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Biographie De L'auteur

  • : Le blog de Joëlle Carzon écrivain du Loiret
  • : Ce blog est destiné aux écrivains et aux lecteurs qui aiment romans et poésies. Il présentera tous les écrits et toutes les activités de Joëlle Carzon, auteur de poèmes et romans. Ce blog n'est pas destiné à recevoir des messages violents, ou politiques, ou religieux. (Suite à un messages troublant reçu ce jour : 25/12/12)
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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 17:15

Haut, très haut au-dessus du pôle Nord, le premier jour de l’an 1969, deux professeurs de littérature anglaise s’approchaient l’un de l’autre à une vitesse cumulée de 1920 kilomètres à l’heure.

 

“Changement de décor”, David Lodge

 

Du côté des livres :

Excellent David Lodge en effet. J’ai beaucoup aimé relire ce roman d’échanges de profs de fac, l’un anglais, l’autre américain, dans l’atmosphère vraiment très troublée de 1968. Avec un déferlement de jeunes, bien jeunes et bien agités pour ces deux messieurs qui commencent à vieillir et qui ont d’autres problèmes. Ils sont obligés d’assister à toute cette agitation et s’en sortent comme ils peuvent, participent même parfois. Et ils échangent leurs femmes, ce qui est très drôle. Encore une fois, je me suis bien marrée avec cet auteur qui est devenu un peu sinistre plus tard avec “Thérapie” et avec ses prétentions de parler d’autres écrivains, comme de James par exemple dont il parle très mal et avec beaucoup d’irrespect à mon avis.

 

Suivant les conseils de Monsieur G. , me voilà plongée ensuite dans FICTIONS de Jorge Luis Borges auquel je ne comprends RIEN. Je me dis à nouveau (comme bien des fois) que je dois être un peu idiote malgré mes longues études d’anglais. Ou alors je ne suis vraiment pas sensible à la littérature de langue espagnole. Borges fait apparemment la critique littéraire de livres qui n’ont jamais existé. Je ne comprends ni le genre ni le but ! Pauvre Joëlle !

 

J’ai abandonné avant la fin LA GLACE A L’ANANAS, de Christine de Rivoyre, qui s’est prise pour Salinger. Mais n’est pas SALINGER qui veut. En plus C. de Rivoyre est une réac (ou non, pas une réac, mais quelqu‘un qui excuse les violeurs par exemple -c‘est la faute des femmes - chose qui évidemment choque le lecteur d‘aujourd‘hui), ce qui apparaît souvent et n’est pas du tout le cas bien sûr de Salinger.

 

Pour me consoler de tout ça, j’emprunte dans la bibliothèque de ma mère “Gros-Câlin” d’Emile Ajar, roman que j’aime beaucoup, qui me touche beaucoup, écriture moderne et réflexion émouvante sur la SOLITUDE. Décidément, je suis abonnée à Romain Gary/Emile Ajar ces temps-ci. Etonnant bonhomme.

 

Je lis Baudelaire toujours, mais il me faudrait un prof de français (à côté de moi dans mon lit ?).

 

Du côté du cinoche :

Triste mois d’avril. Je n’ai pas pu aller au ciné à Gap où je “gardais” mon père et les trucs-machins plus ou moins de SF qui sortent ne sont pas mon genre du tout.

 

Americano, Mathieu Demy

Mathieu Demy, Salma Hayek

Montargis, 2 avril

Un fils à la recherche d’une jeune amie (d’origine mexicaine ) de sa mère décédée (aux Etats-Unis alors que lui vit en France). C’est un long chemin, difficile, plein d’embûches. Le héros va au Mexique et prend plein de coups. Mathieu Demy n’a pas choisi la facilité pour son premier film. C’est plutôt bien.

 

My week with Marilyn, Simon Curtis

Michelle Williams, Kenneth Brannagh, Eddie Redmayne

Montargis, 6 avril

Le tournage du “Prince et la Danseuse” de Lawrence Olivier. Un jeune assistant, amoureux du cinéma, est témoin puis acteur auprès de la belle et fragile Marilyn. Une rencontre qui marquera sa vie. Les deux héros sont assez touchants, mais le film est peut-être un peu trop léché.

 

Mais je verrai peut-être d’autres films d’ici fin avril (aujourd’hui nous sommes le 25).

 

Triste, triste mois d’avril. Je me caille ( et je me suis caillée à Neffes/Gap). Je fais partie des gens qui commencent à avoir de sérieux soucis avec leurs parents vieillissants. C’est comme ça. Je sais que je ne suis pas la seule. Mon Dieu, faites que l’avenir ne soit pas trop dur...

 

Pas beaucoup de visiteurs pour mon bloc-notes du mois de mars.

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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 14:54

 

 

Viens mon beau chat, sur mon cœur amoureux ;

Retiens les griffes de ta patte,

Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux,

Mêlés de métal et d’agate.

 

Baudelaire

 

Du côté des livres

Je me permets de reparler de David Lodge et Alison Lurie. Comme j’avais un peu de mal à me plonger dans “Liaisons étrangères” (Lurie), j’ai relu “Un tout petit monde” (Lodge). Dans ce roman, un jeune Irlandais complètement hurluberlu poursuit de congrès savant (de critiques littéraires, on y parle beaucoup de structuralisme) en congrès savant une jeune fille elle aussi bien savante. Il la rencontre dans un premier congrès, tombe éperdument amoureux, puis passera tout le livre à la louper d’un cheveu, pour finir par perdre sa virginité avec sa jumelle tout à la fin du roman. Désillusion. Alors, il décide de se mettre à poursuivre une autre jeune fille. Tout en croisant des professeurs à la recherche de gloire et de jolies femmes, des professeurs prétentieux et peu moraux. Tout cela pour une critique acerbe du milieu universitaire (anglais et américain) qui est extrêmement savoureuse. J’ai moins ri que la première fois que je l’avais lu, mais j’ai bien ri quand même. Du coup, entraînée par Lodge, je reprends “Liaisons étrangères” et apprécie mieux les deux personnages principaux, tous les deux américains et perdus quelques mois dans une Angleterre qu’ils ont parfois du mal à saisir. Le pauvre Fred (jeune Américain très sain) est violemment amoureux d’une actrice anglaise complètement folle, et la pas très jolie Vinnie (professeur américaine elle aussi, vieillissante) vivra peut-être un dernier bel amour avec un compatriote à la recherche de ses racines anglaises. Mais il meurt. Fred et Vinnie doivent retourner aux Etats-Unis après ces expériences anglaises pas très concluantes. Alison Lurie est plus subtile que David Lodge, son humour est plus en retrait, mais on ressort de son roman en se sentant plus intelligent. Comme souvent, je me dis que dans les romans anglais (Alison Lurie est un peu anglaise quelque part), les intrigues sont plus solides et la psychologie est plus fine que dans les romans français. Les Français ont beaucoup de chemin à faire pour atteindre la subtilité d’une Alison Lurie et la drôlerie d’un David Lodge. D’ailleurs, franchement, les auteurs français ne sont pas rigolos. Chez nous, c’est le règne de la sinistrose (voir Michel H.).

 

J’ai bien aimé quand même “Jours inquiets dans l’île Saint-Louis” de Frédéric Vitoux, un auteur que je ne connaissais pas et que j’ai vu dans “la grande librairie”. Roman léger, agréable, où un monsieur d’un certain âge doit faire face à une jeune et jolie intrépide et à un maître-chanteur (lié au monde littéraire parisien) fort inquiétant. C’est un roman un peu policier qui décrit “un tout petit monde” (lui aussi) parisien, les Parisiens de l’île Saint-Louis. J’aimerais beaucoup déjeuner dans cette île avec Monsieur Vitoux qui a l’air d’être un monsieur de fort bonne compagnie (j’ai bien aimé sa description des repas dans les différents restaurants de l’île).

 

Je suis en train de lire “la Glace à l’ananas” de Christine de Rivoyre (l’auteur de “la Mandarine”). Cela a un peu le ton de “l’Attrape-cœurs”. Oui, je sais : cela ne date pas d’hier. J’ai acheté ce livre 40 centimes dans la librairie de livres soldés à Saint-Michel. J’ai fait plusieurs petits séjours à Paris récemment, mon Beau Paris, Paris béni.

 

Peu de ciné ce mois-ci :

Peu de ciné car les films de mars étaient fort peu stimulants. Entre “Cloclo” (ex-idole que j’apprécie peu : ceci est un euphémisme) et “38 témoins”, bonjour Madame Angoisse !

 

 

Les infidèles, film à sketches

Jean Dujardin, Gilles Lellouche

Gien, 2 mars

Film horriblement vulgaire. Par moments j’ai ri quand même. Le sketch d’Emanuelle Bercot avec J. Dujardin et Alexandra Lamy est le plus réussi et le plus fin (celui justement où l’on ne rit pas) : je ne peux m’empêcher de signaler que c’est celui d’une femme.

