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Biographie De L'auteur

  • : Le blog de Joëlle Carzon écrivain du Loiret
  • : Ce blog est destiné aux écrivains et aux lecteurs qui aiment romans et poésies. Il présentera tous les écrits et toutes les activités de Joëlle Carzon, auteur de poèmes et romans. Ce blog n'est pas destiné à recevoir des messages violents, ou politiques, ou religieux. (Suite à un messages troublant reçu ce jour : 25/12/12)
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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 15:47

Lou se tenait sur son lit, les jambes croisées. Antoine était sur son ventre. Papa vint, pour la deuxième fois.

  • Tu dois te lever, Lou, il est temps.
  • Il est temps de quoi ?
  • D’aller prendre ton petit-déjeuner. Puis d’aller à l’école.
  • Antoine doit prendre son petit-déjeuner d’abord, dit Lou, montrant son ours.
  • Il peut descendre avec toi.

Antoine tenait chaud à Lou. Elle avait mal au ventre. Allait-elle le dire à papa ?

  • Antoine ne peut prendre son petit-déjeuner qu’ici… Et maman ? dit Lou qui savait ce qui allait venir.
  • Ta maman a très mal à la tête ce matin, c’est moi qui m’occupe de toi aujourd’hui.

Comme hier. Comme avant-hier. Comme lundi. Maman a mal… à la tête, au ventre, aux épaules, à l’estomac, aux jambes…

  • Et si moi aussi j’avais mal à la tête ? dit Lou comme prise d’une inspiration.
  • As-tu mal à la tête ?
  • Non.

Elle avait mal au ventre. Bien mal. Le réconfort d’Antoine allait en diminuant.

  • J’ai mal… J’ai faim !
  • Alors il faut descendre.

Papa était très patient. Papa était un ange. Il ne s’impatientait jamais quand vous aviez mal, ou faim, ou quand vous étiez désagréable comme mamie l’autre jour.

  • Et si je ne descends pas ?
  • Veux-tu que je te porte ?

Elle devait être bien lourde pour papa maintenant.

  • Non ! Je vais me lever.

Papa s’en alla. Lou allongea une jambe, puis l’autre. Elle avait mal. Elle lâcha Antoine. Si elle disait qu’elle avait mal, papa le répéterait à maman et maman se fâcherait. « Une diversion pour éviter l’école ! »

Alors, Lou se leva et s'habilla, un peu difficilement. Quand elle eut fini, elle prit Antoine.

*

Impossible de manger. Papa était distrait, plongé dans des pensées qui ne semblaient pas gaies. Lou décida de donner à manger à Antoine à sa place. Antoine n'avait pas mal au ventre lui...

- Rémi...

Maman était dans la cuisine, en robe de chambre et se pressant le front avec un gant.

- Ma chérie ?...

- Il y a des courses à faire ce soir. Tu passeras au pressing et... (Elle réfléchit.) Ah, oui, et bien sûr n'oublie pas la petite.

- Bien sûr que non ! dit Rémi d'un ton légèrement impatienté.

- Je ne pense pas que je vais pouvoir faire grand-chose aujourd'hui...

- Fais ce que tu peux, ma chérie.

- Maman !

- Quoi ?

- Antoine n'a pas bien pris son petit-déjeuner.

- ...

- Oh ! il met sa main sur sa tête. Peut-être qu'il a mal aussi ?

Madame Deschamps prit un air las et se tourna vers son mari.

- Dis-lui de se dépêcher.

- Allons, Lou...

- Mais peut-être que si on le soigne, il ira mieux ? Maman, donne-lui un cachet...

Madame Deschamps s'éloigna de quelques pas.

- Je vais lui donner quelque chose, dit Rémi à sa petite fille.

Il fit semblant de prendre un cachet sur la table et mit le nez de l'ours dans un verre.

- Ah ! s'exclama l'enfant.

Elle avait presque décidé de rester là, recroquevillée sur sa chaise, tant elle avait mal, mais le geste de son père lui redonna du courage. Oui, elle irait jusqu'à l'école avec lui, ce n'était qu'un tout petit mal. D'ailleurs, Antoine était en pleine forme.

*

Que papa marchait vite ! L'école n'était pas loin, mais que papa marchait vite ! Que leur ville était grande, et que leur quartier était grand, et que les grands étaient grands avec leurs grands pas ! Pas loin de l'école, une dame arrêta Rémi dans son élan.

- Bonjour, Rémi ! Quel plaisir de vous voir !

- Ah, bonjour, Luce. Les enfants et Patrick vont bien ?

- Tout le monde est en pleine forme. Et notre petite Eliane ?

- Un léger mal de tête ce matin, je le crains.

- Rémi, il faut prendre plus au sérieux les maux de votre femme. Notre Eliane est une personne fragile.

- Je le sais, Luce.

De nouveau, ce ton légèrement impatienté de papa. Lou tenait son ours d'une main et son ventre de l'autre.

- Lou a le droit d'emmener son jouet à l'école ? demanda Luce à Rémi, puis à Lou : Tu as le droit ?

Lou fit une grimace de douleur.

- Elle n'est pas bien polie...

- Elle est encore petite, dit Rémi, agacé.

Plus personne ne regardait Lou. Antoine pendait à son bras, ayant de plus en plus l'air maltraité. Lou se mit à pleurer sans faire de bruit.

- Je suis content de vous avoir vue, disait Rémi.

- Je dois songer à vous inviter avec Eliane...

Antoine s'écrasa sur le sol, presque désarticulé. Lou tomba par terre et se mit à hurler en se tenant le ventre.

- Mais que se passe-t-il ?

Lou hurlait. La douleur était devenue réellement insupportable.

*

L'ambulance était là et la petite Lou allongée sur une civière.

- Là, là..., disait Rémi, les larmes aux yeux. Pourquoi ne nous as-tu pas dit que tu avais mal ? Là... Tout va bien se passer...

- Papa, papa...

- Quoi, mon petit chou ?

- Mais sans moi, tu vas être tout seul...

