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Biographie De L'auteur

  • : Le blog de Joëlle Carzon écrivain du Loiret
  • : Ce blog est destiné aux écrivains et aux lecteurs qui aiment romans et poésies. Il présentera tous les écrits et toutes les activités de Joëlle Carzon, auteur de poèmes et romans. Ce blog n'est pas destiné à recevoir des messages violents, ou politiques, ou religieux. (Suite à un messages troublant reçu ce jour : 25/12/12)
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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 16:47

LE VIEUX CHIEN

 

Le vieux chien n’a plus de maître

Et bientôt l’hiver viendra,

Avec la neige et le froid

Il n’aura plus de retraite.

 

Il s’est arrêté chez nous

Et par la porte entrouverte,

J’aperçois la pauvre bête

Au pelage sale et roux.

 

De ses yeux il me supplie :

N’auriez-vous pas une croûte ?

Puis je reprendrai ma route

Et chercherai un abri.

 

Il est tout couvert de boue

Et ses pauvres pattes saignent,

Un morceau de corde traîne

Pendue autour de son cou.

 

Il y a la soupe au lard,

On va te la faire chauffer

Et puis tu pourras coucher

Pour la nuit dans le hangar.

 

Il s’est roulé dans le foin

Après s’être rassasié

Et s’endort, rassuré,

Sans penser au lendemain.

 

Les enfants ont supplié :

Il ne peut pas repartir,

Il fait froid, il va mourir !

… Et le vieux chien est resté.

 

Eliane de Taxis du Poët

(Poétesse des Hautes-Alpes - Trescléoux -  1943 - Mai 2013)

Hommage à elle...

 

 

CHANTE LA VIE CHANTE

 

Chante l’oiseau

Voici l’aurore,

Chante un refrain gai et sonore,

Chante l’oiseau !

 

Chante grillon

Voici le jour,

Chante un couplet au vent qui court,

Chante grillon !

 

Chante cigale

Quand midi sonne,

Lance tes trilles monotones,

Chante cigale !

 

Chante soleil

Voici l’Avril,

Réveille la rainette agile,

Chante soleil !

 

Eliane De Taxis du Poët 

 

 

BRUME MATINALE

 

Le matin transparent s’est drapé d’une brume

Les prairies et les bois sont nimbés d’air ouaté

Et le premier soleil brode un feston doré,

Les collines et les monts d’auréoles s’allument.

 

Chaque jour le miracle s’est renouvelé,

Chaque jour différent de teinte ou de nuage

Et la clarté nouvelle inonde le village

S’étirant comme un chat dans le matin mouillé.

 

La toile d’araignée suspendue dans les branches

M’est apparue soudain comme un fin napperon,

Tendue comme un tableau sur un fond d’horizon

Fait de fils d’argent et perles scintillantes.

 

Comme la mousseline emportée par le vent,

La brume s’évapore en volutes bleutées

Dans l’air transparent monte comme une fumée,

Dissipée peu à peu par les rayons d’argent.

 

Eliane de Taxis du Poët

 

POUR L'ETOILE DE DAVID

 

Ils sont partis pour une étoile

Qu'ils portaient cousue sur le coeur

Ils sont partis pour une étoile,

Muets de peur.

 

Ils sont partis dans la nuit froide,

De Romainville ou de Drancy,

Ils sont partis dans la nuit froide

Muets, sans bruit.

 

Ils sont montés dans un train sale,

Transis d'horreur, transis de froid,

Ils sont montés dans un train sale,

Muets d'effroi.

 

Ils ont roulé des nuits entières,

Combien de nuits ? Combien de jours ?

Ils ont roulé des nuits entières

Muets, toujours.

 

Ils s'appelaint Sarah, Ismaël ou Moshé,

Ils sont partis vers les étoiles

Ils s'appelaient Judith, Jacob ou Salomé ;

Depuis la nuit des temps, ils sont persécutés

............. Pour une étoile.

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 15:13

 

 

            Marc avait de larges épaules, de beaux cheveux bouclés blonds (un casque que j’admirais de loin à l’étage d’anglais de Nanterre, c’était l’époque où les veinards aux cheveux bouclés voulaient tous ressembler à Angela Davis), un visage régulier et… une voix. Une Voix. Oh, cette voix de basse, la voix des hommes, de l’Homme, une voix qui a disparu aujourd’hui (et depuis déjà au moins trois décennies) ! Cette voix, c’était une promesse, une caresse, le côté flatteur (je n’en pouvais plus alors, je me pâmais) de la fille des A.G.P. qui me disait : « Un homme a téléphoné pour toi, c’était personnel, et il avait « une voix »… » Une voix. La voix de Marc. La voix du cinéma, la voix des prochains week-ends, la voix de l’amitié, la voix de l’Ami. J’avais un ami garçon, moi, la petite Lucile aux cheveux plats, passionnée, mais passionnée avec sa toute, toute petite voix.

 

            J’avais une voix de souriceaude timide qui m’a bien desservie par la suite.

 

            « Viens ! » me disait Marc Valloire. Mais Viens selon Marc cela ne voulait pas dire comme vous pouvez le penser Viens chez moi faire ce que vous pouvez imaginer, « viens » ça voulait dire « viens avec moi au cinéma ».

 

            Marc était un pur esprit, un elfe, il volait au gré des films qui passaient dans Paris, il me disait « viens » et je le suivais d’un cinéma l’autre, nous étions des avions, nous volions d’un quartier à l’autre de Paris, pour un film, pour un cinéaste, pour un acteur, nous étions des avions vivants, pleins d’ardeur et de chaleur. Nous parlions un peu de littérature, je parlais un peu de ma mère, lui de la sienne (rapports violents) et nous parlions de cinéma, de cinéma, et encore de cinéma… Nous avions le cœur battant cinéma. Nous allions au rythme des images de cinéma. Nous nous appréciions, nous nous aimions par et pour le cinéma. Rien d’autre n’existait, nous n’avions pas de mains, de pieds, de genoux, de sexe, nous vivrions, il nous arriverait de vivre et de mourir dans une salle de cinéma.

 

-         Que cherches-tu exactement auprès de lui ? disait Sonia.

 

Elle ne comprenait pas et avait raison de ne pas comprendre.

 

Je cherchais le couteau dans l’eau de Polanski, le rêve de Denise (l’héroïne du « Bonheur des Dames » -Marc avait adoré Zola au lycée), le mystère des rapports humains de « Violence et Passion » de Visconti, le trouble d’un poème inachevé ?

 

-         Mais emmène-le chez toi ! disait Dominique, une copine plus prosaïque.

 

Mais Marc venait chez moi parfois, rue de Saintonge. Une fois, après une soirée chez Dominique, il y avait même dormi.