 

The descendants, Alexander Payne (V.O.)

George Clooney

Montargis, 21 heures, 4 mars

Fallait-il que je veuille voir ce film pour me déplacer un dimanche soir à Montargis pour revenir à Gien à minuit ! Ce film méritait tout à fait le déplacement. Une femme vient d’avoir un accident grave à Hawaï, elle est dans le coma pour quelques jours et, pendant ces quelques jours, G. Clooney va devoir être confronté à ses deux filles, à la nouvelle de l’infidélité de sa femme, à une histoire de succession. Il fait face plus ou moins bien d’abord, puis avec détermination et courage. L’histoire est intéressante à suivre et Clooney compose un beau personnage.

 

22/3. Paris - Croisière sur la Seine - Degas et le nu, musée d’Orsay.

 

Oslo 31 août, Joachim Trier (VO)

Montargis, 26 mars

Excellent film d’après “le feu follet” de Drieu La Rochelle. La journée libre d’un jeune homme qui est en cure de désintoxication et dont la désintoxication pourrait être réussie. Mais le film commence quand même par une tentative de suicide (comme “Two lovers” de James Gray) dans une rivière. Les anciens amis, un entretien d’embauche, des occasions ratées... J’ai beaucoup aimé.

 

Ce dernier film est je pense le meilleur film que j’ai vu depuis le début de l’année.

 

Hasta la vista, Geoffrey Enthoven (V.O.)

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Montargis, 31 mars

Claude Lelouch est tombé amoureux de ce film et le produit. Je comprends cet engouement. Trois handicapés (de langue flamande) veulent aller dans un bordel espagnol pour se faire dépuceler. Ils y seront conduits par une grosse infirmière (son poids est son handicap à elle) de langue française. C'est toute une organisation, tout un périple, et l'hostilité qui existe tout d'abord entre les trois jeunes hommes et l'infirmière fait un des grands intérêts du film. Ce film est un road movie (genre que j'aime bien) réussi, émouvant, parfois drôle, qui ne donne pas forcément la part belle aux handicapés.

 

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 15:12

Homme libre, toujours tu chériras la mer !

La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme

Dans le déroulement infini de sa lame,

Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.

 

Tu te plais à plonger au sein de ton image...

 

Baudelaire (“les Fleurs du mal”, édition illustrée par Henri Matisse - que je viens d’acheter.)

 

 

J’ai terminé mon précédent bloc-notes par le sourire de Jean Dujardin : je ne croyais pas si bien dire. On est transfiguré, envahi, immergé dans/par le sourire de Jean Dujardin ces derniers jours. Cocorico (je suis personnellement ravie) ! J’en profite pour rappeler au passage “le Bruit des glaçons” de Bertrand Blier, film à l’humour tendre mais aussi glaçant que j’avais beaucoup aimé. Que vive et joue longtemps, longtemps Jean Dujardin.

 

Cinéma ce mois-ci donc (février) :

La vérité si je mens 3, Thomas Gilou

José Garcia, Richard Anconina, Gilbert Melki (mon préféré)...

Gien, 4 février

Les magouilles, le fric et l’amitié. On retrouve avec plaisir les mêmes acteurs masculins, et les filles sont pas mal non plus (Léa Drucker). 5/2 : ouais, c’est vrai, c’est nul ! Et Anconina, que j’ai connu plus inspiré dans les années 80 (dans “Tchao Pantin“ et dans ce film dont j‘ai un extraordinaire souvenir, avec Marie Dubois, “L‘Intrus“ d‘Irène Jouannet - 1984), fait ici le minimum syndical.

 

La taupe, Tomas Alfredson

Gary Oldman, Benedict Cumberbatch (le récent Sherlock Holmes génial TV)

Montargis, 11/2

Beaucoup de gens semblent s’être ennuyés à ce film, mais, malgré la complexité de l’intrigue, je ne me suis pas ennuyée et j’ai même beaucoup aimé. L’atmosphère Guerre froide et années 60 est très bien rendue et le personnage de George Smiley est parfait. Colin Firth fait un très bon traître. J’adhère.

 

Sherlock Holmes 2, ? des ombres, Guy Ritchie

Robert Downey Junior, Jude Law, Rachel Mac Adams

Montargis, 18/2

J’ai préféré ce numéro 2 au numéro 1, trop sombre. Humour et action. Les deux acteurs (surtout Jude Law) sont très bien, les décors sont somptueux, on ne s’ennuie pas. Ce n’est cependant pas mon genre de film (qu’est-ce qu’est mon “genre” de film ? Hum... Rohmer ou Cronenberg ?!) J’attends Paris (24) pour choisir mieux mes films.

 

Albert Nobbs, Rodrigo Garcia

Paris, Gaumond Opéra, 24 février

Glenn Close

Un film en costumes qui se passe en Irlande où les femmes, encore plus que le reste de la population, étaient bien maltraitées. L’héroïne se déguise en homme pour gagner sa vie et découvre qu’elle n’est pas la seule. Un beau film sur la dureté d’une époque et la solitude.

 

Un monde sans femmes, Guillaume Brac

Paris, la Clef, 25/2

Vincent Macaigne

Encore un film sur la solitude, quoique rien à voir avec le précédent. Une belle description d’un homme timide dans une petite ville de bord de mer (côte picarde). Cet homme est confronté à deux femmes, la mère et la fille, qui viennent passer des vacances là. C’est un morceau de vie, très touchant. La promesse d’un super bon réalisateur. Quant à Vincent Macaigne (il paraît que c’est un metteur en scène de théâtre connu), il est formidable : doux, touchant, embarrassé... Un super acteur.

 

Et du côté de la Littérature :

 

J’ai déjeuné (au Del Papa rue de Buci) le 25 février avec “mon” Gauthier Jurgensen et je lui ai dit à quel point j’avais du mal à savoir ce que je préférais. Quoi ? Etre dans un fauteuil rouge dans un cinéma (mon Dieu, qu’y a-t-il de meilleur ?). Ou être avec un bon livre entre les mains avec l’impression de posséder le monde, d’ETRE le monde... ?

 

Je regarde toujours “la Grande Librairie” de François Busnel (regardez ses “Carnets de route”aux Etats-Unis : c’est une merveille) et celui-ci m’a fait acheter et lire donc LE TAPIS DU SALON d’Annie Saumont. Annie Saumont est une très vieille dame et, au cours de l’émission, Régis Jauffrey (ses “Microfictions” m’attendent toujours depuis au moins un an) est venu très gentiment, très galamment à sa rescousse car elle s’exprimait avec peine. Ceci dit, non, vraiment, ce n’est pas mon style de littérature. Aussitôt lu aussitôt oublié. Elle est paraît-il très appréciée à l’étranger, ce qui ne m’étonne guère pour les U.S.A. où Carver écrivait comme ça : c’est du mini-mini-minimalisme. Moi aussi je suis capable de faire “ça” (voir ma nouvelle “le Bouquet” sur ce blog) et moi on ne me publie pas. Oui, c’est injuste ! Je m’en vais cracher mon venin (“7 rue Pierre-Brossolette”, c’est tout de même mieux aussi que Samuel Benchetrit, et pourtant aucun éditeur n’en a voulu !). INJUSTICE, ENFER, ET DAMNATION ! ça y est, j’ai craché ma rancune et ma haine et je peux retourner à mon amour de la Littérature.

 

J’ai lu aussi ce mois-ci les PIECES d’Alan Ayckbourn (auteur tant aimé d’Alain Resnais - tome 5 en anglais), au comble du délice. Voilà un grand auteur de théâtre capable d’aborder tous les sujets avec la même aisance. J’ai lu Emeline Guillet (“mes deux étoiles”, livre policier d’une amie d’une amie à moi), l’ABCdaire du Chat (C majuscule à Chat, mon être magique, j’en parlerai peut-être un jour dans ce blog) et je suis en train de lire la merveilleuse Alison Lurie (LIAISONS ETRANGERES) qu’on peut rapprocher de David Lodge pour leurs sujets communs d’échanges de profs d’université entre les Etats-Unis et l’Angleterre. D’ailleurs, je crois qu’Alison Lurie et David Lodge sont amis. Pour ce qui est de David Lodge, je viens de voir (3 jours intenses à Paris), au théâtre Montparnasse “Pensées secrètes” (“Thoughts” in English) avec les excellents Isabelle Carré et Samuel Labarthe (le Dominique de Villepin de “la Conquête”). David Lodge et Alison Lurie sont les deux romanciers ces dernières années qui m’ont fait le plus rire (de vrais éclats de rire). J’ai ressorti “Un tout petit monde” de Lodge que je vais relire après Alison Lurie.

 

 

Comme mon cœur balance entre la Littérature et le cinéma, mon cœur balance entre Paris et le Loiret. J’ai retrouvé ma Loire (qui a charrié des glaçons il n’y a pas si longtemps) avec plaisir.

