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Biographie De L'auteur

  • : Le blog de Joëlle Carzon écrivain du Loiret
  • : Ce blog est destiné aux écrivains et aux lecteurs qui aiment romans et poésies. Il présentera tous les écrits et toutes les activités de Joëlle Carzon, auteur de poèmes et romans. Ce blog n'est pas destiné à recevoir des messages violents, ou politiques, ou religieux. (Suite à un messages troublant reçu ce jour : 25/12/12)
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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 15:00

“Ces songeries s’emparaient de lui, l’immobilisaient et lui donnaient l’apparence d’un mangeur d’opium emporté dans sa vision. Il vivait au-dessus des nuages, la tête dans un rêve d’or. C’est là une des causes qui lui faisaient le travail si pénible.”

 

Julian Barnes, Le Perroquet de Flaubert, p163.

 

CHAPITRE I

DANS PARIS

 

 

Je quittai Conflans-Sainte-Honorine, ses péniches, ses trains de banlieue, et son Michel Rocard sinon rien. Il y avait aussi des péniches dans le Loiret, là où vivait ma grand-mère. Et il y avait des péniches aussi à Paris, me disais-je. A Paris, vivait déjà Sonia. Elle m’attendait. Finies les études qui nous avaient bouffé la tête et la vie, finis les parents, finies nos mères d’une autre époque qui nous nourrissaient trop et nous polluaient nos rêves. Nous allions être, enfin, des jeunes filles minces, des jeunes filles qui travaillaient, des jeunes filles qui s’envoyaient en l’air et qui n’avaient peur de rien. Nous allions dévorer le monde et les hommes. Pour l’instant on n’était que des petites secrétaires, mais bientôt, Sonia et moi, nous serions journalistes, écrivains, musiciennes. Nous ne nous marierions pas, nous ne ferions pas d’enfants, nous n’achèterions pas de maison, nous serions PARISIENNES ! Déjà, le beau Marc me prenait la main et m’emmenait dans tous les cinémas, à travers Paris : l’Action-Christine, l’Action-Lafayette, l’Olympic du XIVe de Frédéric Mitterrand, la Cinémathèque de Chaillot... Nous allions, nous courions, nous volions d’un cinéma l’autre. Paris c’était le cinoche. Paris c’était les rêves et les acteurs et François Truffaut et Roman Polanski. Paris c’était Marc (qui habitait encore à Conflans-Sainte-Honorine) qui mangeait vite vite un sandwich entre deux films. Nous n’avions pas le temps de manger, Buster Keaton nous attendait.

 

Sonia faisait de la guitare, à l’ombre de ses lits superposés. Elle jouait “Jeux interdits” au milieu de nos rires, nous nous foutions de sa gueule, mais ça ne faisait rien. Sonia continuait ses “Jeux interdits”, imperturbable. Il fallait bien commencer par là, avant d’être Eric Clapton. Tous me parlaient de musiques que je ne connaissais pas. Led Zeppelin, Neil Young, Higelin, Areski et Fontaine, et

Nina Hagen. Moi, j’en étais restée aux Brel et Brassens de chez mes parents, à leurs airs d’opéra, et au piano que j’avais écouté en Angleterre où j’avais été assistante. Je ne connaissais rien à rien, mais je ne faisais pas semblant de m’y connaître. J’ouvrais ma bouche toute grande comme j’en avais l’habitude, la mer aurait pu rentrer dedans, et j’ouvrais des yeux grands comme des assiettes en écoutant Nina Hagen. Je n’avais pas fini d’en ouvrir des bouches et des yeux. Je n’avais jamais prétendu connaître ce que je ne connaissais pas. Je n’étais pas une hypocrite. Ignare j’étais et je ne demandais qu’à être initiée. Et si ça ne me plaisait pas (pour l’instant par

exemple Higelin ne me plaisait pas), je le disais. Je le disais avec ma petite voix,

ma petite voix qui me poursuivrait jusqu’à la fin de ma vie, ma petite voix d’innocente, ma petite voix fraîche, terriblement sincère et parfois bien déconcertante pour mes nouveaux amis (les amis de Sonia) qui se moquaient de moi, parfois derrière mon dos, parfois devant moi. J’arrivais de Conflans-Sainte-Honorine-la Planète Mars, je débarquais de ma péniche, j’étais la copine neu-neu de Sonia qui, pauvre chérie, aurait fort à faire pour me déniaiser. J’écoutais ma petite Sonia (un mètre quarante-cinq, plus petite que moi encore) en éprouvant pour elle beaucoup d’estime. Sonia était un roc, aucune moquerie ne l’ébranlait. Son but : la musique. Sa direction : la liberté des femmes. Elle disait : “Nous, les artistes”, ce qui faisait hurler de rire Jules.

 

 

Jules avait conscience que nous n’étions rien. Des rigolos qui travaillaient dans des bureaux et qui faisaient, s’ils le pouvaient, de la guitare le soir en sortant du turbin. Le week-end, on s’égaillait, on s’éparpillait, on allait vers l’inconnu, et Marc et moi on courait au cinéma. Mais on était des employés de bureau. Enfin, Marc était encore étudiant... Avant le Haut-Commissariat-pour-les-Réfugiés, avant “Image et Son”, avant le dessin et l’art et le cinéma. Le cinéma, le cinéma toujours. Marc était un être d’exception, ce que savait Jules qui avait conscience en le rencontrant par moi qu’on ne mélangeait pas les torchons et les serviettes.

 

 

Je partis donc de Conflans pour la rue de Saintonge, Paris IIIe, métro Filles-du-Calvaire, tout près du Cirque d’Hiver qui, je ne le savais pas encore, allait jouer un grand rôle dans ma vie. Dans ma vie de “Lucile Découvre l’Existence Dans la Grande Capitale”. J’avais une petite taille mince de l’adolescente que j’étais encore, je portais des jeans et des blouses indiennes, je me maquillais les yeux, j’avais des cheveux longs auxquels je faisais de multiples petites nattes lorsque je me lavais la tête parce que juste après j’avais les cheveux tout frisés comme Angela Davis, j’étais essoufflée (l’asthme) mais pas encore assez pour ne pas courir d’un ciné l’autre, je mangeais des yaourts et des œufs sur le plat (ah ! que c’était bon les œufs, ça me rappelait toujours my dear England), je lisais Apollinaire mais pas encore Miller et Nin que Jules nous ferait lire à tous quelques années plus tard, j’ achetais mes premières pommes de terre rue de Bretagne, et je faisais installer le téléphone au 26, rue de Saintonge, ce fut la toute première chose que je fis dans mon bel appartement, installer le téléphone. C’était un téléphone gris, avec un cadran, je téléphonais à mes parents les banlieusards, je téléphonais à Sonia, je m’asseyais à côté de cette merveilleuse boîte magique qui allait me faire avoir tous les amis du monde, qui allait

m’ouvrir sur l’Europe, sur l’univers, sur le Ciel. Je POSSEDAIS un téléphone ! Un téléphone rien qu’à moi. Dans l’annuaire, à “Colline”, il y aurait moi, mon nom : Colline Lucile. J’EXISTAIS ! C’était ce qui serait le but de toute ma vie, je ne le savais pas encore, mais LE BUT, mon but : exister. A Conflans, nous n’avions pas le téléphone, mon père haïssait le monde moderne et ma mère luttait comme elle pouvait. Mes amis ne pouvaient me joindre et s’en plaignaient. Et là, au 26 rue de Saintonge, le téléphone pouvait sonner, crépiter, trépigner, jouer les commères et les héros. Allô, allô? Lucile Colline va vous répondre. Lucile Colline est là. Lucile Colline, la Parisienne, existait.

