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Biographie De L'auteur

  • : Le blog de Joëlle Carzon écrivain du Loiret
  • : Ce blog est destiné aux écrivains et aux lecteurs qui aiment romans et poésies. Il présentera tous les écrits et toutes les activités de Joëlle Carzon, auteur de poèmes et romans. Ce blog n'est pas destiné à recevoir des messages violents, ou politiques, ou religieux. (Suite à un messages troublant reçu ce jour : 25/12/12)
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22 octobre 2015 4 22 /10 /octobre /2015 14:38

Il mit sa main dans la sienne. Une si grande main. Il l'obligea presque à prendre sa petite main. "Je suis là, je suis quand même là...", n'osait-il pas dire à haute voix. "Je suis ton petit frère et je suis là. Pense que je suis là ! Regarde-moi !"

Regarde-moi ne serait-ce qu'un instant.

Yannick avait les yeux vagues, les yeux perdus. Marco avait été si reconnaissant que son frère veuille bien de lui pour cette promenade... Une promenade en forêt ! A eux deux ! Rien que pour eux deux !

D'habitude, on se promenait en famille. Papa qui croyait connaître tous les champignons. Maman qui parlait et parlait. Marie qu'on avait toujours peur de perdre. Yannick qui ne disait rien, mais souriait quelquefois. Il y avait de l'indulgence dans son sourire, un peu de lassitude. Ces promenades en forêt, en famille, n'étaient pas désagréables, mais Marco aurait voulu... que papa se vante moins, que maman se taise cinq minutes, que Marie arrête de faire des bonds à droite et à gauche... Et il aurait tant voulu, oui ! que Yannick soit à lui tout seul, Yannick le jeune homme, l'étudiant de la ville lointaine, Yannick "mon grand frère".

Marco aurait voulu lui raconter l'école, la maîtresse sévère mais qu'on aimait quand même, ses jeux avec Marie, et ses jeux sans Marie. Lui dire qu'une sœur c'est bien, mais qu'un peu trop de présence féminine ça étouffe un peu, on a besoin, oui, de quelqu'un d'un peu moins bavard, de plus grand. Une présence peut-être plus discrète (à la voix), mais la présence... d'un homme.

Car pour Marco, Yannick avait toujours été l'homme de la famille. Il lui montrait ses notes, ses constructions, il lui demandait pour les tours de cartes, Marco attendait que Yannick fût là. On ne pouvait pas révéler les choses sérieuses sans lui.

Mais Yannick ne disait rien. Il semblait plongé dans un grand songe à lui. Il tenait la main de Marco sans la tenir. La maison était loin, la forêt était presque absente. On était en forêt et on était ailleurs, dans un no man's land où le petit Marco n'avait pas vraiment sa place. Il fallait signaler sa présence, dire à Yannick : "Je m'appelle Marco, et nous sommes en forêt, tous les deux, tous les deux seuls sans la famille, c'est exceptionnel, et tu dois être là pour moi." Marco jeta un coup de pied dans les feuilles. Yannick ne leva pas un sourcil.

Comment dire à Yannick que la vie sans lui avait un goût de pièce vide, d'inachevé ? Que quand il venait le week-end c'était une vraie maison, une vraie joie ? Marco fit un bond, Yannick poussa un petit soupir.

- Tu aimes l'automne ? dit le petit garçon.

Yannick ne dit rien.

- Moi j'aime l'automne. La couleur des feuilles, tout ça... Si je pouvais, je me perdrais en forêt.

Pas de réaction.

- Je me perdrais, je me perdrais, et on ne me retrouverait pas !

Cette fois, Yannick sembla entendre. Il secoua la tête, comme un chien. Il eut un vague sourire.

- On retrouve toujours les petits garçons perdus, dit-il.

- Comment me retrouverais-tu, toi ?

- Je saurais. Je t'entendrais. Tu as de la voix.

- Et si c'est toi qui es perdu, crois-tu que moi je te retrouverais ?