30/10/15

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 13:52

Je ne prétends bien sûr pas être critique de cinéma, je n'en ai pas les compétences. Beaucoup de films muets m'ont échappé (Abel Gance, Murnau...) quoique j'en aie vu pas mal. Je n'ai toujours pas vu la grande Falconetti dans "Jeanne d'Arc" ! Ce que je fais ici, c'est donc juste donner mes quelques impressions des films vus par moi, et, si j'ai été cinéphile, je ne le suis malheureusement plus (Montargis, l'Alticiné, à 35 km de chez moi, rien ou peu au cinéma Le Club à Gien) et j'ai loupé cette année entre autres des films de qualité que j'avais vraiment envie de voir ! (rattrapage à la télé dans deux ans ? Mais ce n'est pas pareil qu'être dans une salle de cinéma...

- Mission impossible Rogue Nation, Christopher McQuarrie

28/8 - Film très agréable, énergique, un film d'aventures où on ne s'ennuie pas une seconde. Tom Cruise, qui vieillit, est encore très séduisant.

- Le tout Nouveau Testament, Jacko Van Dormael

4/9 Montargis - La critique n'est pas très bonne pour ce film (France Inter ce matin), mais j'ai beaucoup aimé son côté poétique, lunaire, très humain. La fille de Dieu (un Dieu méchant qui s'amuse à faire le mal) s'enfuit de chez elle et se choisit six apôtres. J'ai aimé cette balade triste dans un univers gris (sauf à la fin). Sous l'influence de Caro et Jeunet bien sûr. C'est un film qui, je le sais, restera dans ma mémoire contrairement à beaucoup de films français qui s'évaporent de ma pauvre tête au bout d'une semaine.

- Jamais entre amis, Leslye Headland

Alticiné Montargis, 11/9 - Qui a osé comparer ce film avec "Quand Harry rencontre Sally" ? Ce film est un summum de vulgarité et de dialogues complètement vides. Les acteurs (qui ?) sont fort médiocres. En plus, pauvre de moi, je l'ai vu en version française, ce qui doit aggraver la chose déjà grave.

- Agents très spéciaux, code UNCLE, Guy Richie

Gien, 20/9 - Un film d'espionnage qui se laisse voir agréablement. Cela se passe dans les années 60 au temps de la Guerre Froide. J'ai trouvé l'esthétique plaisante avec de jeunes acteurs très jolis à regarder... Mais j'ai écrit ceci le 20 septembre, nous sommes le 30/11, et il ne reste pas grand-chose dans ma mémoire !

- Marguerite, Xavier Giannoli

Gien 27/9 (Catherine Frot, André Marcon, Michel Fau) - Marguerite, femme très riche que son mari ne regarde pas, aime profondément la musique et croit savoir chanter. Elle qui n'organisait que des concerts privés veut chanter dans une grande salle. C'est un beau film, émouvant, sur le mensonge, l'impossibilité de dire la vérité, le rêve poussé jusqu'à la folie. Tous les rôles sont remarquablement tenus, y compris les rôles secondaires. Un rôle magnifique pour Catherine Frot. Les décors sont également très beaux. Un de MES films de l'année, certainement.

- Un début prometteur, Emma Luchini

Deux frères et une jeune femme dans une sorte de road movie sympathique. Je pensais que ce film serait très moyen, mais j'ai bien aimé. La jeune Mathilde Verlee Baetens est excellente.

- Le nouveau stagiaire, Nancy Meyers

Alticiné 9/10 - C'est une soi-disant comédie, mais il y a très peu de comédie. Surtout beaucoup de pleurnicheries à l'américaine. C'est l'éloge du Travail et de ces Américains, jeunes et vieux, qui travaillent jusqu'au bout du bout. Ce n'est pas tant le film que je déteste, c'est mon côté anarchiste qui se réveille devant cet éloge de la connerie au travail.

- Belles familles, Jean-Paul Rappeneau

Alticiné 17/10 - C'est loin d'être le top du top des films, mais j'ai beaucoup aimé. J'ai aimé le rythme du film, on court d'un bout à l'autre (comme dans beaucoup de films de Rappeneau) et c'est enlevé et assez joyeux. Les intrigues se recoupent élégamment. Les acteurs sont très bien (la différence d'âge entre Mathieu Amalric et Marine Vacth est un peu agaçante c'est vrai) et ce metteur en scène, âgé maintenant, n'a pas perdu la main.

- J'ai vu aussi "L'Homme irrationnel" de Woody Allen

qui se passe dans un milieu universitaire avec des jeunes gens qui sont intelligents, ce qui est rare dans les films qu'on voit maintenant. C'est une intrigue policière et amoureuse. Je suis une fan de ce cher Woody, aussi il ne faut peut-être pas trop m'écouter quand je dis que c'est formidable ! Des critiques ont fait part de leur déception, mais au cours de la projection, j'aurais eu du mal à être déçue ! Il faut savoir ce qu'il en reste après deux ou trois semaines...

- J'ai bien aimé "L'Etudiante et Mr Henri", d'Yvan Calbérac,

et tant pis pour ceux qui trouvent que je suis bien peu exigeante ! C'est une pièce de théâtre à l'origine. Mr Henri est un vieux grincheux qui sympathise avec une jeune fille qui a la poisse. C'est une honnête histoire d'amitié, mais loin de moi l'idée de comparer ce film avec "Gran Torino" de Clint Eastwood que j'ai revu hier soir, 29/11, à la télévision -c'est pour ça que j'en parle- et qui est un chef-d'œuvre.

- "Lolo" de Julie Delpy

est un film qui peut faire rire, mais surtout grâce au jeu des acteurs. Je n'ai guère été emballée (1/11).

- Mon roi, de Maïwenn

(Montargis 7/11 - c'est le dernier film que j'ai vu ; depuis les attentats de Paris, je n'ai plus la force d'aller au cinéma) m'a impressionnée (mais bien moins que "Polisse" que j'avais adoré) par son sujet et la performance de ses acteurs. Une jeune femme plutôt privilégiée s'éprend d'un sale type et n'arrive pas à le quitter. Elle essaie et réessaie. Cette répétition est lourde et peut épuiser certains spectateurs.

