policier ? Le bilan négatif d'une année manquant de sel ? "Jérémy Moreau et le Rayonnement Fraternel" serait donc le titre de mon polar numéro 3. Jérémy Moreau est mon policier. C'est un sale type, mais je l'aime bien. Gauchiste, aigri (il a étudié les Lettres et est devenu flic), parfois violent, il est bien loin d'être un héros. Il rumine ses rancoeurs et frappe les femmes suspectes qui lui tombent sous la main. Ne me demandez pas où j'ai été chercher un tel sale type. Dans ce roman, "le Rayonnement Fraternel" serait une secte du Gâtinais hantée par les paumés. Mon bilan cinématographique de ces deux derniers mois : j'ai baillé aux "Herbes folles" de Resnais, failli partir lors du Christophe Honoré, re-baillé à me décrocher la mâchoires aux "micmacs à tire-larigot". Pas une seule image ne m'est resté du Resnais, l'énervement est resté du Ch. Honoré, la désolation du Jeunet. N'aimé-je plus le cinéma ? me dis-je avec tristesse. J'aimais Resnais, Christophe Honoré, Jean-Pierre Jeunet. Qu'est-ce qui m'arrive ou qu'est-ce qui arrive au cinéma français ? Comment faire défiler autant d'images qui correspondent à autant d'ennui ? J'ai quand même beaucoup, beaucoup aimé "Je suis heureux que ma mère soit vivante" des Miller Père et fils, et "A l'origine" de Gianolli (les deux avec le jeune Vincent Rottiers, futur "Grand"). Allons, courage : il y a bientôt un Polanski. Je me suis forcée à lire "Les Possédés" de Dostoïevski (ah ! "Les frères Karamozov" ou "l'Idiot !...) et suis en train de lire "le lièvre de Patagonie" de Monsieur Claude Lanzmann, naviguant d'Israël à l'Allemagne, de Simone de Beauvoir aux filles levées sur les Champs Elysées. Tout pour me faire sentir toute petite. C'est quand,Joëlle, une vie riche et remplie ? Nouvelles en 2010 de ma lecture de Claude Lanzmann... Une vie riche et remplie en 2010, Jo ?...
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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 10:45
8 octobre 2009 : Vu au théâtre Montparnasse "Parole et Guérison" de Christopher Hampton, avec la belle et douée Barbara Schulz et un convaincant Samuel Le Bihan. La première partie de la pièce est consacrée dans aux relations entre Jung et sa jeune cliente Sabina, aux tout débuts de la psychanalyse. Comment Jung expérimente la méthode de Freud, comment il soigne et guérit (un peu)la jeune fille. Et, bien sûr, comment ils tombent amoureux. Jung, en face de Freud, nie sa relation avec Sabina. La deuxième partie de la pièce met plus l'accent sur les relations intellectuelles et professionnelles entre Jung et Freud. La pièce est très intéressante, la mise en scène soignée. J'adore Barbara Schulz, je vais au théâtre pour elle, comme j'irais au théâtre pour des acteurs plus âgés, tels que Pierre Arditi, André Dussolier, Claude Rich (j'ai vu "le diable rouge")... Le théâtre de temps en temps (pour moi qui vais beaucoup au cinéma) ça fait du bien. C'est un tel plaisir, une telle magie, de voir les acteurs "en vrai". Côté cinéma, l'Alticiné de Montargis ne m'offre malheureusement pas les films en V.O., ce qui fait que parfois je loupe beaucoup (voir "Inglorious Basterds"). J'ai vu avant-hier (2 personnes dans la salle mais c'était mardi) "Je suis heureux que ma mère soit vivante" des Miller père et fils (Claude et Nathan), j'en suis restée la bouche ouverte et le coeur battant. Je ne connaissais pas les détails de l'histoire avant de le voir, aussi la scène choc m'a surprise et suffoquée. C'est un film très prenant, on n'en ressort pas indemne. Vincent Rottiers, le héros du film, est un jeune acteur au visage un peu dur qui promet beaucoup. On s'attache à lui malgré cette dureté et on suit ses efforts pour retrouver sa mère avec le coeur plein de compassion et de peine. Une réussite impressionnante. Côté livres. Cette fois, j'abandonne Emmanuel Carrère. Après avoir lu coup sur coup "d'autres vies que la mienne", "un roman russe", "l'adversaire" et "hors