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12/3/12

311 visiteurs depuis 2009.

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 16:23

Quelques films :

 

Quelques films en ce début d’année, mais rien d’enthousiasmant. J’attends les bons films de 2012. L’année dernière, il a fallu attendre septembre pour enfin éprouver un peu d’enthousiasme.

 

L’art d’aimer, Emmanuel Mouret

Montargis, 8 janvier

Avec ses acteurs habituels (lui-même, Frédérique Bel, Jean-Michel Cohen, Ariane Ascaride...), Emmanuel Mouret parle de l’amour, de l’attente, des hésitations de l’amour... avec beaucoup de tact mais aussi d’ironie et de drôlerie. J’ai aimé mais moins que ses précédents films.

Une vie meilleure, Cédric Kahn

Guillaume Canet, Leila Bekhti

Montargis, 14/1

Un nouveau film sur le surendettement (voir le film de Philippe Lioret) avec un cuisinier (G. Canet) qui veut ouvrir un resto au bord d’un lac avec sa petite amie. Celle-ci a un jeune fils. Tout se dégrade. Elle part au Canada, laissant son petit garçon à Guillaume Canet qui devient père malgré lui, et plutôt un bon père. C’est un long chemin qui mènera jusqu’au Canada, jusqu’à la blancheur rêvée d’un autre monde.

Cédric Kahn prend son temps pour décrire le parcours plein d’embûches d’un homme, et c’est bien.

L’amour dure trois ans, Frédéric Beigbeder

Montargis, 21 janvier

Nul, mais Gaspard Proust est pas mal et Louise Bourgoin est très affriolante, comme dirait Télérama. Et, malgré la nullité du film, j’ai découvert F. Beigbeder (à travers les interviews) qui est un personnage très sympathique !

Les Bien-aimés, Christophe Honoré (avec le festival Télérama. Ce film m’a échappé en 2011.)

Montargis, 23/1

Catherine Deneuve, Chiara Mastroianni, Ludivine Sagnier, Louis Garrel. Deux trajectoires d’une mère et d’une fille des années 60 à nos jours. Toujours avec les jolies chansons d’Alex Beaupin chantées par les acteurs, à Paris, Prague, Londres. Chiara Mastroianni compose un beau personnage tragique. Pour les cinéphiles peut-être... J’aime bien CH. Honoré finalement (j’avais détesté “non, ma fille...” et j’avais adoré “les chansons d’amour”). Le film est beau, il parle bien de l’amour et du temps qui passe.

 

Et côté littérature :

- J’ai beaucoup aimé “Solar” (“Solaire”) du très doué Ian McEwan. Ian McEwan, Jonathan Coe (anglais lui aussi) et Emmanuel Carrère sont mes trois romanciers préférés de ces dernières années. Tous les trois étudient avec acuité notre époque moderne et n’hésitent pas à nous mettre mal à l’aise en nous racontant les tares de cette fin du XXe siècle - début du XXIe siècle. Dans “Solaire”, Ian McEwan s’amuse à nous décrire les aventures-mésaventures d’un anti-héros, physicien raté couvert de femmes, gourmand et alcoolique, qui pique les travaux d’un jeune collègue (qu’il élimine plus ou moins) et se les approprie pour passer pour un héros de notre époque soi-disant écolo, soi-disant sur la voie du progrès. Ce livre est plein d’ironie et de méchanceté, on rit jaune finalement. McEwan ne (nous) pardonne rien et je pense qu’il a raison.

 

J’ai lu aussi, un peu par hasard (le hasard des achats à la vente des livres pour Amnesty International à Gien) Chien blanc, de Romain Gary. Cela se passe en 1968. Romain Gary est aux Etats-Unis avec sa jeune épouse, l’actrice Jean Seberg qui donne une grande partie de ses cachets à la cause des Noirs. Un chien apparaît à leur porte, chien qu’ils décident de garder bien qu’il ait été dressé à chasser les Noirs. Ils le confient à un dresseur noir pour le rééduquer. A travers ce chien, Romain Gary décrit ses rapports difficiles avec les Noirs et la cause noire, et l’extrême cruauté de cette époque de l’histoire américaine. Sa lucidité est terrible. On n’est pas sûr de comprendre la dureté et la violence des uns et des autres. Personnellement, j’avais oublié l’extrême violence de cette période aux Etats-Unis et à quel point les Noirs avaient lutté jusqu’à l’extrêmisme, jusqu’à l’injustice, pour défendre leurs droits. Livre lucide et cruel.

C'est ce que j'appellerais une "littérature mâle" (Romain Gary est un homme, un vrai) dont je n'ai pas vraiment l'habitude.

 

 

Et si l’on parlait de psychanalyse...

 

Au printemps 1986, une psy me rendit le sommeil en une séance. Cela me parut miraculeux. J’allai chez elle dix fois. C’était dans ce qu’on appelle je crois “le triangle d’or” de Paris. Pas loin des Champs-Elysées, escalier et appartement luxueux, et une incompréhension totale de la part de la dame quand j’arrêtai quelques semaines faute d’argent. La psychanalyse pour les bourgeois et les riches ? Oui. Les pauvres n’ont pas le droit de se soigner, ils n’ont qu’à se réfugier dans le vin et la bouffe. Mais de toute façon...

 

De toute façon (1997-2001), je le sais maintenant, vous écoute-t-on vraiment quand vous parlez ? Les psys ont des schémas dans la tête, ils raisonnent par clichés. La souffrance, l’humiliation, la perte de la dignité, ma seconde psy a toujours refusé de les voir ou de les deviner. Elle me prenait pour une gamine farfelue, persuadée de son charme, uniquement occupée par l’écriture (oui, ça c’était vrai, un peu). Toute cette détresse (la détresse au travail en particulier), ce manque de confiance, cette hantise de ne pas plaire, elle les balayait d’un revers de la main. Quatre années, très bizarrement, à ne pas vouloir parler de certaines choses, du travail, des mauvais souvenirs... On croit rêver ! Quatre années dans un champ de coquelicots à mettre une chape de plomb sur les angoisses de ma vie. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes et tout le monde allait me tomber dans les bras. On ne peut tout de même pas ne jamais parler de ce qui m’avait bloquée toute ma vie ! Etrange psy vraiment.

 

Il fallait faire quoi ? Aller m’allonger sur le divan pendant dix ans ? En 2001, j’ai décidé que mes sous m’appartenaient, je suis retournée au cinéma et j’ai voyagé, et j’ai pris les médicaments magiques (enfin on me soignait) et je ne m’en suis pas portée plus mal. Les élèves ont continué à me faire c...., les hommes à ne pas me tomber dans les bras, mais au moins les griffes des psys ne s’en prenaient plus à mon argent.

 

Les psys (enfin, d’après ma petite expérience, j’en ai même eu un troisième que j’ai complètement oublié) s’amusent à vous faire tourner en rond pendant des années. On croit ressentir un soulagement, mais ce n’est qu’une dépendance de plus. Mieux vaut une bonne crise de rire avec ses amis ou une bonne bouteille de Champagne. Depuis 2001, je suis toujours cyclothymique, je navigue de la joie aux larmes, et ça a toujours été comme ça, et ça sera toujours comme ça, et personne ne s’en porte plus mal. Le ciel est bleu, puis le ciel est noir, et puis Jean Dujardin vous fait toujours de beaux sourires.

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15/2/12

Depuis le 26/2/09 : 298 visiteurs (j'ai très peu écrit en 2010), ouais, bientôt 300 !

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25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 15:06

Cinéma en cette fin 2011 :

 

The Lady, Luc Besson

Michelle Yeoh, David Thewlis

Montargis, 4 décembre (matin)

Aung San Suu Kyi, la Dame de Birmanie, vue par Luc Besson. Une belle actrice pour un film moyen. Luc Besson ne mérite pas toutes les méchancetés qu’on entend sur son film (“le Masque et la Plume”) ; ce n’est tout de même pas un film déshonorant !

 

Carnage, Roman Polanski

Jodie Foster, Kate Winslet, Christopher Waltz, ? Reilly

Montargis, 8/12

Un huis-clos théâtral d’après l’excellentissime Yasmina Reza (“le dieu du carnage”). Deux enfants se bagarrent, les parents se rencontrent pour régler les choses à l’amiable. Tout commence dans la politesse et le savoir-vivre, mais petit à petit les masques tombent. Un très bon Polanski, mais j’en ai préféré d’autres (“Ghost Writer” l’année dernière, “Frantic”, etc.)

 

La délicatesse, David et Stéphane Foenkinos

Audrey Tautou, François Damiens

Montargis, 23/12

Une jeune et jolie femme perd son mari, puis se réfugie dans le travail. Un nouvel homme apparaît, pas très beau, trop discret, délicat. J’adore les histoires d’amour et ceci est un joli film. Tautou et Damiens sont délicieux. Je n’avais pas lu le livre.