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Published by Joëlle Carzon - dans bloc-notes
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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 12:48

J'écrirai en français. Envers et contre tous. Je suis là

pour ça après tout. Pour parler, écrire, respirer, soupirer, en français. J'ai fait de tels progrès déjà. Je comprends bien les petits, je comprends même "papi" qui m'honore de belles phrases d'une autre époque. Justement. C'est peut-être pour ça que je le comprends mieux que les autres, pour ces belles phrases qui me parlent comme à une vraie femme, par une petite jeune fille de rien du tout. Papi croit que je suis quelqu'un de bien, de digne, quelqu'un qu'il faut respecter.

Car tous ces gens qui passent là, la famille, les

livreurs, les invités, soit ne me regardent pas, soit ne savent pas quoi me dire. Ils restent muets face à mon absence de statut. Je ne suis pas une amie, une parente d'amis, une bonne. Je ne suis qu'une espèce de fille pas même jolie qui ne sait pas quoi dire non plus. On me croise avec embarras, on me dit bonjour du bout des lèvres, on va vite respire un autre air que le mien et celui de petits à qui on ne sait pas quoi dire non plus. Si j'étais plus jolie, est-ce que ça serait différent ?

Les petits sont mignons. Ils parlent déjà anglais avec

moi. Leur mère, Charlène, suit leurs progrès, l'air de rien. Pas un seul compliment à mon égard. Mais je suppose qu'elle est satisfaite. C'est pour ça que j'ai été embauchée. Pour que des petits bourgeois paraissent encore plus bourgeois.

Au début, je me suis demandé ce que je faisais là.

Pourquoi je n'étais pas restée dans ma famille. Ils sont gentils chez moi. Je n'avais pas besoin de partir. Mon français était assez bon, c'était la seule matière où je brillais à l'école. Et je n'aime pas Paris. J'aime la campagne de chez moi, le petit pont qui traverse le village, les chiens amicaux qui vous accompagnent dans les balades, tous ces villageois qui me connaissent et pour qui je suis la "little Ann" de toujours.

A Paris, il y a tant d'hostilité. Dans les rues, chez les

commerçants, ici. Je sens bien que Charlène ne me sera jamais acquise. Il y a papi, bien sûr, mais il ne vient pas tous les jours. D'ailleurs, que ferais-je de papi ?

*

Ce matin, j'ai croisé Charles dans le couloir près de

la salle de bains. Il n'a pas ouvert la bouche, mais il m'a souri. De son sourire vague. "Ann, oui, Ann..." C'est comme si je lui rappelais quelqu'un. Il me voit tous les jours, mais c'est comme si je lui rappelais quelqu'un. J'existe, cela n'a pas vraiment d'importance, Charlène s'occupe de tout. Son sourire me portera toute la journée.

Au début, je me disais que cette chaleur en moi

venait de ce que j'étais bien ici. Mais j'ai fini par me rendre à l'évidence : dès que j'étais dehors, dans Paris, loin de l'appartement, je me sentais moins bien, j'étais à nouveau la petite villageoise perdue. Heureuse, je l'étais quand venait le soir, quand Charles devait rentrer. Et quand il était enfin là, c'était cette chose chaude dans mon ventre, cet environnement protecteur, ce bonheur du foyer.

Etrange foyer que cet endroit où Charlène ne

m'encourage jamais vraiment, où l'on me regarde avec ennui ou gêne, où les enfants considèrent que je suis à leur service jour et nuit. M'aiment-ils ? Oui, je suppose, un peu. Ils m'aiment parce que je suis là, parce que Ann ne les grondera jamais, contrairement à maman qui n'a pas le caractère facile.

Charles est leur père et c'est merveilleux de retrouver

chez Johann la même petite bouche mâle, chez Sophie les mêmes yeux gris bleu. Les enfants sont bien les enfants de leur père. Ils n'ont pas la sécheresse de Charlène, sa hâte énervée. Ils ont cet air un peu rêveur, ce sourire un peu hautain. Ils auront dans quelques années cette élégance facile, cette élégance qu'on a sans même avoir cherché à l'avoir. Tout est trop facile pour ces gens-là. Qu'est-ce que je fais ici ?

Ce que je fais ici... J'attends de croiser Charles dans

le couloir le matin. J'attends de le revoir le soir pour sentir tout mon corps, toute mon âme, se réchauffer. Je suis dans un état d'attente. Vais-je attendre ainsi une année entière ?

*

- Ann !

- Oui, Charlène ?

- Ann, il faut que je vous parle...

Elle a l'air concentrée. Ce doit être grave. Je ne vois pas ce qui peut être grave, à part... Mais ça, personne ne le sait. Même moi je ne le sais peut-être pas.

- Asseyez-vous.

Je m'assois. J'ai l'impression qu'elle va m'engueuler, je ne sais pas ce qui me donne cette impression.

- Ann, je dois vous dire... Vous n'êtes qu'une fille au pair, je veux dire : vous êtes une fille au pair. Il y a certaines choses que vous ne pouvez pas vous permettre, même chez nous qui sommes, vous avez pu le constater, plutôt indulgents...

Où veut-elle en venir ? Et si Charles... Je ne dois pas l'appeler "Charles". On m'a dit en arrivant ici que je devais les appeler "Charlène" et "Charles"... Ne plus appeler Charles "Charles"... Ne plus prononcer son prénom...

- Il s'agit de mon père.

- Votre père (je n'ose pas dire "papi") s'est plaint de moi ?

- Oh, non ! Il est trop content.

- Trop content de quoi ?

- De votre attitude. Il ne demande que ça.

- Qu'est-ce que j'ai fait ?

- Vous n'avez rien "fait" de vraiment mal. Simplement vous êtes trop gentille avec lui, vous lui souriez trop.

- C'est votre père qui est gentil avec moi, lui...

Je n'ai pas pu m'empêcher de rajouter "lui", mais elle ne doit pas comprendre ce "lui".

- Il ne faut pas l'encourager.