d'atteinte ?", j'ai décidé de souffler un peu. Celui qui m'a le plus frappée est je pense "un roman russe". Emmanuel Carrère est "l'auteur français qu'il faut avoir lu" de cette époque. J'attends son prochain livre. Je jette un oeil (120 pages à peu près) dans "Au bon roman". Peut-on écrire sur le rêve d'une librairie uniquement occupée par les meilleurs romans en écrivant un roman médiocre ? Non, évidemment. C'est embêtant. Je lâche ce livre, un peu découragée. Puis je retrouve ma petite énergie en me disant que je vais relire tous les Rougon-Macquart (comme Sarko !) ! Avant, j'ouvre "Les Possédés", bien décidée à l'avaler avant Zola. Joëlle sur la route des bons romans... Dostoïevski, Zola, Balzac, Proust, les vrais, les seuls, ceux pour qui ça vaut la peine de se lever le matin.
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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 10:54
5/9/09 "François Mauriac, biographie intime", par Jean-Luc Barré : j'ai lu ce gros livre en deux semaines. J.L. Barré nous fait des révélations (pas vraiment des révélations d'ailleurs) sur le grand François Mauriac, mais il a fait surtout un travail remarquable de recherche sur l'histoire littéraire. Je n'ai pas pu lâcher ce livre. J'avais envie d'en savoir toujours plus. Monsieur Barré a l'habileté d'arrêter son livre en 1940, au moment où les intellectuels de cette époque ont dû faire des choix parmi les choix les plus aigus (je ne trouve pas d'autre adjectif !) qui soient. On sait que Mauriac fut un homme exceptionnel, mais on attend quand même avec impatience de savoir ce que fut la vie de cet écrivain, au jour le jour, pendant la 2e Guerre Mondiale. - Littérature plus "facile", mais tout aussi passionnante : "Le retour du professeur de danse " d'Henning Mankell (suédois, gendre du grand cinéaste Ingmar Bergman). C'est un roman policier : effrayant, angoissant, palpitant, bien écrit... Le héros, atteint d'un cancer, est attachant ; l'intrigue vous met les nerfs à vif. Le Mal est ici représenté par le nazisme, ou plutôt par les héritiers du nazisme, toujours présents, tapis dans l'ombre.
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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 14:46
Mercredi 5 août : En juillet, j'en étais restée, côté lecture, sur l'excellentissime (mais pas si facile...) Iris Murdoch, romancière anglaise. Nous sommes en vacances et passons aux lectures de bord de mer. Alors, côté plage, quoi de mieux que Douglas Kennedy ? Son dernier roman s'appelle "Quitter le monde" : une jeune fille américaine hantée par la culpabilité, Jane, est confrontée à ses deux parents, à l'université, à son premier amour, son prof à la fac et l'on sait combien les amours prof/étudiante sont mal vues aux Etats-Unis... Douglas Kennedy a ce don : lorsqu'on commence un de ses romans, on ne peut plus s'arrêter tant c'est palpitant. Dommage pour ce roman : ceci est moins évident que pour tous les autres que j'ai lus. On s'attache à Jane bien sûr, on compatit à ses misères et on s'étonne de ses aventures, mais on sent un peu la "grosse machine D. Kennedy", pas si bien huilée que ça cette fois-ci. Ce qui me gêne aussi chez cet auteur, c'est son obsession de l'argent. Pas une page sans le prix de la plus petite chose. Cela est surprenant pour nous, français. Je n'ai pas fini le livre, j'en reparlerai plus tard, mais je suis prête à tout pardonner à Monsieur Kennedy qui nous fait l'honneur de très bien parler notre langue. Vendredi, 7 août. Hier, avant une visite à Roland Duval, je vais voir "Joueuse" à Montargis (premier film de Caroline Bottaro). Un beau sujet : Sandrine Bonnaire, une humble femme de ménage, se prend de passion pour les échecs. Et son professeur, son maître, son Pygmalion, sera un de ses clients, le docteur Kruger, joué par l'acteur Kevin Kline. On lit sur le beau visage de Sandrine Bonnaire toute la timidité, tous les échecs (n'ayont pas peur du jeu de mots !), tous les espoirs du monde, avant que se visage ne se transforme en visage de femme épanouie partant à la conquête du monde. Le thème des échecs n'est qu'un prétexte, ça pourrait être la découverte de l'écriture ou de la peinture... Super film sur l'ouverture à la vie, et à la liberté. Ensuite, chez Roland Duval, il me parle de cinéma, comme toujours, Robert Bresson et Jean Eustache, et de Philippe Labro, l'éternel chanceux devenu dépressif. Comment le génial Bresson était odieux entre les odieux, et comment ils portèrent le pauvre Jean Eustache à son train après une projection, et comment ce dernier se suicida quelques jours après... MARDI 18 AOUT : Samedi, à nouveau au crépuscule du château de Saint-Brisson pour écouter du blues : Roland Tchakounte dont la voix nous berce et nous réveille tour à tour. C'est difficile de parler musique quand on n'est pas une pro. Je suis juste en train de me demander si je n'aime pas plus le blues que le jazz. En tout cas, c'est toujours un plaisir d'être à St Brisson en ces douces occasions... Lecture (j'ai fini) ou plutôt relecture de l'extraordinaire "Maître des illusions" de Donna Tartt (Pocket) ou comment un groupe d'étudiants expérimentant les extrêmes sont conduits à des complicités douteuses et au meurtre (aux meurtres en fait). Le narrateur, Richard, comme les autres, est une espèce d'orphelin. Les parents en effet brillent dans le roman par leur absence. Et l'absence d'autorité adulte semble conduire au pire. Je ne voudrais pas faire croire que cet étonnant livre est d'un sérieux sinistre. Il est au contraire exultant, palpitant, jouissif. On palpite de la première à la dernière page. C'est la quatrième fois que je le lis. Donna Tartt était à l'époque de sa publication une petite jeune fille de 29 ans, bien coiffée et sortant des meilleures universités, c'est d'autant plus horrible et merveilleux de lire les horreurs qu'elle put inventer. Après l'étonnante Donna Tartt, j'ai commencé à lire, passionnément, la biographie de Mauriac par Jean-Luc Barré. Depuis hier j'ai déjà lu 122 pages et chaque ligne est une découverte. C'est un voyage dans ses temps lointains où la jeunesse bourgeoise recevait une éducation de haute qualité malgré les enfermements et les interdits catholiques.
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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 14:35
Je m'intéresse à tout : à la littérature bien sûr, mais aussi à la musique, à la peinture, aux villes d'Europe, à la politique, aux fleurs, aux petits écureuils, et aux ratons laveurs ! Mes derniers films vus sont "Coraline", l'Almodovar, "Fais-moi plaisir", d'Emmanuel Mouret. "Coraline", à la grande petite fille que je suis, ne m'a pas fait trop peur et m'a enchantée par son imaginaire ; c'est vrai que la sorcière est très, très méchante... Dans l'Almodovar, on est subjugué par la beauté de Penelope Cruz, belle, toujours plus belle. Cela a toujours un côté roman-photo, mais des romans-photos comme ça, on en redemande ! "Fais-moi plaisir" fait plaisir, j'ai vraiment beaucoup ri. "Le cinéma, c'est faire faire de jolies choses à de jolies femmes", disait je ne sais plus quel critique de cinéma, et Emmanuel Mouret suit ce précepte de façon exquise. Côté musique, j'attends "Val de Jazz" du côté de chez moi. J'irai donc à Saint-Brisson les 20 et 21 juillet. Dans la cour du château, s'il fait beau, c'est toujours fort agréable. Au festival de Jazz d'Orléans, le vendredi 26 juin, j'ai d'abord écouté et applaudi poliment Ron Carter, mais le jazz contemporain n'est pas des masses ma tasse de thé, par contre pendant la deuxième partie, Avishai Cohen, oubliés ma politesse et mon ennui ! J'ai applaudi à tout rompre ce merveilleux jazzman israëlien, épaulé de musiciens formidables et d'une chanteuse à la voix de rêve. Des mélodies inoubliables, aux sonorités du monde entier, dans toutes les langues. Je ne prétends nullement être une vraie connaisseuse de jazz, mais ces dernières années, c'est toujours vers les concerts de jazz que je me tourne. 