 

Livres, etc. Bilan de l’année

 

En cette fin d’année, j’ai craqué et j’ai lâché un peu les mémoires longues et intelligentes (trop intelligentes pour ma petite personne ?) d’Alan Bennett (“Untold Stories”) pour me retourner vers des livres plus faciles (et en français). J’ai besoin de maintenir le rythme de lecture (au moins 4 livres par mois), sinon j’ai l’impression de faire du sur-place. J’ai donc lu deux très bons romans policiers (anciens) : “Complicité” de Francis Iles et “La face obscure du dollar” de Ross MacDonald, le premier étant un roman policier très classique (genre cadavre dans la bibliothèque sans trucs abominablement sanguinaires), le second classique aussi dans le genre Détective- Américain -Revenu -De -Tout et mâchant du chewing-gum en comptant les cadavres sans se démonter. J’ai lu, en poussant des “oh !” indignés et en m’amusant prodigieusement “Courir avec des ciseaux” d’Augusten Burroughs qui mélange scatologie, sexe et passage de l’enfance à l’adolescence (livre découvert par hasard en fouinant dans la vente de Gien d’Amnesty International - collection 10/18, excellente collection). Comme lectrice, je me prétends classique (ON me prétend classique), mais je suis pleine de tolérance pour les déviants et les pervers !

Polanski m’a donné envie de lire Yasmina Reza et j’ai donc lu “Hammerklavier” (Poche) et quelques pièces de théâtre. Son théâtre m’a beaucoup touchée, c’est intelligent et tchékovien, mais je n’ai guère aimé “Hammerklavier” qui montre une Yasmina Reza qui se prétend à l’écoute du monde, mais que j’ai trouvée plutôt égoïste, intolérante, bref pas sympa. Mais c’est une impression personnelle, je me trompe peut-être complètement.

 

Deux autres lecteurs ont lu mon “7 rue Pierre-Brossolette”, mon seul roman publié à compte d’auteur, et me demandent comment ça se fait que je n’ai pas trouvé d’éditeur. Eternelle question qui me lamine le cœur.

 

L’une de ces lecteurs m’a offert “Solar” pour me remercier, roman de l’excellentissime Ian McEwan. Je suis en train de le lire ; c’est difficile (l’anglais) mais j’ai décidé d’être courageuse et studieuse et de le lire avec application. Ian McEwan est drôle et grinçant, son choix de sujets est toujours remarquable. Très bon auteur pour terminer l’année en continuant de me croire un peu intello (adjectif qui dans ma bouche n’est pas péjoratif - ça veut dire surtout que je continue à me creuser un peu le citron).

 

 

Suite du bilan de l’année :

Sur “Facebook”, je me suis fait des “amis” autour du cinéma. C’est chouette. Merci à Gauthier Jurgensen et David Marantz qui sont de jeunes critiques de cinéma. Ils me permettent d’être un peu jeune moi aussi, et de me croire à la page. Facebook, c’est plutôt pas mal. Vive le monde entier !

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26/12

Petit coup de déprime de ce 26 décembre : je me crois qui pour écrire sur le cinéma ? Enfin, j'écris juste quelques lignes pour chaque film, je sais bien, mais lorsque je lis les "vraies" critiques de mes amis Facebook, je me sens un peu lamentable. Ne devrais-je pas la boucler et me contenter des livres ? Et puis bon, et puis zut (mot disparu de la langue française), j'ai le droit de donner ma petite-petite opinion : "Incendies" est le meilleur film de l'année 2011 et "Tree of Life" (Palme d'Or) l'un des pires navets que j'aie jamais vus !

 

MES FILMS DE L'ANNEE 2011 :

-Incendies

- Polisse

- L'excercice de l'état

- Intouchables

- Midnight in Paris

- Une séparation

- La guerre est déclarée

- Drive

- Tomboy

- The artist

- Si tu meurs je te tue

- Angèle et Tony

(Les deux premiers en N°1 et N°2, et les suivants dans le désordre.)

 

PASSEZ DE BONNES FETES DE FIN D'ANNEE et QUE 2012 VOUS SOIT DOUX ET CULTUREL !

 

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12/1/2012

3 visiteurs à ce jour pour janvier 2012 : ô désespoir ! 280 visiteurs depuis le début de ce blog (2009).

Bon, Joëlle, va ton petit bout de chemin sans te lamenter. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

’aurai vu 59 films en cette année 2011. Bonne année cinématographique :”The Artist”, Polanski, Woody Allen, Maïwen, c’est pas mal. J’ai été moins sensible au coup de “Drive” (voir l’enthousiasme de Gauthier Jurgensen), mais sensible tout de même au charisme de l’acteur principal (Ryan Gosling) et à la violence bizarre de ce film. Les entrées d’”Intouchables” ont marqué cette année : j’ai bien ri, moi qui suis plutôt coincée pour les films soi-disant drôles. Et puis on ne peut qu’être sensible au message de fraternité de cette histoire.

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 17:38

 

Entre l’âge de quinze ans et l’âge de vingt-deux ans, j’ai lu plus que le reste de ma vie, et j’ai écrit quatre ou cinq romans, plus des tas d’autres choses (débuts de romans, centaines -oui, “centaines”- de poèmes). Et, en dehors de ça, je faisais mes études d’anglais et m’éduquais cinématographiquement. Et j’allais au “Masque et la Plume” à la Maison de la Radio et j’étais amoureuse. Amoureuse n’importe comment, désespérément, romantiquement, seule par-dessus toutes les ivresses de l’amour. Et à quoi m’a servi tout ça ? A rêver. A rester une rêveuse devant l’éternel. Je n’ai jamais retourné ma veste. Je ne me suis pas dit : et si tu VIVAIS un peu. Si tu allais danser, si tu draguais, si tu buvais quelques coups, si tu grimpais les montagnes (eh si, je les ai grimpées un peu...). Je suis restée cette sotte petite fille si savante et si inexpérimentée.

 

 

Enfin, un mariage quand même, une maison achetée près de celle de Colette, des amis un peu marginaux (à 25 ans), des boulots imbéciles qui me faisaient hurler d’ennui (et quelques jobs chouettes mais fort peu rémunérés), un boulot prenant et destructeur (prof), des détresses, des déprimes, des sauts dans l’inconnu... Je n’ai jamais cessé d’écrire jusqu’en 2006 où j’ai commencé à être un peu désespérée de n’être lue que par cinq ou six amis. J’écrivais des nouvelles alors, j’avais plein d’idées, plein d’histoires prenaient forme sous ma plume. L’écriture existe toujours bien sûr, mais mollement. Je suis la candidate molle de l’écriture. J’ai rejoint la rêvasserie et une immense paresse. Je ne crache pas sur ma paresse. Elle est bien, ma paresse, elle me fait du bien, elle me berce, elle me permet de rester en vie sans être trop essoufflée. Mieux vaut être paresseux que crier dans le vide et faire du mal à autrui. J’écris quelques poèmes, je me dis : “Ouais, tu es encore un peu écrivain.” Je lis les autres, j’admire encore beaucoup, je suis encore, malgré tout, Madame Littérature.

 

 

Que laisserai-je derrière moi ? Je n’ai pas d’enfants, alors j’ai arrêté de faire des photos et de garder les courriers (les rares courriers qui restent qui ne soient pas dans la grande machine Internet) : pour les laisser à qui ? J’ai cinquante-six ans et je me dis : “C’est comme si tu étais déjà morte. Les bouts de papier s’envolent comme des feuilles d’automne.” C’est l’automne. Il fait soleil et je rêvasse. Je rêve au temps où j’avais l’énergie d’écrire nuit et jour, je rêve au temps où les pas sur le sol étaient les pas d’un être bien vivant.

 

 

Mon corps est lui aussi une petite feuille d’automne. Mes écrits sont des étoiles bien lointaines, des étoiles sans nom. Je disparaîtrai très bientôt et mon corps sera enseveli dans les eaux de Loire, et chacun sait que l’eau n’a pas de mémoire.

 

 

13 novembre 2011

 

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Fin novembre :

 

 

Ouais, c’est un peu tristounet tout ça (voir ci-dessus). Ma soi-disant paresse est une déprime élégamment déguisée. Je ne suis pas paresseuse, je vais au gré du vent... Mais il y a tout de même une chose que je fais, et que je ferai tant que je pourrai, c’est aller au cinéma. Ouais, vive le cinoche !

 

 

Ce mois-ci, pour être un peu joyeux et croire en l’homme (et pour faire comme tout le monde !), il faut voir “Intouchables”. Et pour réfléchir et admirer un talent cinématographique (Pierre Schoeller), je vous recommande vivement “L’Exercice de l’Etat”.

 

 

Beginners (dvd), Mike Mills

Ewan McGregor, Mélanie Laurent (25/10)

Jolie comédie sur un jeune homme un peu perdu qui trouve l’amour après la mort d’un père qui a fait son coming out à 75 ans. Je n’avais pu voir ce film à sa sortie aussi j’ai acheté le DVD.