 

 

Le bel appartement n’était en fait qu’un petit deux-pièces en enfilade au-dessus d’une vieille cour pavée. J’étais entourée d’artisans juifs qui travaillaient de l’aube au soir. Mon voisin de l’autre côté repassait tout le temps. Ma concierge était une dame très noire dont le mari savait à peine lire. L’escalier qui menait à mon logis allait s’écrouler incessamment sous peu. C’était le plus bel escalier de Paris, il sentait la poussière et l’or, quand je le montais je montais vers les cieux. Cet appartement miraculeux, c’était Versailles, c’était plus certainement qu’un appartement haussmannien du VIIIe, c’était plus qu’un six-pièces au Quartier latin, c’était plus qu’une villa avec piscine au-dessus de Nice. J’habitais le quartier du Marais, pas loin du Musée Carnavalet, pas loin de mon exquise place des Vosges, pas loin de chez Victor Hugo... Qu’avais-je fait pour pouvoir avoir cet appartement-là ? Je ne le méritais pas. Sans doute serais-je un jour punie pour cette chance, pour ce miracle. Dans “Saintonge”, il y avait “songe“... et, oui c’était vrai tiens... “saint”. Saint Bonheur, je te salue !

 

 

Je quittai Conflans-Sainte-Honorine sous les grimaces de ma mère qui me dit, la bouche frémissante de dégoût, que je pouvais encore aller leur rendre visite le week-end pour lui donner mon linge à laver. C’était la première nuit. Ma toute première nuit toute seule dans mon petit lit d’enfant. Je m’endormis au comble du bonheur. Et je rêvai.

 

 

Je rêve que je dors. Le mur de la chambre à ma droite s’effondre, s’efface. Il n’y a plus de mur, simplement un grand ciel bleu-noir. Et je vois un oiseau, un grand oiseau blanc, qui s’envole vers le ciel, très haut dans le ciel, qui s’envole sans contrainte, mon bel oiseau blanc de la rue de Saintonge, Métro Filles du Calvaire, à Paris, Paris IIIe, Paris Capitale, Paris-Centre du Monde.

 

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 15:30

 

Les années 80... Immédiatement on pense, 1981, l’élection de François Mitterrand. J’étais justement ce soir-là à Conflans-Sainte-Honorine chez mes parents, je ne sais pas pourquoi car j’habitais à Paris depuis deux ans. Mon père était déjà couché (oui, je sais, 20 heures c’est un peu tôt, mais c’est à cette heure-là que mon père se couchait) ; ma mère a réveillé mon père pour le lui dire. “La gauche a gagné ! “ ou “C’est Mitterrand qui a gagné !” Mon père a fait “Ah bon ?” et s’est rendormi. Aujourd’hui encore, il fait encore “ah bon ?” l’œil étonné, mais c’est pour d’autres raisons, de tristes raisons. “Ah bon ?” a donc dit mon père comme s’il n’était pas du tout concerné alors que nous votions tous les trois à gauche. Ma mère et moi, si je me souviens bien, étions très contentes. Très contentes et très étonnées. On est plutôt pessimistes dans ma famille et on croyait que la droite c’était pour toujours. A jamais. Contentes, mais finalement pas plus que ça. Mes parents n’avaient la télévision que depuis peu. D’ailleurs, mon père ne la regardait jamais, c’était réservé à ma mère dans une petite maison au fond du jardin. Une maison séparée de la maison principale. La télévision l’Ennemie du Peuple, selon mon père. Comme le téléphone. Si, si, en 1981 je vous assure ! Mon père, qui travaillait à la SNEGMA et faisait des essais sur les vibrations de moteurs d’avions, était opposé au progrès. Randonnées-randonnées, et surtout pas d’infos. Pourquoi ? Pour cause de nervosité peut-être. Mon père avait horreur du bruit (cela venait peut-être du fait qu’il avait travaillé comme ouvrier dans des ateliers très bruyants). Pauvre papa, opposé au bruit et à la foule, et vivant dans la région parisienne, et travaillant sur les moteurs d’avions.

 

Non, ma mère et moi, malgré nos opinions politiques, pas plus contentes que ça. Si j’avais été à Paris ce soir-là (et pas à Conflans) serais-je allée avec Jules Place de la République faire la fête ? Non, je suppose que non. A Nanterre, étudiante (en anglais), j’apprenais toujours le jour d’après le déroulement d’une manifestation qui avait eu lieu la veille. J’ouvrais de grands yeux et je disais : “Mais si j’avais su, je serais venue !” J’en ai ouvert de grands yeux, souvent, dans ma vie ! J’ai imité mon père : je n’ai pas eu la télévision jusqu’à trente et un ou trente-deux ans (1987), je n’écoutais pas les infos, et je n’étais jamais au courant de rien. C’est peut-être entre trente-cinq et quarante ans que j’ai enfin commencé à regarder le 20 Heures et que je me suis, curieusement, vraiment intéressée à la politique. Pendant longtemps, j’ai été vaguement proche de l’extrême-gauche, parce que j’étais entourée de gauchistes (voir la suite de ce récit), mais bon, je ne dirais pas “Rouge c’est la vie”, comme Thierry Jonquet que j’ai lu très tard. Trop rêveuse pour être politique. Trop sensible pour supporter les récits aux infos des guerres de la planète. Trop flemmarde sans doute pour essayer de comprendre les problèmes entre Israéliens et Palestiniens dont Jules m’avait parlé un soir où je passais chez lui. “Ça ne finira jamais”, m’avait-il alors dit, ce qui m’avait frappée, mais j’étais trop occupée de cinéma et de mes problèmes personnels (les boulots idiots et ma vie avec Pierre) pour essayer de décortiquer ce problème fort lointain.

 

Pas plus contentes que ça. Juste “contentes”. Cela nous étonnait surtout d’être passé de la droite à la gauche. La droite était éternelle, indétrônable, De Gaulle était encore tout proche. Ce Mitterrand et son Union de la Gauche, c’était un vêtement neuf et pas encore frippé. Même pas porté.

 

En fait, très franchement, en 1981, je m’en fichais pas mal de Mitterrand. Je savais juste que je détestais (le mot est faible) la droite et ces gens comme mon patron d’alors (je travaillais dans un tout petit bureau d’expertises en assurances). Mon patron était un catholique intégriste, homophobe, antisémite ; cela me hérissait, m’a toujours hérissée, me hérisse encore.

 

Non, les années 80 pour moi, c’était :

 

La découverte de la liberté.

 

Les cinémas, les cinémas Action de Paris, le cinéma de Frédéric Mitterrand (oui, encore un !) dans le XIXè, mon cher Action-Christine.

 

A Paris.

 

Paris, Paris, Paris !

 

Mon Beau Paris, comme disait mon cher Apollinaire. Mon Beau Paris, ma Seine, mes rues de Paris, mon atmosphère de Paris, le métro qu’on prenait pour aller chez les uns et les autres. Paris, Paris, Paris...

 

La rue de Saintonge, la rue Lécluse.

 

Paris !

 

La liberté, le cinéma, les acteurs, le cinéma américain des années 40-50, le Film Noir, Roman Polanski, Fellini, Bertrand Blier, Truffaut, Rivette, Rohmer, les frères Taviani, Céline et Julie vont en bateau, Juliet Berto, Neige, Bresson (quoique déjà passé pour moi, “Le Diable probablement” c’était ma Maîtrise d’anglais, 1977), E la nave va, l’irritant Jacques Doillon, “Diva” du petit nouveau Jean-Jacques Beineix : ce sont les premiers noms qui me viennent.

Le cinéma, mon cher cinéma. Le cinéma auquel on pense en se réveillant le matin, auquel on pense en étant secrétaire pour des réacs imbéciles et bornés, le cinéma où l’on va le soir. On mange vite quelques pâtes et hop ! on va au cinoche. On y va, on y court, on mange, on boit, on vit, on rêve avec le cinéma.

Je n’ai pas d’argent, je souffre déjà de pauvreté, l’argent va au cinéma, pas à la nourriture.