30/6/09 Le 3 juillet 2009 : Vu hier soir Roland Duval, à Amilly. Il est écrivain, scénariste, journaliste... Comment le décrire ?... C'est un vieux monsieur misanthrope qui a toujours vécu la plume à la main et la tête dans le ciel du cinématographe. Il est amer, ronchon, subtil, bavard... et drôle ! L'air de rien, il glisse entre ses phrases des plaisanteries, des jeux de mots... et tant pis si vous n'avez pas compris. Il ne répétera pas. Roland Duval parle de la presse écrite, de cinéma, de littérature et du temps qu'il fait. Hier, il m'a confié un travail : saisir le début de "Mes années météo (1939-2009 - A la recherche du temps qu'il fait - La météo : science ou religion ?". Je suis parfois sa secrétaire, car monsieur Duval n'a pas d'ordinateur (ni de téléphone portable...). Il me demande de dire ce que je pense de son travail... En suis-je digne ? Je n'ai pas encore vu le dernier Woody Allen. Pour courir au cinéma, il faut entrer dans ma petite voiture par cette horrible chaleur... 35 km entre ma ville de Loire et Montargis. Eh oui ! Ici, le cinéma , ça se mérite. DIMANCHE, 5 juillet. J'ai vu hier soir à Alticiné à Montargis "Whatever works" de Woody Allen. Je l'ai vu en français et, comme d'habitude, je remarque que les doublage des films de W. Allen sont catastrophiques. Comment rendre le bagout des personnages insupportables (et marrants) d' Allen ? Impossible en français. Comparé à "Match point" ou "Vicky Christina Barcelona", ce film est décevant. Woody Allen s'est renouvelé, c'est sûr, en tournant en Europe. Mais on peut rire de certaines situations ou de personnages tels que les parents de la jeune héroïne, surgis tout droit d'un Sud obscurentiste et assassin (le droit absolu de porter -et d'utiliser - des armes à feu) qui, arrivés à New York, trouvent leur vraie nature et se transforment en intellectuels-artistes débauchés très rigolos. Lectures de juillet : Suite à ma conférence du 2/6 sur les romancières anglaises à la conquête de la liberté, je suis toujours plongée dans Iris Murdoch (qui fut surnommée "la femme la plus intelligente d'Angleterre") : d'abord "the Black Prince", en anglais mon/ma cher(e), puis "La mer, la mer". C'est jouissif. "Highly enjoyable", dit-on en anglais. Dans le premier, comment un "vieux" de 58 ans tombe éperdument amoureux d'une jeune fille qui ressemble au prince Hamlet (tiens, Woody ?) et dans le deuxième, comment un vieil acteur-metteur en scène de théâtre se retire au bord de la mer pour écrire des mémoires assez prétentieux et voit tout à coup un monstre sortir de l'océan... Suite un prochain jour. - Début août, notes sur fin juillet 2009 : côté jazz, nous nous sommes réjouits, comme chaque année, du merveilleux "Val de Jazz" à St Brisson, au soleil couchant du château (mais "Val de Jazz" est aussi à Sancerre et Bonny sur Loire). Le 20 juillet, Yuri Buenaventura nous a enthousiasmés. Ses paroles portent aussi, des paroles très fortes qui nous rappellent l'existence de l'Amérique du Sud, négligée par les médias je trouve... Le 21, nous avons adoré le musicien et chanteur Abaji, un jeune homme turco-libanais parlant un français parfait, un jeune homme plein de vie et d'amour pour tous les instruments de musique. Ce fut une joie de le voir nous présenter , comme un magicien, plein d'instruments inconnus de nous. Quant à Richard Galliano, il était, disons... fatigué. - Au cinéma de Montargis, j'ai fort apprécié "SANS RANCUNE" d'Yves Blanchar. Ah ! les histoires d'écrivain !... et c'est une histoire d'écrivain. Un très jeune écrivain en l'occurence (Milan Mauger, jeune et séduisant acteur plein d'avenir) découvre sa vocation grâce à un professeur atypique (Thierry Lhermitte) qui pourrait être... son père. L'histoire est racontée de façon très classique, mais ça ne fait rien : ça se laisse savourer. En juillet, parmi tous les films que j'ai vus, j'ai bien aimé aussi "Public Ennemies" (Johnny Depp parfait), un film de gangster assez honnête ma foi sur le bandit pilleur de banque (une espèce de Robin des Bois des temps modernes) John Dillinger. Il vaut toujours mieux un bon-vieux-bien foutu film américain que toutes ces comédies françaises sur des couples (ou des célibataires !) bêtes à hurler.
