Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Biographie De L'auteur

  • : Le blog de Joëlle Carzon écrivain du Loiret
  • : Ce blog est destiné aux écrivains et aux lecteurs qui aiment romans et poésies. Il présentera tous les écrits et toutes les activités de Joëlle Carzon, auteur de poèmes et romans. Ce blog n'est pas destiné à recevoir des messages violents, ou politiques, ou religieux. (Suite à un messages troublant reçu ce jour : 25/12/12)
  • Contact

textes littéraires de l'auteur

Recherche

Bloc-notes

Liens

1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 11:20

C'est quoi le vent ?

C'est la pensée magique

C'est quoi l'orage ?

C'est moi vers toi

C'est quoi l'éclair ?

C'est nous en fusion

*****

Je n'aurai pas assez d'ailes pour voler

Vers le ciel en voûte sur mon cœur

*****

Un

Je me plie

Deux

Je me redresse

Sur mes deux pieds

Trois

Je me bats

Je me déplie je me dresse je me bats

*****

Je veux marcher au sommet des arbres

Pour voir la lune et la plume pointue

Des feuilles amies

*****

Doux ami mon stylo que me dis-tu ?

Des mots engageants des mots cinglants

De la douceur de la violence

Une vie et la vie en veux-tu ?

*****

J'ai tant marché

J'ai fait le tour de la terre

Il reste les rêves

J'ai tant rêvé

Je vis dans l'infini des rêves

*****

Une minute face au monde

-

Des violences incompréhensibles

Le soleil qui fait triste mine

Ma Loire qui passe et ne me parle pas

Mon chat qui est parti mourir dans un coin

Joëlle face au monde

Le monde si grand si petit si incompréhensible

Si petit soleil montre-toi

Loire parle-moi

Adieu mon petit chat

14/6/16

*****

Un âne à aimer, un chat à aimer, une coccinelle à aimer, chers animaux à aimer...

*****

Je voudrais tant

L'arbre la forêt la lune le soleil

Mais aussi mon petit chat perdu sous la lune

*****

Parle-moi

Animal qui passe

Insecte ou lion

Parle-moi

Raconte-moi ce monde auquel je ne crois plus

*****

Je passais et je passe

Dans ce vaste monde

Je tourne et retourne

Les pensées et mon corps

Mon pauvre petit corps perdu

*****

Brexit

-

Politica/politiqui/politicomment

Comment ça va comment ça va qui comment ça va tourner

Britannica/Britanniqui

J'vous aime quand même

***

Je vous aimais

Je vous ai tant aimés

Je vous ai rejoints

Tourne tourne tourne

Autour de l'île

Et puis vous partirez

Et je vous aimerai encore

25/6/16

*****

Tant de temps à passer

A compter le temps les heures

A compter le tant

Des pensées

*****

Compte compte les pas

Conte conte les vies

Mes pas ne sont pas endimanchés

Mes vies n'ont pas cet amour dont j'ai tant rêvé

*****

Je cueille à brassées

Les bouquets de pensées

Je vous embrasse toutes

J'en fais des colliers

Colliers d'étoiles des pensées

*****

Animaux

-

Animaux animaux

Pas des choses

Mais des êtres vibrants

Ils sont tous forme de nuages

Vivant dans mes rêves

Mais aussi de chair et de sang

Ils ont mes yeux mon sang ma bouche

Je voudrais par de longs baisers

Rattraper tout le mal

Qu'on leur a fait

-

Animaux animaux

Baisez ma bouche

Sentez mon pouls

Nous sommes si chauds

Les uns près des autres

Parlez-moi

Et je vous comprendrai

Je parle moi la langue des chats

Et des chiens des chevaux des oiseaux

Là-haut là-haut

Les animaux ma chair

Les animaux mon sang

Les animaux amis

N'oublions pas amis amis

Au fond des maisons et des forêts

Parle parlez nous nous parlerons

Dans les rêves profonds

Et au-delà des rêves

Nous emporterons les animaux au paradis

*

Repost 0
28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 15:05

*****

Une grande maison ou un grand arbre ?

Ce qu'il y a de grand

C'est les feuilles les feuilles

Qu'effeuille mon cœur

*****

Je me suis appuyée

Contre un mur

Le mur m'a arrêtée

Mais m'a fait réfléchir

Au mur aux murs

Et aux portes cherchées

Des longs murs

*****

Toutes les lettres de mon nom

Forment ma vie

Ma vie en carte de visite

Où sont les adresses et les timbres

De la petite fille oubliée ?

*****

De la plante qui me parle

Je dirai aussi

Tu es la vie qui plaisante

*****

Un oiseau qui meurt sans bruit

Dans le ciel clair

Oiseau réponds à mes pleurs

*****

Je pleure sur le carnet

Oublié ici

Carnet fermé de l'hiver

*****

Oiseau bleu es-tu

De la nuit de silence

Es-tu l'espoir ?