Les marches du pouvoir, George Clooney

Ryan Gosling, Philip Seymour Hofmann

Montargis, 29/10

Excellent film sur la campagne d’un candidat démocrate (mais elle pourrait être républicaine) avec, comme personnage principal, un jeune loup sous-directeur de campagne sous les trait du héros de “Drive”, Ryan Gosling. Intrigue assez palpitante, on suit toutes ces turpitudes avec beaucoup de plaisir.

La guerre est déclarée, Valérie Donzelli

Montargis, 31/10

Valérie Donzelli, Jérémy Elkaïm

Roméo et Juliette s’aiment et font un bébé. Le bébé a une tumeur au cerveau. Comment les deux jeunes gens vont affronter la maladie, et il y a la famille, les amis, les médecins... Ces jeunes femmes (Maïwenn, Valérie Donzelli) sont décidément bien douées. Et quelle belle énergie !

 

Intouchables, Eric Toledano et Olivier Nakache

Omar Sy, François Cluzet

Gien, 5/11

J’ai râlé une bonne partie de l’année pour cause de médiocrité des films que je voyais, mais là, en cette fin d’année, avec Maïwenn et Valérie Donzelli, on a un bon cru. Films très sentimentaux certes, mais on va au cinéma pour être ému (et heureux dans le cas de ce film), non ? Omar Sy et François Cluzet (cloué dans son fauteuil) forment un duo incroyable et dynamique, et on croit à cette histoire d’amitié entre deux hommes que tout sépare. Pierre Murat (Télérama) a vraiment tort de dire que tout cela n’est plus du cinéma. C’est au contraire du cinéma tel qu’on aimerait en voir tous les jours.

Tintin, le secret de la Licorne, Steven Spielberg (des acteurs réels transformés en espèces de caricatures, motion capture)

Montargis, dimanche 6/11

Des poursuites réussies, des bateaux (ceux du passé et ceux du temps du film) formidables, des personnages assez convaincants, mais je reste un peu frustrée par ce film. Le couple Dupont/d est raté, la Castafiore aussi. Beaux décors. Bref, je suis un peu mitigée par tout ça. Un monde fou dans le cinéma. “Intouchables “ et “Tintin” attirent une foule de gens. Tant mieux pour le cinéma, mais je préfère aller voir des films les lundis ou vendredis.

Toutes nos envies, Philippe Lioret

Marie Gillain, Vincent Lindon

Montargis, 11/11

Librement inspiré de l’excellent “d’autres vies que la mienne” d’Emmanuel Carrère. Deux juges, dont l’une est touchée par un cancer, luttent contre les organismes de crédit. Leur ténacité, leur amitié jusqu’à la mort. Film très sérieux. Marie Gillain très bien, Vincent Lindon toujours aussi convaincant. J’ai préféré cependant d’autres films de P. Lioret (Welcome, Je vais bien ne t’en fais pas).

 

Mon pire cauchemar, Anne Fontaine (dialogues : A. Fontaine et Nicolas Mercier)

Isabelle Huppert, Benoît Poelvoorde, André Dussolier

Gien, 13/11

La crevette réfrigérée et le gros beauf sans limites. Une histoire difficile à croire qui devient petit à petit presque convaincante. Benoît Poelvoorde est toujours formidable, il peut tout faire, et Isabelle Huppert est très classe, une grande dame. Comme j’aime aussi beaucoup André Dussolier, mon bonheur cinéma-acteurs a été complet.

L’exercice de l’état, Pierre Schoeller

Olivier Gourmet

Montargis, 14/11

L’exercice de l’état dans un imaginaire Ministère des Transports. C’est le parcours plein d’embûches, et même un parcours cauchemardesque (très belles séquences des rêves), du ministre des transports. Son entourage, ses ennemis... Vision très pessimiste de l’exercice du pouvoir. Film remarquable. Par le réalisateur de “Versailles” où jouait le merveilleux acteur qu’était Guillaume Depardieu.

Les neiges du Kilimandjaro, Robert Guédiguian

Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin et les habituels acteurs-amis de Guédiguian

Montargis, 25/11

Une idée de film d’après “les pauvres gens” de Victor Hugo. Beau film où un pauvre s’attaque à un peu moins pauvre que lui. Le cheminement vers le pardon et la compassion d’un couple d’ouvriers presque retraités. C’est une belle histoire et je suis contente de voir d’autres gens sur l’écran que des architectes ou des docteurs (ou des flics...)

Nuit blanche, Frédéric Jardin

(scénario FJ, Nicolas Saada de “Espions”)

Tomer Sisley

Montargis, 28/11

Une sombre histoire de voyous et de flics pourris. Vincent le flic doit récupérer son fils enlevé par les voyous le temps d’une nuit plus qu’agitée. Il y a de l’action, du rythme, du suspense, mais je n’ai pas été entièrement convaincue (les gros-plans m‘ont beaucoup gênée). Nicolas Saada dont j’avais plus qu’adoré “Espion(s)” a participé à l’écriture du scénario.

 

 LA PHRASE DU MOIS :

 Lire est le seul moyen de vivre plusieurs fois.

 Pierre Dumayet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 10:55

L’art est le plus beau des mensonges.

 

Debussy

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Chacun est amour

Chacun est haine

Chacun est galaxie

Chacun est bonheur

Chacun est mystère

Chacun est serpillière !

 

Michel Martinez, 1991

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 21/10/11

 En parlant de serpillière, Gwenn, qui doit accoucher incessamment sou peu, nous dit qu'elle a beau faire et refaire le ménage le bébé ne vient pas... Il (ou elle ?) va venir, Gwenn, et "lorsque l'enfant paraît..."

 

 J'ai un peu désespéré cet été devant les propositions de cinéma, mais je viens de voir deux très bons films : "The artist" et "Drive". Dans "Drive", un acteur hors-norme que je découvre : Ryan Gosling. Il pourrait rappeler Steve McQueen (yeux bleus et sujet du film), mais son visage est trop un visage d'ange et son corps est trop fragile (ou a l'air fragile, il faut voir ses actes violents dans le film). Succession de douceur et de violence, ce film frappe par son élégante bizarrerie. Je dis toujours que je n'aime pas la violence dans les films, mais c'est faux. J'adore en particulier David Cronenberg et James Gray qui ne font pas des films très doux !! "The Artist" est une réussite (malgré les réticences que je lis dans certaines critiques). Les deux acteurs (Jean Dujardin et Bérénice Béjo) sont merveilleusement photogéniques et l'histoire se laisse voir avec un infini plaisir (bien que pas très originale). Jean Dujardin mérite mille fois son prix d'interprétation à Cannes.

J'attends de voir "Polisse" de Maïwenn qui a démarré en trombe et dont je n'ai lu que des critiques positives (Télérama, Le Nouvel Observateur, Le Canard Enchaîné, Aujourd'hui...). C'est vrai, je lis beaucoup les journaux ces temps-ci : je suis plongée dans la politique jusqu'au cou et je ne dirai pas ici ce qui -et qui- fait battre mon coeur. Ce n'est pas l'endroit et, en France, il est mal vu de donner ses opinions politiques. Ou ses opinions religieuses : c'est bien ; je n'aimerais pas être américaine.

 

Je voulais parler longuement de "Limonov" d'Emmanuel Carrère, mais cela fait maintenant plus d'un mois que je l'ai lu et mon enthousiasme s'est un peu émoussé. Quand même, c'est dommage que ce livre ait été retiré de la liste des Goncourables car c'est plus qu'un excellent roman. Je dis "roman" quoique ce ne soit pas un roman. Enfin, c'en est un car ce Limonov est un véritable personnage de roman. Une espèce d'aventurier fascisant qui a traversé la deuxième moitié du XXè siècle et ce début de siècle avec ardeur et une sorte de courage qui laisse sur le cul. Grâce à lui et avec lui, Carrère nous entraîne en Russie, aux Etats-Unis, en France et re en Russie, à la poursuite de l'Histoire. La Russie est un pays malheureux (je l'ai toujours pensé) et violent, et ce Limonov représente bien son pays. Carrère a le don de raconter l'histoire des autres et on se sent toujours concerné, entraîné, on comprend mieux le "bruit et la fureur" qui nous entourent.

 

J'ai rentré mes fleurs de mes fenêtres hier soir (il gèle la nuit) et me voici envahie par les fleurs rouges. C'est petit chez moi et mon unique table est recouverte. Vais-je supporter de n'avoir plus qu'un tout petit coin pour manger et un tout petit coin pour écrire (enfin j'écris surtout à l'ordinateur maintenant) ? J'ai voulu être joyeuse cet été et montrer à mes voisins quelle fille sympa j'étais. Et oui, on l'a remarqué. Jardiner (enfin presque) est quelque chose de nouveau pour moi, il n'est jamais trop tard (j'ai 56 ans).