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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 14:32
PRÉFACE En lisant 7, rue Pierre-Brossolette, je suis tombé amoureux d’Iris (prénom qui fleure bon). A vingt ans, Iris habite chez ses parents, dans le petit pavillon d’une banlieue pourrie, à l’ombre des tours, et voue à son frère un amour incestueux, toute honte bue, jusqu’au jour où... Elle porte sur son environnement en mutation “fin de siècle” un regard critique, caustique, qui se nuance de tendresse sur son entourage immédiat (dont son papa, militant communiste obsolète). Pour nous la rendre attachante, voire un peu plus, Joëlle Carzon utilise la première personne, mais ce “je” n’est qu’un procédé de ce qu’on appelle “l’autofiction” qui n’est pas forcément autobiographique. Iris n’est pas Joëlle, Joëlle ne fut pas Iris, mais il y a tout lieu de croire que l’auteur eût aimé être dans son jeune temps cette fille qui conquiert sa liberté de femme en douceur, sans rébellion ouverte et sans esprit de revanche féministe. Face aux hommes et à ses employeurs, elle joue de son charme féminin mais peut se laisser embobiner comme une midinette. Dépourvue de préjugés, mais pourvue d’un humour sarcastique, ne doutant pas d’elle mais capable d’autodérision, Iris est l’un des personnages de roman les plus séduisants qu’il m’ait été donné de rencontrer en ce début de siècle fertile en fruits secs féminins. Grâce en soit rendue à Joëlle Carzon, qui a réussi ce portrait en donnant à son héroïne et narratrice un ton à la fois naturel et singulier dont la familiarité et la vivacité ne cèdent jamais à la facilité, épousant efficacement la démarche combative d’une nana qui n’a pas froid aux yeux mais ne se prend jamais pour une autre. C’est jouissif de lire une romancière qui ne se regarde pas écrire et s’engage dans son récit comme Iris dans la vie, avec une désinvolture cynique n’excluant pas la pugnacité. Ce bonheur d’écriture n’est peut-être qu’un exutoire, une thérapie contre le mal de vivre, mais aux yeux du lecteur, 7, rue Pierre-Brossolette, loin de plonger dans le marasme d’une famille éclatée et d’une société en crise, a un effet paradoxalement roboratif. On se sent mieux après l’avoir lu, même si ça va plus mal autour. On n’en sort pas franchement rassuré mais plus lucide. Merci à Joëlle Carzon de ce bain de jouvence désillusionné ! Roland Duval* *ROLAND DUVAL : ECRIVAIN, JOURNALISTE, SCENARISTE (entre autres de Pascal Thomas).
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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 10:53

SKYE

 

La falaise et la mer se rejoignent

L'encre bleue de la mer écrit ses mots d'ailleurs

Sur des ailes d'oiseaux qui portent son mystère

Jusque sur la falaise et jusque dans le ciel

 

Le ciel rejoint la mer et ils parlent ensemble

Ils mêlent leurs cris blancs s'offrent leurs profondeurs

Le ciel rejoint les vagues et les vagues racontent

Toutes les solitudes tous les naufrages

 

Terre lointaine que tous ces cris

Sont poignants douloureux que tous ces cris sont beaux

La terre et l'eau qui se confondent

Unissent les saisons sont la joie et la mort

 

Terre étrangère amie dans ton accueil

Sourdent les voix du monde et l'accomplissement

Nos pas les pas sur l'île dans les herbes mouillées

Vont au-devant d'une réponse

 

Le chant des vagues raconte la terre

Et l'intérieur de l'île se souvient sans fin de la mer

Ils savent la même histoire

Et se lient de même beauté en éloignant les hommes

 

 

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