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Biographie De L'auteur

  • : Le blog de Joëlle Carzon écrivain du Loiret
  • : Ce blog est destiné aux écrivains et aux lecteurs qui aiment romans et poésies. Il présentera tous les écrits et toutes les activités de Joëlle Carzon, auteur de poèmes et romans. Ce blog n'est pas destiné à recevoir des messages violents, ou politiques, ou religieux. (Suite à un messages troublant reçu ce jour : 25/12/12)
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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 14:55

“Le rêve c’est la vie - et le rêve est plus vrai que la réalité.”

Berthe Morisot (peintre), 1890

 

(Expo Berthe Morisot au musée Marmottan, 30 juin 2012)

 

Le vieux Paris n’est plus (la forme d’une ville

Change plus vite, hélas ! que le cœur d’un mortel)...

 

Baudelaire, “le Cygne”, “les Fleurs du mal”

 

PARLONS LIVRES...

 

Et parlons cinéma, car dans “Sur la terre comme au ciel”, René Belletto parle tout autant de ciné que de littérature. Né en 1945, Belletto écrit un roman policier qui se passe à Lyon, sa ville chérie natale. Deville ne s’y est pas trompé puisqu’il s’est basé sur ce livre pour tourner “Péril en la demeure”. D’où la couverture très chaude de ce livre qui représente l’affiche du film (vieux Livre de Poche acheté à St Michel). On n’a pas oublié ce film et ses acteurs (Nicole Garcia et Christophe Malavoy - sur cette fameuse affiche -, Anémone...). Chaud, chaud... Belletto parle du cinéma américain en particulier et donne envie de revoir tous ces films. Son héros passe autant de temps au cinéma qu’au lit !

 

“Quel est Mon noM ?” (les majuscules, c’est exprès, ne me demandez pas pourquoi elles sont là, je n’en sais rien), de Melvil Poupaud (Stock). Melvil Poupaud fait là un étrange patchwork entre sa vie, le cinéma (le sien et celui des autres - il a commencé à jouer tout petit), et des morceaux d’espèces de scénarii. Ce jeune homme (et fort bon acteur à mon avis) semble assez bizarre à travers ces pages, mais je suppose que c’est ce qui fait son charme. On aimerait en savoir plus...

 

Est-ce que la télé fait lire ?

 

Oui, puisque j’ai acheté “les Corrections” après avoir vu l’écrivain américain Jonathan Franzen à la télé (en fait sur Internet, car c‘est mon amie S. qui m‘a parlé de ce programme). Jonathan Franzen qui aime les livres... et les oiseaux. Je suis en train de lire ce gros roman ; j’en reparlerai le mois prochain quand je l’aurai fini. La radio aussi me fait lire : France Inter souvent qui m’a fait lire entre autres Amélie Nothomb, et Melvil Poupaud tout récemment.

 

Je continue à lire “les Fleurs du mal”, par petits bouts, à minuit en général.

 

Les 30 juin et 1er juillet :

Paris. Expo Berthe Morisot au musée Marmottan, Métro La Muette. On traverse de beaux jardins sous le soleil pour aller à ce délicieux musée ; ça change de la crainte que j’éprouve chaque fois à la station Châtelet et des odeurs de pisse de la station Gare de Lyon. Est-ce que j’aimerais moins Paris ?...

Quatuor n°1 en sol mineur et Grande Messe en ut mineur KV 427 de Mozart samedi soir à l’Oratoire du Louvre, Ensemble Vocal Magadis. Mon amie S.B. chante dans le chœur.

 

ET DU COTE DU CINEMA, en Juin 2012 :

 

Moonrise Kingdom, Wes Anderson

 

Montargis, 3 juin

Cette fois, je suis sortie. Au bout de quand même une heure environ. Sur une île de la Nouvelle-Angleterre, deux jeunes ados tombent amoureux et s’enfuient ensemble, poursuivis par une bande d’acteurs célèbres raides comme des piquets et que je n’ai jamais vus jouer aussi mal. Les deux enfants sont laids et sans intérêt, l’histoire morne, les couleurs horribles (dans le style jaunâtre-verdâtre).

J’avais aimé son film sur les 3 frères en Inde à la recherche de leur maman (Angelica Huston), cela m’avait paru original, mais là je ne vois rien de bien dans ce film. J’en ai vraiment archi-marre des films ennuyeux et je vais dans les semaines qui viennent faire très attention à ce que je vais voir. Je ne veux pas me dégoûter du cinéma.

 

Le Grand soir, Guillaume de Kervern, Bertrand Delepine

Montargis, 10/6

Benoit Poelvoorde, Albert Dupontel

Dans une zone commerciale hyper laide, deux frères se montrent très différents. L’un d’eux est un marginal punk avec un petit chien, l’autre un cadre commercial qui vend des matelas. Le second pète les plombs et rejoint son frère dans la marginalité. Ce film n’est pas franchement drôle, il est même plutôt désespéré. Mais c’est filmé de manière très originale et le message (si “message” il y a) passe bien. J’ai trouvé les deux acteurs très bien (surtout Poelvoorde) et j’ai passé un bon moment. Cela m’a fait penser par moments à Bertrand Blier.

 

Indian Palace, John Madden (V.O.)

Tom Wilkinson, Judi Dench...

Montargis, 15/6

Dans ce magnifique pays qu’est l’Inde (mais un pays surpeuplé et très troublant pour les occidentaux), un groupe de personnes âgées arrive. Le cheminement de chacun, le rejet ou l’amour de l’Inde, une romance délicieuse chez deux jeunes Indiens... Tout cela fait un film charmant (et grave aussi), où l’on ne s’ennuie pas une seconde. J’ai beaucoup aimé ce film que je trouve très réussi.

 

Adieu Berthe, l’enterrement de mémé, Bruno Podalydès

Paris, Champs Elysées, 30/6

Denis Podalydès, Valérie Lemercier...

Un pharmacien hésite entre sa femme et sa maîtresse. Sa grand-mère meurt. Il s’exerce à la magie et fait de la trottinette à moteur. Tout cela est charmant, lunaire, poétique, assez délicieux. On ne rit pas aux éclats mais on s’envole comme le coquelicot à la fin du film.

 

La Part des anges, Ken Loach (The Angels’Share, vo)

Un prix au dernier Festival de Cannes, pour la 17è participation de son auteur.

Paul Brannigan

Paris, Odéon, 1er juillet (11 heures)

Ken Loach persiste et signe dans sa défense des plus démunis de son pays. Là, des petits voleurs et délinquants vont réussir un casse de Whisky (écossais). Cela commence gravement et se poursuit dans la comédie. Ce film n’est pas “hilarant” comme le prétendent les affiches, mais on y prend beaucoup de plaisir et on ne ressort pas traumatisé comme pour certains de ses autres films !

 

A bientôt, fin juillet ou début août !

(La Sarthe prévue quelques jours en juillet.)

 

 

 

 

 

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 10:56

Ce mois-ci (après une période difficile où j'ai été obligée de m'absenter), vous verrez que je ne me montre pas très "intello" en préférant Lorraine Levy à David Cronenberg (ah ! où sont "History of Violence" et "les Promesses de l'ombre" ?). Je fatigue un peu du cinéma trop recherché et j'ai même dit à une amie : "Je vais retourner voir les "Fantômas" avec Louis de Funès !" Oui, décidément, je fatigue...

 

DONC, COTE CINE :

 

De rouille et d’os, Jacques Audiard

D’après Craig Davidson (canadien)

Marion Cotillard, Matthias Schoenhaerts

Montargis, 20 mai

Plus d’un mois sans ciné : j’ai résisté ! J’ai la chance de reprendre le cinéma avec ce beau film dans lequel quand même, j’avoue, j’ai eu un peu de mal à entrer. Film “de mec”. Les rapports du trio L’homme/le petit garçon/la jeune femme sont longs à se mettre en place. On y parle du handicap : le handicap physique et le handicap des sentiments. Film fort et beau.