 

            Tic tac, tic tac, faisait le réveil. Un vieux réveil. Une sorte de gros réveil argenté, un « machin », un cadeau de ma mère qui l’avait sans doute hérité de ma grand-mère.

 

            Je m’étais relevée pour l’enfermer dans un placard, au grand soulagement de Marc. « Ah bon ! » avait-il dit de ce ton sec qu’il prenait si souvent et qui pouvait vous terrifier.

 

            Mais en 1979, j’étais si naïve que je n’étais pas encore terrifiée. Rien ne m’étonnait. Il ne se passait (semblait-il) jamais rien et je n’étais pas étonnée. Jules était seul, Marc était seul, et cela ne m’étonnait pas. Pas de petites amies. Je croyais les hommes timides, ou alors c’était des lonesome cowboys. Cowboy solitaire, comme Marc avec ses joues creuses, son ton pète-sec et ses courses d’un cinéma l’autre.

 

            Je l’admirais. Il écrivait dans « Image et Son ». Je croyais encore que moi aussi, un jour, j’écrirais pour une maison d’édition. Comme ça. D’un coup de baguette magique.

 

            Après tout, nous étions à Paris. Je ne savais pas encore que je n’étais rien, que je n’étais pas allée au lycée Henri IV, que je n’avais pas fait Khâgne-Hypokhâgne ; je ne m’étais encore curieusement pas aperçu que je n’étais pas une combative. Par on ne sait quel miracle j’avais eu une Licence et une Maîtrise d’anglais, et puis je m’étais arrêtée là. Mais j’avais toujours cru que je deviendrais écrivain.

 

            Marc était bien critique de cinéma ! On s’appréciait, oui, on s’appréciait, n’était-ce pas déjà comme un peu de magie ?

 

            Le cinéma est magique. Marc participait de cette magie.

 

            Il fallait travailler (je venais de familles ouvrières ; même devenu technicien mon père parlait toujours de « l’usine » et utilisait un argot d’ouvrier). C’était comme ça. Dans ma tête, à vingt-deux ans, on travaillait. Et je travaillais aux A.G.P., rue de Châteaudun.

 

            Klaus, en Allemagne (c’était un ancien « assistant » que j’avais connu en Angleterre), m’avait dit : « Tu n’es pas plus qu’une employée dans une compagnie d’assurances parce qu’il est moins demandé aux filles qu’aux garçons. Les garçons, on les pousse, on les force à être plus ambitieux. »

 

            J’avais trouvé ça idiot.

 

 

            Un jour.

            Un jour, de toute façon, je serais Françoise Sagan. Echarpe au vent dans une voiture en Normandie. Je ne pensais pas à l’argent. Je pensais juste à l’écharpe au vent. Et à la Normandie. La liberté en fait.

 

            J’avais envoyé, étudiante, un bel article (bel article à mes yeux) sur Bernard Frank, l’ami de Sagan, au « Magazine littéraire », mais on ne m’avait pas répondu.

 

            Ça ne m’avait fait ni chaud ni froid. J’étais poète et romancière, pas critique littéraire. Le critique c’était Marc.

 

            Je mettais des croix dans des cases aux A.G.P., dans le secteur des sinistres (non, sans rire, l’énormité de la chose me saute aux yeux aujourd’hui), il fallait bien bosser.

 

            Bosser pour aller au cinéma le soir et le week-end. 1979 a été le début calme des boulots idiots et abrutissants que j’allais faire pendant…

 

            Je fréquentais des Sonia musiciennes, des Jules aux cheveux longs, des Cyril dessinateurs, et des Marc critiques de cinéma, et je ne me révoltais pas.

 

            A gauche toutes, mes amis manifestaient (pour quoi ?) et moi j’ouvrais grands les yeux sur la fenêtre du mensonge permanent. Le ciné.

 

            Marc et moi vivions ailleurs.

 

            A Paris et ailleurs.

 

            Partout.

 

            Dans le monde entier.

            Cinés français, polonais, japonais… Et américain bien sûr.

            Ciné, fenêtre du vol des vies.

 

            Je travaillai un an aux A.G.P., mais de cette année-là je ne me souviens que de mes discussions avec Marc, du rire de Jules, des airs de guitare de Sonia, et de Rivette, Polanski, un reste de Visconti, Humphrey Bogart et les cinémas Action, et le cinéma italien en noir et blanc que Marc me faisait alors découvrir.

 

            Et du chat du cinéma de Frédéric Mitterrand dans le XIXè qui se baladait dans la salle de café et qui venait s’asseoir sur les genoux de Marc. Marc tranquille et serein, fumant sa cigarette. Ce chat, c’est le Paris-Ciné de ma jeunesse.

 

            Il y a ce jour devant moi un réveil avec des genres de chats du Cheshire, un gros sur le côté, et un petit dessus. J’ai toujours aimé les gros réveils.

 

            Comme le réveil que Marc me demanda de ranger dans le placard la nuit où il ne vint pas me rejoindre dans mon lit.

 

Marc c’était le vent,

L’ange des écrans,

Un écrin de cheveux blonds

Pour l’amoureuse en devenir,

La femme aux hommes passants. 

 

 

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 10:32

Jacques-Sternberg-et-son-Solex.jpg

 

JACQUES STERNBERG, 1975

 

            Comment parler de Jacques Sternberg sans parler de moi ?

            J’étais une petite jeune fille très sage, j’étudiais l’anglais à l’université de Nanterre. J’avais des goûts très classiques et, adorant la littérature, je m’employais à lire Balzac, Tolstoï, Julien Green, Gide, Bernanos, Cocteau... et les classiques anglais bien sûr. En fait, je ne connaissais rien à rien, mais étais très curieuse.

            Un jour, un peu par hasard, je me suis trouvée plongée dans le “Magazine littéraire”, et, à la première page, Monsieur Sternberg me tendait les bras. Je me suis abonnée. Et ma vie littéraire a changé... un peu, beaucoup ?... Je me suis aperçu que la littérature n’était pas seulement une affaire de vieux messieurs sérieux comme des papes, mais aussi une affaire d’insolence, de choses nouvelles et surprenantes (pour moi) comme la science-fiction, l’érotisme, les délires verbaux...