***

Toutes les branches qui réclament

Toutes les fleurs vives

Tout ce printemps fou

***

J'ai aimé au printemps

Les fleurs colorées m'aident

A m'épanouir toute

***

Un bateau sur la Loire

Porte le printemps

Dispersé

***

Je marcherai le long des berges

Enchantée enchanteresse

Un bateau dans mon cœur

***

Les herbes sont coupées

Je marche d'un pas neuf

Sur le chemin où me portent

Mes pas syncopés

***

J'aurai plein d'amis

Plein de fleurs dans mon jardin

Plein de coccinelles plein de chats

Plein de pensées bien vagabondes

***

L'arbre qui se tient si bien debout

Se tient debout près de moi

L'arbre qui se tient si bien debout

Est mon ami pour la vie

***

Dans le cœur de la fleur

J'ai mis mon nez

Dans le cœur de la vie

J'ai mis toute ma chaleur

***

1/6/16 : 109 visiteurs en mai. Merci !

Repost 0
29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 10:31

Il y a des pas sur le sol mouillé

Des pas qui nous conduisent

A l'aube quelle aube pour moi

L'Aube...

**********

J'irai loin

Si l'on me laisse le temps

Si on me laisse

Un peu beaucoup de vie

**********

Beaucoup d'espoir un peu de retenue

Je danse sur le seuil de ma porte

Je retiens les rires

Je rirai demain quand tout sera

Evident

**********

Je me lève

Il fait froid

Que les arbres recouvrent

Les brins de muguet et moi

**********

Quand la chaleur reviendra

Il y aura plein de sourires sur les feuilles

Qui s'envoleront

Avec mes mots dessus dessous

**********

Il y a plein de mains à serrer

Sous les arbres du devenir

Plein de joues à embrasser

Sur les pétales des revenir

**********

Avril 2016

30/4/16 : 82 visiteurs ce mois-ci. C'est un record ! Merci à mes visiteurs.

Repost 0
26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 10:32

Je me suis mis un masque

Pas pour ressembler

Mais pour cacher

Mon impuissance

*****

Un thé qui sentirait

La menthe et les fleurs

Que je boirais

Au milieu des couleurs

*****

Je m'assombris je me cache

Je ne veux plus qu'on me voie

Je me cache bien je n'ai plus de voix

On pourrait me repérer de loin

Je me cache je me cache

Je voudrais être un point final

*****

Sortir non plus jamais

Plus jamais courir

Plus jamais mon visage

Aux yeux des gens

Je veux me cacher dans les replis

Du replis des replis

Plus jamais dire

Je suis là

Car je ne veux plus être là

*****

Mon sourire du samedi

S'étonne d'éclore

Mon sourire du samedi

S'étonne de vivre

*****

Vous étiez et vous n'êtes plus

Je pense à vous

Je pense et mon cœur bat pour vous

Pour chaque âme perdue un battement de mon cœur

*****

Je baise votre main et votre main s'échappe

Volent volent

Volent les mains et nos vies

Volent les soupirs qui disent je ne vous oublie pas

*****

J'aime la vie tranquille

Le vent doux

Les fleurs qui sont debout pleines de sourires

Et pourtant

S'il y avait un orage

Un gros bien fort

Je dirais oui à cet orage

J'emporterais tout

*****

Je me raconterai des histoires

Des histoires de bœuf et d'âne et d'enfant

Mais des histoires d'adultes aussi

Qui ne se racontent pas d'histoires

*****

A la porte du bonheur

Je me suis engagée

La porte est entourée de fleurs

D'eau d'étoiles et de poissons

La porte donne sur la mer

*****

No religion disait Lennon

Seulement la paix et l'eau qui coule

Pas de frontières pas d'ennemis

Seulement tous les chemins du monde

*****

Chaque matin tu es debout

Haute

Comme la montagne d'espoir

Debout l'espoir

Chasse la peine

*****

Qu'ai-je à raconter

Si ce n'est

Les matins d'espoir

Et la fille

Qui court

*****

Petit chat ronronne doucement

Et me raconte

La nuit passée

La nuit pleine d'aventures et le jour où l'on se tait

*****

12/2015-2/2016

Repost 0
8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 16:00

BONNE ANNEE à vous !

Que 2016 soit

Autre

Que 2016 soit

Au fond de notre cœur

Plein de douceur plein de chaleur

Des messages d'amitié

Joëlle qui ne dit plus

Je suis découragée

Je n'en peux plus

Que 2016 soit

Et que vous soyez aussi

Auprès de moi et dans le monde

Dans le monde entier

La grande ronde

De vous et moi de tous

Que 2016 vous soit bénéfique

N'oubliez jamais

Que je ne vous oublie pas

8/1/16

Repost 0
4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 15:47

Lou se tenait sur son lit, les jambes croisées. Antoine était sur son ventre. Papa vint, pour la deuxième fois.