 

Le prénom, Alexandre de la Patellière

Patrick Bruel, Charles Berling, De Tonquedec

Montargis, 25/5

Film que je suis allée voir pour me détendre. Agréable, sans plus. Lourdingue par moments. J’ai ri parfois quand même.

 

Cosmopolis, David Cronenberg

Robert Pattinson, Juliette Binoche

Montargis, 27/5

Film insupportablement prétentieux, insupportablement long, bourré de belles phrases qui ne veulent rien dire (enfin pour moi...). Avec en plus dans la salle des ados qui étaient venus pour Pattinson-le Vampire et qui n’ont pas arrêté de faire du bruit et de se déplacer. Je ne sais pas comment j’ai eu le courage de rester jusqu’au bout. Presque aussi ennuyeux que la Palme d’Or 2011 ! (29/5 : encore plus ennuyeux !) Les films de Cannes !... (comme dirait DM, ami Facebook).

 

Le fils de l’autre, Lorraine Levy

Emmanuelle Devos, Jules Sitruk, Pascal Elbé

Montargis, 29/5

J’ai bien aimé ce film qui ne cherche pas à donner de leçon (il s’agit quand même du conflit israëlo-palestinien) et qui raconte une histoire simplement et honnêtement. Les deux ados sont très bien et je suis toujours contente de voir E. Devos. La critique n’a pas été très tendre pour ce film, mais il semble que dernièrement les critiques n’aiment guère la simplicité. Ils préfèrent des films totalement ennuyeux et incompréhensibles (Cosmopolis) !

 

 COTE LITTERATURE, j'ai enchaîné de Romain Gary à Emile Ajar. J'ai lu pour la première fois "la vie devant soi" : il n'est jamais trop tard pour bien faire !

Et je suis en train de lire les confidences d'Antonia Fraser sur son célèbre mari Harold Pinter (ma première lecture en anglais) dans "Vous partez déjà ?". Le côté "People" de la littérature anglaise. Harold Pinter fut le génial dramaturge que l'on sait, mais aussi un grand dialoguiste de cinéma. A 18 ans, j'étais tombée amoureuse de sa photo sur une couverture de livre. J'ai toujours mélangé "texte" et "sexe". Il y a longtemps que je ne suis plus tombée amoureuse d'un écrivain... Je vieillis ? (Non, ne me parlez pas du vieillissement. Haneke a même eu la Palme d'Or pour un film sur les vieux. Au secours !)

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Au 28/6/12 : 10 visiteurs ce mois-ci. Pas terrible. Mais bon, c'est 10 quand même ! (Sylvie M, JM, Gwenn, Gauthier ? Léa ; ça fait 5, je ne sais qui sont les autres.

 

Ah, Paris le week-end qui vient : concert Mozart samedi soir à l'Oratoire du Louvre (S.B., mon amie de jeunesse, y chante), Berthe Morisot, Ken Loach, Bruno Podalydès. (Nouvelles dans mon bloc-notes de Juin 2012.)

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 17:15

Haut, très haut au-dessus du pôle Nord, le premier jour de l’an 1969, deux professeurs de littérature anglaise s’approchaient l’un de l’autre à une vitesse cumulée de 1920 kilomètres à l’heure.

 

“Changement de décor”, David Lodge

 

Du côté des livres :

Excellent David Lodge en effet. J’ai beaucoup aimé relire ce roman d’échanges de profs de fac, l’un anglais, l’autre américain, dans l’atmosphère vraiment très troublée de 1968. Avec un déferlement de jeunes, bien jeunes et bien agités pour ces deux messieurs qui commencent à vieillir et qui ont d’autres problèmes. Ils sont obligés d’assister à toute cette agitation et s’en sortent comme ils peuvent, participent même parfois. Et ils échangent leurs femmes, ce qui est très drôle. Encore une fois, je me suis bien marrée avec cet auteur qui est devenu un peu sinistre plus tard avec “Thérapie” et avec ses prétentions de parler d’autres écrivains, comme de James par exemple dont il parle très mal et avec beaucoup d’irrespect à mon avis.

 

Suivant les conseils de Monsieur G. , me voilà plongée ensuite dans FICTIONS de Jorge Luis Borges auquel je ne comprends RIEN. Je me dis à nouveau (comme bien des fois) que je dois être un peu idiote malgré mes longues études d’anglais. Ou alors je ne suis vraiment pas sensible à la littérature de langue espagnole. Borges fait apparemment la critique littéraire de livres qui n’ont jamais existé. Je ne comprends ni le genre ni le but ! Pauvre Joëlle !

 

J’ai abandonné avant la fin LA GLACE A L’ANANAS, de Christine de Rivoyre, qui s’est prise pour Salinger. Mais n’est pas SALINGER qui veut. En plus C. de Rivoyre est une réac (ou non, pas une réac, mais quelqu‘un qui excuse les violeurs par exemple -c‘est la faute des femmes - chose qui évidemment choque le lecteur d‘aujourd‘hui), ce qui apparaît souvent et n’est pas du tout le cas bien sûr de Salinger.

 

Pour me consoler de tout ça, j’emprunte dans la bibliothèque de ma mère “Gros-Câlin” d’Emile Ajar, roman que j’aime beaucoup, qui me touche beaucoup, écriture moderne et réflexion émouvante sur la SOLITUDE. Décidément, je suis abonnée à Romain Gary/Emile Ajar ces temps-ci. Etonnant bonhomme.

 

Je lis Baudelaire toujours, mais il me faudrait un prof de français (à côté de moi dans mon lit ?).

 

Du côté du cinoche :

Triste mois d’avril. Je n’ai pas pu aller au ciné à Gap où je “gardais” mon père et les trucs-machins plus ou moins de SF qui sortent ne sont pas mon genre du tout.

 

Americano, Mathieu Demy

Mathieu Demy, Salma Hayek

Montargis, 2 avril

Un fils à la recherche d’une jeune amie (d’origine mexicaine ) de sa mère décédée (aux Etats-Unis alors que lui vit en France). C’est un long chemin, difficile, plein d’embûches. Le héros va au Mexique et prend plein de coups. Mathieu Demy n’a pas choisi la facilité pour son premier film. C’est plutôt bien.

 

My week with Marilyn, Simon Curtis

Michelle Williams, Kenneth Brannagh, Eddie Redmayne

Montargis, 6 avril

Le tournage du “Prince et la Danseuse” de Lawrence Olivier. Un jeune assistant, amoureux du cinéma, est témoin puis acteur auprès de la belle et fragile Marilyn. Une rencontre qui marquera sa vie. Les deux héros sont assez touchants, mais le film est peut-être un peu trop léché.

 

Mais je verrai peut-être d’autres films d’ici fin avril (aujourd’hui nous sommes le 25).

 

Triste, triste mois d’avril. Je me caille ( et je me suis caillée à Neffes/Gap). Je fais partie des gens qui commencent à avoir de sérieux soucis avec leurs parents vieillissants. C’est comme ça. Je sais que je ne suis pas la seule. Mon Dieu, faites que l’avenir ne soit pas trop dur...

 

Pas beaucoup de visiteurs pour mon bloc-notes du mois de mars.

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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 14:54

 

 

Viens mon beau chat, sur mon cœur amoureux ;

Retiens les griffes de ta patte,

Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux,

Mêlés de métal et d’agate.