L'encourager à quoi ?Qu'y a-t-il de mal à être un peu gentil, à être différent de ce que sont les autres avec la fille au pair ?

- Je ne veux pas être méchante avec votre père !

C'est un cri du cœur. Elle a vu mon air indigné.

*

Je ne suis pas une fille très jolie. Au village, j'ai eu

un petit ami, mais il n'a pas été très enthousiaste. J'ai vite été trompée, abandonnée. Et je n'ai jamais été amoureuse. Peut-être, si j'avais été amoureuse, j'aurais été plus jolie ? Suis-je plus jolie maintenant que je suis à Paris. Est-ce pour cela qu'il y a eu cette stupide histoire avec papi ? On dit que Paris rend toutes les femmes belles. Charlène est belle, à sa façon. Elle a de la classe. Et Sophie sera belle.

Je rêve que je suis jolie. Que les garçons se mettent

à siffler. Que les hommes se retournent sur mon passage et me suivent des yeux. Est-ce que tout n'est pas plus simple quand on est jolie ? Est-ce qu'alors on arrête de vous dire de moins sourire parce qu'il est normal qu'une jolie fille soit souriante ? Son sourire fait partie de sa beauté. Il est naturel. Les jolies filles doivent être vraiment heureuses.

Ce soir, j'ai cru que Charles me regardait plus

longuement. Mais c'est peut-être cette histoire avec papi. Il sait que Charlène m'a parlé. Il croit que je cours après les vieux messieurs. Non, impossible. Charles ne s'occupe pas de ma vie. Elle ne l'intéresse nullement. C'est un monsieur occupé. Je ne suis que "la fille au pair". J'ai dû rêver.

A part avec les enfants, je ne parle pas beaucoup.

J'écris plutôt. J'écris ces lignes, j'écris à ma prof de français, en Angleterre. Elle me félicite de mes progrès, elle me dit que je la dépasserai très vite. J'aime les écrivains français, Maupassant, Balzac, Stendhal, mais aussi Camus du XXè siècle. Je me dis qu'un jour j'écrirai une belle lettre à Charles. Il aura du mal tout d'abord à croire que c'est de moi, la petite jeune fille à qui il sourit vaguement le matin. Et si je restais en France après cette année ?

Si je restais en France avec mes écrivains. J'aurais

une chambre de bonne quelque part dans Paris, mais je ne sortirais plus dehors en baissant la tête. Je croiserais Charles par hasard, nous nous dirions bonjour comme de vieilles connaissances. Il me dirait : "Ah ! Ann ! Je suis content de vous rencontrer, vous manquez aux enfants. Ils ne parlent plus anglais que dans une école privée, c'est dommage ! " Je ne serais plus "la fille au pair", mais "Ann, l'Anglaise qui s'est installée à Paris".

*

C'est décidé. Cette année n'est pas une parenthèse,

mais le début de quelque chose. De quelque chose de grand. De quelque chose avec Maupassant et Camus. De quelque chose dans un Paris que j'inventerai.

Ce matin, j'ai à nouveau croisé Charles dans le

couloir de la salle de bains. Il n'avait qu'une serviette sur les hanches. Je n'ai pas baissé les yeux. Je lui ai souri. Il a eu l'air gêné, il a murmuré : "Ann, euh... bonjour !" J'ai dit, la voix ferme pour une fois, une vraie phrase en français : "Bonjour, Charles. Je souhaite que votre journée soit belle et enrichissante." J'ai cru qu'il allait rire, mais il est bien trop élevé pour cela. En tout cas, il m'a VUE. Il m'a jeté un coup d'œil en coin avant de disparaître. Il m'a reconnue, moi, Ann.

Je sourirai quand même à papi, j'engagerai même

une longue conversation avec lui. Tant pis pour Charlène. Je suis jeune et pleine de vie, j'ai le droit de parler, de bavarder, et pourquoi pas de plaisanter. On dit que les Anglais ont le sens de l'humour. Je rirai avec papi, je rirai avec les enfants.

Un jour, un jour pas si lointain, on ne dira plus

"la fille au pair", mais "Ann, vous savez, la petite Anglaise bavarde qui vit chez les D.".

Mes parents m'ont donné le prénom d'Ann, comme

à une princesse. Paris est d'ailleurs comme une grosse citrouille prête à se transformer en carrosse.

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22 octobre 2015 4 22 /10 /octobre /2015 14:38

Il mit sa main dans la sienne. Une si grande main. Il l'obligea presque à prendre sa petite main. "Je suis là, je suis quand même là...", n'osait-il pas dire à haute voix. "Je suis ton petit frère et je suis là. Pense que je suis là ! Regarde-moi !"

Regarde-moi ne serait-ce qu'un instant.

Yannick avait les yeux vagues, les yeux perdus. Marco avait été si reconnaissant que son frère veuille bien de lui pour cette promenade... Une promenade en forêt ! A eux deux ! Rien que pour eux deux !

D'habitude, on se promenait en famille. Papa qui croyait connaître tous les champignons. Maman qui parlait et parlait. Marie qu'on avait toujours peur de perdre. Yannick qui ne disait rien, mais souriait quelquefois. Il y avait de l'indulgence dans son sourire, un peu de lassitude. Ces promenades en forêt, en famille, n'étaient pas désagréables, mais Marco aurait voulu... que papa se vante moins, que maman se taise cinq minutes, que Marie arrête de faire des bonds à droite et à gauche... Et il aurait tant voulu, oui ! que Yannick soit à lui tout seul, Yannick le jeune homme, l'étudiant de la ville lointaine, Yannick "mon grand frère".

Marco aurait voulu lui raconter l'école, la maîtresse sévère mais qu'on aimait quand même, ses jeux avec Marie, et ses jeux sans Marie. Lui dire qu'une sœur c'est bien, mais qu'un peu trop de présence féminine ça étouffe un peu, on a besoin, oui, de quelqu'un d'un peu moins bavard, de plus grand. Une présence peut-être plus discrète (à la voix), mais la présence... d'un homme.