On n’est pas très riches, tous. On s’en fout si je me souviens bien. On va au cinéma. Le samedi, de temps en temps, on va à la Crêpe Carrée.

 

La Crêpe Carrée, Paris.

 

La rue de l’Abbé-Carton, XIVè.

 

Ma jupe bleu ciel indienne que m’a donnée Sonia. Le corsage blanc décolleté, en dentelles, que ma mère m’a rapporté du Tyrol. (On voit que déjà je ne dépense personnellement pas beaucoup de sous pour mon habillement.)

Ma veste beige en velours côtelé que j’ai portée des années : peut-être toutes ces années à Paris justement ? De 1980 à 1987. Je m’en fous des fringues. Je suis habillée en rêve par Ava Gardner, Gene Tierney, Carole Laure et bientôt Fanny Ardant. Je ne me vois pas. Je vole de par les rues de cinéma en cinéma, ma robe bleu ciel indienne au vent de mon Beau Paris. Jane Alderton, l’été 1980, me photographie devant la fontaine de l’Observatoire : c’est ma photo de moi préférée, il n’y en aura jamais d’autre.

 

Je suis jeune et jolie. Moi, jolie ! Jusqu’à l’âge de vingt ans, j’ai été persuadée que j’étais laide, suite à des moqueries en classe de Seconde. Je le croirai en fait jusqu’à la fin de ma vie (mais aujourd’hui ça n’a plus aucune importance), mais il y a là, cet instant magique, Joëlle vingt-cinq ans, assise devant les chevaux de l’Observatoire, dans sa robe indienne bleu ciel et son corsage blanc. Joëlle jolie pour l’éternité.

 

Les années 80. Gabriel Garcia Marquez Prix Nobel de Littérature en 1982. Jules m’offre “Cent ans de Solitude” que je ne finirai jamais. Son écriture, l’écriture de Jules, sur la page des dédicaces. Je vous la recopierai au cours de ce récit. Mon Jules, mon cher Jules, notre Jules, Jules l’Ami. Jules qui nous fait lire “la Crucifixion en rose” d’Henry Miller. Sexus, Plexus, Nexus. Nos lectures de jeunesse : Miller, et puis donc Anaïs Nin. La ravissante Anaïs Nin avec un camélia dans les cheveux (aujourd’hui encore je la vois avec ce camélia, je ne sais pas si c’est juste un rêve). Et puis “le Parfum” qui sort en 1985. Jean-Paul et Brigitte me l’offrent et je le fais lire à tout le monde. On n’en finit pas de parler de Jean-Baptiste Grenouille. Je frémis encore en pensant aux pages finales de ce livre étonnant.

 

Henry Miller Premier Beatnik, enfin notre premier Beatnik à nous. Jules bien sûr, au fait de tout (je n’ai pas du tout conscience à l’époque des courants de pensée que nous représentons, de notre côté Rock And Roll, de notre côté Fante-Hammett-Led Zep, des Hippies que nous prolongeons languissamment, d’une gauche très à gauche mais tout de même pas très énervée) me parle de William Burroughs. William Burroughs ? Ça, c’est pas pour Joëlle, me dis-je.

Miller, Anaïs, la drogue, les pétards (que je NE VOIS PAS, je vous le redirai plus tard), Jean-Baptiste Grenouille, Charlie Hebdo et les chroniques de Desproges, le premier kilo de patates que j’achète moi (moi, pas mes parents) rue de Bretagne, les dernières années de Truffaut (mais nous ne le savons pas, JE ne le sais pas, j’en pleurerais), ce terrible film de Brian de Palma où il y a “cette” scène dans un ascenseur, Marc et “Céline et Julie...”, Jules et Burroughs, Pierre et ses cigarettes qu’il roule près de la Seine... Paris, ô Paris, mon beau Paris.

 

Mes années 80 commencent avec “Diva” de Jean-Jacques Beineix et se terminent avec Leos Carax, “Mauvais Sang”. Oui, c’est exactement ça : cela commence par un air d’Opéra, glorieux, et cela se termine avec l’apparition du sida.

 

 

Alors, je quitte pour toujours “mon Beau Paris”.

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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 16:25

 

Londres, 9 septembre : déjà deux jours que je suis revenue à Gien et je suis en manque !

 

Londres, le thé délicieux que j’ai bu chez Harrod’s (2è étage, l’étage des books) avec des scones et de la clotted cream, servis par de charmantes dames...

 

Londres, Shepherd’s Market (que j’ai eu du mal à trouver, moi et mon sens de l’orientation un peu perturbé), si jolie petite place de Mayfair avec ses boutiques d’un autre temps...

 

London, Burlington Arcade (que j’ai découverte à la télé dans un reportage sur Londres et que j’avais vue je crois dans “Espion(s)” de Nicolas Saada sans savoir que c’était Burlington Arcade) et ses très riches boutiques, et son cireur de chaussures que j’ai regardé travailler pendant au moins un quart d’heure, fascinée par son travail et par le chic de ses clients...

 

Les chaussures de messieurs des boutiques de Burlington Arcade...

 

Mayfair et Sotheby’s...

 

Mes ampoules au pied gauche (comme à New York en 2006)...

 

London et Sir John Soane’s Museum, Lincoln’s Inn Fields, incroyable capharnaüm dans un tout petit musée, Hogarth, Canaletto, et ses statues antiques...

 

Lincoln’s Inn Fields et “the Old Curiosity Shop” cachée dans un coin (en 77-78, lorsque j’étais assistante j’étais fascinée par “the Old Curiosity Shop”, Dickens l’Ecrivain sans doute...)... 1500 et quelques, réchappée du Grand Incendie de Londres de 1666...

 

London et ses nouveautés lumineuses et bruyantes et très hautes de la South Bank après qu’on a traversé le footpath au-dessus de la Tamise (et c’est toujours si beau la nuit), après un dîner (un Traditional Beef) au Sherlock Holmes...

 

London et le bruit de ses sirènes dans Gower Street...

 

London et le Rising Sun, le Tottenham, le Coal Hole (The Strand), le Museum Tavern, et ses half a pints of Guinness...

 

London et Gower Street et le TAS et Ridgemount Hotel et ses traditional English Breakfasts...

 

London et les cartes (j’adore les cartes, j’en fais des stocks) de Fortnum and Mason...

 

London et Piccadilly (j’ai vu “the 39 Steps” au Criterion) et le doux et silencieux Hartchard’s, ses épais tapis, ses coins et recoins, et ses livres bien sûr...

 

London et les Paralympics de cette année dont les Anglais sont si fiers...

 

London et le John Soane’s Museum (encore !) où je croyais voir le portrait de dos d’une lady comme Géraldine Pailhas dans “Espion(s)” (encore !). Comme dans Vertigo d’Hitchcock...

 

London et les derniers achats à St Pancras au Mark and Spencer’s : des meat pies, des All Butter Scottish Shortbread Fingers (des majuscules comme dans un titre de roman). London et le Scottish Fudge...

 

London et le peu connu Little Venice...

 

London et ses taxis que j’ai osé “hailés”...

 

London et mes marches frénétiques...

 

London et le “Quiet London” de Siobhan Wall dont les photos m’ont fait rêver...

 

London bruyant, assourdissant, et ce “Quiet London” inattendu...

 

London et le vert et les taxis et les belles maisons georgiennes...

 

London et Dickens et Jane Austen et Henry James...

 

London dans trois ans ? Non, impossible !

 

Aller à Londres, rêver de Londres, vivre à Londres, revenir de Londres...

 

 

28/9/12

A la demande de Sylvie M. (et c'est nécessaire) je corrige : il s'agit de la CLOTTED CREAM, crème fraîche très épaisse du Sud-Ouest de l'Angleterre.

Sylvie qui s'est baladée il y a peu dans les champs pittoresques entourés de petits murets du Parc national du Yorkshire. Sous la pluie, but it doesn't matter ! Ah ! l'Amour de l'Angleterre quand tu nous tiens !...