 

Baudelaire

 

Du côté des livres

Je me permets de reparler de David Lodge et Alison Lurie. Comme j’avais un peu de mal à me plonger dans “Liaisons étrangères” (Lurie), j’ai relu “Un tout petit monde” (Lodge). Dans ce roman, un jeune Irlandais complètement hurluberlu poursuit de congrès savant (de critiques littéraires, on y parle beaucoup de structuralisme) en congrès savant une jeune fille elle aussi bien savante. Il la rencontre dans un premier congrès, tombe éperdument amoureux, puis passera tout le livre à la louper d’un cheveu, pour finir par perdre sa virginité avec sa jumelle tout à la fin du roman. Désillusion. Alors, il décide de se mettre à poursuivre une autre jeune fille. Tout en croisant des professeurs à la recherche de gloire et de jolies femmes, des professeurs prétentieux et peu moraux. Tout cela pour une critique acerbe du milieu universitaire (anglais et américain) qui est extrêmement savoureuse. J’ai moins ri que la première fois que je l’avais lu, mais j’ai bien ri quand même. Du coup, entraînée par Lodge, je reprends “Liaisons étrangères” et apprécie mieux les deux personnages principaux, tous les deux américains et perdus quelques mois dans une Angleterre qu’ils ont parfois du mal à saisir. Le pauvre Fred (jeune Américain très sain) est violemment amoureux d’une actrice anglaise complètement folle, et la pas très jolie Vinnie (professeur américaine elle aussi, vieillissante) vivra peut-être un dernier bel amour avec un compatriote à la recherche de ses racines anglaises. Mais il meurt. Fred et Vinnie doivent retourner aux Etats-Unis après ces expériences anglaises pas très concluantes. Alison Lurie est plus subtile que David Lodge, son humour est plus en retrait, mais on ressort de son roman en se sentant plus intelligent. Comme souvent, je me dis que dans les romans anglais (Alison Lurie est un peu anglaise quelque part), les intrigues sont plus solides et la psychologie est plus fine que dans les romans français. Les Français ont beaucoup de chemin à faire pour atteindre la subtilité d’une Alison Lurie et la drôlerie d’un David Lodge. D’ailleurs, franchement, les auteurs français ne sont pas rigolos. Chez nous, c’est le règne de la sinistrose (voir Michel H.).

 

J’ai bien aimé quand même “Jours inquiets dans l’île Saint-Louis” de Frédéric Vitoux, un auteur que je ne connaissais pas et que j’ai vu dans “la grande librairie”. Roman léger, agréable, où un monsieur d’un certain âge doit faire face à une jeune et jolie intrépide et à un maître-chanteur (lié au monde littéraire parisien) fort inquiétant. C’est un roman un peu policier qui décrit “un tout petit monde” (lui aussi) parisien, les Parisiens de l’île Saint-Louis. J’aimerais beaucoup déjeuner dans cette île avec Monsieur Vitoux qui a l’air d’être un monsieur de fort bonne compagnie (j’ai bien aimé sa description des repas dans les différents restaurants de l’île).

 

Je suis en train de lire “la Glace à l’ananas” de Christine de Rivoyre (l’auteur de “la Mandarine”). Cela a un peu le ton de “l’Attrape-cœurs”. Oui, je sais : cela ne date pas d’hier. J’ai acheté ce livre 40 centimes dans la librairie de livres soldés à Saint-Michel. J’ai fait plusieurs petits séjours à Paris récemment, mon Beau Paris, Paris béni.

 

Peu de ciné ce mois-ci :

Peu de ciné car les films de mars étaient fort peu stimulants. Entre “Cloclo” (ex-idole que j’apprécie peu : ceci est un euphémisme) et “38 témoins”, bonjour Madame Angoisse !

 

 

Les infidèles, film à sketches

Jean Dujardin, Gilles Lellouche

Gien, 2 mars

Film horriblement vulgaire. Par moments j’ai ri quand même. Le sketch d’Emanuelle Bercot avec J. Dujardin et Alexandra Lamy est le plus réussi et le plus fin (celui justement où l’on ne rit pas) : je ne peux m’empêcher de signaler que c’est celui d’une femme.

 

The descendants, Alexander Payne (V.O.)

George Clooney

Montargis, 21 heures, 4 mars

Fallait-il que je veuille voir ce film pour me déplacer un dimanche soir à Montargis pour revenir à Gien à minuit ! Ce film méritait tout à fait le déplacement. Une femme vient d’avoir un accident grave à Hawaï, elle est dans le coma pour quelques jours et, pendant ces quelques jours, G. Clooney va devoir être confronté à ses deux filles, à la nouvelle de l’infidélité de sa femme, à une histoire de succession. Il fait face plus ou moins bien d’abord, puis avec détermination et courage. L’histoire est intéressante à suivre et Clooney compose un beau personnage.

 

22/3. Paris - Croisière sur la Seine - Degas et le nu, musée d’Orsay.

 

Oslo 31 août, Joachim Trier (VO)

Montargis, 26 mars

Excellent film d’après “le feu follet” de Drieu La Rochelle. La journée libre d’un jeune homme qui est en cure de désintoxication et dont la désintoxication pourrait être réussie. Mais le film commence quand même par une tentative de suicide (comme “Two lovers” de James Gray) dans une rivière. Les anciens amis, un entretien d’embauche, des occasions ratées... J’ai beaucoup aimé.

 

Ce dernier film est je pense le meilleur film que j’ai vu depuis le début de l’année.

 

Hasta la vista, Geoffrey Enthoven (V.O.)

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Montargis, 31 mars

Claude Lelouch est tombé amoureux de ce film et le produit. Je comprends cet engouement. Trois handicapés (de langue flamande) veulent aller dans un bordel espagnol pour se faire dépuceler. Ils y seront conduits par une grosse infirmière (son poids est son handicap à elle) de langue française. C'est toute une organisation, tout un périple, et l'hostilité qui existe tout d'abord entre les trois jeunes hommes et l'infirmière fait un des grands intérêts du film. Ce film est un road movie (genre que j'aime bien) réussi, émouvant, parfois drôle, qui ne donne pas forcément la part belle aux handicapés.

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------                                                                       23 visites  sur ce blog en mars : ouais !

 

 

 

 

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 15:12

Homme libre, toujours tu chériras la mer !

La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme

Dans le déroulement infini de sa lame,

Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.

 

Tu te plais à plonger au sein de ton image...

 

Baudelaire (“les Fleurs du mal”, édition illustrée par Henri Matisse - que je viens d’acheter.)

 

 

J’ai terminé mon précédent bloc-notes par le sourire de Jean Dujardin : je ne croyais pas si bien dire. On est transfiguré, envahi, immergé dans/par le sourire de Jean Dujardin ces derniers jours. Cocorico (je suis personnellement ravie) ! J’en profite pour rappeler au passage “le Bruit des glaçons” de Bertrand Blier, film à l’humour tendre mais aussi glaçant que j’avais beaucoup aimé. Que vive et joue longtemps, longtemps Jean Dujardin.

 

Cinéma ce mois-ci donc (février) :

La vérité si je mens 3, Thomas Gilou

José Garcia, Richard Anconina, Gilbert Melki (mon préféré)...

Gien, 4 février

Les magouilles, le fric et l’amitié. On retrouve avec plaisir les mêmes acteurs masculins, et les filles sont pas mal non plus (Léa Drucker). 5/2 : ouais, c’est vrai, c’est nul ! Et Anconina, que j’ai connu plus inspiré dans les années 80 (dans “Tchao Pantin“ et dans ce film dont j‘ai un extraordinaire souvenir, avec Marie Dubois, “L‘Intrus“ d‘Irène Jouannet - 1984), fait ici le minimum syndical.