  • Tu dois te lever, Lou, il est temps.
  • Il est temps de quoi ?
  • D’aller prendre ton petit-déjeuner. Puis d’aller à l’école.
  • Antoine doit prendre son petit-déjeuner d’abord, dit Lou, montrant son ours.
  • Il peut descendre avec toi.

Antoine tenait chaud à Lou. Elle avait mal au ventre. Allait-elle le dire à papa ?

  • Antoine ne peut prendre son petit-déjeuner qu’ici… Et maman ? dit Lou qui savait ce qui allait venir.
  • Ta maman a très mal à la tête ce matin, c’est moi qui m’occupe de toi aujourd’hui.

Comme hier. Comme avant-hier. Comme lundi. Maman a mal… à la tête, au ventre, aux épaules, à l’estomac, aux jambes…

  • Et si moi aussi j’avais mal à la tête ? dit Lou comme prise d’une inspiration.
  • As-tu mal à la tête ?
  • Non.

Elle avait mal au ventre. Bien mal. Le réconfort d’Antoine allait en diminuant.

  • J’ai mal… J’ai faim !
  • Alors il faut descendre.

Papa était très patient. Papa était un ange. Il ne s’impatientait jamais quand vous aviez mal, ou faim, ou quand vous étiez désagréable comme mamie l’autre jour.

  • Et si je ne descends pas ?
  • Veux-tu que je te porte ?

Elle devait être bien lourde pour papa maintenant.

  • Non ! Je vais me lever.

Papa s’en alla. Lou allongea une jambe, puis l’autre. Elle avait mal. Elle lâcha Antoine. Si elle disait qu’elle avait mal, papa le répéterait à maman et maman se fâcherait. « Une diversion pour éviter l’école ! »

Alors, Lou se leva et s'habilla, un peu difficilement. Quand elle eut fini, elle prit Antoine.

*

Impossible de manger. Papa était distrait, plongé dans des pensées qui ne semblaient pas gaies. Lou décida de donner à manger à Antoine à sa place. Antoine n'avait pas mal au ventre lui...

- Rémi...

Maman était dans la cuisine, en robe de chambre et se pressant le front avec un gant.

- Ma chérie ?...

- Il y a des courses à faire ce soir. Tu passeras au pressing et... (Elle réfléchit.) Ah, oui, et bien sûr n'oublie pas la petite.

- Bien sûr que non ! dit Rémi d'un ton légèrement impatienté.

- Je ne pense pas que je vais pouvoir faire grand-chose aujourd'hui...

- Fais ce que tu peux, ma chérie.

- Maman !

- Quoi ?

- Antoine n'a pas bien pris son petit-déjeuner.

- ...

- Oh ! il met sa main sur sa tête. Peut-être qu'il a mal aussi ?

Madame Deschamps prit un air las et se tourna vers son mari.

- Dis-lui de se dépêcher.

- Allons, Lou...

- Mais peut-être que si on le soigne, il ira mieux ? Maman, donne-lui un cachet...

Madame Deschamps s'éloigna de quelques pas.

- Je vais lui donner quelque chose, dit Rémi à sa petite fille.

Il fit semblant de prendre un cachet sur la table et mit le nez de l'ours dans un verre.

- Ah ! s'exclama l'enfant.

Elle avait presque décidé de rester là, recroquevillée sur sa chaise, tant elle avait mal, mais le geste de son père lui redonna du courage. Oui, elle irait jusqu'à l'école avec lui, ce n'était qu'un tout petit mal. D'ailleurs, Antoine était en pleine forme.

*

Que papa marchait vite ! L'école n'était pas loin, mais que papa marchait vite ! Que leur ville était grande, et que leur quartier était grand, et que les grands étaient grands avec leurs grands pas ! Pas loin de l'école, une dame arrêta Rémi dans son élan.

- Bonjour, Rémi ! Quel plaisir de vous voir !

- Ah, bonjour, Luce. Les enfants et Patrick vont bien ?

- Tout le monde est en pleine forme. Et notre petite Eliane ?

- Un léger mal de tête ce matin, je le crains.

- Rémi, il faut prendre plus au sérieux les maux de votre femme. Notre Eliane est une personne fragile.

- Je le sais, Luce.

De nouveau, ce ton légèrement impatienté de papa. Lou tenait son ours d'une main et son ventre de l'autre.

- Lou a le droit d'emmener son jouet à l'école ? demanda Luce à Rémi, puis à Lou : Tu as le droit ?

Lou fit une grimace de douleur.

- Elle n'est pas bien polie...

- Elle est encore petite, dit Rémi, agacé.

Plus personne ne regardait Lou. Antoine pendait à son bras, ayant de plus en plus l'air maltraité. Lou se mit à pleurer sans faire de bruit.

- Je suis content de vous avoir vue, disait Rémi.