Yannick se tourna vers son petit frère. Il était surpris par la question. Heureux, Marco vit qu'il avait enfin éveillé l'attention de son aîné.

- Oui, crois-tu que je te retrouverais ? Je suis si petit !

Yannick sembla réfléchir, quelques instants, puis sembla abandonner l'idée de répondre. Il y eut un moment de silence. Quand Yannick reprit, ce fut brusquement :

- Je me perdrais bien en forêt, moi, là, je me perdrais bien et ça m'arrangerait qu'on ne me retrouve pas !

C'était un cri du cœur. Marco l'entendit comme tel et blottit sa main dans la sienne.

- Je ferais tout pour te retrouver. Moi, ça ne m'arrangerait pas que tu sois perdu. Ça n'arrangerait personne, nous t'aimons !

- Aimer, qu'est-ce qu'aimer ? dit Yannick presque tout bas.

Marco réfléchit, mais il fallait réfléchir vite.

- C'est vouloir que quelqu'un soit là tout le temps, dit-il d'une voix rapide. C'est être triste quand il s'en va, c'est trouver la maison vide. La maison est vide quand tu n'es pas là !

Yannick sourit enfin et sembla, pour la première fois depuis le début de la promenade, être avec lui.

- Comme tu es gentil ! Oui, comme tu es gentil, mon petit frère... Mais tu es si petit...

- C'est mal d'être petit ?

- Non, bien sûr que non. C'est même bien. C'est agréable de faire des promenades avec toi... Je préfère être avec toi qu'avec quiconque. Mais tu sais...

- Quoi ?

- Tu sais, c'est si difficile en ce moment.

- Pourquoi ?

- Ce sont des histoires de grandes personnes.

- Nous aussi, les enfants, nous avons des histoires de grandes personnes. Je me sens comme une grande personne quelquefois. Oui, oui, nous avons le même genre d'histoires.

- Lesquelles ?

- Les chagrins, les disputes, quand on rate quelque chose... C'est comme pour les grandes personnes, tu sais.

- Alors..., tu as déjà été amoureux ?

Marco songea à Léa, à ses cheveux roux bouclés, à son rire, à son cœur qui battait fort quand ils couraient ensemble. Etait-ce cela être amoureux ? Oui, il se dit que ce devait être cela.

- Oui, avoua-t-il dans une grande inspiration.

Yannick ne put s'empêcher de rire. Mais c'était un rire sans joie, un rire de complicité triste.

- Eh bien, moi aussi, petit frère, je suis amoureux... Je suis amoureux... après.

- C'est quoi être "amoureux après" ?

- C'est quand on est con. C'est quand on n'a pas vu "pendant" que c'était bon, que la fille était une chouette fille, et qu'on ne lui a pas dit.

- Tu ne lui as pas dit que tu étais amoureux d'elle ! s'écria Marco, comprenant toute l'histoire.

- Pire que ça. Je la taquinais, je me moquais d'elle, je lui disait même qu'elle pouvait aller avec d'autres mecs. Nous prétendions être libres, tu vois ?

Marco le regardait gravement. Yannick poursuivit :

- Non, tu ne peux pas voir. Je suis sûr que tu l'as dit, toi, que tu l'aimais, à ta petite amoureuse.

- Non... Mais je crois que je vais lui dire. C'est quoi "être libre" quand on est avec une fille ?

- C'est aller... Je ne vais pas t'expliquer ça ! C'est jouer avec le feu en fait. J'ai joué avec le feu.

- Tu aurais dû la prendre dans tes bras, et la serrer très fort, et lui faire des serments d'amour ?

- Oh, oui ! Je me suis cru très fort. Je me crois toujours très fort, quel con ! Mais toi aussi tu me crois fort, n'est-ce pas ?

- Tu ES fort.

- Ah ? Mais alors pourquoi, en cet instant, j'ai envie de pleurer ?

- Parce qu'elle n'est pas là et que tu la crois très loin. Elle habite loin ?

- Non, pas très loin.

- Va la voir !

- Comme cela te semble facile, petit frère ! En fait, c'est comme s'il y avait mille kilomètres entre nous.