 

La taupe, Tomas Alfredson

Gary Oldman, Benedict Cumberbatch (le récent Sherlock Holmes génial TV)

Montargis, 11/2

Beaucoup de gens semblent s’être ennuyés à ce film, mais, malgré la complexité de l’intrigue, je ne me suis pas ennuyée et j’ai même beaucoup aimé. L’atmosphère Guerre froide et années 60 est très bien rendue et le personnage de George Smiley est parfait. Colin Firth fait un très bon traître. J’adhère.

 

Sherlock Holmes 2, ? des ombres, Guy Ritchie

Robert Downey Junior, Jude Law, Rachel Mac Adams

Montargis, 18/2

J’ai préféré ce numéro 2 au numéro 1, trop sombre. Humour et action. Les deux acteurs (surtout Jude Law) sont très bien, les décors sont somptueux, on ne s’ennuie pas. Ce n’est cependant pas mon genre de film (qu’est-ce qu’est mon “genre” de film ? Hum... Rohmer ou Cronenberg ?!) J’attends Paris (24) pour choisir mieux mes films.

 

Albert Nobbs, Rodrigo Garcia

Paris, Gaumond Opéra, 24 février

Glenn Close

Un film en costumes qui se passe en Irlande où les femmes, encore plus que le reste de la population, étaient bien maltraitées. L’héroïne se déguise en homme pour gagner sa vie et découvre qu’elle n’est pas la seule. Un beau film sur la dureté d’une époque et la solitude.

 

Un monde sans femmes, Guillaume Brac

Paris, la Clef, 25/2

Vincent Macaigne

Encore un film sur la solitude, quoique rien à voir avec le précédent. Une belle description d’un homme timide dans une petite ville de bord de mer (côte picarde). Cet homme est confronté à deux femmes, la mère et la fille, qui viennent passer des vacances là. C’est un morceau de vie, très touchant. La promesse d’un super bon réalisateur. Quant à Vincent Macaigne (il paraît que c’est un metteur en scène de théâtre connu), il est formidable : doux, touchant, embarrassé... Un super acteur.

 

Et du côté de la Littérature :

 

J’ai déjeuné (au Del Papa rue de Buci) le 25 février avec “mon” Gauthier Jurgensen et je lui ai dit à quel point j’avais du mal à savoir ce que je préférais. Quoi ? Etre dans un fauteuil rouge dans un cinéma (mon Dieu, qu’y a-t-il de meilleur ?). Ou être avec un bon livre entre les mains avec l’impression de posséder le monde, d’ETRE le monde... ?

 

Je regarde toujours “la Grande Librairie” de François Busnel (regardez ses “Carnets de route”aux Etats-Unis : c’est une merveille) et celui-ci m’a fait acheter et lire donc LE TAPIS DU SALON d’Annie Saumont. Annie Saumont est une très vieille dame et, au cours de l’émission, Régis Jauffrey (ses “Microfictions” m’attendent toujours depuis au moins un an) est venu très gentiment, très galamment à sa rescousse car elle s’exprimait avec peine. Ceci dit, non, vraiment, ce n’est pas mon style de littérature. Aussitôt lu aussitôt oublié. Elle est paraît-il très appréciée à l’étranger, ce qui ne m’étonne guère pour les U.S.A. où Carver écrivait comme ça : c’est du mini-mini-minimalisme. Moi aussi je suis capable de faire “ça” (voir ma nouvelle “le Bouquet” sur ce blog) et moi on ne me publie pas. Oui, c’est injuste ! Je m’en vais cracher mon venin (“7 rue Pierre-Brossolette”, c’est tout de même mieux aussi que Samuel Benchetrit, et pourtant aucun éditeur n’en a voulu !). INJUSTICE, ENFER, ET DAMNATION ! ça y est, j’ai craché ma rancune et ma haine et je peux retourner à mon amour de la Littérature.

 

J’ai lu aussi ce mois-ci les PIECES d’Alan Ayckbourn (auteur tant aimé d’Alain Resnais - tome 5 en anglais), au comble du délice. Voilà un grand auteur de théâtre capable d’aborder tous les sujets avec la même aisance. J’ai lu Emeline Guillet (“mes deux étoiles”, livre policier d’une amie d’une amie à moi), l’ABCdaire du Chat (C majuscule à Chat, mon être magique, j’en parlerai peut-être un jour dans ce blog) et je suis en train de lire la merveilleuse Alison Lurie (LIAISONS ETRANGERES) qu’on peut rapprocher de David Lodge pour leurs sujets communs d’échanges de profs d’université entre les Etats-Unis et l’Angleterre. D’ailleurs, je crois qu’Alison Lurie et David Lodge sont amis. Pour ce qui est de David Lodge, je viens de voir (3 jours intenses à Paris), au théâtre Montparnasse “Pensées secrètes” (“Thoughts” in English) avec les excellents Isabelle Carré et Samuel Labarthe (le Dominique de Villepin de “la Conquête”). David Lodge et Alison Lurie sont les deux romanciers ces dernières années qui m’ont fait le plus rire (de vrais éclats de rire). J’ai ressorti “Un tout petit monde” de Lodge que je vais relire après Alison Lurie.

 

 

Comme mon cœur balance entre la Littérature et le cinéma, mon cœur balance entre Paris et le Loiret. J’ai retrouvé ma Loire (qui a charrié des glaçons il n’y a pas si longtemps) avec plaisir.

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12/3/12

311 visiteurs depuis 2009.

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 16:23

Quelques films :

 

Quelques films en ce début d’année, mais rien d’enthousiasmant. J’attends les bons films de 2012. L’année dernière, il a fallu attendre septembre pour enfin éprouver un peu d’enthousiasme.

 

L’art d’aimer, Emmanuel Mouret

Montargis, 8 janvier

Avec ses acteurs habituels (lui-même, Frédérique Bel, Jean-Michel Cohen, Ariane Ascaride...), Emmanuel Mouret parle de l’amour, de l’attente, des hésitations de l’amour... avec beaucoup de tact mais aussi d’ironie et de drôlerie. J’ai aimé mais moins que ses précédents films.

Une vie meilleure, Cédric Kahn

Guillaume Canet, Leila Bekhti

Montargis, 14/1

Un nouveau film sur le surendettement (voir le film de Philippe Lioret) avec un cuisinier (G. Canet) qui veut ouvrir un resto au bord d’un lac avec sa petite amie. Celle-ci a un jeune fils. Tout se dégrade. Elle part au Canada, laissant son petit garçon à Guillaume Canet qui devient père malgré lui, et plutôt un bon père. C’est un long chemin qui mènera jusqu’au Canada, jusqu’à la blancheur rêvée d’un autre monde.

Cédric Kahn prend son temps pour décrire le parcours plein d’embûches d’un homme, et c’est bien.

L’amour dure trois ans, Frédéric Beigbeder

Montargis, 21 janvier

Nul, mais Gaspard Proust est pas mal et Louise Bourgoin est très affriolante, comme dirait Télérama. Et, malgré la nullité du film, j’ai découvert F. Beigbeder (à travers les interviews) qui est un personnage très sympathique !

Les Bien-aimés, Christophe Honoré (avec le festival Télérama. Ce film m’a échappé en 2011.)

Montargis, 23/1

Catherine Deneuve, Chiara Mastroianni, Ludivine Sagnier, Louis Garrel. Deux trajectoires d’une mère et d’une fille des années 60 à nos jours. Toujours avec les jolies chansons d’Alex Beaupin chantées par les acteurs, à Paris, Prague, Londres. Chiara Mastroianni compose un beau personnage tragique. Pour les cinéphiles peut-être... J’aime bien CH. Honoré finalement (j’avais détesté “non, ma fille...” et j’avais adoré “les chansons d’amour”). Le film est beau, il parle bien de l’amour et du temps qui passe.