 

 

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Published by Joëlle Carzon - dans bloc-notes
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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 15:08

 

 

LA FIANCEE

 

Du soleil sur ma peau

Et l’ombre dans ma tête

L’ombre des nuits passées

A vouloir dormir

A vouloir vouloir

Oublier

 

Oublier le vent les nuages

Les orages

Du passé

La banlieue et Conflans

Et les péniches

Qui restaient là

 

Oublier les heures à marcher

Près des parents jamais inquiets

Qui jamais ne regardent

Qui jamais ne demandent

Qui sont muets

 

Oublier...

Retiens le soleil sur ta peau

Souviens-toi de Châlette des piscines

De la grand-mère aux bons pâtés

Du soleil doux sur les marches d’entrée

 

Du soleil sur ma peau

Ombres mes ombres mes souvenirs

Estompez-vous partez partez

Que je me baigne enfin

Dans l’eau pleine de soleil

Dans le soleil des yeux qui regardent

Le présent les marches de l’entrée

Les pas comptés le sable les sourires

La chaleur retenue

De mon corps endormi là

De douce fiancée.

 

Joëlle 22/8/12

 

CHANSON TENDRE, Emilien Davidenko

 

Tiens au creux de mon bras, tu me diras ta peine.

Contre notre harmonie elle ira se briser.

Ainsi te reviendra la quiétude sereine,

Alors je poserai sur ton front un baiser.

(...)

ALORS, LES CINES DE JUILLET ET AOUT :

 

To Rome with Love, Woody Allen

Orléans Les Carmes, 9 juillet 17 h 40 (toute seule dans la salle !)

Evidemment, c’est un Woody Allen très inférieur aux films de ces dernières années. Mais il y a toujours le plaisir des acteurs (tous très bien), de la jeunesse que WA observe maintenant avec sympathie, de la beauté de Rome (il paraît que c’est un peu un film de commande de la part des Italiens, après Londres, Barcelone et Paris). Ce n’est pas très bon, mais j’y ai pris du plaisir quand même.

 

Je me suis fait tout petit, Cécilia Rouaud

Vanessa Paradis, Denis Ménochet

Montargis, 16/7

Un homme encore jeune n’arrive pas à oublier l’abandon de sa femme. Celle-ci laisse un petit garçon... L’homme a déjà deux grandes filles, une sœur charmante (Léa Drucker), et voit arriver vers lui une originale délicieuse. Une histoire de famille plutôt plaisante avec plein d’enfants. C’est reposant après tous ces films soi-disant intelligents que j’ai pu voir dernièrement : Cosmopolis (toujours pas digéré !), Moonrise Kingdom...

 

L’âge de glace 4, S. Martino, M. Thurmeier (film d’animation)

Montargis, 21 juillet

C’est mon 2è “âge de glace”. Ce n’est pas désagréable, c’est plutôt bien fait, mais je n’ai pas trop aimé fifille Mammouth et ses copains ados : j’ai trouvé ça trop facile. Et la vieille mamie, naturellement, répand des odeurs nauséabondes... (ça fait un peu beaucoup de clichés.)

 

Paris-Manhattan, Sophie Lellouche

Montargis, 28/7

Alice Taglioni, Patrick Bruel

Dans la communauté juive branchée, Alice (fan de Woody Allen qui apparaît dans le film) reste désespérément célibataire. Film charmant, romantique, pas prétentieux. (A bas les critiques ; ah bah, les critiques !) Bon, oui, c’est vrai : c’est loin d’être le film du siècle. Et Patrick Bruel a pris un coup de vieux terrible, ça m’a fait un choc (bedaine, bajoues...).

 

Summer time (The Dynamiter), Matthew Gordon V.O.

Montargis, 6 août

Dans le Mississipi, Robbie, 14 ans, vit avec son petit demi-frère et sa grand-mère dans une maison abandonnée (la mère est partie on ne sait où). Le frère aîné revient. Robbie pourrait devenir un petit délinquant, mais un prof lui tend la main et Robbie tient à son petit demi-frère. Il se débat, il emmène le petit dans les champs et lui raconte des histoires. Les Américains pauvres, la solitude, l’exclusion, la famille... J’ai trouvé ça plutôt bien. (Prix du Jury, festival de Deauville 2011.)

 

Jane Eyre, Cary Futunaga

Les Carmes, 14/8

Mia Wasikowska, Michael Fassbender, Judy Dench

Une magnifique adaptation du roman de Charlotte Brontë, très fidèle à son esprit. Les landes, la solitude, l’enfance tourmentée, l’amour, la peur... Mia Wasikwoska est une Jane Eyre exactement comme je l’imaginais. La beauté du film et l’émotion qui s’en dégage : tout est parfait dans ce film d’un réalisateur que je ne connaissais pas (je ne connaissais pas non plus les deux acteurs principaux). La fin m’a fait pleurer. Judi Dench (Mrs Fairfax), en quelques mots, déclenche les larmes. Michael Fassbender est un Mr Rochester très romantique.

 

Associés contre le crime, Pascal Thomas

Catherine Frot, André Dussolier

Montargis, 26/8

Pascal Thomas avait parfaitement réussi ses deux premiers films Prudence et Bélisaire Beresford. C’était plein de fantaisie, parfois de poésie. Là, quel ratage ! On s’ennuie ferme, l’histoire est nulle, les dialogues sont creux. Et ce n’est pas regarder Catherine Frot manger une choucroute avec appétit qui va rattraper les choses. Thomas avait déjà raté récemment son film avec Julien Doré, il ferait bien de prendre quelques vacances ou de changer ses scénaristes. 28/8 : J’ai écouté le Masque et la Plume dimanche soir et certains critiques se sont montrés pleins de sympathie pour PT/réalisateur de comédies (pourquoi n’y a-t-il pas de rétrospective Pascal Thomas ? a dit l’un d’eux). Comme je suis très influençable, je reconnais que le côté “Chéri je me sens rajeunir” et les allusions à Cary Grant m’ont amusée.

 

BALADES : Juillet : 3 jours Alpes Mancelle - Août : Pithiviers/Yèvres le Chatel -

Aubigny/Château de Maupas/ La Borne, village des potiers.

 

MAIS ALORS, ET LES LIVRES ?

 

“TOUTES FOLLES DE JANE AUSTEN”,

titrait mon journal du matin (que je ne vous nommerai pas car j’en ai un peu honte, moi l’”intello”...). En effet, nous les nanas, nous les profs d’anglais, nous adorons “Pride and Prejudice” (Orgueil et Préjugés) de notre chère Jane Austen, nous connaissons l’histoire par cœur. Nous sommes amoureuses de Mr. Darcy (le magnifique Colin Firth il y a quelques années dans un feuilleton follement réussi de la BBC) et Elizabeth jouée il y a moins longtemps par l’exquise Keira Kneightley (un film cinéma cette fois). Et, Dieu bénisse cette chaîne, Arte nous a gâtés avec plein de Jane Austen ces derniers temps (vers la mi-juillet). Jane Austen sous toutes les coutures, Jane Austen avec tous les visages, “Pride and Prejudice” où s’introduit une petite nénette du XXIè siècle aussi dans des épisodes très marrants où l’héroïne ne réussit plus à maîtriser l’intrigue (les intrigues) qui ne se passe(nt) pas comme dans le roman. Elle panique, elle désespère, et naturellement elle tombe amoureuse de Darcy et ne veut plus revenir dans notre XXIè siècle ! Quant à la vraie Elizabeth (celle du XVIIIè - Austen est à cheval sur les XXVIIIè-XIXè siècles), elle découvre notre nouvelle liberté féminine, les téléphones portables, le travail, et vient redemander sa liberté à son papa en refaisant un saut dans le passé. Et puis j’ai re-re-repleuré à “Raison et Sentiment”, feuilleton de cette merveilleuse BBC (pas le Sense and Sensibility où Kate Winslet nous faisait pleurer avec talent, et avec Emma Thomson aussi qui, bien que divine, était là un peu vieille pour le rôle). Evidemment, peut-être que pour apprécier tout ça, il faut connaître Jane Austen par cœur, mais j’ai l’impression que beaucoup de lecteurs connaissent Austen. Peut-être un peu moins que la Charlotte Brontë de “Jane Eyre” qu’actuellement les gens relisent ou découvrent grâce au dernier film (fort réussi, voir ci-dessus). Et, à chaque fois, ces éternelles questions : Pourquoi la télé française est-elle si mauvaise et n’illustre-t-elle pas NOS beaux romans du XIXè aussi bien que le fait la BBC ? (la série Maupassant, oui, bof...) Pourquoi les romanciers du XIXè furent-ils si bons (et prirent-ils leur temps) alors que les romanciers du XXè écrivent avec leurs pieds ? (oui, oui, je sais, je suis injuste... Il y a Jonathan Coe/Ian McEwan en Angleterre, Emmanuel Carrère chez nous...) Et pourquoi ça me fout tellement en rogne de ne pas me jeter dans un travail d’écriture qui me hisserait à ce niveau, oh ! poor Joe !