- Tu as ta voiture, tu es venu avec. Va prendre ta voiture, et tu pars, tant pis pour papa et maman, et tu vas rejoindre... Comment elle s'appelle ?

- Emilie, murmura Yannick.

- Tu vas taper à la porte d'Emilie et tu lui cries à travers la porte : "Je t'aime ! Je t'aime !"

Yannick sourit. Il se remettait à aimer les arbres autour, qui tout à l'heure lui paraissaient une prison, il se remettait à aimer le crissement des feuilles par terre, le ciel là-haut, sa famille, son petit frère malin.

- Tu te crois malin, dit-il d'ailleurs à Marco, mais dans sa voix le petit garçon ne saisit aucune trace d'hostilité.

- C'est toi qui n'es pas malin de perdre ton temps à te promener avec moi, dit Marco qui sentait déjà son cœur se briser à l'idée que son frère allait s'en aller.

Marie l'agaçait, son père et sa mère étaient trop souvent bien loin de lui, trop pris par la vie quotidienne. Avec Yannick c'était plus facile, il pouvait plus parler. Yannick avait le don de le faire se sentir plus "grand".

- On retourne à la maison ! s'exclama Yannick.

Ils ne coururent pas, il volèrent. Marco était très essoufflé, mais il ne se plaignit pas. Dans sa tête, le grand Yannick conjuguait le verbe aimer à tous les temps.

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 14:52

Je suis devenue poète

Je te comprends

Dit le poète

Je comprends les pensées dans la tête

Je comprends la nostalgie du soir

Les jardins de l'enfance

La grand-mère aimante

La longue fleur qui se courbe l'arbre de vie

Je comprends !

-

Mes poètes m'ont parlé

Et je suis devenue poète

-

Mes poètes m'ont parlé

Et je suis devenue messagère des songes

Petite fille d'autrefois

Grande fille de vingt ans qui veut mourir

Amoureuse à Paris

-

Je suis devenue le fleuve sous vos yeux

Je suis le fleuve la plaine le vent

Je suis la vie qui passe je suis vous

Les poètes m'ont parlé et je suis devenue poète

-

Ils me comprennent

J'entends dans la pluie

Le tic tac de mes pensées et de mon cœur

J'entends dans la pluie

La pluie qui dit ne crains rien

Tout s'écoulera doucement

Il y aura toujours un poète

Au coin de la rue

Au coin d'un souvenir

Qui dira

Je comprends je comprends je comprends

**********

Je raconterai encore

J'ai mille chats dans ma tête

Un gros chat qui ronronne dans mon cœur

Moi aussi je pourrais ronronner

Avec vous dans mon cœur

Vous tous les visages tous les souvenirs

Des hommes jadis aimés

Des amis perdus

Vous les gravures de mode de ma vie

J'ai tant sublimé

-

J'ai mille pattes sur ma feuille

Vos petites pattes tiennent la mienne

J'écris en songeant

En rêvassant

En refaisant l'amour

Je n'ai pas fait tant l'amour que ça

J'ai tant rêvé

-

J'ai mille lignes que j'écrirais avec vous

Avec vous les souvenirs

Les balades dans Paris qui ne finissaient pas

Les maisons que je construisais et que je n'achetais pas

Les metteurs en scène que je regardais de loin

Les films car je me faisais un grand cinéma

Mille lignes mille carnets mille cahiers

J'ai tant écrit

-

Et j'écrirai encore

Avec tous les chats de ma vie

Avec tous les hommes tous les acteurs

Tous les amis réels ou inventés

Je ronronnerai encore

Je lécherai encore l'encre sur mes doigts

Je vous raconterai encore

Tous les rêves toutes les constructions tous les voyages

J'ai tant raconté et je raconterai encore

**********

* 11/10/15 : 2000 visiteurs depuis la création de ce blog ! Yeees !