- Je dois songer à vous inviter avec Eliane...

Antoine s'écrasa sur le sol, presque désarticulé. Lou tomba par terre et se mit à hurler en se tenant le ventre.

- Mais que se passe-t-il ?

Lou hurlait. La douleur était devenue réellement insupportable.

*

L'ambulance était là et la petite Lou allongée sur une civière.

- Là, là..., disait Rémi, les larmes aux yeux. Pourquoi ne nous as-tu pas dit que tu avais mal ? Là... Tout va bien se passer...

- Papa, papa...

- Quoi, mon petit chou ?

- Mais sans moi, tu vas être tout seul...

30/10/15

Repost 0
28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 12:48

J'écrirai en français. Envers et contre tous. Je suis là

pour ça après tout. Pour parler, écrire, respirer, soupirer, en français. J'ai fait de tels progrès déjà. Je comprends bien les petits, je comprends même "papi" qui m'honore de belles phrases d'une autre époque. Justement. C'est peut-être pour ça que je le comprends mieux que les autres, pour ces belles phrases qui me parlent comme à une vraie femme, par une petite jeune fille de rien du tout. Papi croit que je suis quelqu'un de bien, de digne, quelqu'un qu'il faut respecter.

Car tous ces gens qui passent là, la famille, les

livreurs, les invités, soit ne me regardent pas, soit ne savent pas quoi me dire. Ils restent muets face à mon absence de statut. Je ne suis pas une amie, une parente d'amis, une bonne. Je ne suis qu'une espèce de fille pas même jolie qui ne sait pas quoi dire non plus. On me croise avec embarras, on me dit bonjour du bout des lèvres, on va vite respire un autre air que le mien et celui de petits à qui on ne sait pas quoi dire non plus. Si j'étais plus jolie, est-ce que ça serait différent ?

Les petits sont mignons. Ils parlent déjà anglais avec

moi. Leur mère, Charlène, suit leurs progrès, l'air de rien. Pas un seul compliment à mon égard. Mais je suppose qu'elle est satisfaite. C'est pour ça que j'ai été embauchée. Pour que des petits bourgeois paraissent encore plus bourgeois.

Au début, je me suis demandé ce que je faisais là.

Pourquoi je n'étais pas restée dans ma famille. Ils sont gentils chez moi. Je n'avais pas besoin de partir. Mon français était assez bon, c'était la seule matière où je brillais à l'école. Et je n'aime pas Paris. J'aime la campagne de chez moi, le petit pont qui traverse le village, les chiens amicaux qui vous accompagnent dans les balades, tous ces villageois qui me connaissent et pour qui je suis la "little Ann" de toujours.

A Paris, il y a tant d'hostilité. Dans les rues, chez les

commerçants, ici. Je sens bien que Charlène ne me sera jamais acquise. Il y a papi, bien sûr, mais il ne vient pas tous les jours. D'ailleurs, que ferais-je de papi ?

*

Ce matin, j'ai croisé Charles dans le couloir près de

la salle de bains. Il n'a pas ouvert la bouche, mais il m'a souri. De son sourire vague. "Ann, oui, Ann..." C'est comme si je lui rappelais quelqu'un. Il me voit tous les jours, mais c'est comme si je lui rappelais quelqu'un. J'existe, cela n'a pas vraiment d'importance, Charlène s'occupe de tout. Son sourire me portera toute la journée.

Au début, je me disais que cette chaleur en moi

venait de ce que j'étais bien ici. Mais j'ai fini par me rendre à l'évidence : dès que j'étais dehors, dans Paris, loin de l'appartement, je me sentais moins bien, j'étais à nouveau la petite villageoise perdue. Heureuse, je l'étais quand venait le soir, quand Charles devait rentrer. Et quand il était enfin là, c'était cette chose chaude dans mon ventre, cet environnement protecteur, ce bonheur du foyer.

Etrange foyer que cet endroit où Charlène ne

m'encourage jamais vraiment, où l'on me regarde avec ennui ou gêne, où les enfants considèrent que je suis à leur service jour et nuit. M'aiment-ils ? Oui, je suppose, un peu. Ils m'aiment parce que je suis là, parce que Ann ne les grondera jamais, contrairement à maman qui n'a pas le caractère facile.

Charles est leur père et c'est merveilleux de retrouver

chez Johann la même petite bouche mâle, chez Sophie les mêmes yeux gris bleu. Les enfants sont bien les enfants de leur père. Ils n'ont pas la sécheresse de Charlène, sa hâte énervée. Ils ont cet air un peu rêveur, ce sourire un peu hautain. Ils auront dans quelques années cette élégance facile, cette élégance qu'on a sans même avoir cherché à l'avoir. Tout est trop facile pour ces gens-là. Qu'est-ce que je fais ici ?