 

Et Proust. Qui appartient quand même un peu-beaucoup au XIXè quelque part.

 

Et j’ai répondu à un questionnaire : QUEL DARCY PREFEREZ-VOUS ? sur la toile, et du coup me voilà avec une adresse gmail.

 

Et j’ai écrit à une “demoiselleaparis” en me baladant sur Internet et cette demoiselle (28, 30 ans ?) n’avait pas encore lu “Jane Eyre” et “Les Hauts de Hurlevent” !! Impossible ! Moi, j’ai lu ces romans à quatorze ans !

 

Pour mes “critiques” de livres (je mets des guillemets car je ne me prends pas pour Monsieur Jaloux. - Qui connaît encore M. Jaloux ? Je me sens bien vieille tout à coup), aller voir sur “Amazon” et surtout “Babelio” où je viens de m’inscrire et où je m’aperçois qu’il y a des lecteurs déments dans mon genre. Je veux sortir de l’oubli Jean-Louis Curtis, Julien Green (pauvre F.O. Giesbert...) et Patrice de La Tour du Pin, et m’amuse à être la première à écrire des articles sur eux.

 

ET “RIEN NE SE PASSE COMME PREVU” de Laurent Binet ?

 

Ca c’est hyper d’actualité. J’ai mis une critique sur Amazon et Babelio, et j’ai écrit à l’auteur (oui, je prends du PAPIER et j’écris avec un STYLO aux auteurs...). Qui est le héros de ce livre passionnant comme un roman ? Laurent Binet (jeune, 40 ans pour moi c’est jeune) ou François Hollande ? Laurent Binet perdu entre sa sympathie pour Mélenchon et l’attachement qui le prend pour le sujet de son “roman”. Ce livre m’a bien amusée, et je ne dirai rien de mes... goûts, sympathies, attachements, détestations, haines... politiques.

 

P.S. Charlotte Brontë n'aimait guère Jane Austen. Qu'est-ce que ça peut bien nous faire toutes ces jolies dames qui ne bougent pas, tous ces jolis décors..., disait-elle en substance.

 

 

 

 

 

 

 

 

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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 21:21

MORCEAUX

 

 

Des bouts d'hier

Des morceaux d'aujourd'hui

Vraies misères

Et toi

Et l'autre

Et les vitres de pluie

Les miroirs de néant

Soûleries

Misery

Chansons d'un soir

Chagrins noirs

Verres pleins

Cœurs vidés

 

Mes parents qu'avez-vous fait

Un enfant et ses grands yeux

Pourquoi

Corps repliés

Souvenirs cachés

Qu'avez-vous fait ?

Avons-nous mérité

Ces cris ce vin mal bu

Ces pages saignantes

Ces cœurs mis à nu ?

 

Au matin

Les matins dans le froid

Les odeurs d'hiver

Cet hiver sans fin

Au soir

Ce sommeil trop cher

Ou l'insomnie ou le délire

Des répétitions

Hurlent hurlements

Pourquoi

Qui voudra bien

Nous pardonner

Nous aider

 

La liste est à faire

Je sais

Comme ce juif américain :

La tasse de thé

Les bords de la Seine

Un bouquet d'oeillets

Les matins d'été

Le Lac de Genève

Le cri des mouettes

Un roman de Gracq

Et Apollinaire

Une île d'Ecosse

Et l'oubli toujours

Le sommeil encore

La chaleur des lits

Le jardin derrière

Et puis le sommeil

Le sommeil

Le sommeil

 

Joëlle Carzon

 

1980

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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 14:58

COTE CINE, très vite :

 

Côté ciné, je n’ai pas vu de films inoubliables ce mois de juillet : “To Rome With Love”, “Je me suis fait tout petit” (j’ai découvert un bel acteur : Denis Ménochet), “L’Age de glace 4”, et “Paris-Manhattan” (où apparaît mon/notre cher Woody Allen, voir premier film ; et les critiques sont tout de même bien sévères pour ce film...). J’attends de voir “Jane Eyre”. L’Alticiné (de Montargis) m’a dit qu’ils allaient le passer malgré leur recherche incessante du public d’ados de l’été. C’est comme ça, nous ne sommes pas à Paris, il faut que je m’y fasse (“Les Carmes” d’Orléans sont à 70 km de Gien, je ne me plains pas, j’aime le calme de mon Loiret et les petites fourmis, voir ci-dessous).

 

DES POEMES, DES POEMES !

 

SOUS...

 

Sous les grands arbres

Sous les ombres

Sous les formes de verdure

Sous les pétales ambrées

Sous la cloche des feuilles

Sous des ongles de ciel

Sous des palmes

Sous des robes loquetées

Sous des écorces solides

Et sous des écorces fragiles

Un tout petit

Tout petit animal

Un bout de rien du tout

Un miracle

Un insecte !

 

Joëlle (30 juillet)

 

HAUTEURS

 

Je me souviens de La Bérarde

De la Brèche des Ecrins des levers de soleil

Des longues marches des coups de soleil

La montagne s’ouvrait

J’étais un crack !

 

Tu as marché dans les montagnes

Tu as nagé dans les mers froides

Tu as pédalé dans les brumes

 

Et pourtant sportive d’un jour

Tu rêves doucement dans les livres

Rêves langoureux et tenaces

 

J’ai grimpé les montagnes pourquoi

J’ai nagé

Vers quoi ?

 

Mais j’ai lu ça j’ai lu et je sais

Que les voyages dans les livres

Sont des Tours de la Terre

 

Je me souviens de La Bérarde

Et des livres lus près des lacs

J’ai dormi parfois sur les pentes des Alpes

En rêvant d’Angleterre et d’amour

Personnage en quête d’hauteur

 

Joëlle (31 juillet)

 

 

VOLETS

 

Volets rouges, volets verts

volets gris

larges ouverts

sur les murs recrépis

éclosent,

et sous un soleil de Mai

tout frais

exposent

des coins de chambres

où des meubles, l’hiver reclus,

étirent leurs membres

perclus.

 

Volets rouges, volets gris, volets verts

invitent les rayons clairs

où s’affolent tant de poussières

à purifier la maison tout entière.

Exorcisme

contre l’air confiné

qu’a sûri l’égoïsme

et, dans lequel, accumulés,

rôdent encore des relents de colère,

la lumière

sèche les murs humides

d’aigreurs

et fait s’évaporer l’acide

des muettes rancoeurs.

 

Volets gris, volets rouges

volets verts

tandis que les rais bougent

à travers

les maisons apaisées,

s’épanouissent heureux

deux à deux.