Car pour Marco, Yannick avait toujours été l'homme de la famille. Il lui montrait ses notes, ses constructions, il lui demandait pour les tours de cartes, Marco attendait que Yannick fût là. On ne pouvait pas révéler les choses sérieuses sans lui.

Mais Yannick ne disait rien. Il semblait plongé dans un grand songe à lui. Il tenait la main de Marco sans la tenir. La maison était loin, la forêt était presque absente. On était en forêt et on était ailleurs, dans un no man's land où le petit Marco n'avait pas vraiment sa place. Il fallait signaler sa présence, dire à Yannick : "Je m'appelle Marco, et nous sommes en forêt, tous les deux, tous les deux seuls sans la famille, c'est exceptionnel, et tu dois être là pour moi." Marco jeta un coup de pied dans les feuilles. Yannick ne leva pas un sourcil.

Comment dire à Yannick que la vie sans lui avait un goût de pièce vide, d'inachevé ? Que quand il venait le week-end c'était une vraie maison, une vraie joie ? Marco fit un bond, Yannick poussa un petit soupir.

- Tu aimes l'automne ? dit le petit garçon.

Yannick ne dit rien.

- Moi j'aime l'automne. La couleur des feuilles, tout ça... Si je pouvais, je me perdrais en forêt.

Pas de réaction.

- Je me perdrais, je me perdrais, et on ne me retrouverait pas !

Cette fois, Yannick sembla entendre. Il secoua la tête, comme un chien. Il eut un vague sourire.

- On retrouve toujours les petits garçons perdus, dit-il.

- Comment me retrouverais-tu, toi ?

- Je saurais. Je t'entendrais. Tu as de la voix.

- Et si c'est toi qui es perdu, crois-tu que moi je te retrouverais ?

Yannick se tourna vers son petit frère. Il était surpris par la question. Heureux, Marco vit qu'il avait enfin éveillé l'attention de son aîné.

- Oui, crois-tu que je te retrouverais ? Je suis si petit !

Yannick sembla réfléchir, quelques instants, puis sembla abandonner l'idée de répondre. Il y eut un moment de silence. Quand Yannick reprit, ce fut brusquement :

- Je me perdrais bien en forêt, moi, là, je me perdrais bien et ça m'arrangerait qu'on ne me retrouve pas !

C'était un cri du cœur. Marco l'entendit comme tel et blottit sa main dans la sienne.

- Je ferais tout pour te retrouver. Moi, ça ne m'arrangerait pas que tu sois perdu. Ça n'arrangerait personne, nous t'aimons !

- Aimer, qu'est-ce qu'aimer ? dit Yannick presque tout bas.

Marco réfléchit, mais il fallait réfléchir vite.

- C'est vouloir que quelqu'un soit là tout le temps, dit-il d'une voix rapide. C'est être triste quand il s'en va, c'est trouver la maison vide. La maison est vide quand tu n'es pas là !

Yannick sourit enfin et sembla, pour la première fois depuis le début de la promenade, être avec lui.

- Comme tu es gentil ! Oui, comme tu es gentil, mon petit frère... Mais tu es si petit...

- C'est mal d'être petit ?

- Non, bien sûr que non. C'est même bien. C'est agréable de faire des promenades avec toi... Je préfère être avec toi qu'avec quiconque. Mais tu sais...

- Quoi ?

- Tu sais, c'est si difficile en ce moment.

- Pourquoi ?

- Ce sont des histoires de grandes personnes.

- Nous aussi, les enfants, nous avons des histoires de grandes personnes. Je me sens comme une grande personne quelquefois. Oui, oui, nous avons le même genre d'histoires.

- Lesquelles ?

- Les chagrins, les disputes, quand on rate quelque chose... C'est comme pour les grandes personnes, tu sais.

- Alors..., tu as déjà été amoureux ?

Marco songea à Léa, à ses cheveux roux bouclés, à son rire, à son cœur qui battait fort quand ils couraient ensemble. Etait-ce cela être amoureux ? Oui, il se dit que ce devait être cela.

- Oui, avoua-t-il dans une grande inspiration.

Yannick ne put s'empêcher de rire. Mais c'était un rire sans joie, un rire de complicité triste.

- Eh bien, moi aussi, petit frère, je suis amoureux... Je suis amoureux... après.

- C'est quoi être "amoureux après" ?

- C'est quand on est con. C'est quand on n'a pas vu "pendant" que c'était bon, que la fille était une chouette fille, et qu'on ne lui a pas dit.

- Tu ne lui as pas dit que tu étais amoureux d'elle ! s'écria Marco, comprenant toute l'histoire.

- Pire que ça. Je la taquinais, je me moquais d'elle, je lui disait même qu'elle pouvait aller avec d'autres mecs. Nous prétendions être libres, tu vois ?

Marco le regardait gravement. Yannick poursuivit :

- Non, tu ne peux pas voir. Je suis sûr que tu l'as dit, toi, que tu l'aimais, à ta petite amoureuse.

- Non... Mais je crois que je vais lui dire. C'est quoi "être libre" quand on est avec une fille ?

- C'est aller... Je ne vais pas t'expliquer ça ! C'est jouer avec le feu en fait. J'ai joué avec le feu.

- Tu aurais dû la prendre dans tes bras, et la serrer très fort, et lui faire des serments d'amour ?

- Oh, oui ! Je me suis cru très fort. Je me crois toujours très fort, quel con ! Mais toi aussi tu me crois fort, n'est-ce pas ?

- Tu ES fort.

- Ah ? Mais alors pourquoi, en cet instant, j'ai envie de pleurer ?

- Parce qu'elle n'est pas là et que tu la crois très loin. Elle habite loin ?

- Non, pas très loin.

- Va la voir !

- Comme cela te semble facile, petit frère ! En fait, c'est comme s'il y avait mille kilomètres entre nous.

- Tu as ta voiture, tu es venu avec. Va prendre ta voiture, et tu pars, tant pis pour papa et maman, et tu vas rejoindre... Comment elle s'appelle ?

- Emilie, murmura Yannick.

- Tu vas taper à la porte d'Emilie et tu lui cries à travers la porte : "Je t'aime ! Je t'aime !"