Ce que je fais ici... J'attends de croiser Charles dans

le couloir le matin. J'attends de le revoir le soir pour sentir tout mon corps, toute mon âme, se réchauffer. Je suis dans un état d'attente. Vais-je attendre ainsi une année entière ?

*

- Ann !

- Oui, Charlène ?

- Ann, il faut que je vous parle...

Elle a l'air concentrée. Ce doit être grave. Je ne vois pas ce qui peut être grave, à part... Mais ça, personne ne le sait. Même moi je ne le sais peut-être pas.

- Asseyez-vous.

Je m'assois. J'ai l'impression qu'elle va m'engueuler, je ne sais pas ce qui me donne cette impression.

- Ann, je dois vous dire... Vous n'êtes qu'une fille au pair, je veux dire : vous êtes une fille au pair. Il y a certaines choses que vous ne pouvez pas vous permettre, même chez nous qui sommes, vous avez pu le constater, plutôt indulgents...

Où veut-elle en venir ? Et si Charles... Je ne dois pas l'appeler "Charles". On m'a dit en arrivant ici que je devais les appeler "Charlène" et "Charles"... Ne plus appeler Charles "Charles"... Ne plus prononcer son prénom...

- Il s'agit de mon père.

- Votre père (je n'ose pas dire "papi") s'est plaint de moi ?

- Oh, non ! Il est trop content.

- Trop content de quoi ?

- De votre attitude. Il ne demande que ça.

- Qu'est-ce que j'ai fait ?

- Vous n'avez rien "fait" de vraiment mal. Simplement vous êtes trop gentille avec lui, vous lui souriez trop.

- C'est votre père qui est gentil avec moi, lui...

Je n'ai pas pu m'empêcher de rajouter "lui", mais elle ne doit pas comprendre ce "lui".

- Il ne faut pas l'encourager.

L'encourager à quoi ?Qu'y a-t-il de mal à être un peu gentil, à être différent de ce que sont les autres avec la fille au pair ?

- Je ne veux pas être méchante avec votre père !

C'est un cri du cœur. Elle a vu mon air indigné.

*

Je ne suis pas une fille très jolie. Au village, j'ai eu

un petit ami, mais il n'a pas été très enthousiaste. J'ai vite été trompée, abandonnée. Et je n'ai jamais été amoureuse. Peut-être, si j'avais été amoureuse, j'aurais été plus jolie ? Suis-je plus jolie maintenant que je suis à Paris. Est-ce pour cela qu'il y a eu cette stupide histoire avec papi ? On dit que Paris rend toutes les femmes belles. Charlène est belle, à sa façon. Elle a de la classe. Et Sophie sera belle.

Je rêve que je suis jolie. Que les garçons se mettent

à siffler. Que les hommes se retournent sur mon passage et me suivent des yeux. Est-ce que tout n'est pas plus simple quand on est jolie ? Est-ce qu'alors on arrête de vous dire de moins sourire parce qu'il est normal qu'une jolie fille soit souriante ? Son sourire fait partie de sa beauté. Il est naturel. Les jolies filles doivent être vraiment heureuses.

Ce soir, j'ai cru que Charles me regardait plus

longuement. Mais c'est peut-être cette histoire avec papi. Il sait que Charlène m'a parlé. Il croit que je cours après les vieux messieurs. Non, impossible. Charles ne s'occupe pas de ma vie. Elle ne l'intéresse nullement. C'est un monsieur occupé. Je ne suis que "la fille au pair". J'ai dû rêver.

A part avec les enfants, je ne parle pas beaucoup.

J'écris plutôt. J'écris ces lignes, j'écris à ma prof de français, en Angleterre. Elle me félicite de mes progrès, elle me dit que je la dépasserai très vite. J'aime les écrivains français, Maupassant, Balzac, Stendhal, mais aussi Camus du XXè siècle. Je me dis qu'un jour j'écrirai une belle lettre à Charles. Il aura du mal tout d'abord à croire que c'est de moi, la petite jeune fille à qui il sourit vaguement le matin. Et si je restais en France après cette année ?

Si je restais en France avec mes écrivains. J'aurais

une chambre de bonne quelque part dans Paris, mais je ne sortirais plus dehors en baissant la tête. Je croiserais Charles par hasard, nous nous dirions bonjour comme de vieilles connaissances. Il me dirait : "Ah ! Ann ! Je suis content de vous rencontrer, vous manquez aux enfants. Ils ne parlent plus anglais que dans une école privée, c'est dommage ! " Je ne serais plus "la fille au pair", mais "Ann, l'Anglaise qui s'est installée à Paris".

*

C'est décidé. Cette année n'est pas une parenthèse,

mais le début de quelque chose. De quelque chose de grand. De quelque chose avec Maupassant et Camus. De quelque chose dans un Paris que j'inventerai.