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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 11:07

L'eau m'apporte la vie

Mes pensées sont en pluie

Ma bouche gourmande

N'attend que toi

***

J'ai besoin d'eau

J'ai besoin d'une vie

Pleine de pluies et de torrents

Pleine de toi eau vive

***

Eau vive

Je ne peux te prendre

Je ne peux que te boire

Dans l'infini bonheur

***

Eau pure et grave que m'apportent

Ta vie infinie ton front coulé

De pluies ô merveilleuses pluies

De pluies ravageuses

De pluies divines

Qui se terminent

En une seule goutte de génie

***

D'eau mon front est fait

Mes larmes

Mes jours qui s'écoulent

Tous sont faits d'eau de pluies bienfaisantes

Je cours et je gambade

Je te sens et je revis

Je te goûte et ma soif n'est plus

***

Eau fraîcheur douceur toute de vie

Perles comme des larmes

Commencement de tout perles d'aube

Et puis pluies immenses

Pluies qui se fondent dans le monde

Eau ma fraîcheur ma douceur ma cathédrale

Des creux de la terre aux cieux construits

***

Pluie murmure rosée douce larme

De bonheur

Torrents gravés

Névés de lumière

Mon eau qui est une prière

Un geste long et souple

Vers le ciel accueil de la vie

***

Quatre de ces poèmes ont été écrits pour "Guil", sculptrice.

***

DANS L'EAU

(Poème du recueil "Femme volante", 2009)

-

J'ai commencé à barboter

J'ai enlevé une botte puis deux

J'ai enlevé ma culotte

J'ai relevé mes cheveux

J'ai secoué mon nombril

J'ai trempé mes sourcils

Avec mes cheveux j'ai fait une natte de serpent clair

Qui s'est enfui dans l'eau comme un halo

Venez avec moi barboter

Venez enlever les culottes relever les cheveux

Secouer les nombrils

Venez admirer les serpents clairs

Qui s'enfuient dans les eaux

Autour de vous comme des halos

***

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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 18:09

Amour parce que l'amour

Est un grand arbre

De vie

-

Amour parce que l'amour

Est une joie

Infinie

-----

Amour parce que l'amour

M'entoure et se confie

Amour parce que l'amour

Est une lettre de défi

-----

La chaleur m'enveloppe

La chaleur me caresse

Caresses de chat tropical

Ô chat tes yeux comme deux soleil d'août !

-----

J'aurai si chaud que je dirai

De l'eau de l'eau !

Et que je plongerai

Dans l'eau tremblante des pensées

-----

Un jour je me noierai

Sans rien dire

Glouglou

Je suis partie en une bulle

-----

ARBRE VIOLET

Arbres magiques

Arbres élancés

Arbres d'une autre couleur

Un arbre pour moi

Un arbre qui s'élance de mon cœur

Pour arriver

Dans ma poitrine qui parle

Comme les arbres parlent

-----

L'été...

L'été

Je pense quelquefois

A la lenteur

Aux souvenirs

Et les pensées

Se fondent

Dans la chaleur

-

L'été

Je pense quelquefois

Que je pourrais partir

Partir loin

Mais les pensées

Restent toutes seules

Au coin du lit

-

L'été

Je pense quelquefois

Que je pourrais aimer

Mais la paresse

Est la plus forte

Mais la paresse

Ressemble

Au train qu'on ne prend pas

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

P.S. 20/7 : J'ai eu un message très gentil de Jean-Daniel G. sur mes poèmes. J'ai pu lui répondre, mais je ne trouve pas de boîte aux lettres sur ce blog avec sa nouvelle configuration ! Tout ça pour dire que si j'ai fait quelques progrès depuis deux ou trois ans, je ne suis encore vraiment pas douée avec tous ces "machins" informatiques. Euh... Vous (?) pouvez toujours déposer des "commentaires"...

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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 13:58

Les cris des oiseaux on les entend

La plage souillée on marche dedans

Le cœur se serre

Le cœur se vide

Ô mes oiseaux mes oiseaux disparus !