Yannick sourit. Il se remettait à aimer les arbres autour, qui tout à l'heure lui paraissaient une prison, il se remettait à aimer le crissement des feuilles par terre, le ciel là-haut, sa famille, son petit frère malin.

- Tu te crois malin, dit-il d'ailleurs à Marco, mais dans sa voix le petit garçon ne saisit aucune trace d'hostilité.

- C'est toi qui n'es pas malin de perdre ton temps à te promener avec moi, dit Marco qui sentait déjà son cœur se briser à l'idée que son frère allait s'en aller.

Marie l'agaçait, son père et sa mère étaient trop souvent bien loin de lui, trop pris par la vie quotidienne. Avec Yannick c'était plus facile, il pouvait plus parler. Yannick avait le don de le faire se sentir plus "grand".

- On retourne à la maison ! s'exclama Yannick.

Ils ne coururent pas, il volèrent. Marco était très essoufflé, mais il ne se plaignit pas. Dans sa tête, le grand Yannick conjuguait le verbe aimer à tous les temps.

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 14:52

Je suis devenue poète

Je te comprends

Dit le poète

Je comprends les pensées dans la tête

Je comprends la nostalgie du soir

Les jardins de l'enfance

La grand-mère aimante

La longue fleur qui se courbe l'arbre de vie

Je comprends !

-

Mes poètes m'ont parlé

Et je suis devenue poète

-

Mes poètes m'ont parlé

Et je suis devenue messagère des songes

Petite fille d'autrefois

Grande fille de vingt ans qui veut mourir

Amoureuse à Paris

-

Je suis devenue le fleuve sous vos yeux

Je suis le fleuve la plaine le vent

Je suis la vie qui passe je suis vous

Les poètes m'ont parlé et je suis devenue poète

-

Ils me comprennent

J'entends dans la pluie

Le tic tac de mes pensées et de mon cœur

J'entends dans la pluie

La pluie qui dit ne crains rien

Tout s'écoulera doucement

Il y aura toujours un poète

Au coin de la rue

Au coin d'un souvenir

Qui dira

Je comprends je comprends je comprends

**********

Je raconterai encore

J'ai mille chats dans ma tête

Un gros chat qui ronronne dans mon cœur

Moi aussi je pourrais ronronner

Avec vous dans mon cœur

Vous tous les visages tous les souvenirs

Des hommes jadis aimés

Des amis perdus

Vous les gravures de mode de ma vie

J'ai tant sublimé

-

J'ai mille pattes sur ma feuille

Vos petites pattes tiennent la mienne

J'écris en songeant

En rêvassant

En refaisant l'amour

Je n'ai pas fait tant l'amour que ça

J'ai tant rêvé

-

J'ai mille lignes que j'écrirais avec vous

Avec vous les souvenirs

Les balades dans Paris qui ne finissaient pas

Les maisons que je construisais et que je n'achetais pas

Les metteurs en scène que je regardais de loin

Les films car je me faisais un grand cinéma

Mille lignes mille carnets mille cahiers

J'ai tant écrit

-

Et j'écrirai encore

Avec tous les chats de ma vie

Avec tous les hommes tous les acteurs

Tous les amis réels ou inventés

Je ronronnerai encore

Je lécherai encore l'encre sur mes doigts

Je vous raconterai encore

Tous les rêves toutes les constructions tous les voyages

J'ai tant raconté et je raconterai encore

**********

* 11/10/15 : 2000 visiteurs depuis la création de ce blog ! Yeees !

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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 11:07

L'eau m'apporte la vie

Mes pensées sont en pluie

Ma bouche gourmande

N'attend que toi

***

J'ai besoin d'eau

J'ai besoin d'une vie

Pleine de pluies et de torrents

Pleine de toi eau vive

***

Eau vive

Je ne peux te prendre

Je ne peux que te boire

Dans l'infini bonheur

***

Eau pure et grave que m'apportent

Ta vie infinie ton front coulé

De pluies ô merveilleuses pluies

De pluies ravageuses

De pluies divines

Qui se terminent

En une seule goutte de génie

***

D'eau mon front est fait

Mes larmes

Mes jours qui s'écoulent

Tous sont faits d'eau de pluies bienfaisantes

Je cours et je gambade

Je te sens et je revis

Je te goûte et ma soif n'est plus

***

Eau fraîcheur douceur toute de vie

Perles comme des larmes

Commencement de tout perles d'aube

Et puis pluies immenses

Pluies qui se fondent dans le monde

Eau ma fraîcheur ma douceur ma cathédrale

Des creux de la terre aux cieux construits

***

Pluie murmure rosée douce larme

De bonheur

Torrents gravés

Névés de lumière

Mon eau qui est une prière

Un geste long et souple

Vers le ciel accueil de la vie

***

Quatre de ces poèmes ont été écrits pour "Guil", sculptrice.

***

DANS L'EAU

(Poème du recueil "Femme volante", 2009)

-

J'ai commencé à barboter

J'ai enlevé une botte puis deux

J'ai enlevé ma culotte

J'ai relevé mes cheveux

J'ai secoué mon nombril

J'ai trempé mes sourcils

Avec mes cheveux j'ai fait une natte de serpent clair

Qui s'est enfui dans l'eau comme un halo

Venez avec moi barboter

Venez enlever les culottes relever les cheveux

Secouer les nombrils

Venez admirer les serpents clairs

Qui s'enfuient dans les eaux

Autour de vous comme des halos

***

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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 15:09

Broadway Therapy, Peter Bogdanovich

Montargis, 1/5 - En prétextant imiter Woody Allen, cette personne a fait un film complètement nul.

Un peu, beaucoup, aveuglément, Clovis Cornillac

Montargis, 23/5 - Pour son premier essai, Clovis Cornillac raconte une histoire gentillette (deux personnes s'aiment à travers un mur) qui laisse un goût attendri.