 

24/10/11

ça y est, j'ai vu "Polisse" hier après-midi à Montargis dans une salle bien pleine. Silence concentré des spectateurs pendant la séance, la réussite de Maïwenn semble incontestable. Quelques critiques par-ci par-là émettent des réserves, mais ceux que j'ai entendus ce matin à France-Inter étaient plutôt positifs. J'ai marché d'un bout à l'autre, fascinée par cette équipe de la brigade des Mineurs et par leur(s) histoire(s) au jour le jour vues par une actrice-réalisatrice inspirée qui a bien étudié ces policiers avant de se lancer dans son tournage. Les acteurs  sont tous remarquables, ils ont chacun de petits rôles mais mis bout à bout cela fait une impression formidable (Karin Viard, Nicolas Duvauchelle, Joey Star,  la très douée Marina Foïs, Maïwenn elle-même...). J'ai pleuré (scène très longue et très intense d'une maman africaine obligée de laisser son fils là car celle ne veut plus vivre avec lui dans la rue, et les policiers n'arrivent pas à trouver une place pour eux deux. Le désespoir du petit garçon et Joey Star essayant de le réconforter, tout cela très fort), j'ai palpité au rythme de l'action et de ces vies de policier difficiles. C'est un mélange de cinéma-vérité et de romanesque qui vont très bien ensemble, contrairement à ce que certains disent. C'est un film dur et tendre, efficace,  et plein de cette vie (de ces vies) qu'on prend en pleine gueule. Maïwenn mérite amplement son Prix de la mise en scène qu'elle a eu au festival de Cannes.

Mois d'octobre cinématographique plutôt réussi. J'attends "Tintin" et un film avec François Cluzet dont j'ai vu la présentation hier et qui a l'air pas mal du tout (avec Omar Sy aussi, un acteur noir, si j'ai bien retenu son nom, je crois qu'il est connu mais moi je ne connais pas tout...).

 

P.S. 16 heures : Timéo (fils de Gwenn et Bruno) est né hier !

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 14:07

 

“Vous regardez toujours ou trop haut ou trop bas. Trop haut, mon cher, c’est l’impossible ; trop bas, ce sont les feuilles mortes. La vie n’est pas là ; regardez directement devant vous à hauteur d’homme, et vous la verrez.”

(Eugène Fromentin, dans “Dominique”.)

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UN DIMANCHE A LA CAMPAGNE

 

 

J’ouvre la fenêtre

Le coq me cloue la clope au bec

Un papillon qui passe

Un air de ruisseau

Le chien qui jappe j’écrase mon mégot

L’envie de sortir de prendre l’air

La patronne qui te propose un café

Plutôt envie d’un bol d’air

Une marguerite effeuillée devant l’grand chêne

L’amour comme Rimbaud te monte à l’âme

Linon aux fenaisons

L’amour dans la paille

Le chien qui jappe

Il est tard

C’est l’heure de l’absinthe

Il faut qu’j’y aille

 

Michel Martinez, 23 février 1991

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2/8/11

Quand tu seras adolescent, on te parlera beaucoup de liberté.

- Je suis la Liberté, dit le chat.

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AOUT 2011 (le 21, le 24 je pars pour Granville) :

Du côté du ciné :

  Mes meilleures amies, Paul Feig

Kristen Wiig

Montargis, 14/8

Comédie américaine très marrante et assez grossière sur une loseuse chargée en tant que demoiselle d’honneur d’organiser le mariage de sa meilleure amie. Les autres demoiselles d’honneur sont pas mal non plus. De catastrophe en catastrophe, l’héroïne va vers le bonheur. Je me suis bien marrée.

 

Chico et Rita, Fernando Trueba, dessin animé

Montargis, 16/8

Chico et Rita s’aiment d’un amour passionné sans parvenir à vivre ensemble (ils sont tous deux musiciens de La Havane). Rita part faire carrière à New York, puis Chico aussi. Sur fond de musique cubaine, un film beau, sensuel, touchant, épique, très réussi.

 

Comment tuer son boss ? de Seth Gordon

Montargis, 19/8

Kevin Spacey, Jennifer Anniston, Colin Farrell (“méconnaissable”, dit Télérama, c’est vrai). Comment tuer son patron lorsqu’on est trois et qu’on choisit la méthode “l’Inconnu du Nord-Express” ? Trois nazes, trois mecs ni très courageux ni très malins. Je me suis amusée, sans plus.

Bref, rien de transcendant ce mois d’août, sauf des hauts et des bas d’humeur changeante de Joëlle qui ne se reconnaît plus elle-même, et il faut dire que ces trois pauvres et uniques films ne furent pas faits pour me requinquer vraiment.

 

Du côté littérature,

c’est un peu mieux. Après avoir lâché littéralement un roman de Julien Green (que j’aimais d’un amour sans tache à vingt ans), je verse dans la littérature féminine : Colette, Marguerite Audoux (enfin ! Bernard-Marie Garreau, spécialiste de Marguerite Audoux, va se dire que j’ai pris mon temps pour enfin me décider à lire le pur et délicat “Marie-Claire”) et deux anglaises, Mary Ann Shaffer et Annie Barrows, qui nous apprennent dans “le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates” comment l’île de Guernesey résista à la présence allemande sur son sol, ce que Sylvie (mon amie aquatique et lectrice) et moi-même ignorions complètement. Il paraît que Kenneth Brannagh prépare un film à partir de ce livre (le très anglais et en même temps très international Kenneth Brannagh). Les livres, toujours du BONHEUR, alors que le ciné ça va ça vient...

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24 : départ pour Coudrecieux, puis Alençon.

26 : à Granville (Manche).

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RETOUR LE 2 SEPTEMBRE :

Moules/frites, crème en abondance, galettes et crêpes, surtout pas de fruits : ouais ! + 1,600 kg de plus en 10 jours !

c'est vrai, ça pourrait être pire.

J'ai perdu au Casino samedi soir, mais autrement ce fut le pied ! Vivent la Normandie et ses froides vagues !

 

 

 

 

 

 

 

 

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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 07:22

 

 

APOLLINAIRE, toujours :

 

L’amour s’en va comme cette eau courante

L’amour s’en va

Comme la vie est lente

Et comme l’Espérance est violente

 

(Le Pont Mirabeau)

 

Un petit tour du côté de... :

 

LA VERRERIE.

A partir de Gien on peut faire plein de choses : les châteaux bien sûr (attention, la Touraine est quand même bien loin, au moins deux heures de voiture, donc plutôt les quelques châteaux autour de Gien et ceux du Cher, de la Route Jacques-Cœur) ; la forêt et les étangs de Sologne ; Montargis, Venise-du-Gâtinais, et son miel ; Sancerre et son vin... Le 5 juillet, je suis partie de chez moi en direction d’Aubigny-sur-Nere. La route Gien-Bourges est en travaux, c’est un peu dur-dur, mais bon les feux passés... Je suis allée au château de la Verrerie, château de conte de fée au bord d’un étang. On ne paye plus de droit d’entrée pour le parc. Donc promenade dans le parc libre : je fais tranquillement le tour de l’étang en appréciant tout particulièrement les chants des oiseaux. Il n’y a personne (il est dix heures et demie), rien ne peut être plus calme. A midi, je bois un jus d’ananas dans la rue principale du charmant Aubigny (ville amie avec l’Ecosse), puis vais manger dans le meilleur restaurant de la ville : LE ROYAL d’Aubigny, restaurant chinois. Il y a une concurrence effrénée des restos chinois dans la région, je vous conseille celui-là (à la carte : 21,90 euros). Après, je me dis que je vais prendre le chemin buissonnier pour rentrer, ce que je fais. Je rentre par le Cher : Oizon, Vailly-sur-Sauldre (je m’arrête pour admirer la petite rivière), Savigny-en-Sancerre. En sortant de Savigny, je découvre par hasard une petite route qui va vers Préberne-Verneau et je me retrouve auprès de l’étang communal du Grand Rozin où se déroule une fête. On se croirait dans “le Grand Meaulnes” ! Je fais une pause là, puis retour par Léré et Châtillon-sur-Loire. Jolie petite virée donc dans le Cher-Loiret. Il faisait beau, c’est comme si j’étais partie en vacances !

 

 

THIERS (Puy-de-Dôme).

Cette petite virée ci-dessus me donne envie de partir plusieurs jours. Je me dis (et ce n’est pas la première fois) que je vais partir en direction de l’Auvergne qui n’est pas si loin de Gien que ça. J’ai de très beaux souvenirs de Saint-Flour (randonnée avec mes parents) et Thiers (où je suis allée à 13 ans avec ma chère grand-mère). Et Thiers n’est pas si loin, non, pas loin du tout ! Mais le 6 juillet, paf, grosse déprime ! J’ai cependant bien rêvé derrière mon ordinateur à Thiers et ses couteaux, son parc naturel du Livradois-Forez, l’Eliotel du Pont de Dore, “le Chaudron” (resto) de la rue Denis-Papin... Les comprimés magiques vont faire, comme d’hab, leur effet, et “un jour” j’irai à Thiers...