*****

Un oiseau est mort je meurs aussi

Je voudrais m'endormir au ciel si bleu

Mais le ciel est noir comme la plage

Mon oiseau mon cœur

mort noire

(Marée noire aux US)

*****

Je vous ai écoutés humains

J'ai écouté tous les cris

Chaque enfant qui souffre est en moi

Chaque cri de femme est le mien

J'ai trop entendu

*****

Les chats

Les pas de la terre

Marqués sur le ciel

*****

Chat ami

"Un chat passant parmi les livres" d'Apollinaire

Le chat qui dévide le temps

Le chat que le moi désire

Le chat qui passe

Et qui revient

... Et que l'amour revienne

*****

Le chat boule de feu

Tout au fond tout au fond

Boule de laine boule d'amour

Tout au fond de mon corps

Mon corps qui est grande vie

-

Petit chat boule grande vie

*****

POUR L'INFINI

-

Pour l'infini

Je serai moins qu'une fourmi

Je m'endors et je me dis tu n'es rien

Et ça ne fait rien

Joëlle dans l'infini

Sourit

-

Pour le soleil

Plus qu'une étoile c'est mon cœur

Je suis en feu brûlante brûlante

Soleil soleil

Je suis soleil !

-

Pour la lune petite lune

Mon corps est élancé en forme de croissant

Petite lune tu es

Brillante brillante

Comme le reflet dans l'eau du soir !

On ne m'y prendra plus

D'être un bras, une jambe, un orteil!

On ne m'y prendra plus

-

Je suis l'infinie pensée

Je suis le soleil écartelé

Je suis la lune découpée

Je suis la plaine et le vent et les cieux !

-

On ne m'y prendra plus

A raconter que je suis triste

Le soleil est-il triste ?

La tristesse se confond dans l'infini

La tristesse se noie dans les reflets de la lune

-

On ne m'y prendra plus

A raconter que je vais mourir

A qui je raconte cela ?

Je ne mourrai jamais

Je suis si petite

Et si grande à la fois

-

Je n'ai pas des amis j'ai l'univers

Et je chante l'univers

Et l'univers m'enchante

Et le Paradis est dans mes pieds

Qui courent qui courent sans jamais s'arrêter

Parce que l'infini ne s'arrête jamais !

8 juin

*****

L'ARBRE DE VIE

-

Je m'enroule autour de l'arbre

Je crie

Mais mon cri est si doux

Que l'arbre danse

Je suis serpent de plume je suis serpent d'or frais

Je suis une alouette

Je suis un petit moineau

-

Rien ne me fera retrouver le chagrin

Le soleil est éternel autour de l'arbre

Le venin est parti je suis tout sucre

Je suis serpent de plume et oiseau joyeux

-

Les oiseaux sont dans ma tête

Les pensées s'étirent les pensées son joyeuses

Je ne dirai plus jamais

La tristesse l'angoisse les au revoir

-

Je m'enroule autour de l'arbre

Des arbres

Des érables du père David

Des arbres à perruques

Des arbres à peignes

Des genévriers de Chine

Des calocedrus à encens

Des érables cannelle

Des séquoias géants

Et les arbres m'entourent

Le monde entier est une douce couverture

Le ciel est si bleu que tout est bleu

L'arbre est si grand que je suis grande et vive

9 juin

*****

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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 11:29

perce-neige-2-15.jpg Perce-neige (voir mon dernier poème : "J'attends...")                                                                                Toutes ces larmes

Pour eux

Pour des crayons

De couleur

De nos couleurs

 

     ***

 

J'ai tant pleuré

Reste-t-il encore des larmes

Mes yeux sont prêts

A repartir à regarder

Les autres larmes dorées

Des demains

 

     ***

 

Demain est un autre jour

Un jour à peindre

Il y a mille vies

A reformer

 

     Janvier 2015

 

     ***

 

Je suis soûle

Du chagrin

Je suis soûle

Comme un écureuil

Ayant tout perdu

 

     ***

 

Des arbres dans ma tête

Des arbres mille chemins

Tout autour de moi

La mêlée

Le chagrin

Les bourgeons je l'espère les bourgeons...