 

Et côté littérature :

- J’ai beaucoup aimé “Solar” (“Solaire”) du très doué Ian McEwan. Ian McEwan, Jonathan Coe (anglais lui aussi) et Emmanuel Carrère sont mes trois romanciers préférés de ces dernières années. Tous les trois étudient avec acuité notre époque moderne et n’hésitent pas à nous mettre mal à l’aise en nous racontant les tares de cette fin du XXe siècle - début du XXIe siècle. Dans “Solaire”, Ian McEwan s’amuse à nous décrire les aventures-mésaventures d’un anti-héros, physicien raté couvert de femmes, gourmand et alcoolique, qui pique les travaux d’un jeune collègue (qu’il élimine plus ou moins) et se les approprie pour passer pour un héros de notre époque soi-disant écolo, soi-disant sur la voie du progrès. Ce livre est plein d’ironie et de méchanceté, on rit jaune finalement. McEwan ne (nous) pardonne rien et je pense qu’il a raison.

 

J’ai lu aussi, un peu par hasard (le hasard des achats à la vente des livres pour Amnesty International à Gien) Chien blanc, de Romain Gary. Cela se passe en 1968. Romain Gary est aux Etats-Unis avec sa jeune épouse, l’actrice Jean Seberg qui donne une grande partie de ses cachets à la cause des Noirs. Un chien apparaît à leur porte, chien qu’ils décident de garder bien qu’il ait été dressé à chasser les Noirs. Ils le confient à un dresseur noir pour le rééduquer. A travers ce chien, Romain Gary décrit ses rapports difficiles avec les Noirs et la cause noire, et l’extrême cruauté de cette époque de l’histoire américaine. Sa lucidité est terrible. On n’est pas sûr de comprendre la dureté et la violence des uns et des autres. Personnellement, j’avais oublié l’extrême violence de cette période aux Etats-Unis et à quel point les Noirs avaient lutté jusqu’à l’extrêmisme, jusqu’à l’injustice, pour défendre leurs droits. Livre lucide et cruel.

C'est ce que j'appellerais une "littérature mâle" (Romain Gary est un homme, un vrai) dont je n'ai pas vraiment l'habitude.

 

 

Et si l’on parlait de psychanalyse...

 

Au printemps 1986, une psy me rendit le sommeil en une séance. Cela me parut miraculeux. J’allai chez elle dix fois. C’était dans ce qu’on appelle je crois “le triangle d’or” de Paris. Pas loin des Champs-Elysées, escalier et appartement luxueux, et une incompréhension totale de la part de la dame quand j’arrêtai quelques semaines faute d’argent. La psychanalyse pour les bourgeois et les riches ? Oui. Les pauvres n’ont pas le droit de se soigner, ils n’ont qu’à se réfugier dans le vin et la bouffe. Mais de toute façon...

 

De toute façon (1997-2001), je le sais maintenant, vous écoute-t-on vraiment quand vous parlez ? Les psys ont des schémas dans la tête, ils raisonnent par clichés. La souffrance, l’humiliation, la perte de la dignité, ma seconde psy a toujours refusé de les voir ou de les deviner. Elle me prenait pour une gamine farfelue, persuadée de son charme, uniquement occupée par l’écriture (oui, ça c’était vrai, un peu). Toute cette détresse (la détresse au travail en particulier), ce manque de confiance, cette hantise de ne pas plaire, elle les balayait d’un revers de la main. Quatre années, très bizarrement, à ne pas vouloir parler de certaines choses, du travail, des mauvais souvenirs... On croit rêver ! Quatre années dans un champ de coquelicots à mettre une chape de plomb sur les angoisses de ma vie. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes et tout le monde allait me tomber dans les bras. On ne peut tout de même pas ne jamais parler de ce qui m’avait bloquée toute ma vie ! Etrange psy vraiment.

 

Il fallait faire quoi ? Aller m’allonger sur le divan pendant dix ans ? En 2001, j’ai décidé que mes sous m’appartenaient, je suis retournée au cinéma et j’ai voyagé, et j’ai pris les médicaments magiques (enfin on me soignait) et je ne m’en suis pas portée plus mal. Les élèves ont continué à me faire c...., les hommes à ne pas me tomber dans les bras, mais au moins les griffes des psys ne s’en prenaient plus à mon argent.

 

Les psys (enfin, d’après ma petite expérience, j’en ai même eu un troisième que j’ai complètement oublié) s’amusent à vous faire tourner en rond pendant des années. On croit ressentir un soulagement, mais ce n’est qu’une dépendance de plus. Mieux vaut une bonne crise de rire avec ses amis ou une bonne bouteille de Champagne. Depuis 2001, je suis toujours cyclothymique, je navigue de la joie aux larmes, et ça a toujours été comme ça, et ça sera toujours comme ça, et personne ne s’en porte plus mal. Le ciel est bleu, puis le ciel est noir, et puis Jean Dujardin vous fait toujours de beaux sourires.

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15/2/12

Depuis le 26/2/09 : 298 visiteurs (j'ai très peu écrit en 2010), ouais, bientôt 300 !

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25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 15:06

Cinéma en cette fin 2011 :

 

The Lady, Luc Besson

Michelle Yeoh, David Thewlis

Montargis, 4 décembre (matin)

Aung San Suu Kyi, la Dame de Birmanie, vue par Luc Besson. Une belle actrice pour un film moyen. Luc Besson ne mérite pas toutes les méchancetés qu’on entend sur son film (“le Masque et la Plume”) ; ce n’est tout de même pas un film déshonorant !

 

Carnage, Roman Polanski

Jodie Foster, Kate Winslet, Christopher Waltz, ? Reilly

Montargis, 8/12

Un huis-clos théâtral d’après l’excellentissime Yasmina Reza (“le dieu du carnage”). Deux enfants se bagarrent, les parents se rencontrent pour régler les choses à l’amiable. Tout commence dans la politesse et le savoir-vivre, mais petit à petit les masques tombent. Un très bon Polanski, mais j’en ai préféré d’autres (“Ghost Writer” l’année dernière, “Frantic”, etc.)

 

La délicatesse, David et Stéphane Foenkinos

Audrey Tautou, François Damiens

Montargis, 23/12

Une jeune et jolie femme perd son mari, puis se réfugie dans le travail. Un nouvel homme apparaît, pas très beau, trop discret, délicat. J’adore les histoires d’amour et ceci est un joli film. Tautou et Damiens sont délicieux. Je n’avais pas lu le livre.

 

Livres, etc. Bilan de l’année

 

En cette fin d’année, j’ai craqué et j’ai lâché un peu les mémoires longues et intelligentes (trop intelligentes pour ma petite personne ?) d’Alan Bennett (“Untold Stories”) pour me retourner vers des livres plus faciles (et en français). J’ai besoin de maintenir le rythme de lecture (au moins 4 livres par mois), sinon j’ai l’impression de faire du sur-place. J’ai donc lu deux très bons romans policiers (anciens) : “Complicité” de Francis Iles et “La face obscure du dollar” de Ross MacDonald, le premier étant un roman policier très classique (genre cadavre dans la bibliothèque sans trucs abominablement sanguinaires), le second classique aussi dans le genre Détective- Américain -Revenu -De -Tout et mâchant du chewing-gum en comptant les cadavres sans se démonter. J’ai lu, en poussant des “oh !” indignés et en m’amusant prodigieusement “Courir avec des ciseaux” d’Augusten Burroughs qui mélange scatologie, sexe et passage de l’enfance à l’adolescence (livre découvert par hasard en fouinant dans la vente de Gien d’Amnesty International - collection 10/18, excellente collection). Comme lectrice, je me prétends classique (ON me prétend classique), mais je suis pleine de tolérance pour les déviants et les pervers !