 

13 juillet : En tout cas, avant ma semaine (depuis quatre ans) à Granville (Manche), j’irai au château de Chambord (pas très loin de chez moi) où l’on va en passant par La-Ferté-St-Aubin : Là, j’ai bien aimé le château en 2010, château où j’ai mangé des petites madeleines fabriquées sous les yeux des touristes par une accorte cuisinière.

 

 

Du côté des livres :

 

 

Just Kids

, Patti Smith : Je n’avais pas lu un livre ces derniers temps qui m’avait bouleversée autant. “Just kids” est le récit -parfois assez dur- de l’adolescence puis de la jeunesse de la poétesse et chanteuse Patti Smith. Sa jeunesse commence dans la peine, elle est enceinte (dans les années 60) et doit accoucher dans le mépris d’un enfant qu’elle abandonnera (elle le confie à des gens qui l’adopteront). Mais Patti est déterminée et ne semble avoir peur de rien. Elle quitte sa famille pour rejoindre New York où elle va connaître la rue, la faim, les nuits dehors... mais aussi la rencontre avec un autre extraordinaire “kid”, Robert Mattelthorpe. Ils sont jeunes, ils sont beaux (surtout lui) et ils ont une faim et une soif d’art (de tous les arts) étonnante. Quels artistes deviendront-ils ? Au milieu d’un bric-à-brac invraisemblable (mi-religieux mi-hippy) fait de récupérations, de bijoux, de papiers, de feuilles à dessin..., ils n’arrêtent pas de créer. Ils se soutiennent l’un l’autre. Quand l’un est faible (sous drogue par exemple) l’autre sera fort. Ils ne se quittent pas et commencent à connaître les Grands des années 60 : Janis Joplin, Sam Sheppart, les peintres de cette époque... Ils ont une foi en l’avenir, ils ont un look... (les photos de ce livre sont admirables). Ce livre des souvenirs de “la Jeunesse” laisse la marque de l’Amour, de l’amitié indéfectible, de l’Art (du fait que l’art élève absolument). Robert devient homosexuel et photographe, Patti poète et chanteuse de Rock, mais ils ne se quitteront jamais. Quand Robert mourra (du sida vingt ans plus tard), Patti réalise la promesse qu’elle lui a faite d’écrire LEUR histoire, et c’est une élégie. “Sex, drug and rock’n roll” certes, mais aussi cette croyance absolue que lorsqu’on veut être un artiste, on y parvient. J’ai été fascinée, émue jusqu’à l’âme, par cette histoire éternelle.

 

Les Mots de ma vie.

J’ai lu aussi le livre de Bernard Pivot (commandé sur Amazon, ça me démangeait ...).

Cher Pivot ! Je l’appelle “tonton Pivot” comme j’appelais Claude Chabrol “papa Chabrol” (j’ai ressenti un réel chagrin à sa mort récente). Pivot aborde dans son livre, par ordre alphabétique, tous les mots qui ont pu évoquer pour lui, dans sa vie, des bonheurs, des rires, des émotions, des chagrins... Lisez “chevreau” par exemple, beau récit d’enfance. J’ai aimé “amitié, amour, cédille, chat (of course !), chevreau, chose, femme (1 et 2), foi, impatience, lecture (bien sûr !), nénuphar (avec “ph”), sensualité, vieillir” ; et cela se termine par “Zut !”. Zut je vieillis et je vais vous transmettre tout ce pour quoi j’ai vécu, dit notre Pivot national. J’ai savouré, aimé, joui, été au-delà de l’enchantement. A lire impérativement.

 

Marie-Claire,

Marguerite Audoux.

J’ai connu “Marie-Claire” jadis par les dictées de l’Ecole primaire (on disait “Ecole communale”). Puis, quelques décennies après, j’ai connu Bernard-Marie Garreau, un collègue charmant. J’ai assisté à sa remise de Thèse sur Marguerite Audoux, très bon souvenir, et ça y est : je viens de lire enfin “Marie-Claire”. C’est le récit pur et sans concession d’une petite orpheline de la Sologne. A Aubigny-sur-Nere (voir ci-dessus) on honore sa mémoire. J’ai aimé ce court roman de souvenirs, formidablement écrit (dans une langue simple) et vivace dans le souvenir.

 

 

Du côté du ciné, j’ai vu :

 

Le gamin au vélo, les frères Dardenne

Château-Renard, le Vox, 3 juillet

Une jeune femme (Cécile de France) s’occupe d’un gamin qui rêve de retourner avec son père. Cela pourrait être très touchant, mais c’est raconté de manière très sèche. Je n’ai pas été émue et je n’ai même pas beaucoup aimé ce petit garçon (quoique sa ténacité soit tout de même remarquable). Le gamin pourrait être perdu pour la société, il ne l’est pas, semblent dire les frères Dardenne, mais ce n’est guère convaincant. J’avais aimé cela dit “L’Enfant” qui était le magnifique récit d’une rédemption.

 

M. Popper et ses pingouins, Mark Waters

Jim Carrey

Montargis, 24/7

Je voulais voir “les contes de la nuit”, mais un appareil était en panne. Du coup je vois ce petit film pour les familles, dégoulinant de morale, comme d’habitude chez les Américains : il faut être riche et beaucoup travailler, la famille y’a rien de mieux, les enfants doivent aimer leur papa, tout se termine bien quand on s’entend bien, et autres balivernes du même genre !

 

Switch, Frédéric Schoendoerffer

Montargis, 25/7

Une jeune québecoise se retrouvé piégée à Paris après un échange de maisons sur le site “Switch”. Elle est arrêtée par un flic quand même malin :Eric Cantonna. Courses poursuites, crimes, suspense... Je me suis laissée prendre à ce film haletant, moins bon cependant que le premier polar (et film) du fils de Pierre Schoendoerffer : “Scènes de crime”.

 

... “Et comme l’espérance est violente...”

 

 

Allez, au mois prochain !

 

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29/7/2011

Etre un grand écrivain (ou simplement un écrivain ?) :

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J'ai beaucoup regardé, et très attentivement, la vie des grands écrivains (par ex. dans "UNE MAISON, UN ECRIVAIN", France 5 - Proust, Céline...). Les grands écrivains sont des gens qui travaillent comme des fous, mangent à peine, et meurent la plume à la main, ensevelis sous les feuilles. Je n'ai jamais travaillé ainsi, moi qui me prétends écrivain (sauf peut-être à 20 ans ?), alors que j'arrête de gémir sur mes prétentions non satisfaites.

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EN PROJET QUAND MEME :

Un recueil de nouvelles (pour 2012), publié à compte d'auteur, qui comprendra une longue nouvelle : "Barges sur le Stour" (inspirée d'un tableau de Constable, le peintre anglais) écrite à l'âge de vingt ans. Une plongée dans la folie...

 

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 15:23

“ Tous les pays qui n’ont plus de légende

Seront condamnés à mourir de froid...”

 

Patrice de La Tour Du Pin, “La Quête de joie”

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André Gide

 

Ayant acheté à une vente de livres d’Amnesty International, à Gien, “Isabelle”, que je n’avais jamais lu, me voici replongée dans Gide : j’enchaîne sur “la Symphonie pastorale” puis la sévère “Porte étroite” (Folio). Gide est-il entré, comme je l’ai entendu dire, dans une sorte de Purgatoire ? Il semble que non. Je vais jeter un coup d’œil sur Amazon.com et j’y découvre les commentaires de lecteurs de “la Symphonie pastorale”. Ces lecteurs ont lu ce livre comme s’il venait de paraître, c’est assez curieux et amusant. “La Symphonie...”, 1925, et “Isabelle” (l’histoire d’un jeune homme qui fantasme sur une jeune femme qu’il n’a jamais vue, espèce d’Arlésienne du récit), 1921, ça ne date pas d’hier ! Mais les gens lisent “la Symphonie...” avec une grande fraîcheur d’esprit. Du coup, je me commande les Entretiens avec Catherine Gide (2002-2003, Gallimard) et lis avec un intérêt très “People” le récit de l’enfance de Catherine, enfance très solitaire et pas très marrante où l’on croise Roger Martin du Gard, Malraux, Marc Allégret... Catherine n’a su qu’elle était la fille de Gide que très tard ; Gide a mené une vie incroyable, très moderne dans les moeurs, tout en interdisant à sa fille de lire “Madame Bovary” dans le train, au vu et au su de tout le monde ! Ahurissant.