            Jacques Sternberg secouait le cocotier et me parlait d’Henry Miller, de Cami... et de lui-même. Il m’indignait et m’amusait. Il me réveillait et me faisait rire. Il attaquait des gens que, jusqu’à présent, j’avais jugé inattaquables. J’étais vibrante de respect, il était vibrant de révolte. C’était un anarchiste et je m’apercevais que, très loin au fond de moi, quelque part bien caché, il y avait aussi ce désir de bouger, de me moquer, de mettre les belles phrases sens dessus dessous, de les tordre, et d’en faire quelque chose de plus marrant et de plus cruel (car j’écrivais, évidemment). Sternberg m’a donné envie de lire Henry Miller, entre autres, ce qui allait me procurer un sacré choc. Et puis je l’ai lu, lui, et j’ai appris beaucoup dans sa façon de voir le monde, dans sa façon de parler de l’amour...

            Alors, je lui ai écrit. Je lui ai envoyé des poèmes, si je me souviens bien, ce qui était stupide car Sternberg n’était pas attiré par la poésie. Mais il a été touché par ma jeunesse, je suppose, et il m’a donné rendez-vous à Paris (j’étais banlieusarde). Je suis arrivée avec Lettre ouverte aux Terriens sous le bras au café de Flore où je mettais les pieds pour la première fois de ma vie. Je l’ai vu arriver sur son Solex, ce qui ne me surprenait guère puisque dans ma famille on utilisait encore les Solex. Il était simple, bavard, sérieux..., timide (ou était-ce le reflet de ma propre timidité ?). Nous avons parlé de poésie (il m’a redit que la poésie ne le branchait pas trop) et du livre de Guy Sitbon qui venait de paraître : Yves et Véronique, sorte d’utopie post-soixante-huitarde sur les communautés où règneraient la liberté sexuelle et le partage des partenaires. Cela m’avait effarée et Sternberg s’est chargé de me rassurer. Il a vu que j’étais une innocente étudiante et une apprentie écrivain à qui il a expliqué à quel point il était difficile, sinon impossible, de trouver un éditeur. Il m’a parlé de son fils qui avait trouvé avec peine un emploi. La vie quotidienne, déjà, n’était pas simple. J’ai bu ses critiques sarcastiques des très jeunes écrivains (Didier Decoin, François-Marie Banier et consorts), qu’il appelait “les minets de la plume” avec délices. Cela me vengeait un peu de mes déboires personnels. Sternberg m’a dédicacé mon précieux livre que j’avais fait lire à tout le monde autour de moi.

 

            Je n’ai jamais revu Monsieur Sternberg, si ce n’est une fois de loin dans un cinéma avec une jolie fille, et une fois, alors que j’avais commencé à travailler, à travers la vitre d’un café, entouré d’une bande de jeunes gens.

 

            Je ne suis jamais devenue écrivain et je n’ai appris la mort de Monsieur Sternberg que récemment en pianotant sur Internet. Je me souviens, comme dirait

2

 

Perec (que Jacques Sternberg appréciait sûrement), du Café de Flore et des Solex, je me souviens des quais où j’ai trouvé l’écrivain Cami, je me souviens des beaux visages des écrivains de cinquante ans de ces années-là, je me souviens de Trouville que j’aimais  sans savoir que Sternberg y avait ses habitudes, je me souviens des passages érotiques de ses livres, je me souviens de la texture des pages des livres de chez Eric Losfeld, je me souviens de mes joies littéraires et de toutes mes découvertes de jeune fille, je me souviens de mon bonheur lorsque je recevais le “Magazine littéraire” où je plongeais immédiatement dans la première page, MA page, je me souviens de mes cris de plaisirs en lisant Lettre ouverte aux Terriens, je me souviens de mes phrases que j’ai commencé à chambouler...

 

            Grâce à Sternberg, la jeune fille que je fus apprit à ne pas aimer “le pire dans l’ignorance absolue de ce qu’il y a de marginal, de plus excitant pour l’esprit, car tout germe d’humour, de charnel, de délire est banni des programmes scolaires...” (Lettre ouverte aux Terriens, p 45). J’eus un peu vingt ans d’une autre façon, dans une époque maudite car, comme chacun le sait, rien n’est pire que d’avoir vingt ans.

 

            Jacques Sternberg n’est plus, mais il est encore dans toutes nos mémoires. J’ai parlé de lui il y a quelques jours avec des amis (une jeune prof de français et Roland Duval, critique de cinéma et journaliste). Si l’on n’a pas parlé de lui à sa mort, son exemple fera encore écrire des jeunes gens. Mais je suppose que Sternberg aurait bien ri si l’on avait parlé de lui comme “exemple”. Alors, je me contente de le saluer ici et d’aller rouler mes mots sur les bosses de la vie.

 

Joëlle CARZON -

 

Gien, 14/5/08

Texte publié sur le site de Jacques Sternberg, par son fils, en 2008

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Le 26/7/13

Livre publié chez "l'Age d'Homme", 2013, "Jacques Sternberg ou l'oeil sauvage" de Lionel Marek, son fils (également écrivain).

"Un livre qui tient également de la biographie, de l'autobiographie, des mémoires intimes, de l'essai littéraire et même du récit initiatique (la quête du père)." Jean-Baptiste Baronian.

 

 

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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 18:30

Le Sud-le Nord

Fin avril-début mai, je suis allée à Neffes près de Gap. Je m’y rends trois ou quatre fois dans l’année. J’ai aussi vécu à Trescléoux, un petit village près de Laragne (1987-89). Est-ce que j’aime le Sud ? Les Hautes-Alpes, c’est très beau. Comment résister aux magnifiques balades en montagne en automne, en mai… ? Mais également comment résister à la chaleur insupportable de juillet-août ? Je ne suis vraiment pas une fille du sud. Je ne m’épanouis qu’à Paris, en Normandie, en Bretagne, dans la Somme ! Ce n’est pas pour rien que j’ai des ancêtres du Nord et du Havre. Pour mes amis de Toulouse, la Normandie c’est comme l’Antarctique. Pour moi, le Sud c’est comme l’étranger bien étranger.

 

Télérama et ses approximations

Quand on lit les rubriques cinéma de Télérama depuis un an ou deux, on croit parfois rêver : des éloges du dernier Astérix, de Jude Apatow, metteur en scène vulgaire aux histoires plus que longuettes, de Terrence Malick aux récits philosophico-stupido-chiants. Terrence Malick, c’est de la philosophie New Age pour le dernier degré de l’intelligence. On croirait que les critiques de Télérama cherchent à perdre leurs derniers lecteurs de mon âge : les vieux profs qui essaient de penser un peu. Le service Abonnement, lors d’une de mes sautes d’humeur, a réussi à me rattraper. J’espère que je ne vais pas perdre plus patience. Je suis abonnée à Télérama depuis plus de vingt ans.