Ce matin, j'ai à nouveau croisé Charles dans le

couloir de la salle de bains. Il n'avait qu'une serviette sur les hanches. Je n'ai pas baissé les yeux. Je lui ai souri. Il a eu l'air gêné, il a murmuré : "Ann, euh... bonjour !" J'ai dit, la voix ferme pour une fois, une vraie phrase en français : "Bonjour, Charles. Je souhaite que votre journée soit belle et enrichissante." J'ai cru qu'il allait rire, mais il est bien trop élevé pour cela. En tout cas, il m'a VUE. Il m'a jeté un coup d'œil en coin avant de disparaître. Il m'a reconnue, moi, Ann.

Je sourirai quand même à papi, j'engagerai même

une longue conversation avec lui. Tant pis pour Charlène. Je suis jeune et pleine de vie, j'ai le droit de parler, de bavarder, et pourquoi pas de plaisanter. On dit que les Anglais ont le sens de l'humour. Je rirai avec papi, je rirai avec les enfants.

Un jour, un jour pas si lointain, on ne dira plus

"la fille au pair", mais "Ann, vous savez, la petite Anglaise bavarde qui vit chez les D.".

Mes parents m'ont donné le prénom d'Ann, comme

à une princesse. Paris est d'ailleurs comme une grosse citrouille prête à se transformer en carrosse.

Repost 0
22 octobre 2015 4 22 /10 /octobre /2015 14:38

Il mit sa main dans la sienne. Une si grande main. Il l'obligea presque à prendre sa petite main. "Je suis là, je suis quand même là...", n'osait-il pas dire à haute voix. "Je suis ton petit frère et je suis là. Pense que je suis là ! Regarde-moi !"

Regarde-moi ne serait-ce qu'un instant.

Yannick avait les yeux vagues, les yeux perdus. Marco avait été si reconnaissant que son frère veuille bien de lui pour cette promenade... Une promenade en forêt ! A eux deux ! Rien que pour eux deux !

D'habitude, on se promenait en famille. Papa qui croyait connaître tous les champignons. Maman qui parlait et parlait. Marie qu'on avait toujours peur de perdre. Yannick qui ne disait rien, mais souriait quelquefois. Il y avait de l'indulgence dans son sourire, un peu de lassitude. Ces promenades en forêt, en famille, n'étaient pas désagréables, mais Marco aurait voulu... que papa se vante moins, que maman se taise cinq minutes, que Marie arrête de faire des bonds à droite et à gauche... Et il aurait tant voulu, oui ! que Yannick soit à lui tout seul, Yannick le jeune homme, l'étudiant de la ville lointaine, Yannick "mon grand frère".

Marco aurait voulu lui raconter l'école, la maîtresse sévère mais qu'on aimait quand même, ses jeux avec Marie, et ses jeux sans Marie. Lui dire qu'une sœur c'est bien, mais qu'un peu trop de présence féminine ça étouffe un peu, on a besoin, oui, de quelqu'un d'un peu moins bavard, de plus grand. Une présence peut-être plus discrète (à la voix), mais la présence... d'un homme.

Car pour Marco, Yannick avait toujours été l'homme de la famille. Il lui montrait ses notes, ses constructions, il lui demandait pour les tours de cartes, Marco attendait que Yannick fût là. On ne pouvait pas révéler les choses sérieuses sans lui.

Mais Yannick ne disait rien. Il semblait plongé dans un grand songe à lui. Il tenait la main de Marco sans la tenir. La maison était loin, la forêt était presque absente. On était en forêt et on était ailleurs, dans un no man's land où le petit Marco n'avait pas vraiment sa place. Il fallait signaler sa présence, dire à Yannick : "Je m'appelle Marco, et nous sommes en forêt, tous les deux, tous les deux seuls sans la famille, c'est exceptionnel, et tu dois être là pour moi." Marco jeta un coup de pied dans les feuilles. Yannick ne leva pas un sourcil.

Comment dire à Yannick que la vie sans lui avait un goût de pièce vide, d'inachevé ? Que quand il venait le week-end c'était une vraie maison, une vraie joie ? Marco fit un bond, Yannick poussa un petit soupir.

- Tu aimes l'automne ? dit le petit garçon.

Yannick ne dit rien.

- Moi j'aime l'automne. La couleur des feuilles, tout ça... Si je pouvais, je me perdrais en forêt.

Pas de réaction.

- Je me perdrais, je me perdrais, et on ne me retrouverait pas !

Cette fois, Yannick sembla entendre. Il secoua la tête, comme un chien. Il eut un vague sourire.

- On retrouve toujours les petits garçons perdus, dit-il.

- Comment me retrouverais-tu, toi ?

- Je saurais. Je t'entendrais. Tu as de la voix.

- Et si c'est toi qui es perdu, crois-tu que moi je te retrouverais ?

Yannick se tourna vers son petit frère. Il était surpris par la question. Heureux, Marco vit qu'il avait enfin éveillé l'attention de son aîné.

- Oui, crois-tu que je te retrouverais ? Je suis si petit !