La tête haute, Emmanuelle Bercot

Gien , 13/6 - Catherine Deneuve, Benoit Magimel, Sara Forestier - La justice pour les jeunes délinquants en France vue par le côté positif (la juge est une femme bien, l'animateur fait tout ce qu'il peut) alors que le personnage principal est évidemment peint de façon très noire. On a d'ailleurs du mal à croire qu'une petite jeune fille bien éduquée puisse tomber amoureuse de lui. L'itinéraire terrible donc de ce jeune. S'en sortira-t-il, comme le dit la fin ? On peut émettre de sérieux doutes. Le film est convaincant dans sa construction, les acteurs excellents. Gauthier Jurgensen veut comparer ce film à Ken Loach (pour en dire du mal), et bien sûr rien ne peut se comparer à Ken Loach.

Vice versa, studio Pixar (animation 3D)

Gien, 20/6 - Ce qui se passe dans la tête d'une petite fille de onze ans qui vient de déménager à San Francisco, partagée entre Joie, Tristesse, Colère, Dégoût, Peur. Tous ces sentiments se mélangent et sont incarnéspar des petits personnages pleins de vie. C'est la grande aventure de Joie qui part à la reconquête de la joie justement pour cette petite fille déboussolée. Je trouve ce film riche, presque trop riche, un peu trop américain à mon goût (le hockey sur glace) et je pense qu'un enfant spectateur doit s'y perdre un peu. Mais on me dit que ça ne fait rien si un enfant ne comprend pas tout.

Comme un avion, Bruno Podalydès

Bruno Podalydès, Pierre Arditi, Agnès Jaoui, Sandrine Kiberlain...

Gien 21/6 - Délicieux film comme sait les faire Bruno Podalydès qui est un doux rêveur plein de fantaisie. Ça ne ressemble à rien d'autre et on se laisse porter au fil de l'eau, au fil de l'air. Charmante réflexion sur le voyage, la lenteur, le temps, le carpe diem... Et Bruno Podalydès est un acteur absolument exquis. J'aimerais beaucoup revoir son premier film "Versailles rive gauche".

La loi du marché, Stéphane Brizé

Vincent Lindon (Prix Festival de Cannes acteur masculin)

Montargis, 26/6 - Dans notre monde de brutes,le héros cherche du travail, puis en trouve dans un supermarché où il doit fliquer ses collègues. Vincent Lindon, qui prend plein de claques dans la gueule, est filmé au plus près. Il peut tout accepter, mais pas de s'attaquer lui-même à ceux qui comme lui subissent "la loi du marché". Beaucoup de scènes assez pénibles, comme celle où, dans un stage, il se fait critiquer sans gants par des stagiaires "frères". Une amie me dit que ce film n'apprend rien qu'on ne sache déjà...

Love and Mercy, Bill Polhad

John Cusack, Paul Dano

Montargis, 13/7 - Ce film raconte, avec deux acteurs différents pour le même rôle de Brian Wilson (les Beach Boys) la descente aux enfers du personnage dont le gourou est un méchant médecin, et l'histoire d'amour qui va le sauver. Je me suis énormément ennuyée et, même si le film a des qualités certaines, je ne suis pas sûre qu'avoir fait jouer le rôle par deux acteurs a été une bonne idée. John Cusak et Paul Dano (remarquable pourtant dans d'autres films) manquent complètement de charisme et de séduction. L'actrice a l'air d'une idiote peinturlurée.

Les Minions, Kyle Balda

Montargis, 17/7 - Les Minions sont de petites créatures laides qui à travers les siècles se choisissent toujours un méchant pour maître et le mènent à sa perte. Dans les années 60, ils se retrouvent en Angleterre (la Reine au pub m'a fait beaucoup rire). Ce film est sot, mais se laisse voir.

Nos futurs, Rémi Bezançon

Pio Marmaï, Pierre Rochefort

Montargis, 31/7 - Deux amis encore jeunes se retrouvent et veulent recréer leur jeunesse. L'un est triste et n'arrive pas à exprimer sa tristesse. Les retrouvailles ne se passent pas si facilement. Le retournement de situation à la fin est assez réussi. Encore un film qui gagnerait avec des acteurs un tout petit peu plus doués.

Amy, Asif Kapadia

Tous ont filmé Amy Winehouse : sa famille, ses amis, la télévision... On la voit longuement au cours de sa courte vie, on la voit tout près (peut-être trop près ?), dans son immense célébrité, aux mains d'un mari qui la tue, poursuivie par les paparazzi... Ce film est un bon documentaire, qui laisse très triste.

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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 18:09

Amour parce que l'amour

Est un grand arbre

De vie

-

Amour parce que l'amour

Est une joie

Infinie

-----

Amour parce que l'amour

M'entoure et se confie

Amour parce que l'amour

Est une lettre de défi

-----

La chaleur m'enveloppe

La chaleur me caresse

Caresses de chat tropical

Ô chat tes yeux comme deux soleil d'août !

-----

J'aurai si chaud que je dirai

De l'eau de l'eau !

Et que je plongerai

Dans l'eau tremblante des pensées

-----

Un jour je me noierai

Sans rien dire

Glouglou

Je suis partie en une bulle

-----

ARBRE VIOLET

Arbres magiques

Arbres élancés

Arbres d'une autre couleur

Un arbre pour moi

Un arbre qui s'élance de mon cœur

Pour arriver

Dans ma poitrine qui parle

Comme les arbres parlent

-----

L'été...

L'été

Je pense quelquefois

A la lenteur

Aux souvenirs

Et les pensées

Se fondent

Dans la chaleur

-

L'été

Je pense quelquefois

Que je pourrais partir

Partir loin

Mais les pensées

Restent toutes seules

Au coin du lit

-

L'été

Je pense quelquefois

Que je pourrais aimer

Mais la paresse

Est la plus forte

Mais la paresse

Ressemble

Au train qu'on ne prend pas

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

P.S. 20/7 : J'ai eu un message très gentil de Jean-Daniel G. sur mes poèmes. J'ai pu lui répondre, mais je ne trouve pas de boîte aux lettres sur ce blog avec sa nouvelle configuration ! Tout ça pour dire que si j'ai fait quelques progrès depuis deux ou trois ans, je ne suis encore vraiment pas douée avec tous ces "machins" informatiques. Euh... Vous (?) pouvez toujours déposer des "commentaires"...