Polanski m’a donné envie de lire Yasmina Reza et j’ai donc lu “Hammerklavier” (Poche) et quelques pièces de théâtre. Son théâtre m’a beaucoup touchée, c’est intelligent et tchékovien, mais je n’ai guère aimé “Hammerklavier” qui montre une Yasmina Reza qui se prétend à l’écoute du monde, mais que j’ai trouvée plutôt égoïste, intolérante, bref pas sympa. Mais c’est une impression personnelle, je me trompe peut-être complètement.

 

Deux autres lecteurs ont lu mon “7 rue Pierre-Brossolette”, mon seul roman publié à compte d’auteur, et me demandent comment ça se fait que je n’ai pas trouvé d’éditeur. Eternelle question qui me lamine le cœur.

 

L’une de ces lecteurs m’a offert “Solar” pour me remercier, roman de l’excellentissime Ian McEwan. Je suis en train de le lire ; c’est difficile (l’anglais) mais j’ai décidé d’être courageuse et studieuse et de le lire avec application. Ian McEwan est drôle et grinçant, son choix de sujets est toujours remarquable. Très bon auteur pour terminer l’année en continuant de me croire un peu intello (adjectif qui dans ma bouche n’est pas péjoratif - ça veut dire surtout que je continue à me creuser un peu le citron).

 

 

Suite du bilan de l’année :

Sur “Facebook”, je me suis fait des “amis” autour du cinéma. C’est chouette. Merci à Gauthier Jurgensen et David Marantz qui sont de jeunes critiques de cinéma. Ils me permettent d’être un peu jeune moi aussi, et de me croire à la page. Facebook, c’est plutôt pas mal. Vive le monde entier !

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26/12

Petit coup de déprime de ce 26 décembre : je me crois qui pour écrire sur le cinéma ? Enfin, j'écris juste quelques lignes pour chaque film, je sais bien, mais lorsque je lis les "vraies" critiques de mes amis Facebook, je me sens un peu lamentable. Ne devrais-je pas la boucler et me contenter des livres ? Et puis bon, et puis zut (mot disparu de la langue française), j'ai le droit de donner ma petite-petite opinion : "Incendies" est le meilleur film de l'année 2011 et "Tree of Life" (Palme d'Or) l'un des pires navets que j'aie jamais vus !

 

MES FILMS DE L'ANNEE 2011 :

-Incendies

- Polisse

- L'excercice de l'état

- Intouchables

- Midnight in Paris

- Une séparation

- La guerre est déclarée

- Drive

- Tomboy

- The artist

- Si tu meurs je te tue

- Angèle et Tony

(Les deux premiers en N°1 et N°2, et les suivants dans le désordre.)

 

PASSEZ DE BONNES FETES DE FIN D'ANNEE et QUE 2012 VOUS SOIT DOUX ET CULTUREL !

 

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12/1/2012

3 visiteurs à ce jour pour janvier 2012 : ô désespoir ! 280 visiteurs depuis le début de ce blog (2009).

Bon, Joëlle, va ton petit bout de chemin sans te lamenter. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

’aurai vu 59 films en cette année 2011. Bonne année cinématographique :”The Artist”, Polanski, Woody Allen, Maïwen, c’est pas mal. J’ai été moins sensible au coup de “Drive” (voir l’enthousiasme de Gauthier Jurgensen), mais sensible tout de même au charisme de l’acteur principal (Ryan Gosling) et à la violence bizarre de ce film. Les entrées d’”Intouchables” ont marqué cette année : j’ai bien ri, moi qui suis plutôt coincée pour les films soi-disant drôles. Et puis on ne peut qu’être sensible au message de fraternité de cette histoire.

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 17:38

 

Entre l’âge de quinze ans et l’âge de vingt-deux ans, j’ai lu plus que le reste de ma vie, et j’ai écrit quatre ou cinq romans, plus des tas d’autres choses (débuts de romans, centaines -oui, “centaines”- de poèmes). Et, en dehors de ça, je faisais mes études d’anglais et m’éduquais cinématographiquement. Et j’allais au “Masque et la Plume” à la Maison de la Radio et j’étais amoureuse. Amoureuse n’importe comment, désespérément, romantiquement, seule par-dessus toutes les ivresses de l’amour. Et à quoi m’a servi tout ça ? A rêver. A rester une rêveuse devant l’éternel. Je n’ai jamais retourné ma veste. Je ne me suis pas dit : et si tu VIVAIS un peu. Si tu allais danser, si tu draguais, si tu buvais quelques coups, si tu grimpais les montagnes (eh si, je les ai grimpées un peu...). Je suis restée cette sotte petite fille si savante et si inexpérimentée.

 

 

Enfin, un mariage quand même, une maison achetée près de celle de Colette, des amis un peu marginaux (à 25 ans), des boulots imbéciles qui me faisaient hurler d’ennui (et quelques jobs chouettes mais fort peu rémunérés), un boulot prenant et destructeur (prof), des détresses, des déprimes, des sauts dans l’inconnu... Je n’ai jamais cessé d’écrire jusqu’en 2006 où j’ai commencé à être un peu désespérée de n’être lue que par cinq ou six amis. J’écrivais des nouvelles alors, j’avais plein d’idées, plein d’histoires prenaient forme sous ma plume. L’écriture existe toujours bien sûr, mais mollement. Je suis la candidate molle de l’écriture. J’ai rejoint la rêvasserie et une immense paresse. Je ne crache pas sur ma paresse. Elle est bien, ma paresse, elle me fait du bien, elle me berce, elle me permet de rester en vie sans être trop essoufflée. Mieux vaut être paresseux que crier dans le vide et faire du mal à autrui. J’écris quelques poèmes, je me dis : “Ouais, tu es encore un peu écrivain.” Je lis les autres, j’admire encore beaucoup, je suis encore, malgré tout, Madame Littérature.

 

 

Que laisserai-je derrière moi ? Je n’ai pas d’enfants, alors j’ai arrêté de faire des photos et de garder les courriers (les rares courriers qui restent qui ne soient pas dans la grande machine Internet) : pour les laisser à qui ? J’ai cinquante-six ans et je me dis : “C’est comme si tu étais déjà morte. Les bouts de papier s’envolent comme des feuilles d’automne.” C’est l’automne. Il fait soleil et je rêvasse. Je rêve au temps où j’avais l’énergie d’écrire nuit et jour, je rêve au temps où les pas sur le sol étaient les pas d’un être bien vivant.

 

 

Mon corps est lui aussi une petite feuille d’automne. Mes écrits sont des étoiles bien lointaines, des étoiles sans nom. Je disparaîtrai très bientôt et mon corps sera enseveli dans les eaux de Loire, et chacun sait que l’eau n’a pas de mémoire.

 

 

13 novembre 2011

 

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Fin novembre :

 

 

Ouais, c’est un peu tristounet tout ça (voir ci-dessus). Ma soi-disant paresse est une déprime élégamment déguisée. Je ne suis pas paresseuse, je vais au gré du vent... Mais il y a tout de même une chose que je fais, et que je ferai tant que je pourrai, c’est aller au cinéma. Ouais, vive le cinoche !

 

 

Ce mois-ci, pour être un peu joyeux et croire en l’homme (et pour faire comme tout le monde !), il faut voir “Intouchables”. Et pour réfléchir et admirer un talent cinématographique (Pierre Schoeller), je vous recommande vivement “L’Exercice de l’Etat”.

 

 

Beginners (dvd), Mike Mills

Ewan McGregor, Mélanie Laurent (25/10)

Jolie comédie sur un jeune homme un peu perdu qui trouve l’amour après la mort d’un père qui a fait son coming out à 75 ans. Je n’avais pu voir ce film à sa sortie aussi j’ai acheté le DVD.