 

Julien Green

 

Je ne sais pas si c’est la fréquentation de Gide, mais me voilà qui ressors les “Pléiade” Julien Green (le Protestant Gide comme était Protestante la famille américaine de Green converti -très “bruyamment” je trouve au niveau littéraire- au catholicisme). J’ai adoré (à 20 ans) Green et je ne vais pas brûler ce que j’ai adoré, mais je le trouve bien hypocrite dans beaucoup de domaines. Quand il parle d’”amitié platonique” avec Robert de Saint Jean par exemple, ou quand il parle de la “pauvreté” de sa famille qui avait des domestiques et envoyait ses enfants faire des séjours à l’étranger, comme toute bonne et chic famille américaine le fait (ou le faisait en ces temps anciens, comme les personnages d’Henry James). J’adore “Minuit” (roman) et j’adore son Journal (celui en particulier des années entre les deux guerres) et, en lisant ses interviews par Franz-Olivier Giesbert je suis infiniment triste qu’on ne le lise plus (il paraît) et que Giesbert ou moi soyons peut-être ses derniers lecteurs (des gens ayant largement dépassé la cinquantaine). J’ai vu que ses récits sur sa jeunesse viennent d’être réédités, mais qui va être intéressé par ses interminables explications concernant ses états d’âme religieux ? Existe-t-il encore des romanciers catholiques ? (mais Julien Green n’aimait pas qu’on le classe dans les “écrivains catholiques”...) Je viens de lire avec un immense intérêt le récit qu’il a fait de l’histoire de sa sœur Anne (avec qui il a vécu longtemps -et pourtant ils étaient d’une telle “politesse” qu’ils ne savaient apparemment rien l’un de l’autre) et je vois avec ma curiosité très People qu’il a adopté un monsieur, Eric Jourdan, qui est une espèce de phénomène littéraire, mystérieux et marginal, qui veille à la mémoire de son “père”.

 

Patrice de La Tour du Pin (on fête le Centenaire de sa naissance cette année)

 

Il faut (et je trouve cela bien triste) que les écrivains aient justement des enfants ou des héritiers pour prolonger leur mémoire (Jean-Louis Curtis qui n’avait pas de famille est en train de sombrer dans l’oubli) (rectificatif du 23/7/11 : Je n'ai pas lu le Prix Goncourt 2010, mais je viens de lire que dans "la carte et le territoire, Houellebecq fait un hommage vibrant à JL Curtis, pages  168-169). C’est le cas de Patrice de La Tour du Pin dont sa famille s’occupe pieusement. Je suis allée hier au Château du Bignon (19 juin - petit village du Bignon Mirabeau au nord de Montargis) où l’on avait organisé une journée Hommage (je fais partie des “Amis de Patrice de La Tour du Pin” suite à une visite en 99 au château où j’avais été reçue délicieusement par Anne, sa veuve). J’ai d’abord eu du mal à trouver l’endroit, c’est complètement perdu dans la campagne et je ne fonctionne qu’avec les cartes. Puis, sur place, je me suis demandée ce que je faisais là. Famille parisienne, des aristocrates, des soeurs (!!!). A 16 heures, dans le séchoir, apparaît une espèce de vieux prof de la Sorbonne : il a au moins cent ans ! (sans rire), et prononce un discours pour moi incompréhensible. On se croirait dans une autre époque, une époque bien, bien lointaine. Puis, après cet épisode bizarre, apparaissent deux jeunes gens (un garçon et une fille) qui se mettent à réciter et lire des poèmes de La Tour du Pin, et là, la magie opère. La parole du Poète est limpide et magnifique. Je regarde ma voisine et nous nous sourions. “Que c’est beau !” Oui, le “Prélude”, “Enfants de septembre”, etc. c’est la Beauté à l’état pur. Les jeunes gens s’appelaient François-Xavier Durye et Valérie Taÿ. Dieu merci (c’est le cas de le dire, Patrice de La Tour du Pin était TRES catholique et semble avoir plus travaillé pour le salut de son âme que pour la Poésie), je ne me suis pas déplacée pour rien. Pendant la récitation des poèmes, je crois reconnaître assis devant moi Jean-Pierre Sueur (homme politique socialiste) et je me dis que c’est trop incroyable, que j’ai dû rêver... Mais après tout les poètes catholiques sont à tout le monde. J’ai bien lu sans sourciller, pendant des années, les états d’âme religieux de Julien Green, moi qui étais incroyante, et j’ai aimé Mauriac et Bernanos. J’avais vingt ans. Il faut croire que j’avais l’âme sombre (oui, tout était bien noir à cette époque-là, je pleurais beaucoup...) Mais tout de même, la notion de “péché” ou la croyance au Diable me paraissent complètement moyenâgeuses. Mes croyances au Bien et au Mal sont en fait, me semble-t-il, très laïques. Mais il doit y avoir en moi une Catholique enfouie pour que j’aime tant tous ces écrivains.

Après toutes ces lectures, comment fait-on pour redescendre sur terre ? Je lis des écrivains d’aujourd’hui, mais que sont-ils à côté de Gide, Green ou La Tour du Pin ?

Dans vingt ou trente ans, qui se souviendra de M., W., D. ou R. (je ne veux pas être une peste et je préfère ne pas les citer) si déjà on ne lit plus Green aujourd’hui ? Moi qui dis déjà qu’il n’y a plus personne après les grands romanciers du XIXè siècle ! Mais bon, si, redescendons sur terre : après tout, je lis Sagan et même Katie Fforde (une romancière anglaise de la “chick” literature -je crois que c’est comme ça qu’on dit...-). Je suis loin d’être tout le temps en train de planer au-dessus du commun des lecteurs ! (Déjà être un “lecteur” aujourd’hui tient du miracle, mais je connais quand même des jeunes lecteurs -10 ans- qui liront peut-être Green un jour ? (c’est un grand “peut-être”.)

 

 

 CINE JUIN 2011

 

 

La conquête, Xavier Durringer

Montargis, 2/6

Denis Podalydès, Samuel Labarthe, Bernard Le Coq...

La conquête du pouvoir par Nicolas Sarkozy au moment où sa femme Cécilia le quitte. Au bout de 5 minutes, on oublie que ce sont des personnages réels et on se laisse emporter par cette histoire d’ambition politique. J’ai trouvé ça plutôt réussi et je ne me suis pas ennuyée une seconde. Un très bon acteur joue Henri Guaino, mais je n’ai pas retenu son nom.

 

Le chat du rabbin, Joann Sfar

Montargis, 5/6

Le chat qui parle d’un rabbin d’Alger dans les années 20. Le rabbin part faire un grand voyage (un voyage initiatique pour vieux messieurs) à travers l’Afrique avec des compagnons très divers (diversité des personnalités et des religions), le chat et un âne. La fille du rabbin est une charmante jeune fille (voix d‘Hafzia Herzi). Le chat est intelligent, cool, marrant. Joli dessin animé. J’ai aimé bien que je reste un tout petit peu frustrée...

 

London Boulevard, William Monahan

 

 

Colin Farrell, Keira Kneightley

Montargis, 12/6

Polar en grande partie incompréhensible. On ne comprend pas vraiment pourquoi tous ces gangsters se tapent dessus et s’entr’assassinent. Colin Farrell est pas mal (“impeccablement mélancolique” dit Télérama) et Keira Kneightley inconsistante. L’histoire d’amour entre ces deux-là est tout sauf convaincante. J’avais aimé Colin Farrell dans “bons baisers de Bruges”, film d’humour noir où il promenait sa mauvaise humeur de manière très cocasse. Trois personnes dans la salle (y compris moi), dont deux hyper bizarres ! ça fout presque les jetons... (dimanche à 14 H, je me demande parfois comment vivent les cinémas.)

 

Pourquoi tu pleures ? Katia Lewscovitz

 

Benjamin Bioley, Nicole Garcia, Emmanuelle Devos

Les Carmes, 17 juin

Film qui n’a pas très bonne presse, mais j’ai apprécié le charme de Benjamin Bioley et le côté un peu paresseux du récit. Emmanuelle Devos est extra.

 

Une séparation, Asghar Farhadi (film iranien)

Les Carmes, même jour 17/6

 

Dans l’Iran d’aujourd’hui, une séparation entraîne tout un tas de complications dans une famille, en particulier un procès qui oppose une famille de la classe moyenne à une famille pauvre et très religieuse. Les enfants (des filles) innocentes sont témoins et souffrent. Remarquable étude de la société iranienne d’aujourd’hui (tout du moins ce film nous donne une idée de ce qui peut se passer en Iran). Film applaudi par la critique, à juste titre vraiment.

 

 

20/6 : C'est déjà pas mal pour le mois de juin, non ?

 

 

PREVISIONS JUIN-JUILLET 2011 : Journée à Sens (23 juin), Chambord, château de la Verrerie (sur la route de Bourges), la piscine de Gien, le film "Pater" d'Alain Cavalier avec Mathieu Lindon, "le gamin au vélo" des frères Dardenne, Benoît Duteurtre,  et des rêves d'écriture... 

 

 

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Published by Joëlle Carzon - dans bloc-notes
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