 

« Le Temps de l’aventure », de Jérôme Bonnell

Télérama a réussi quand même à faire l’éloge de ce film magnifique. Jérôme Bonnell filme au plus près la peau, les sourires, les regards, les baisers, l’amour. La performance d’Emmanuelle Devos est inégalable. Gabriel Byrne est très bien aussi. J’ai adoré cette « Brève Rencontre » qui reste pour l’instant mon meilleur film de l’année. J’en ai parlé partout avec enthousiasme : sur Facebook, Twitter… Ce film est malheureusement très mal distribué. J’ai pu le voir aux Carmes, à Orléans.

 

Le rêve de San Francisco

Irai-je un jour à San Francisco ? Ça fait plusieurs années que j’en parle. Quelques livres en anglais et en français sont déjà dans ma bibliothèque. J’ai parlé ainsi de l’Irlande, de New York (où je voulais passer mon réveillon 1999-2000, et où je suis allée finalement en 2004 et en 2006) pendant des années avant de m’y rendre bel et bien. Mais oh ! San Francisco s’éloigne. Pas d’argent. Et hier je me suis perdue dans le TGV Grenoble-Paris ; ça craint ! Avec les crises de panique que je me paye, je me vois mal, toute seule, partir à la conquête de San Francisco. Mais qui sait ?

 

Prêchi-prêcha américain

Harriet Beecher-Stowe le fit dans « la Case de l’oncle Tom ». Certes c’était une bonne cause. Je suis en train de relire (pour la première fois en anglais) « Little Women » (Les 4 Filles du docteur March) de Louisa May Alcott. La romancière, qui vécut courageusement au XIXè siècle un statut de liberté de femme non mariée, ne peut s’empêcher de jouer les moralisatrices, ce qui rend cet excellent récit parfois ennuyeux : les fifilles doivent aimer et respecter maman et papa, qui bien sûr sont des anges sans reproche ; elles doivent aimer le Travail et n’être point coquettes. Valeur travail et au pas ! On ne rigole pas avec les feignants en Amérique ! Les Etats-Unis continuent aujourd’hui à nous soûler de morale et de bons sentiments (les films doivent bien se terminer et se terminer moralement) alors que c’est le pays où le port des armes s’étend jusqu’aux enfants. Pouvoir tuer = liberté. Bon, j’aime beaucoup « Little Women » quand même.

 

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 15:01

Mon plaisir de mars a été Paris.

 

Le 25, Jean-Marc Roberts, qui venait d'écrire "Deux vies valent mieux qu'une" (que j'ai acheté à Paris, que j'ai lu et que je recommande), est décédé. Il avait cinquante-huit ans comme moi. Il m'avait écrit en 2008 un très gentil mot au sujet de mon "journal de jeunesse" car il était aussi éditeur (patron de Stock).

 

DERNIERS CINES :

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Au bout du conte, Agnès Jaoui

Montargis, 8/3

Agnès Jaoui, Agathe Bonitzer, Arthur Dupont, Jean-Pierre Bacri, Benjamin Bioley…

« Le goût des autres » a été à mon avis le meilleur Jaoui/Bacri, mais celui-là n’est pas mal du tout. Plein de personnages, plein d’histoires (et de contes moraux), plein de clins d’œil et d’humanité. J’ai beaucoup aimé, j’ai ri, et j’ai été souvent touchée. Agnès et Jean-Pierre ne vieillissent pas mal… On les aime toujours. Ça fait du bien de retourner au cinoche.

 

20 ans d’écart, David Moreau

Virginie Efira, Pierre Niney

Montargis, 9/3

Ce fut toute une aventure pour gagner le centre ville de Montargis (accident ?). J’y suis arrivée quand même (je pars toujours avec une heure d’avance de Gien) pour ce tout petit, petit film. Mais les acteurs sont charmants. Virginie Efira très fantaisiste et vraiment très jolie. Pierre Niney, jeune premier qui doit faire rêver, très joli lui aussi. Deux films deux jours de suite, ouais, je me rattrape !

  

40 ans, mode d’emploi, Judd Apatow

Paul Rudd (qui jouait dans « Friends »)

Montargis, 15 mars

Vraiment pas terrible. Et long ! Une grossièreté pas très amusante. Le doublage est une catastrophe : la jeune fille de 14 ans a la voix d’une jeune femme de 25 ans. J’attends Paris maintenant pour aller voir des films un peu plus excitants.

 

Paris, du 20 au 23 mars

 

Musées Bourdelle et Jacquemart-André : expo « Boudin,  au fil de ses voyages ».

 

Comédie des Champs- Elysées : La Folle de Chaillot, avec Anny Duperey et Dominique Pinon : jeudi 21 mars (costumes : Pascale Bordet).

 

3 cinés :

Blanca Nieves, Pablo Berger, le Lucernaire (mercredi) – Très beau film franco-espagnol  en noir et blanc.

C'est l'histoire de "Blanche-Neige" revue au goût espagnol et c'est très beau. Je n'ai même pas été gênée par les scènes de corrida (et pourtant...)

 

Spring Breakers, Harmony Korine, UGC Odéon (sortie avant la fin) (jeudi).

L'histoire de quatre jeunes filles bêtes et influençables qui se laissent entraîner dans le crime, la violence, le sexe. Au bout d'une heure, accablée, j'avais la nausée. Le film est de plus fait à la va comme je te pousse. Un monsieur et quatre adolescentes sont sortis juste avant moi de la salle.

 

L’Artiste et son modèle, Fernando Trueba, L’Arlequin rue de Rennes (samedi)

Film en noir et blanc avec Jean Rochefort qui est un prince. Je ne sais pas si le noir et blanc est justifié (cela se passe dans le Sud-Ouest, au soleil), mais l’histoire est belle. L’actrice qui joue le modèle (espagnole) est magnifique. Film esthétiquement réussi, mais je n’ai pas ressenti beaucoup d’émotion.

 

 

  9 avril :

29 visiteurs sur mon blog en mars.

600 visiteurs depuis 2009.

 

Au "Masque et la Plume" dimanche soir, on démolit deux films que je voulais voir : l'Almodovar (sauf Michel Ciment qui semble s'être bien amusé, un film gay, gai...) et le dernier film d'Anne Fontaine qui paraît-il est une vaste publicité pour l'Office de tourisme australien ("Perfect Mothers"). Doris Lessing est une très grande romancière et il semble dommage qu'Anne Fontaine n'ait pas respecté son roman ("Les Grands-mères"). Dans "les Grands-mères", ces dames ne sont absolument pas des bombes sexuelles. Anne Fontaine est l'excellente réalisatrice de "Nettoyage à sec" que j'avais beaucoup aimé et qui m'avait beaucoup troublée. "Le Masque" m'a ôté l'envie de voir "Perfect Mothers", mais si j'ai l'occasion de voir l'Almodovar...

 

C"est "l'Hiver le plus long". Depuis décembre, nous essayons de résister au froid.