Les marches du pouvoir, George Clooney

Ryan Gosling, Philip Seymour Hofmann

Montargis, 29/10

Excellent film sur la campagne d’un candidat démocrate (mais elle pourrait être républicaine) avec, comme personnage principal, un jeune loup sous-directeur de campagne sous les trait du héros de “Drive”, Ryan Gosling. Intrigue assez palpitante, on suit toutes ces turpitudes avec beaucoup de plaisir.

La guerre est déclarée, Valérie Donzelli

Montargis, 31/10

Valérie Donzelli, Jérémy Elkaïm

Roméo et Juliette s’aiment et font un bébé. Le bébé a une tumeur au cerveau. Comment les deux jeunes gens vont affronter la maladie, et il y a la famille, les amis, les médecins... Ces jeunes femmes (Maïwenn, Valérie Donzelli) sont décidément bien douées. Et quelle belle énergie !

 

Intouchables, Eric Toledano et Olivier Nakache

Omar Sy, François Cluzet

Gien, 5/11

J’ai râlé une bonne partie de l’année pour cause de médiocrité des films que je voyais, mais là, en cette fin d’année, avec Maïwenn et Valérie Donzelli, on a un bon cru. Films très sentimentaux certes, mais on va au cinéma pour être ému (et heureux dans le cas de ce film), non ? Omar Sy et François Cluzet (cloué dans son fauteuil) forment un duo incroyable et dynamique, et on croit à cette histoire d’amitié entre deux hommes que tout sépare. Pierre Murat (Télérama) a vraiment tort de dire que tout cela n’est plus du cinéma. C’est au contraire du cinéma tel qu’on aimerait en voir tous les jours.

Tintin, le secret de la Licorne, Steven Spielberg (des acteurs réels transformés en espèces de caricatures, motion capture)

Montargis, dimanche 6/11

Des poursuites réussies, des bateaux (ceux du passé et ceux du temps du film) formidables, des personnages assez convaincants, mais je reste un peu frustrée par ce film. Le couple Dupont/d est raté, la Castafiore aussi. Beaux décors. Bref, je suis un peu mitigée par tout ça. Un monde fou dans le cinéma. “Intouchables “ et “Tintin” attirent une foule de gens. Tant mieux pour le cinéma, mais je préfère aller voir des films les lundis ou vendredis.

Toutes nos envies, Philippe Lioret

Marie Gillain, Vincent Lindon

Montargis, 11/11

Librement inspiré de l’excellent “d’autres vies que la mienne” d’Emmanuel Carrère. Deux juges, dont l’une est touchée par un cancer, luttent contre les organismes de crédit. Leur ténacité, leur amitié jusqu’à la mort. Film très sérieux. Marie Gillain très bien, Vincent Lindon toujours aussi convaincant. J’ai préféré cependant d’autres films de P. Lioret (Welcome, Je vais bien ne t’en fais pas).

 

Mon pire cauchemar, Anne Fontaine (dialogues : A. Fontaine et Nicolas Mercier)

Isabelle Huppert, Benoît Poelvoorde, André Dussolier

Gien, 13/11

La crevette réfrigérée et le gros beauf sans limites. Une histoire difficile à croire qui devient petit à petit presque convaincante. Benoît Poelvoorde est toujours formidable, il peut tout faire, et Isabelle Huppert est très classe, une grande dame. Comme j’aime aussi beaucoup André Dussolier, mon bonheur cinéma-acteurs a été complet.

L’exercice de l’état, Pierre Schoeller

Olivier Gourmet

Montargis, 14/11

L’exercice de l’état dans un imaginaire Ministère des Transports. C’est le parcours plein d’embûches, et même un parcours cauchemardesque (très belles séquences des rêves), du ministre des transports. Son entourage, ses ennemis... Vision très pessimiste de l’exercice du pouvoir. Film remarquable. Par le réalisateur de “Versailles” où jouait le merveilleux acteur qu’était Guillaume Depardieu.

Les neiges du Kilimandjaro, Robert Guédiguian

Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin et les habituels acteurs-amis de Guédiguian

Montargis, 25/11

Une idée de film d’après “les pauvres gens” de Victor Hugo. Beau film où un pauvre s’attaque à un peu moins pauvre que lui. Le cheminement vers le pardon et la compassion d’un couple d’ouvriers presque retraités. C’est une belle histoire et je suis contente de voir d’autres gens sur l’écran que des architectes ou des docteurs (ou des flics...)

Nuit blanche, Frédéric Jardin

(scénario FJ, Nicolas Saada de “Espions”)

Tomer Sisley

Montargis, 28/11

Une sombre histoire de voyous et de flics pourris. Vincent le flic doit récupérer son fils enlevé par les voyous le temps d’une nuit plus qu’agitée. Il y a de l’action, du rythme, du suspense, mais je n’ai pas été entièrement convaincue (les gros-plans m‘ont beaucoup gênée). Nicolas Saada dont j’avais plus qu’adoré “Espion(s)” a participé à l’écriture du scénario.

 

 LA PHRASE DU MOIS :

 Lire est le seul moyen de vivre plusieurs fois.

 Pierre Dumayet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 10:55

L’art est le plus beau des mensonges.

 

Debussy

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Chacun est amour

Chacun est haine

Chacun est galaxie

Chacun est bonheur

Chacun est mystère

Chacun est serpillière !

 

Michel Martinez, 1991

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 21/10/11

 En parlant de serpillière, Gwenn, qui doit accoucher incessamment sou peu, nous dit qu'elle a beau faire et refaire le ménage le bébé ne vient pas... Il (ou elle ?) va venir, Gwenn, et "lorsque l'enfant paraît..."

 

 J'ai un peu désespéré cet été devant les propositions de cinéma, mais je viens de voir deux très bons films : "The artist" et "Drive". Dans "Drive", un acteur hors-norme que je découvre : Ryan Gosling. Il pourrait rappeler Steve McQueen (yeux bleus et sujet du film), mais son visage est trop un visage d'ange et son corps est trop fragile (ou a l'air fragile, il faut voir ses actes violents dans le film). Succession de douceur et de violence, ce film frappe par son élégante bizarrerie. Je dis toujours que je n'aime pas la violence dans les films, mais c'est faux. J'adore en particulier David Cronenberg et James Gray qui ne font pas des films très doux !! "The Artist" est une réussite (malgré les réticences que je lis dans certaines critiques). Les deux acteurs (Jean Dujardin et Bérénice Béjo) sont merveilleusement photogéniques et l'histoire se laisse voir avec un infini plaisir (bien que pas très originale). Jean Dujardin mérite mille fois son prix d'interprétation à Cannes.

J'attends de voir "Polisse" de Maïwenn qui a démarré en trombe et dont je n'ai lu que des critiques positives (Télérama, Le Nouvel Observateur, Le Canard Enchaîné, Aujourd'hui...). C'est vrai, je lis beaucoup les journaux ces temps-ci : je suis plongée dans la politique jusqu'au cou et je ne dirai pas ici ce qui -et qui- fait battre mon coeur. Ce n'est pas l'endroit et, en France, il est mal vu de donner ses opinions politiques. Ou ses opinions religieuses : c'est bien ; je n'aimerais pas être américaine.

 

Je voulais parler longuement de "Limonov" d'Emmanuel Carrère, mais cela fait maintenant plus d'un mois que je l'ai lu et mon enthousiasme s'est un peu émoussé. Quand même, c'est dommage que ce livre ait été retiré de la liste des Goncourables car c'est plus qu'un excellent roman. Je dis "roman" quoique ce ne soit pas un roman. Enfin, c'en est un car ce Limonov est un véritable personnage de roman. Une espèce d'aventurier fascisant qui a traversé la deuxième moitié du XXè siècle et ce début de siècle avec ardeur et une sorte de courage qui laisse sur le cul. Grâce à lui et avec lui, Carrère nous entraîne en Russie, aux Etats-Unis, en France et re en Russie, à la poursuite de l'Histoire. La Russie est un pays malheureux (je l'ai toujours pensé) et violent, et ce Limonov représente bien son pays. Carrère a le don de raconter l'histoire des autres et on se sent toujours concerné, entraîné, on comprend mieux le "bruit et la fureur" qui nous entourent.