 

Et les douleurs passées

qui, dans le logis trop clos,

repliées

y refoulaient leurs sanglots,

dans la paix de l’air allégé

se sentent soudain fécondes

et se fondent

en clarté.

 

Mais le soir vient et l’ombre sur les pierres

remonte vers

les volets rouges, gris ou verts

que la lumière

abandonne à regret,

et sur leurs rêves ou leurs drames

Ils se referment, comme des âmes,

sur leurs secrets.

 

Claude Ardent

 

(Poétesse du Loiret - “au val du ciel/de Loire et par-delà...”, 1969)

 

ET DU COTE DES LIVRES...

 

Je n’ai pas pu finir “Les Corrections” de Jonathan Franzen que doit lire l’une de nos ministres cet été (Marysole Tourraine je crois), mais j’ai lu “Tendres silences” d’Angela Huth, que m’a prêté Sylvie-la-Lectrice.

 

“De l’amour à l’horreur” (“Tendres silences” d’Angela Huth) :

 

William Handle, qui est le chef d’un quartet, tombe amoureux de Bonnie, jeune et jolie violoniste qu’il embauche dans son groupe. Grace, son épouse, est fascinée par un jeune voisin, Lucien, qui lui fait des visites impromptues et qui lui fait battre le cœur (plus d’inquiétude que d’autre chose). William, bien qu’encore très attachée à sa femme, songe à l’assassiner. C’est l’histoire d’un fantasme d’amour plus que de l’amour même. Le lecteur voit William essayer d’assassiner Grace, d’abord avec amusement, puis avec de plus en plus d’angoisse. C’est amusant, puis c’est de l’humour noir, puis on bascule carrément dans l’horreur : un crime horrible surgit effectivement vers la fin du roman. Pas une seule fois dans le récit, Grace (tout occupée de ses angoisses concernant Lucien) ne s’aperçoit que son mari essaye de la tuer ! C’est le roman de la vie conjugale (de l’horreur de la vie conjugale) et de la totale incompréhension entre deux êtres qui apparemment se connaissent bien. Seuls les Anglais (les Anglaises !) savent ainsi mêler roman d’amour, roman psychologique, humour noir, roman policier, horreur... (voir “Jane Eyre” de Charlotte Brontë qui vient de sortir au cinéma, pour la 17è ou 18è adaptation !).

 

Angela Huth est également la romancière très douée de “l’Invitation à la vie conjugale”, que j’ai lu en 99, et que je suis en train de relire. Quand on aime, on ne compte pas...

 

Combien de fois ai-je lu “Jane Eyre” et “les Hauts de Hurlevent” ?

 

 

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 14:55

“Le rêve c’est la vie - et le rêve est plus vrai que la réalité.”

Berthe Morisot (peintre), 1890

 

(Expo Berthe Morisot au musée Marmottan, 30 juin 2012)

 

Le vieux Paris n’est plus (la forme d’une ville

Change plus vite, hélas ! que le cœur d’un mortel)...

 

Baudelaire, “le Cygne”, “les Fleurs du mal”

 

PARLONS LIVRES...

 

Et parlons cinéma, car dans “Sur la terre comme au ciel”, René Belletto parle tout autant de ciné que de littérature. Né en 1945, Belletto écrit un roman policier qui se passe à Lyon, sa ville chérie natale. Deville ne s’y est pas trompé puisqu’il s’est basé sur ce livre pour tourner “Péril en la demeure”. D’où la couverture très chaude de ce livre qui représente l’affiche du film (vieux Livre de Poche acheté à St Michel). On n’a pas oublié ce film et ses acteurs (Nicole Garcia et Christophe Malavoy - sur cette fameuse affiche -, Anémone...). Chaud, chaud... Belletto parle du cinéma américain en particulier et donne envie de revoir tous ces films. Son héros passe autant de temps au cinéma qu’au lit !

 

“Quel est Mon noM ?” (les majuscules, c’est exprès, ne me demandez pas pourquoi elles sont là, je n’en sais rien), de Melvil Poupaud (Stock). Melvil Poupaud fait là un étrange patchwork entre sa vie, le cinéma (le sien et celui des autres - il a commencé à jouer tout petit), et des morceaux d’espèces de scénarii. Ce jeune homme (et fort bon acteur à mon avis) semble assez bizarre à travers ces pages, mais je suppose que c’est ce qui fait son charme. On aimerait en savoir plus...

 

Est-ce que la télé fait lire ?

 

Oui, puisque j’ai acheté “les Corrections” après avoir vu l’écrivain américain Jonathan Franzen à la télé (en fait sur Internet, car c‘est mon amie S. qui m‘a parlé de ce programme). Jonathan Franzen qui aime les livres... et les oiseaux. Je suis en train de lire ce gros roman ; j’en reparlerai le mois prochain quand je l’aurai fini. La radio aussi me fait lire : France Inter souvent qui m’a fait lire entre autres Amélie Nothomb, et Melvil Poupaud tout récemment.

 

Je continue à lire “les Fleurs du mal”, par petits bouts, à minuit en général.

 

Les 30 juin et 1er juillet :

Paris. Expo Berthe Morisot au musée Marmottan, Métro La Muette. On traverse de beaux jardins sous le soleil pour aller à ce délicieux musée ; ça change de la crainte que j’éprouve chaque fois à la station Châtelet et des odeurs de pisse de la station Gare de Lyon. Est-ce que j’aimerais moins Paris ?...

Quatuor n°1 en sol mineur et Grande Messe en ut mineur KV 427 de Mozart samedi soir à l’Oratoire du Louvre, Ensemble Vocal Magadis. Mon amie S.B. chante dans le chœur.

 

ET DU COTE DU CINEMA, en Juin 2012 :

 

Moonrise Kingdom, Wes Anderson

 

Montargis, 3 juin

Cette fois, je suis sortie. Au bout de quand même une heure environ. Sur une île de la Nouvelle-Angleterre, deux jeunes ados tombent amoureux et s’enfuient ensemble, poursuivis par une bande d’acteurs célèbres raides comme des piquets et que je n’ai jamais vus jouer aussi mal. Les deux enfants sont laids et sans intérêt, l’histoire morne, les couleurs horribles (dans le style jaunâtre-verdâtre).

J’avais aimé son film sur les 3 frères en Inde à la recherche de leur maman (Angelica Huston), cela m’avait paru original, mais là je ne vois rien de bien dans ce film. J’en ai vraiment archi-marre des films ennuyeux et je vais dans les semaines qui viennent faire très attention à ce que je vais voir. Je ne veux pas me dégoûter du cinéma.

 

Le Grand soir, Guillaume de Kervern, Bertrand Delepine

Montargis, 10/6

Benoit Poelvoorde, Albert Dupontel

Dans une zone commerciale hyper laide, deux frères se montrent très différents. L’un d’eux est un marginal punk avec un petit chien, l’autre un cadre commercial qui vend des matelas. Le second pète les plombs et rejoint son frère dans la marginalité. Ce film n’est pas franchement drôle, il est même plutôt désespéré. Mais c’est filmé de manière très originale et le message (si “message” il y a) passe bien. J’ai trouvé les deux acteurs très bien (surtout Poelvoorde) et j’ai passé un bon moment. Cela m’a fait penser par moments à Bertrand Blier.

 

Indian Palace, John Madden (V.O.)

Tom Wilkinson, Judi Dench...

Montargis, 15/6

Dans ce magnifique pays qu’est l’Inde (mais un pays surpeuplé et très troublant pour les occidentaux), un groupe de personnes âgées arrive. Le cheminement de chacun, le rejet ou l’amour de l’Inde, une romance délicieuse chez deux jeunes Indiens... Tout cela fait un film charmant (et grave aussi), où l’on ne s’ennuie pas une seconde. J’ai beaucoup aimé ce film que je trouve très réussi.