 

     ***

 

Voltaire Voltaire ?

Parlez-moi de tolérance

Parlez-moi de liberté

Parlez-moi de l'autre

Parlez-moi de moi

 

     ***

 

La pluie passera

La neige passera

Pluie et neige en brouillard dans ma tête

Ma tête passera à travers les nuages

 

     ***

 

Demain je dirai aux gens

Ne passez pas votre chemin

Arrêtez-vous près de moi

Tous ces petits cailloux

Sont pour vous

 

    ***

 

J'enverrai au loin

Mon manteau ma robe mon chapeau

Je me mettrai nue

Et l'on pourra dire

Voici la fille sans mensonges

Voici la fille de demain

 

     ***

 

J'attends les perce-neige

J'attends le ciel gris dépassé

J'attends le soleil au tournant

J'attends la vie et le printemps

 

 

     Février 2015

 

     ***

 

- J'ai eu 60 ans le 7 février ! Many happy returns à moi !

 

     ***

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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 15:43

cerises-eluard.jpgUn livre sous un arbre

Un chat dans la cuillère à thé

Une rivière sans camping

La lune

La terre invisible sous l'herbe

Les papillons du crépuscule

Les chenilles du matin qui vous portent des fleurs

Le vent sur la joue quand il fait si chaud

Un ami qui marche vers vous

Et qui sourit son bonjour

Un ami qui s'éloigne de vous

Et on le sait (oh, oui on le sait !) qu'on reverra demain

Demain qui porte naissance

Après-demain qui porte la mer

L'année prochaine qui porte la Bretagne

Les pieds dans l'herbe verte

Un écrivain inconnu qui vous devient Tout

Un vaccin découvert un matin par un savant distrait

Un Africain qui pourra venir en France

Un Anglais qui mangera des huîtres

Le vent dans les nuages qui sont mes cheveux

Ma beauté inventée

Un homme qui m'aimerait

Un chat qui passerait par là et me dirait :

Je suis le Prince Charmant !

Un enfant qui ne pleure pas

Une mère qui ne tape pas

Une fleur qui fleurit

Une cerise qui rougit

Un cerf volant qui s'en va comme une bouteille à la mer

Une bouteille avec tout cela

Une bouteille avec mon bonheur à moi

 

               *

 

Ce poème a été écrit il y a quelques années déjà (de la Bretagne, je suis passée à la Normandie).

Mais tout me plaît encore là-dedans.

 

Poème du recueil "Femme volante", 2009

 

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MES FILMS PREFERES DE L'ANNEE 2014 (sur 42 films vus à ce jour, 17/12/14) :

Mommy, Ida, Philomena, Maestro, The Lunchbox, Gone Girl, Bande de filles, Samba, Joe, De toutes nos forces, Magic in the Moonlight, La prochaine fois je viserai le coeur, Pride et Baby Sitting.

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23/12/14

VISITES A CE JOUR EN DECEMBRE : 41

VISITES TOTALES DEPUIS LA CREATION : 1603

 

               *****

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 17:21

                            *

 

Robin Williams et Lauren Bacall

Hollywood éclate

Ô vous disparus

Mon cœur chagrine

Le regard de Lauren

Mon cœur nos cœurs si chagrins

 

13/8

     *

 

Nous ferons le tour du bois

Tour du bois tour du soir

Tour de soi en soie des soirs

 

 

     *

 

Petit bouquet fermé

Tu t’ouvriras

En même temps que la lettre parfumée

 

 

     *

 

J’ai reçu des mots

Et ces mots m’étaient chers

Amitié amour baisers petits chats sur mon ventre rond

 

     *

 

J’ai ronronné

J’ai baisé

Tes lèvres fermées

Et se sont ouvertes

Les portes d’un paradis rien qu’à nous

 

 

     *

 

Tous ces cahiers

Ecrits entassés empilés aimés

Oh oui tous ces cahiers aimés

Et tant écrits.