 

J'ai rentré mes fleurs de mes fenêtres hier soir (il gèle la nuit) et me voici envahie par les fleurs rouges. C'est petit chez moi et mon unique table est recouverte. Vais-je supporter de n'avoir plus qu'un tout petit coin pour manger et un tout petit coin pour écrire (enfin j'écris surtout à l'ordinateur maintenant) ? J'ai voulu être joyeuse cet été et montrer à mes voisins quelle fille sympa j'étais. Et oui, on l'a remarqué. Jardiner (enfin presque) est quelque chose de nouveau pour moi, il n'est jamais trop tard (j'ai 56 ans).

 

24/10/11

ça y est, j'ai vu "Polisse" hier après-midi à Montargis dans une salle bien pleine. Silence concentré des spectateurs pendant la séance, la réussite de Maïwenn semble incontestable. Quelques critiques par-ci par-là émettent des réserves, mais ceux que j'ai entendus ce matin à France-Inter étaient plutôt positifs. J'ai marché d'un bout à l'autre, fascinée par cette équipe de la brigade des Mineurs et par leur(s) histoire(s) au jour le jour vues par une actrice-réalisatrice inspirée qui a bien étudié ces policiers avant de se lancer dans son tournage. Les acteurs  sont tous remarquables, ils ont chacun de petits rôles mais mis bout à bout cela fait une impression formidable (Karin Viard, Nicolas Duvauchelle, Joey Star,  la très douée Marina Foïs, Maïwenn elle-même...). J'ai pleuré (scène très longue et très intense d'une maman africaine obligée de laisser son fils là car celle ne veut plus vivre avec lui dans la rue, et les policiers n'arrivent pas à trouver une place pour eux deux. Le désespoir du petit garçon et Joey Star essayant de le réconforter, tout cela très fort), j'ai palpité au rythme de l'action et de ces vies de policier difficiles. C'est un mélange de cinéma-vérité et de romanesque qui vont très bien ensemble, contrairement à ce que certains disent. C'est un film dur et tendre, efficace,  et plein de cette vie (de ces vies) qu'on prend en pleine gueule. Maïwenn mérite amplement son Prix de la mise en scène qu'elle a eu au festival de Cannes.

Mois d'octobre cinématographique plutôt réussi. J'attends "Tintin" et un film avec François Cluzet dont j'ai vu la présentation hier et qui a l'air pas mal du tout (avec Omar Sy aussi, un acteur noir, si j'ai bien retenu son nom, je crois qu'il est connu mais moi je ne connais pas tout...).

 

P.S. 16 heures : Timéo (fils de Gwenn et Bruno) est né hier !

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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 14:09

 

Côté ciné en septembre, ce ne fut pas mémorable. J'en reparlerai dans mon bloc-notes d'octobre je pense. Après la Manche fin août, je suis allée à Gap où j'ai grimpé jusqu'à  St-Philippe  par le col de Moissières. Splendide panorama de là-haut (Hautes-Alpes, au-dessus de Gap). J'étais avec mon père et Monsieur F., monsieur réfléchi et toujours agréable. C'est bien beau quand même, les Alpes vers le Sud. Et côté Littérature (grand L), je vous reparlerai aussi certainement de l'excellentissime "Limonov" du toujours étonnant Emmanuel Carrère. Aujourd'hui et ci-dessous, une nouvelle :

 

 LE BOUQUET

 

Ces fleurs sur cette table, elle a cru qu’elles étaient pour elle. Il lui avait pourtant dit : “Nous n’irons pas au paradis ensemble”, et encore : “Le soleil ne brille pas que pour les couples”. Il lui avait montré son dos et sa nuque et ses talons, il avait refusé de répondre à ses questions, il avait ri (de ses mimiques, de sa vision des choses, de ses attitudes enfantines), il avait refusé de la laisser entrer dans la salle de bains, il ne lui avait pas donné ses dates de vacances... Et pourtant ces fleurs sur cette table, elles étaient pour elle. Les fleurs étaient pour la petite personne merveilleuse qu’elle était, ces fleurs étaient pour la femme qu’il aimait. Ces fleurs sur cette table, elle y croyait comme elle croyait à l’amour, un amour à deux, un amour partagé, un amour entre elle et lui.

Elle a cru qu’elles étaient pour elle. Elle, Françoise-Bella Cambremez. Il les lui avait envoyées ce matin. Il les avait achetées à la fraîche, plein d’elle, de son odeur, plein de son sourire rien que pour lui.

 

 

 

- Allô ?... C’est Nat ! Nat... Ta Nat. Je me suis souvenue de ton anniversaire.

- Ah ? Nat... Le bouquet de fleurs...

- Est de moi !

Françoise se mit à haïr Nat, à jamais. Rien ne pourrait jamais plus les réunir.

- Mon anniversaire est dans trois jours.

- Qu’importe ! J’y ai pensé.

- Je ne te remercie pas.

- Quoi ?

- Merci.

- Que racontes-tu ?

- Rien, dit Françoise tristement.

- Moi, j’ai rencontré le grand amour.

- C’est bien.

- Ne veux-tu pas que je te raconte ?

- Comment s’appelle-t-il ?

- Marc.

- Marc Durrieux ?

- Oui, tu as deviné !

- Et il t’aime ?

- Autant que je l’aime.

- Comme il aime et est aimé de Paula, d’Anne...

- Quoi ?

- ... Et de Marie Escal, dit Françoise qui inventait au fur et à mesure.

- Tu rigoles ! Qui est Marie Escal ?

- Oh ! une secrétaire quelconque... De grandes jambes, une grande bouche. Tout de grand. Ils vont assez bien ensemble, Marc et elle, je veux dire physiquement, esthétiquement.

- Paula et Anne : non...

- Paula, c’était aux vacances dernières, entre deux palmiers. Anne, c’était il y a quinze jours. Il va vite, ton Marc.

- Je n’y crois pas.

- Il n’a guère le temps d’acheter des fleurs, lui. Il est en pleine action.

- Pourquoi me dis-tu tout cela si... brutalement ?

- Je suis pour la vérité, la vérité pure. Tu dois avancer dans la lumière, tu ne peux mourir idiote.

- Je ne reconnais pas ta voix.

- Et moi je ne te reconnais pas quand tu déclares : “j’ai rencontré le grand amour”.De ta part, nous avons l’habitude à moins d’emphase. “Le grand amour” et toi, ça ne fait pas bon ménage.

- Que se passe-t-il, Françoise... Allô ?... Tu m’as menti, n’est-ce pas ?

- Je ne mens jamais.

- Je te téléphonais pour...

- Pour m’annoncer un bouquet de fleurs. Il est là, il est bien là. Je suis en train de le regarder, tu vois... Il est beau. J’ai à faire. Je te rappellerai, pour te consoler, si j’ai le temps.

 

 

 

Françoise raccrocha. Il pleuvait dehors. Elle allait jeter... Non, piétiner avant, cet infâme bouquet. Il puait l’amour inexistant, l’amitié imaginaire, les mots si vite prononcés. Il puait. Il pleuvrait toute la journée. L’autre, Nat, pleurerait son amour perdu. Chacune de ses larmes serait un baume pour Françoise. Son anniversaire serait dans trois jours. Nat ne serait pas invitée. Elle n’appellerait plus jamais Françoise. Le bouquet pleurait au milieu de la pièce.

 

Gien, 2004

 

 

 

 

 

 

 

 

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