Yannick sembla réfléchir, quelques instants, puis sembla abandonner l'idée de répondre. Il y eut un moment de silence. Quand Yannick reprit, ce fut brusquement :

- Je me perdrais bien en forêt, moi, là, je me perdrais bien et ça m'arrangerait qu'on ne me retrouve pas !

C'était un cri du cœur. Marco l'entendit comme tel et blottit sa main dans la sienne.

- Je ferais tout pour te retrouver. Moi, ça ne m'arrangerait pas que tu sois perdu. Ça n'arrangerait personne, nous t'aimons !

- Aimer, qu'est-ce qu'aimer ? dit Yannick presque tout bas.

Marco réfléchit, mais il fallait réfléchir vite.

- C'est vouloir que quelqu'un soit là tout le temps, dit-il d'une voix rapide. C'est être triste quand il s'en va, c'est trouver la maison vide. La maison est vide quand tu n'es pas là !

Yannick sourit enfin et sembla, pour la première fois depuis le début de la promenade, être avec lui.

- Comme tu es gentil ! Oui, comme tu es gentil, mon petit frère... Mais tu es si petit...

- C'est mal d'être petit ?

- Non, bien sûr que non. C'est même bien. C'est agréable de faire des promenades avec toi... Je préfère être avec toi qu'avec quiconque. Mais tu sais...

- Quoi ?

- Tu sais, c'est si difficile en ce moment.

- Pourquoi ?

- Ce sont des histoires de grandes personnes.

- Nous aussi, les enfants, nous avons des histoires de grandes personnes. Je me sens comme une grande personne quelquefois. Oui, oui, nous avons le même genre d'histoires.

- Lesquelles ?

- Les chagrins, les disputes, quand on rate quelque chose... C'est comme pour les grandes personnes, tu sais.

- Alors..., tu as déjà été amoureux ?

Marco songea à Léa, à ses cheveux roux bouclés, à son rire, à son cœur qui battait fort quand ils couraient ensemble. Etait-ce cela être amoureux ? Oui, il se dit que ce devait être cela.

- Oui, avoua-t-il dans une grande inspiration.

Yannick ne put s'empêcher de rire. Mais c'était un rire sans joie, un rire de complicité triste.

- Eh bien, moi aussi, petit frère, je suis amoureux... Je suis amoureux... après.

- C'est quoi être "amoureux après" ?

- C'est quand on est con. C'est quand on n'a pas vu "pendant" que c'était bon, que la fille était une chouette fille, et qu'on ne lui a pas dit.

- Tu ne lui as pas dit que tu étais amoureux d'elle ! s'écria Marco, comprenant toute l'histoire.

- Pire que ça. Je la taquinais, je me moquais d'elle, je lui disait même qu'elle pouvait aller avec d'autres mecs. Nous prétendions être libres, tu vois ?

Marco le regardait gravement. Yannick poursuivit :

- Non, tu ne peux pas voir. Je suis sûr que tu l'as dit, toi, que tu l'aimais, à ta petite amoureuse.

- Non... Mais je crois que je vais lui dire. C'est quoi "être libre" quand on est avec une fille ?

- C'est aller... Je ne vais pas t'expliquer ça ! C'est jouer avec le feu en fait. J'ai joué avec le feu.

- Tu aurais dû la prendre dans tes bras, et la serrer très fort, et lui faire des serments d'amour ?

- Oh, oui ! Je me suis cru très fort. Je me crois toujours très fort, quel con ! Mais toi aussi tu me crois fort, n'est-ce pas ?

- Tu ES fort.

- Ah ? Mais alors pourquoi, en cet instant, j'ai envie de pleurer ?

- Parce qu'elle n'est pas là et que tu la crois très loin. Elle habite loin ?

- Non, pas très loin.

- Va la voir !

- Comme cela te semble facile, petit frère ! En fait, c'est comme s'il y avait mille kilomètres entre nous.

- Tu as ta voiture, tu es venu avec. Va prendre ta voiture, et tu pars, tant pis pour papa et maman, et tu vas rejoindre... Comment elle s'appelle ?

- Emilie, murmura Yannick.

- Tu vas taper à la porte d'Emilie et tu lui cries à travers la porte : "Je t'aime ! Je t'aime !"

Yannick sourit. Il se remettait à aimer les arbres autour, qui tout à l'heure lui paraissaient une prison, il se remettait à aimer le crissement des feuilles par terre, le ciel là-haut, sa famille, son petit frère malin.

- Tu te crois malin, dit-il d'ailleurs à Marco, mais dans sa voix le petit garçon ne saisit aucune trace d'hostilité.

- C'est toi qui n'es pas malin de perdre ton temps à te promener avec moi, dit Marco qui sentait déjà son cœur se briser à l'idée que son frère allait s'en aller.