 

Adieu Berthe, l’enterrement de mémé, Bruno Podalydès

Paris, Champs Elysées, 30/6

Denis Podalydès, Valérie Lemercier...

Un pharmacien hésite entre sa femme et sa maîtresse. Sa grand-mère meurt. Il s’exerce à la magie et fait de la trottinette à moteur. Tout cela est charmant, lunaire, poétique, assez délicieux. On ne rit pas aux éclats mais on s’envole comme le coquelicot à la fin du film.

 

La Part des anges, Ken Loach (The Angels’Share, vo)

Un prix au dernier Festival de Cannes, pour la 17è participation de son auteur.

Paul Brannigan

Paris, Odéon, 1er juillet (11 heures)

Ken Loach persiste et signe dans sa défense des plus démunis de son pays. Là, des petits voleurs et délinquants vont réussir un casse de Whisky (écossais). Cela commence gravement et se poursuit dans la comédie. Ce film n’est pas “hilarant” comme le prétendent les affiches, mais on y prend beaucoup de plaisir et on ne ressort pas traumatisé comme pour certains de ses autres films !

 

A bientôt, fin juillet ou début août !

(La Sarthe prévue quelques jours en juillet.)

 

 

 

 

 

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 10:56

Ce mois-ci (après une période difficile où j'ai été obligée de m'absenter), vous verrez que je ne me montre pas très "intello" en préférant Lorraine Levy à David Cronenberg (ah ! où sont "History of Violence" et "les Promesses de l'ombre" ?). Je fatigue un peu du cinéma trop recherché et j'ai même dit à une amie : "Je vais retourner voir les "Fantômas" avec Louis de Funès !" Oui, décidément, je fatigue...

 

DONC, COTE CINE :

 

De rouille et d’os, Jacques Audiard

D’après Craig Davidson (canadien)

Marion Cotillard, Matthias Schoenhaerts

Montargis, 20 mai

Plus d’un mois sans ciné : j’ai résisté ! J’ai la chance de reprendre le cinéma avec ce beau film dans lequel quand même, j’avoue, j’ai eu un peu de mal à entrer. Film “de mec”. Les rapports du trio L’homme/le petit garçon/la jeune femme sont longs à se mettre en place. On y parle du handicap : le handicap physique et le handicap des sentiments. Film fort et beau.

 

Le prénom, Alexandre de la Patellière

Patrick Bruel, Charles Berling, De Tonquedec

Montargis, 25/5

Film que je suis allée voir pour me détendre. Agréable, sans plus. Lourdingue par moments. J’ai ri parfois quand même.

 

Cosmopolis, David Cronenberg

Robert Pattinson, Juliette Binoche

Montargis, 27/5

Film insupportablement prétentieux, insupportablement long, bourré de belles phrases qui ne veulent rien dire (enfin pour moi...). Avec en plus dans la salle des ados qui étaient venus pour Pattinson-le Vampire et qui n’ont pas arrêté de faire du bruit et de se déplacer. Je ne sais pas comment j’ai eu le courage de rester jusqu’au bout. Presque aussi ennuyeux que la Palme d’Or 2011 ! (29/5 : encore plus ennuyeux !) Les films de Cannes !... (comme dirait DM, ami Facebook).

 

Le fils de l’autre, Lorraine Levy

Emmanuelle Devos, Jules Sitruk, Pascal Elbé

Montargis, 29/5

J’ai bien aimé ce film qui ne cherche pas à donner de leçon (il s’agit quand même du conflit israëlo-palestinien) et qui raconte une histoire simplement et honnêtement. Les deux ados sont très bien et je suis toujours contente de voir E. Devos. La critique n’a pas été très tendre pour ce film, mais il semble que dernièrement les critiques n’aiment guère la simplicité. Ils préfèrent des films totalement ennuyeux et incompréhensibles (Cosmopolis) !

 

 COTE LITTERATURE, j'ai enchaîné de Romain Gary à Emile Ajar. J'ai lu pour la première fois "la vie devant soi" : il n'est jamais trop tard pour bien faire !

Et je suis en train de lire les confidences d'Antonia Fraser sur son célèbre mari Harold Pinter (ma première lecture en anglais) dans "Vous partez déjà ?". Le côté "People" de la littérature anglaise. Harold Pinter fut le génial dramaturge que l'on sait, mais aussi un grand dialoguiste de cinéma. A 18 ans, j'étais tombée amoureuse de sa photo sur une couverture de livre. J'ai toujours mélangé "texte" et "sexe". Il y a longtemps que je ne suis plus tombée amoureuse d'un écrivain... Je vieillis ? (Non, ne me parlez pas du vieillissement. Haneke a même eu la Palme d'Or pour un film sur les vieux. Au secours !)

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Au 28/6/12 : 10 visiteurs ce mois-ci. Pas terrible. Mais bon, c'est 10 quand même ! (Sylvie M, JM, Gwenn, Gauthier ? Léa ; ça fait 5, je ne sais qui sont les autres.

 

Ah, Paris le week-end qui vient : concert Mozart samedi soir à l'Oratoire du Louvre (S.B., mon amie de jeunesse, y chante), Berthe Morisot, Ken Loach, Bruno Podalydès. (Nouvelles dans mon bloc-notes de Juin 2012.)

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 17:15

Haut, très haut au-dessus du pôle Nord, le premier jour de l’an 1969, deux professeurs de littérature anglaise s’approchaient l’un de l’autre à une vitesse cumulée de 1920 kilomètres à l’heure.

 

“Changement de décor”, David Lodge

 

Du côté des livres :

Excellent David Lodge en effet. J’ai beaucoup aimé relire ce roman d’échanges de profs de fac, l’un anglais, l’autre américain, dans l’atmosphère vraiment très troublée de 1968. Avec un déferlement de jeunes, bien jeunes et bien agités pour ces deux messieurs qui commencent à vieillir et qui ont d’autres problèmes. Ils sont obligés d’assister à toute cette agitation et s’en sortent comme ils peuvent, participent même parfois. Et ils échangent leurs femmes, ce qui est très drôle. Encore une fois, je me suis bien marrée avec cet auteur qui est devenu un peu sinistre plus tard avec “Thérapie” et avec ses prétentions de parler d’autres écrivains, comme de James par exemple dont il parle très mal et avec beaucoup d’irrespect à mon avis.

 

Suivant les conseils de Monsieur G. , me voilà plongée ensuite dans FICTIONS de Jorge Luis Borges auquel je ne comprends RIEN. Je me dis à nouveau (comme bien des fois) que je dois être un peu idiote malgré mes longues études d’anglais. Ou alors je ne suis vraiment pas sensible à la littérature de langue espagnole. Borges fait apparemment la critique littéraire de livres qui n’ont jamais existé. Je ne comprends ni le genre ni le but ! Pauvre Joëlle !

 

J’ai abandonné avant la fin LA GLACE A L’ANANAS, de Christine de Rivoyre, qui s’est prise pour Salinger. Mais n’est pas SALINGER qui veut. En plus C. de Rivoyre est une réac (ou non, pas une réac, mais quelqu‘un qui excuse les violeurs par exemple -c‘est la faute des femmes - chose qui évidemment choque le lecteur d‘aujourd‘hui), ce qui apparaît souvent et n’est pas du tout le cas bien sûr de Salinger.

 

Pour me consoler de tout ça, j’emprunte dans la bibliothèque de ma mère “Gros-Câlin” d’Emile Ajar, roman que j’aime beaucoup, qui me touche beaucoup, écriture moderne et réflexion émouvante sur la SOLITUDE. Décidément, je suis abonnée à Romain Gary/Emile Ajar ces temps-ci. Etonnant bonhomme.

 

Je lis Baudelaire toujours, mais il me faudrait un prof de français (à côté de moi dans mon lit ?).

 

Du côté du cinoche :

Triste mois d’avril. Je n’ai pas pu aller au ciné à Gap où je “gardais” mon père et les trucs-machins plus ou moins de SF qui sortent ne sont pas mon genre du tout.