 

     *

 

Mon petit doigt m’a dit

Virgules et rédactions

Au dos de mes silences

 

*

 

J’ai écrit ils elles écrivent

Et tous ces papiers-là

Peuvent étouffer l’amour

 

*

 

Elles ont vécu mes héroïnes

Dans les montagnes en mer en France en Chine

Et moi je ne suis qu’un point

 

*

 

Ils elles ont planté

Mille fleurs cent arbres

Ils elles ont planté

Sur des terres infinies

Et moi

Qu’ai-je fait ?

J’ai tant écrit

Que toutes les fleurs tous les arbres se sont couchés sur mon passage

 

*

 

Plein d’enfants ont bien ri

Plein d’enfants ont bien dormi

Plein d’enfants ont bien grandi

Et l’enfant que je suis l’enfant

A bien bien écrit

L’enfant…

 

 

*

 

Pourquoi

Le temps

Pourquoi le temps

Pourquoi le temps sur ma peau

Et l’eau

Qui s’écoule

Transparente et immortelle

Pourquoi mortelle pourquoi

Le temps qui mord ?

 

          *

 

Vous avez mordu

La pomme de la vie

Et vous êtes parti

Trop loin sans doute de celle qui n’a pas mordu

 

          *

 

Je me cogne

Aux encoignures aux murs à la porte

Ça fait mal

Il cogne

Ce cœur qui se cogne et qui meurt !

 

          *

 

Petites bêtes

Ivres de feuilles et de vent

Petites bêtes en étoiles

Au firmament

 

          *

 

Mystérieux vent

Qui souffle dans ma tête

Mystérieuse petite personne

Que je suis

 

*

 

Rêves simples

Rêves illuminés

Toute rêve

Je suis je suis

Les pieds sur les feuilles sur la terre

La tête dans l’automne étoilé

 

*

 

Je marche

Je danse

Vers toi vers les ondes

Ce qui marche dans ma tête

Ce qui danse

Ce sont les pensées des saisons

Des années

Les pensées frêles les pensées transformées

 

 

*

Les mots et les maux

L’étoile et les toiles

Les cinés et les stars

Tout ce qui fait

La vie la vie

La vie racontée

 

*

On est en été presqu’en hiver

Que le soleil brille

Je ne dénigrerai pas

Les gouttes d’or en pluie

 

Automne 2014

 

*

 

CINE : Allez voir sans hésiter "Mommy" de Xavier Dolan !

*

6/11/14

LES PRIX LITTERAIRES :

Lydie Salvayre, prix Goncourt : médiocre écrivain. Quand on arrive au bout de ses romans, on se dit : tout ça pour ça !

David Foenkinos, prix Renaudot ("Charlotte") : écrivain oubliable. Aussitôt lu, aussitôt oublié !

 

Mais je reconnais quand même n'avoir pas lu leurs deux derniers ouvrages...

Tant mieux pour eux, mais moi je m'en passerai très bien.

 

*

19/11

Je veux être juste. "Charlotte" vient de recevoir le Goncourt des Lycéens et cela semble être un roman plus qu'honorable et je l'offrirai même à ma mère à Noël car cela fait partie des sujets qui l'intéressent !

 

*

 

 

 

 

 

 

 

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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 10:58

Le cœur cogne si fort que les portes s'ouvrent

Un paysage

Un paysage immense cent paysages mille paysages

Tu as beaucoup vécu et les portes s'ouvrent encore

Pousse celle-là

Ne te méfie pas du vent qui souffle

Du vent chagrin

Du vent violent

Ne te méfie pas des larmes des larmes

De tous ces enfants de tous ces adultes de tous ces gens

Il y a la guerre encore

Vois les larmes mais ne les prends pas pour toi

La guerre la guerre la guerre encore

Il y eut cent guerres pour toi

En toi

Tu as beaucoup vécu et les portes les portes

Risqueraient de se fermer...

 

Mais elles ne se fermeront pas !

Pousse la porte ouvre la porte !

Toi que j'aime vous que j'aime enfants enfants

Je vais vous rejoindre !