 

10 avril :

"Le temps de l'aventure", dont j'ai vu la bande-annonce à Paris, et cette bande-annonce m'a fait très envie, vient de sortir. Belle critique dans "Télérama" (quoique Télérama : voir les éloges de Jude Apatow (vulgaire et sans intérêt) et de Terence Malick (philosophe New Age)...) Et évidemment, ce film n'est ni à Gien (on rêverait !) ni à Montargis ni à Châteaurenard. Le programme des Carmes à Orléans n'apparaît pas sur mon écran. J'en crierais de frustration. Je vais ronger mon frein et attendre patiemment de pouvoir voir la belle, merveilleuse Emmanuelle Devos et Gabriel Byrne dans ce film de Jérôme Bonnell.

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 14:50

J’ai souvent raconté ce jour-là, d’abord pour faire rire, puis pour expliquer les « effets », pour dire à quel point cela avait été agréable. Aujourd’hui cela me paraît si loin…

 

Je descendais les escaliers de la rue de Saintonge (un très vieil escalier en bois), entourée de Pierre, Alain et Jules. Alain était le frère de Sonia. Il avait préparé un très bon gâteau au chocolat, recette qu’il me donna ensuite et que j’ai faite toute ma vie : la recette du gâteau, pas ce qu’il y avait dedans. Car Alain avait fourré dans le gâteau un ingrédient supplémentaire.

 

On me le dit, mais comme d’habitude je ne fis pas vraiment attention. « Ah bon ? » C’est ce que je disais toujours, légèrement étonnée mais pas plus que ça. « Ah bon ? », c’est ce que dit sans arrêt mon père aujourd’hui, maintenant qu’il a perdu la mémoire et qu’il ne sait plus où il en est, dans quel lieu, à quel moment, à quelle époque, et  pourquoi on est là. Qu’est-ce qu’on fait sur cette terre bizarre ? Mystère !

 

Qu’est-ce que je faisais, moi Lucile, petite bourgeoise de banlieue nouvellement installée à Paris, avec ces amis-là ? Mystère. Mystère ce qu’on me disait de la politique, de l’écologie, des chanteurs qu’ils aimaient du Rockn’roll, des gâteaux au chocolat fourrés. J’étais sur mon petit nuage, je croyais au progrès et à la gentillesse des gens. Quand mes amis fumaient du shit –c’était là pourtant, cela se passait sous mes yeux – je ne me posais pas de questions. Je ne me demandais pas pourquoi ils faisaient ça. Tout le monde semblait fumer sauf moi, cela participait d’une espèce de normalité qui ne me posait aucun problème. J’étais tellement heureuse de ne plus être dans la maison de mes parents que tout ce qui semblait m’éloigner d’eux soulevait mon approbation. C’était loin des conventions, de la vie réglée au millimètre de mon père, de la bouche pincée de ma mère, alors tant mieux. J’étais nouvelle, j’étais légère, j’étais libre. Libre. C’est peut-être ça qui a dirigé toute ma vie. Etre libre et écrire. Impression de liberté, impression que l’on va pouvoir écrire et raconter toutes les histoires du monde. Pierre représentait faussement une liberté que les femmes de ma famille n’avaient jamais eue. Mes nouveaux amis étaient ma liberté toute neuve. C’était la première fois que je descendais un escalier en ayant ingurgité une substance  interdite, c’était la première fois que j’allais voir Higelin.

 

Le gâteau était bon, aussi j’en avais repris plusieurs fois. On m’avait dit de faire attention, mais je ne me rendais compte de rien. Tout ça me semblait anodin. Ce n’était qu’un gâteau après tout.

 

En descendant l’escalier, je disais déjà que j’allais m’envoler et mes amis riaient. Alain surtout riait. « Tu n’aurais peut-être pas dû en reprendre deux fois », me dit Jules.

 

Ce fut une expérience merveilleuse, et d’ailleurs ce fut l’unique fois où l’expérience fut merveilleuse. J’eus tout le temps l’impression que j’étais sur le point de m’envoler et que j’allais me poser sur l’épaule d’Higelin. D’ailleurs le Grand Jacques est lui-même un oiseau. Il danse, il chante, il se déplace comme un bel oiseau. Je déployais de grandes ailes, je n’étais plus ce poussin rabougri de la vie de tous les jours, cette toute petite jeune fille (1,54 m) qui travaillait dans un horrible bureau avec d’horribles gens. Ce fut magique de faire la connaissance d’Higelin de cette façon-là.

 

Car Pierre écoutait Higelin tout le temps. J’avais intérêt à être un peu fan moi aussi. J’ai vu Higelin cinq fois en concert au cours de ma vie avec Pierre.

 

*

 

Je ne me mis jamais à la fumette. D’ailleurs j’aurais étouffé ! Comment, si longtemps (environ seize ans), ai-je pu vivre (et respirer) entourée de fumeurs, je ne sais pas… Tout le monde fumait dans les années 80. Bernard Pivot faisait « Apostrophes » au milieu d’une invraisemblable tabagie (mais « Apostrophes » existait-elle encore en 1980 ? et j’avais abandonné la lecture pour le cinéma). Ce n’est qu’en 86 que je commençai à ne plus en pouvoir de la fumée. Pierre n’eut jamais le droit de fumer dans la chambre. Quand même ! Toute ma vie j’ai été d’une tolérance infinie avec tous et chacun, tolérance qui allait me coûter beaucoup par la suite.

 

Mais là, en 1981 (82 ?), au Cirque d’Hiver, ma tolérance s’était étendue à moi-même. J’avais le droit de prendre des substances interdites, d’aller me poser sur l’épaule d’Higelin, de voler. J’ai gardé longtemps un souvenir exalté de ce soir-là, je l’ai raconté mille fois dans des récits où Higelin était une espèce de grand poète, un Cocteau, un Rimbaud. Quand l’affection pour Pierre fut partie, détruite, souillée, je gardai toujours une affection pour Higelin. L’entendre parfois à la radio me rappelle toute ma jeunesse à Paris, toutes mes amitiés, tout l’amour. Il est pour toujours un magicien, un homme incroyablement généreux, capable de chanter jusqu’au bout de la nuit si le public veut rester. J’ai bien compris que Pierre L'AIMAIT.

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 10:45

Ci-dessous mes films de 2013, vus à ce jour.

Vous allez dire : "Elle faiblit". C'est vrai, je faiblis un peu. Les films américains de 2 heures 40 ne m'attirent pas trop (ex. Tarantino) et je ne pète pas la forme depuis décembre.