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14 juin 2015 7 14 /06 /juin /2015 13:33

A Londres (fin avril), j'ai :

Vu l'expo/rétrospective du peintre Richard Diebenkorn à la Royal Academy of Arts, peintre américain beaucoup abstrait, un peu figuratif (sa "Girl on a Terrace", 1956, à la jupe rayée devant la mer) ;

été au Victoria and Albert Museum, pas loin de Harrods,

où j'ai bu du champagne et admiré, épuisée, l'étage des chaussures ;

marché et écouté de la musique à Piccadilly, admiré à quelque distance le cireur de chaussures dans Burlington Arcade ;

bu un super thé et mangé des super scones chez Fortnum and Mason ;

acheté mes cartes d'anniversaire chez Fortnum and Mason ;

mangé un fish and chips dans Tottenham Court Road ;

bu des Guinness sur le Strand, au Tottenham Pub et au "Sherlock Holmes" ;

beaucoup marché ;

bu de tous mes yeux la Thames la nuit

bavardé en anglais tout mon soûl avec le patron (grec) de mon très chic hotel, l'Arosfa, Gower Street (en buvant avec des grimaces un whisky dans le magnifique salon).

A Strasbourg (début mai), j'ai :

admiré et aimé la belle cathédrale ;

attendu avec tout le monde pour voir dans la cathédrale l'horloge astronomique, très grande, chrétienne et poétique ;

mangé du kouglof et autres gâteaux à l'hôtel Suisse où je logeais ;

mangé une super choucroute au Kammerzell (eh oui, on mange beaucoup en Alsace !) ;

été au Musée d'Art Moderne en tram (j'ai adoré le tram) où j'ai profité de la belle vue sur la Petite France (des tableaux d'un Gustave Doré qu'on ne connaît pas dans ce beau musée) ;

été au Musée Tomi Ungerer (ah ! ces diablesses de coquines grenouilles !) ;

dîné aux Armes de Strasbourg, place Gutenberg.

A Neffes-Gap (début juin), j'ai :

admiré le magnifique ciel bleu, un ciel qu'on ne voit pas dans le Loiret ;

admiré les belles montagnes rocheuses du chemin du Bon Secours (Ventavel) lors d'une balade de trois heures avec mon père et Pierre ;

été contente d'avoir marché trois heures ;

écouté Monique qui m'a dit qu'elle avait bien tourné les pages de "La Maison au lavoir", mon Polar Numéro 2 ;

profité de mes parents qui sont maintenant vraiment très âgés.

Prochaine étape : mon cher Granville fin août.

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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 13:58

Les cris des oiseaux on les entend

La plage souillée on marche dedans

Le cœur se serre

Le cœur se vide

Ô mes oiseaux mes oiseaux disparus !

*****

Un oiseau est mort je meurs aussi

Je voudrais m'endormir au ciel si bleu

Mais le ciel est noir comme la plage

Mon oiseau mon cœur

mort noire

(Marée noire aux US)

*****

Je vous ai écoutés humains

J'ai écouté tous les cris

Chaque enfant qui souffre est en moi

Chaque cri de femme est le mien

J'ai trop entendu

*****

Les chats

Les pas de la terre

Marqués sur le ciel

*****

Chat ami

"Un chat passant parmi les livres" d'Apollinaire

Le chat qui dévide le temps

Le chat que le moi désire

Le chat qui passe

Et qui revient

... Et que l'amour revienne

*****

Le chat boule de feu

Tout au fond tout au fond

Boule de laine boule d'amour

Tout au fond de mon corps

Mon corps qui est grande vie

-

Petit chat boule grande vie

*****

POUR L'INFINI

-

Pour l'infini

Je serai moins qu'une fourmi

Je m'endors et je me dis tu n'es rien

Et ça ne fait rien

Joëlle dans l'infini

Sourit

-

Pour le soleil

Plus qu'une étoile c'est mon cœur

Je suis en feu brûlante brûlante

Soleil soleil

Je suis soleil !

-

Pour la lune petite lune

Mon corps est élancé en forme de croissant

Petite lune tu es

Brillante brillante

Comme le reflet dans l'eau du soir !

On ne m'y prendra plus

D'être un bras, une jambe, un orteil!

On ne m'y prendra plus

-

Je suis l'infinie pensée

Je suis le soleil écartelé

Je suis la lune découpée

Je suis la plaine et le vent et les cieux !

-

On ne m'y prendra plus

A raconter que je suis triste

Le soleil est-il triste ?

La tristesse se confond dans l'infini

La tristesse se noie dans les reflets de la lune

-

On ne m'y prendra plus

A raconter que je vais mourir

A qui je raconte cela ?

Je ne mourrai jamais

Je suis si petite

Et si grande à la fois

-

Je n'ai pas des amis j'ai l'univers

Et je chante l'univers

Et l'univers m'enchante

Et le Paradis est dans mes pieds

Qui courent qui courent sans jamais s'arrêter

Parce que l'infini ne s'arrête jamais !

8 juin

*****

L'ARBRE DE VIE

-

Je m'enroule autour de l'arbre

Je crie

Mais mon cri est si doux

Que l'arbre danse

Je suis serpent de plume je suis serpent d'or frais

Je suis une alouette

Je suis un petit moineau

-

Rien ne me fera retrouver le chagrin

Le soleil est éternel autour de l'arbre

Le venin est parti je suis tout sucre

Je suis serpent de plume et oiseau joyeux

-

Les oiseaux sont dans ma tête

Les pensées s'étirent les pensées son joyeuses

Je ne dirai plus jamais

La tristesse l'angoisse les au revoir

-

Je m'enroule autour de l'arbre

Des arbres

Des érables du père David

Des arbres à perruques

Des arbres à peignes

Des genévriers de Chine

Des calocedrus à encens

Des érables cannelle

Des séquoias géants

Et les arbres m'entourent

Le monde entier est une douce couverture

Le ciel est si bleu que tout est bleu

L'arbre est si grand que je suis grande et vive

9 juin

*****

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