Marie l'agaçait, son père et sa mère étaient trop souvent bien loin de lui, trop pris par la vie quotidienne. Avec Yannick c'était plus facile, il pouvait plus parler. Yannick avait le don de le faire se sentir plus "grand".

- On retourne à la maison ! s'exclama Yannick.

Ils ne coururent pas, il volèrent. Marco était très essoufflé, mais il ne se plaignit pas. Dans sa tête, le grand Yannick conjuguait le verbe aimer à tous les temps.

Repost 0
7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 14:52

Je suis devenue poète

Je te comprends

Dit le poète

Je comprends les pensées dans la tête

Je comprends la nostalgie du soir

Les jardins de l'enfance

La grand-mère aimante

La longue fleur qui se courbe l'arbre de vie

Je comprends !

-

Mes poètes m'ont parlé

Et je suis devenue poète

-

Mes poètes m'ont parlé

Et je suis devenue messagère des songes

Petite fille d'autrefois

Grande fille de vingt ans qui veut mourir

Amoureuse à Paris

-

Je suis devenue le fleuve sous vos yeux

Je suis le fleuve la plaine le vent

Je suis la vie qui passe je suis vous

Les poètes m'ont parlé et je suis devenue poète

-

Ils me comprennent

J'entends dans la pluie

Le tic tac de mes pensées et de mon cœur

J'entends dans la pluie

La pluie qui dit ne crains rien

Tout s'écoulera doucement

Il y aura toujours un poète

Au coin de la rue

Au coin d'un souvenir

Qui dira

Je comprends je comprends je comprends

**********

Je raconterai encore

J'ai mille chats dans ma tête

Un gros chat qui ronronne dans mon cœur

Moi aussi je pourrais ronronner

Avec vous dans mon cœur

Vous tous les visages tous les souvenirs

Des hommes jadis aimés

Des amis perdus

Vous les gravures de mode de ma vie

J'ai tant sublimé

-

J'ai mille pattes sur ma feuille

Vos petites pattes tiennent la mienne

J'écris en songeant

En rêvassant

En refaisant l'amour

Je n'ai pas fait tant l'amour que ça

J'ai tant rêvé

-

J'ai mille lignes que j'écrirais avec vous

Avec vous les souvenirs

Les balades dans Paris qui ne finissaient pas

Les maisons que je construisais et que je n'achetais pas

Les metteurs en scène que je regardais de loin

Les films car je me faisais un grand cinéma

Mille lignes mille carnets mille cahiers

J'ai tant écrit

-

Et j'écrirai encore

Avec tous les chats de ma vie

Avec tous les hommes tous les acteurs

Tous les amis réels ou inventés

Je ronronnerai encore

Je lécherai encore l'encre sur mes doigts

Je vous raconterai encore

Tous les rêves toutes les constructions tous les voyages

J'ai tant raconté et je raconterai encore

**********

* 11/10/15 : 2000 visiteurs depuis la création de ce blog ! Yeees !

Repost 0
11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 11:07

L'eau m'apporte la vie

Mes pensées sont en pluie

Ma bouche gourmande

N'attend que toi

***

J'ai besoin d'eau

J'ai besoin d'une vie

Pleine de pluies et de torrents

Pleine de toi eau vive

***

Eau vive

Je ne peux te prendre

Je ne peux que te boire

Dans l'infini bonheur

***

Eau pure et grave que m'apportent

Ta vie infinie ton front coulé

De pluies ô merveilleuses pluies

De pluies ravageuses

De pluies divines

Qui se terminent

En une seule goutte de génie

***

D'eau mon front est fait

Mes larmes

Mes jours qui s'écoulent

Tous sont faits d'eau de pluies bienfaisantes

Je cours et je gambade

Je te sens et je revis

Je te goûte et ma soif n'est plus

***

Eau fraîcheur douceur toute de vie

Perles comme des larmes

Commencement de tout perles d'aube

Et puis pluies immenses

Pluies qui se fondent dans le monde

Eau ma fraîcheur ma douceur ma cathédrale

Des creux de la terre aux cieux construits

***

Pluie murmure rosée douce larme

De bonheur

Torrents gravés

Névés de lumière

Mon eau qui est une prière

Un geste long et souple

Vers le ciel accueil de la vie

***

Quatre de ces poèmes ont été écrits pour "Guil", sculptrice.

***

DANS L'EAU

(Poème du recueil "Femme volante", 2009)

-

J'ai commencé à barboter

J'ai enlevé une botte puis deux

J'ai enlevé ma culotte

J'ai relevé mes cheveux

J'ai secoué mon nombril

J'ai trempé mes sourcils

Avec mes cheveux j'ai fait une natte de serpent clair

Qui s'est enfui dans l'eau comme un halo

Venez avec moi barboter

Venez enlever les culottes relever les cheveux

Secouer les nombrils

Venez admirer les serpents clairs

Qui s'enfuient dans les eaux

Autour de vous comme des halos

***

Repost 0