 

Renoir

Gilles Bourdos

Montargis, 6/1

Michel Bouquet Vincent Rottiers Christa Théret

Bon premier choix de l’année. Avec de merveilleux acteurs (dont Vincent Rottiers jeune acteur très remarqué depuis 2 ans), l’histoire de l’introduction d’un modèle chez Le Vieux Renoir au moment de la guerre 14. Belle nature, belles femmes, le Midi resplendit.

  

Happiness Therapy,  David O. Russel (Silver linings playbook)

Montargis, 3/2

Bradley Cooper, Robert de Niro

Je croyais rire aux éclats, ou tout du moins sourire : raté ! Mais le film parle quand même de deux bi-polaires et de leur histoire d’amour, de danse, d’amour père-fils. C’est un joli film romantique. Mais la « famille » dans les films américains est un sujet qui m’agace fortement. Bradley Cooper et Jennifer Lawrence forment un joli couple. Cela faisait 1 mois que je n’étais pas allée au ciné et, comme Orléans, Montargis me semble de plus en plus loin. Seulement 40 films en 2012, je ne sais pas comment ça va tourner en 2013. Je vieillis ?

  

Alceste à bicyclette, Ph. Le Guay

Montargis, 9/2

F. Luchini, Lambert Wilson

Un Lambert Wilson plein de superbe va trouver Luchini sur son île de Ré pour le solliciter pour « le Misanthrope ». Mais Luchini va se révéler un Alceste machiavélique. Carrère a participé à ce film. Excellent et drôle (tant pis pour la méchanceté des critiques). Les spectateurs riaient de bon cœur autour de moi.

 

 

Amitiés sincères, Stéphan Archinard

Montargis, 18/2

Jean-Hugues Anglade, Gérard Lanvin, Ana Girardot, JP Lorit…

Un film qui certes ne casse pas des briques, mais qui m’a beaucoup plu. Encore l’île de Ré. Et les riches de la capitale. Mais bon, j’adore les histoires de jeunes filles qui tombent amoureuses d’hommes plus âgés. Et les histoires de gros ours (Gérard Lanvin).

 

Möbius, Eric Rochant

Montargis, 3 mars

Jean Dujardin, Cécile de France, Tim Roth

Une sombre histoire d’espionnage entre Monaco, la Russie, Montréal, histoire à laquelle je n’ai pas compris grand-chose mais ce n’est pas grave : c’est une belle histoire de désir et de passion entre deux agents. Jean Dujardin et Cécile de France sont beaux et ont des visages expressifs dont on tombe amoureux. Dujardin, Cécile de France : des trésors du cinéma français comme le sont Audrey Tautou, André Dussolier ou Sandrine Bonnaire… Ils sont des acteurs magiques qu’on a envie de tenir contre soi.

 

CINQ films depuis janvier, c'est vrai : ce n'est pas terrible.

Où est la Joëlle cinéphile ?

Je vais à Paris très bientôt et je pense que je vais me rattraper. Il y a bien "Biancanieves" à Montargis cette semaine, il paraît que c'est une merveille, mais le soir, tard, à Montargis... Aïe, aïe, aïe, -tu faiblis vraiment, Joe... Ma jeunesse se mesure à mon nombre de films par an. Il faut que je me remette à courir !

 

Quant à "Lucile à Paris", un chapitre m'attend (vous attend) sur ce bureau, et le reste est dans ma petite tête.

 

Aux stylos, citoyenne !

 

7 mars 2013 

 

P.S. Sur Twitter, je suis "amie" avec Nicolas Saada et Fabrice Luchini. Ouais ! 

 

 

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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 14:44

                       BECAUD

 

Il était encore si beau à son âge

Petite il me faisait rêver

Ah ! les tantes Jeanne ! "C'est qui les tantes Jeanne ?" disait la petite fille

"Les poules ! " répondait mon père

Les poules de Bécaud me faisaient rêver

 

 

Elle était si belle Nathalie

Nathalie Belle Nathalie Blonde Nathalie Russe Nathalie toutes les filles du monde

Les plus belles Nathalie donnant la main aux poules de mon papa

Ah ! les marchés de Provence et puis ces baladins ces baladins de mon cœur

Dans ma maison fermée* de mes vingt ans je les chantais ces baladins

 

 

Il y eut les fauteuils cassés

Les fauteuils cassés de leurs vingt ans

Il y eut Brigitte couchée sur le piano du poète

Et encor Nathalie dans les rues de Moscou

Je prendrai un mauvais chocolat au café Pouchkine

Il paraît qu'il n'existait pas le café Pouchkine

Mais Nathalie elle existe bien !

Et les poules aux marchés de Provence

Et le souffle de Bécaud sur les touches de son piano.

 

23 décembre 2001

 

 

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* Dans ma maison de Conflans Ste Honorine.

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Un de mes "petits poèmes" que j'écris depuis 2011 :

 

Deux fleurs d'hiver

Sur ma table provençale

Deux fleurs d'hier

Et d'aujourd'hui marquées dans mon cœur

Comme de l'encre dorée.

 

10 février 2013

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Rien à voir :

qui pourrait me dire où je peux trouver une version irlandaise de la chanson O'Danny Boy ! ?

Je n'ai trouvé sur You Tube qu'une version en français  (ce qui gâchait tout) d'un choeur.

 

10/2/13

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16 février 2013

Je suis en train d'écouter "Un Pedigree" de Modiano, lu par Jean-Louis Trintignant. Chef-d'œuvre. Et chef-d'œuvre qui donne envie d'écrire.

Alors, je me censure (cela m'arrive) ; j'ai censuré mes méchancetés de mars 2010 sur ce blog.

 

 

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 15:05

Lucile à Paris

 

 

CHAPITRE IX

 

Musiques (des années 80)

 

En 2008, lorsque je racontai à Michèle l’histoire de « Lucile qui tombait des nues », je songeai à un décor comique du genre « Lucile-à-Paris-qui-ne-sait-rien-de-rien-et-regarde-ses-amis-fumer-en-pensant-que-c’est-du-tabac ». L’histoire d’une naïve la tête farcie de livres qui vit sans s’en rendre compte la fin des Hippies.

 

Puis je me suis dit que j’allais être provocatrice, raconter par exemple l’histoire de mon d. pour choquer la galerie.

 

Mais la gentille petite Lucile que je suis encore ne veut choquer personne. Je choquerais d’ailleurs qui en 2012-2013 ? La seule chose qui pourrait choquer (et qui me choque moi !) c’est qu’on pût être vierge à vingt-cinq ans en 1980.

 

Ce fut une nuit de cauchemar. Entre une fille qui ne connaissait rien et un garçon qui ne comprenait rien. Et en plus le fiasco final. Après, je réussis à remonter la pente. Petit à petit. A m’accrocher aux branches qui pendent au-dessus de l’eau qui m’emporte. Lucile, capitaine courageux. Toujours dans une rivière tumultueuse, et toujours les branches au-dessus.