Attendez-moi attendez-moi petite personne

Mais grand mon cœur grand !

Comme sont grands les paysages

Les paysages de ma vie

Ma vie ma vie que je vous donne

Prenez prenez je vous la donne !

 

Le cœur cogne si fort et les portes s'ouvrent

Je pousserai encore les portes

J'irai vers vous j'irai vers les anges

J'irai

Portes ouvrez-vous ouvrez les bras !

Ouvrez les bras que je m'y jette !

 

29 septembre 2014

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LECTURE OCTOBRE :

Le Royaume, Emmanuel Carrère.

Je vous recommande LIMONOV, D'AUTRES VIES QUE LA MIENNE, d'Emmanuel Carrère, toujours (éditions P.O.L.).

 

Aujourd'hui en France, 27/10/14 :

"Au royaume d'Emmanuel Carrère". LE ROYAUME figure parmi les meilleures ventes de la rentrée. Portrait d'un romancier qui s'est installé, en près de 30 ans, parmi les plus grands écrivains français.

+ "Un familier du grand et du petit écran"

"La Moustache", 2005 (entre autres). 

 

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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 11:43

Elles ont pour noms Scarlett, Rachel, Rebecca. On les rencontre dans "Autant en emporte le vent", "Ma cousine Rachel", "Rebecca".

 

Garces bien garces, filles fort vilaines, avec des visages d'anges et des corps à se damner (pour les messieurs, et même pour les dames : Mrs Danvers dans "Rebecca").

 

Elles font ce qui leur plaît, elles narguent la foule, elles n'ont peur de rien -ou si elles ont peur, elles le cachent bien-.

 

On ne les oublie jamais. Après avoir lu Margaret Mitchell ou Daphne du Maurier, qui pourra jamais oublier Scarlett O'Hara ou Rebecca ?

 

Rebecca est peut-être la plus terrible, parce qu'elle est à la fois morte et vivante, la narratrice de "Rebecca" (pauvre petite fille sans nom) a peur d'une morte VIVANTE !

 

Elles sont aimées, adorées, vénérées, et ELLES N'AIMENT PERSONNE, que leur petite personne et leur plaisir.

 

On est emportés par ces récits du diable !

 

Quel bel été en compagnie de ces grandes romancières qui ont écrit des best-sellers, mais de vrais best-sellers, des best-sellers de femmes douées, qu'on ne peut oublier et qu'on reprend tous les dix ans, pour illuminer son été, comme je viens de le faire moi-même.

 

Des garces ? Oh ! après tout, osons dire que ces héroïnes sont des féministes avant l'heure. Rebecca dit à son mari : "Je ferai ce que je veux, et tu n'y pourras rien ! Je suis plus forte que toi !"

 

Scarlett ne s'avoue jamais vaincue, même quand Rhett Butler à la fin lui dit qu'il s'en fout comme d'une guigne de ce qu'elle va bien pouvoir faire ! "J'irai à sa reconquête", dit Scarlett jamais vaincue.

 

Plus subtil est le portrait de Rachel. Est-elle une garce ou pas ? Une véritable garce ou une femme douce qui ne peut empêcher les hommes de tomber amoureux d'elle ? La grande force de Daphne Du Maurier est là : le lecteur ne sait pas, ne saura jamais.

 

TERRIBLE !

 

Terribles sont ces femmes, mais je ne peux m'empêcher d'être admirative face à elles. J'eusse aimé être belle et invincible, et dire aux hommes : JE SUIS LA PLUS FORTE !

 

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23/8

Dans "Prenez garde aux biches" de Vicky Baum, une sacrée peste aussi : Ann. Elle bouffe tout le monde : parents, sœur, mari, enfants du mari... Vicky Baum fut une auteur fameuse de best-sellers ("Lac-aux-Dames"). Oui, je sais : je lis (relis plutôt, août, le temps des relectures) ce qu'on pourrait appeler des "livres de dames". Rien à voir cependant avec la série Harlequin, les livres dont je parle sont de qualité.

 

 

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