 

Americano, Mathieu Demy

Mathieu Demy, Salma Hayek

Montargis, 2 avril

Un fils à la recherche d’une jeune amie (d’origine mexicaine ) de sa mère décédée (aux Etats-Unis alors que lui vit en France). C’est un long chemin, difficile, plein d’embûches. Le héros va au Mexique et prend plein de coups. Mathieu Demy n’a pas choisi la facilité pour son premier film. C’est plutôt bien.

 

My week with Marilyn, Simon Curtis

Michelle Williams, Kenneth Brannagh, Eddie Redmayne

Montargis, 6 avril

Le tournage du “Prince et la Danseuse” de Lawrence Olivier. Un jeune assistant, amoureux du cinéma, est témoin puis acteur auprès de la belle et fragile Marilyn. Une rencontre qui marquera sa vie. Les deux héros sont assez touchants, mais le film est peut-être un peu trop léché.

 

Mais je verrai peut-être d’autres films d’ici fin avril (aujourd’hui nous sommes le 25).

 

Triste, triste mois d’avril. Je me caille ( et je me suis caillée à Neffes/Gap). Je fais partie des gens qui commencent à avoir de sérieux soucis avec leurs parents vieillissants. C’est comme ça. Je sais que je ne suis pas la seule. Mon Dieu, faites que l’avenir ne soit pas trop dur...

 

Pas beaucoup de visiteurs pour mon bloc-notes du mois de mars.

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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 14:54

 

 

Viens mon beau chat, sur mon cœur amoureux ;

Retiens les griffes de ta patte,

Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux,

Mêlés de métal et d’agate.

 

Baudelaire

 

Du côté des livres

Je me permets de reparler de David Lodge et Alison Lurie. Comme j’avais un peu de mal à me plonger dans “Liaisons étrangères” (Lurie), j’ai relu “Un tout petit monde” (Lodge). Dans ce roman, un jeune Irlandais complètement hurluberlu poursuit de congrès savant (de critiques littéraires, on y parle beaucoup de structuralisme) en congrès savant une jeune fille elle aussi bien savante. Il la rencontre dans un premier congrès, tombe éperdument amoureux, puis passera tout le livre à la louper d’un cheveu, pour finir par perdre sa virginité avec sa jumelle tout à la fin du roman. Désillusion. Alors, il décide de se mettre à poursuivre une autre jeune fille. Tout en croisant des professeurs à la recherche de gloire et de jolies femmes, des professeurs prétentieux et peu moraux. Tout cela pour une critique acerbe du milieu universitaire (anglais et américain) qui est extrêmement savoureuse. J’ai moins ri que la première fois que je l’avais lu, mais j’ai bien ri quand même. Du coup, entraînée par Lodge, je reprends “Liaisons étrangères” et apprécie mieux les deux personnages principaux, tous les deux américains et perdus quelques mois dans une Angleterre qu’ils ont parfois du mal à saisir. Le pauvre Fred (jeune Américain très sain) est violemment amoureux d’une actrice anglaise complètement folle, et la pas très jolie Vinnie (professeur américaine elle aussi, vieillissante) vivra peut-être un dernier bel amour avec un compatriote à la recherche de ses racines anglaises. Mais il meurt. Fred et Vinnie doivent retourner aux Etats-Unis après ces expériences anglaises pas très concluantes. Alison Lurie est plus subtile que David Lodge, son humour est plus en retrait, mais on ressort de son roman en se sentant plus intelligent. Comme souvent, je me dis que dans les romans anglais (Alison Lurie est un peu anglaise quelque part), les intrigues sont plus solides et la psychologie est plus fine que dans les romans français. Les Français ont beaucoup de chemin à faire pour atteindre la subtilité d’une Alison Lurie et la drôlerie d’un David Lodge. D’ailleurs, franchement, les auteurs français ne sont pas rigolos. Chez nous, c’est le règne de la sinistrose (voir Michel H.).

 

J’ai bien aimé quand même “Jours inquiets dans l’île Saint-Louis” de Frédéric Vitoux, un auteur que je ne connaissais pas et que j’ai vu dans “la grande librairie”. Roman léger, agréable, où un monsieur d’un certain âge doit faire face à une jeune et jolie intrépide et à un maître-chanteur (lié au monde littéraire parisien) fort inquiétant. C’est un roman un peu policier qui décrit “un tout petit monde” (lui aussi) parisien, les Parisiens de l’île Saint-Louis. J’aimerais beaucoup déjeuner dans cette île avec Monsieur Vitoux qui a l’air d’être un monsieur de fort bonne compagnie (j’ai bien aimé sa description des repas dans les différents restaurants de l’île).

 

Je suis en train de lire “la Glace à l’ananas” de Christine de Rivoyre (l’auteur de “la Mandarine”). Cela a un peu le ton de “l’Attrape-cœurs”. Oui, je sais : cela ne date pas d’hier. J’ai acheté ce livre 40 centimes dans la librairie de livres soldés à Saint-Michel. J’ai fait plusieurs petits séjours à Paris récemment, mon Beau Paris, Paris béni.

 

Peu de ciné ce mois-ci :

Peu de ciné car les films de mars étaient fort peu stimulants. Entre “Cloclo” (ex-idole que j’apprécie peu : ceci est un euphémisme) et “38 témoins”, bonjour Madame Angoisse !

 

 

Les infidèles, film à sketches

Jean Dujardin, Gilles Lellouche

Gien, 2 mars

Film horriblement vulgaire. Par moments j’ai ri quand même. Le sketch d’Emanuelle Bercot avec J. Dujardin et Alexandra Lamy est le plus réussi et le plus fin (celui justement où l’on ne rit pas) : je ne peux m’empêcher de signaler que c’est celui d’une femme.

 

The descendants, Alexander Payne (V.O.)

George Clooney

Montargis, 21 heures, 4 mars

Fallait-il que je veuille voir ce film pour me déplacer un dimanche soir à Montargis pour revenir à Gien à minuit ! Ce film méritait tout à fait le déplacement. Une femme vient d’avoir un accident grave à Hawaï, elle est dans le coma pour quelques jours et, pendant ces quelques jours, G. Clooney va devoir être confronté à ses deux filles, à la nouvelle de l’infidélité de sa femme, à une histoire de succession. Il fait face plus ou moins bien d’abord, puis avec détermination et courage. L’histoire est intéressante à suivre et Clooney compose un beau personnage.

 

22/3. Paris - Croisière sur la Seine - Degas et le nu, musée d’Orsay.

 

Oslo 31 août, Joachim Trier (VO)

Montargis, 26 mars

Excellent film d’après “le feu follet” de Drieu La Rochelle. La journée libre d’un jeune homme qui est en cure de désintoxication et dont la désintoxication pourrait être réussie. Mais le film commence quand même par une tentative de suicide (comme “Two lovers” de James Gray) dans une rivière. Les anciens amis, un entretien d’embauche, des occasions ratées... J’ai beaucoup aimé.

 

Ce dernier film est je pense le meilleur film que j’ai vu depuis le début de l’année.

 

Hasta la vista, Geoffrey Enthoven (V.O.)

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Montargis, 31 mars

Claude Lelouch est tombé amoureux de ce film et le produit. Je comprends cet engouement. Trois handicapés (de langue flamande) veulent aller dans un bordel espagnol pour se faire dépuceler. Ils y seront conduits par une grosse infirmière (son poids est son handicap à elle) de langue française. C'est toute une organisation, tout un périple, et l'hostilité qui existe tout d'abord entre les trois jeunes hommes et l'infirmière fait un des grands intérêts du film. Ce film est un road movie (genre que j'aime bien) réussi, émouvant, parfois drôle, qui ne donne pas forcément la part belle aux handicapés.

 

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Published by Joëlle Carzon - dans bloc-notes
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