 

Ce chapitre devait s’intituler « MD » et il s’intitulera « Musiques ».

 

MUSIQUES DONC…

 

Les Doors. Je n’ai pas l’oreille musicale (ou je crois ne pas l’avoir ?). Quand je disais à Marc que je n’avais pas l’oreille musicale, que je n’aimais pas vraiment la musique, il ouvrait des yeux et me regardait comme si j’étais une espèce de monstre.  Comment peut-on NE PAS AIMER la musique ? En fait, peut-être n’osais-je  pas dire alors  que chez mes parents j’écoutais Trenet, Yves Montand, Brassens, Brel, et que j’avais écouté intensément les Beatles. A vingt-et-un ans, j’avais écouté Simon et Garfunkel grâce à Mathilda et Dominique, et ça déjà ça datait. Et qu’à vingt-deux ans, en Angleterre (Hillingdon) j’allais avec Jane Alderton écouter des concerts classiques. J’aimais le piano et Ravel. Et, en 1979, j’achetai « City To City » de Gerry Rafferty que j’adorai (et que je viens de redécouvrir et que je réécoute). Je crois qu’en 1980, les Beatles n’étaient plus trop écoutés. Pas par mes amis en tout cas.

 

Je fis l’amour avec Pierre au son des Doors (très bonne idée !). Et puis au son de Ricky Lee Jones et Stan, Getz et Gilberto. Nous avons écouté les mêmes K7 de Ricky Lee Jones et de Stan, Getz et Gilberto pendant ces sept ans à Paris.

 

Un jour, les Doors en fond sonore, on mit un foulard sur une lampe par terre (nous avons couché sur un matelas pendant… tout le temps, tout le temps de mes années à Paris), et le foulard prit feu. Nous avons failli plusieurs fois rue Lécluse  mettre le feu. Avec Pierre, on cassait les objets et on mettait le feu.

 

Led Zeppelin ; Jimmy Hendrix ; Crosby, Still, Nash and Young. “Stairway to Heaven”. J’adorai “Led Zep”. J’ai réécouté Jimmy Hendrix hier (28 octobre 2012) sur Deezer pour savoir, pour me souvenir de ce que c’était… Oui, c’était chouette. Mes amis m’avaient convertie, j’aimais bien, sans me concentrer sur la musique, sur les paroles (j’aurais pu, n’oublions pas  que j’avais étudié l’anglais à Nanterre-Paris X). Je n’ai jamais su me concentrer sur quoi que ce soit. Défaillance intellectuelle ou QI trop élevé ? (c’est ce que j’ai lu récemment dans un journal, I’m kidding…) Ça me plaisait assez tout ça, sans excès, sans vraie passion ; je n’étais pas encore au bout de l’explosion quand, le matin dès le réveil,  Pierre mettait à fond sa        musique. Rue Lécluse le matin à 7 heures, nous nous réveillions au son de FIP. Ce qui me rappelle Julien Dellifiori et son inénarrable équipière Clémentine Célarié (c’était le soir sur France Inter). Sans se démonter et inlassablement, Julien parlait de son jazz adoré, coupé par la future « Madame Sans-Gêne » qui nous faisait hurler de rire (autour des années 2000 j’essayai de prétendre aimer le jazz). Oui, FIP et France Inter pour Pierre, l’enfant abandonné de Seine-Saint-Denis (ex 75), l’engagé dans la Légion (on l’en avait exclu pour pipi au lit), taulard à l’Armée pendant un an pour « rébellion avec arme », aucunes études, coursier, téléphoniste, apprenti libraire… Pierre avait découvert France Inter en prison, y avait poursuivi ses lectures. Et il adorait la BD.

 

Hubert-Félix Thiéfaine, Areski et Fontaine (Pierre parlait d’Areski et Fontaine sans arrêt mais je ne savais pas de quoi, de qui il parlait), Charlelie Couture, Dick Annegarn, Bobby Lapointe (Pierre et Jules le chantaient par cœur), Jimmy Hendrix, The Rose, Kate Bush (je viens de découvrir –Deezer toujours- que nous écoutions « Wuthering Heights », et « Wuthering Heights » est un de mes romans préférés depuis toujours  - et je n’ai jamais su alors que la chanson s’appelait « Wuthering Heights » !), tous ceux que je viens de citer là n’y sont pas. Le seul nom que j’ai entendu est celui de Louis Bertignac. Mes amis étaient, je le sais, des amoureux passionnés du Rock des années 70. Donc, beaucoup de toutes ces figures sortaient des années 70. Mais Bobby Lapointe, d’où sortait-il ? Par quelle étrangeté se trouvait-il parmi les chéris de mes amis ? Nous vîmes « Tirez sur le pianiste », bien sûr, un Truffaut noir et blanc. Truffaut. Qu’est-ce  qui pouvait mieux évoquer la vie de Pierre que « Les 400 Coups » ? « Where is the father ? » « - Elle est où ta mère ? – Elle est morte. Morte, Monsieur. » Non, non, « Les 400 Coups » pour Pierre et POUR MOI. « On voulait que je me taise, que je ne fasse pas de bruit. » (Truffaut.) Where is the mother ?

 

Et Jacques Higelin. Higelin, Higelin, Higelin. Ils l’aimaient tous. Pierre l’adorait. Etait-ce le père rêvé ? Le père royal et léger, le père saltimbanque, le père funambule. Monumental Higelin dans nos concerts de ces années-là. Au Cirque d’Hiver, il était comme sur un fil. Chanteur, danseur et acrobate. C’était déjà un « vieux » pour nous pourtant. Il chantait, dansait pendant des heures, jusqu’au bout de la fatigue. Pierre l’aimait. Il était amoureux d’Higelin, oui. Jacques, le Grand Jacques. Une grande perche sur la pointe des pieds que Pierre avait choisi d’adorer.

 

Et Jacques est toujours là, en 2012. Pierre en serait si heureux !  (Pierre serait-il mort ?) J’ai vu Hubert-Félix Thiéfaine un soir d’octobre  à la télévision. Il a l’air jeune. Jeune et calme, pas de poches sous les yeux bleus, comme si toutes ces chansons d’Higelin, de Thiéfaine, de Bertignac existaient encore dans un état de jeunesse permanente, alors que, lorsque je songe à ces années à Paris, il me semble que certains sont bel et bien morts, avec Truffaut et Pascale Augier. Lorsque je vois surgir (d’où ? De quels enfers mystérieux ?) Philippe Djian et Mickey Rourke, il me semble cauchemarder : mais « 37°2 », « Rumble Fish », c’était il y a mille ans ! En fait, c’est peut-être moi qui suis sortie d’un Enfer.

 

Où sont les voix de Kate Bush (cette toute, toute petite voix qui n’a jamais été reproduite depuis) et surtout celle de Nina Hagen ? Jules me faisait écouter Nina Hagen en riant, et, en me la faisant écouter, il se moquait sans doute un peu de moi, la Lucile si récemment « décoincée » : cette Nina Hagen, cette folle, cette cinglée, cette infernale, cette démonique Nina Hagen. Elle surgissait d’un monde de noirceur et d’étrangeté dont surgirent aussi deux chanteurs (un gros et un maigre sur la pochette du disque Vinyle), très bizarres, que Jules me sortit de son chapeau un jour. Je ne me souviens absolument pas du nom du groupe de ces deux énergumènes. Je crois que Raoul Ruiz les prit comme acteurs. « L’Eveillé du Pont de l’Alma », dans « Les Destins de Manuel », ou « Mammam » ?... Il faudrait que je demande à l’enfant Melvil Poupaud… L’un des deux s’appelait Dominique. Je crois…

 

Et Dick Annegarn, Bruxelles c’était loin. Un jardin écolo avant l’heure. Les légumes de Dick. Pierre et moi, nous nous tenions la main en écoutant l’énumération de couples de prénoms dans une chanson d’Annegarn ; nous étions dedans : « Michel et Joëlle, Pierre et Lucile… »…

 

Nous faisions l’amour sur les Doors, Ricky Lee Jones ; et Stan, Getz et Gilberto. Il y a beaucoup de morts, me dis-je, même s’il paraît que Djian bouge encore (je  le mets dans les Rock Stars, je pense que ça lui plairait).

 

Alain Bashung a rejoint The Rose. En 1982 ou 1983, on nous dit un matin qu’il était mort, à l’heure où les rumeurs sur Internet n’existaient pas (c’était faux). « Gaby ô Gaby », chantaient en cœur mes amis  dans un Paris où la beauté d’Higelin, Charlely Couture et Bashung était encore une beauté cinématographique à la Patti Smith. On découpait encore les mots dans du papier pour faire des poèmes et des chansons.

 

Beaucoup plus tard, bien après 2000, j’ai vu à Londres, à la British Library, 96 Euston Road, des morceaux de papiers, déchirés sur les bords, avec le « Yesterday » des Beatles. J’étais toute émue, et infiniment joyeuse. Presque aussi émue que de voir le manuscrit de « Jane Eyre » à quelques pas de là. Chacun sa Magna Carta.

 

Les Magna Carta de Pierre, c’était les chansons de Bobby Lapointe qu’il avait pu photocopier à la bibliothèque du XVIIè, le par-cœur amoureux de Claude Nougaro, les billets d’entrée, qui s’accumulaient et s’accumulaient, des concerts de cette grande bringue d’Higelin.

 

1979-1987. En 87, lorsque Pierre et moi avons quitté mon Paris, ce fut aux sons de Tom Waits (Tom Waits lié à jamais à Jim Jarmusch et son cinéma) et Paolo Conte.

 

Mais en attendant, il y eut Jacques Higelin au Cirque d’Hiver.

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PS. Jeanne Moreau chante Norge – Bronsky Beat – The Cure – Jean-Jacques Goldman (je ne me souviens pas l’avoir entendu chez aucun de mes amis).

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En ce qui concerne ces deux mecs qui ont joué dans Raoul Ruiz, j’ai fait des recherches sur Internet mais ne les ai pas retrouvés. Je sais qu’ils ne sortent pas de mon imagination. Jules, reviens pour me dire… (2/2/2013)

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 07:55

PABLO, 2. Apollinaire (Julie Birmant et Clément Oubrerie, chez Dargaud)

 

Je ne suis pas une lectrice de BD (sauf Astérix, Tintin, Mafalda et Lili –l’ancienne), mais j’ai été attirée par le titre, étant une inconditionnelle d’Apollinaire et de cette période des peintres de Montmartre. Je n’ai pas été déçue. Le dessin est simple et beau. On y voit Max Jacob danser sur les tables, les excentriques Stein frère et sœur faire leur apparition, et mon adoré Apollinaire écrire « La Chanson du Mal-aimé ». Et Picasso et les femmes bien sûr (UNE femme ici). L’atmosphère parisienne est très bien rendue. J’attends la suite, Apollinaire ou pas !

 

LOST IN DUBAI, de Christophe Masson (éd. Baudelaire)

Bien loin de chez nous, in Dubaï, ville de toutes les nationalités, de tous les abus, de tous les changements, de toutes les histoires, Eusèbe rencontre Guy, "diamantaire au sommet de sa carrière". Une rencontre entre deux hommes que tout pourrait opposer.

De Christophe Masson j'ai quand même préféré "Pascale et Christophe". (C'est un copain Babelio, j'avoue. Ce qui ne l'empêche pas d'être un excellentissime écrivain.)

 

CINEMA :

- J'ai vu "Renoir" que personne ne m'empêchera d'aimer, malgré les mauvaises critiques (Ah ! les critiques ! Y'en a des choses à dire sur eux, sur le copinage entre écrivains du côté des éditeurs par exemple... Et je viens de parler de mon "ami Babelio", je fais pareil ! On me reconnaîtra mon honnêteté !) Vincent Rottiers, jeune acteur de mille promesses, y est merveilleux.

 

- Après deux mois de sinistrose (dans le Loiret, il pleut, il neige, il pleut il pleut Bergère), j'ai envie de rire, alors dimanche (nous sommes samedi, 8 heures du mat), j'irai voir le film américain HAPPINESS THERAPY, dont le sujet me convient parfaitement + beaux yeux bleus du héros + Robert de Niro toujours bien dans les films comiques, etc.

 

PS : A venir : chapitre IX de "Lucile à Paris" (les années 80 vues par...)

 

Le 9 février 2013

J'ai vu "Happiness Therapy" à Montargis. Mon seulement 2è film de l'année. C'est un film agréable, mais plein de ces bons sentiments à l'américaine qui, moi, ont tendance à légèrement me taper sur les nerfs. Mais ce film parle de la bipolarité (ou maniaco-dépression), maladie dont je souffre, et il en parle avec justesse. Je n'ai pas ri (le sujet me touche-t-il de trop près ?), mais les deux jeunes acteurs sont beaux et très convaincants, et Robert de Niro fait un papa plein d'originalité. Film que je recommande, mais ne vous attendez pas à éclater de rire toutes les deux minutes.

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Published by Joëlle Carzon - dans bloc-notes
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